Néo-connerie



Quelle est la couleur de peau de Madoff, Kerviel, Ken Lay et consorts ? En quoi est-il plus « barbare » de piquer le sac d’une petite vieille  que de piquer 2500 000 000 000 de dollars dans la poche des contribuables…

Coupe du Monde : Alain Finkielkraut moralise le football

[ACRIMED le 24 juin 2010 par Ugo Palheta]

On reconnaît les intellectuels médiatiques à leur capacité, ou plutôt à leur disposition, à distiller leurs lumières sur presque tous les sujets qui saturent – momentanément – l’espace journalistique, y compris lorsque leurs compétences en la matière sont à peu près inexistantes. Alain Finkielkraut est de ces intellectuels qui prodiguent leurs lumières avec une générosité défiant les lois du genre et, dès que l’occasion se présente, c’est le football qui est l’objet de ses prédications.

Un scoop médiatique, une affaire d’Etat

Après le coup de tête de Zidane en finale de la Coupe du Monde (2006), la Marseillaise sifflée lors d’un France-Algérie [1], la main de Thierry Henry qualifiant l’équipe de France pour la Coupe du Monde (2010), la dernière tempête médiatique dans un verre d’eau footballistique a pour objet les propos d’Anelka à la mi-temps du récent match contre le Mexique.

Ces propos dont on ne discutera pas l’élégance auraient été tenus dans le huis clos d’un vestiaire. Mais, scoop sensationnel oblige, ils ont été complaisamment rapportés, sans que les grands moralistes des médias s’en offusquent, en « une » de L’Equipe. On sait que le quotidien sportif choisit avec soin les scandales qu’il jette en pâture à ses lecteurs et à l’ « opinion publique », omettant par exemple les turpitudes de la FIFA [2]

Depuis, la sortie d’Anelka a donné lieu à une abondance d’articles et de commentaires politiques qui n’a d’égale que l’insignifiance des faits rapportés [3], mais lorsque les grands médias s’emparent d’un tel sujet, on voit poindre l’affaire d’Etat. La suite – exclusion d’Anelka, grève de l’entraînement par les joueurs, etc. – confirma, jusqu’à l’overdose médiatique, que tel était bien le cas et qu’on tenait là une grande cause nationale, une grave question de société et… de morale. La promptitude avec laquelle nombre des responsables politiques se sont jetés sur l’ « affaire » illustre le bénéfice que peuvent escompter les gardiens de l’ordre établi de cette circulation circulaire d’une indignation,. Celle-ci serait seulement ridicule si elle ne dissimulait pas, en ces temps de « réforme des retraites, des colères mieux fondées.

En ces circonstances dramatiques, Alain Finkielkraut ne s’est pas dérobé devant ses responsabilités.

Enfin Alain Finkiekraut vint…

Ce dernier fait partie de ces intellectuels qui savent faire preuve de mesure lorsqu’ils s’expriment dans les médias. Mais quand il s’agit de football, il est parfait. Pour ceux qui auraient perdu la mémoire nous avons recueilli en « Annexe » ses précédentes prestations.

Toutes les occasions sont bonnes – y compris donc un match de football – pour asséner le « constat » qui fait son fond de commerce depuis une vingtaine d’années. Si c’est le cas, c’est que celui-ci cherche (et forcément trouve) partout les signes confirmant une lecture de la réalité sociale en termes communautaires, religieux ou ethniques. Cette obsession intellectuelle l’amène à interpréter des phénomènes aussi différents que les émeutes de novembre 2005, les sifflets contre la Marseillaise, les violences en milieu scolaire ou encore la récente défaite de l’équipe de France contre le Mexique, comme les évidents symptômes de « divisions ethniques ou religieuses » menaçant l’unité de la France. Et toutes les occasions sont bonnes pour que les médias accueillent comme un « bon client » un « penseur » si bien ajusté aux débats qui « font polémique ».

Le 20 juin 2010, le Journal du Dimanche publiait le premier les pensées de l’omniprésent. Dans une tribune intitulée « Des sales gosses boudeurs », il proclamait notamment que les joueurs de l’équipe de France « à la différence des autres équipes nationales, […] refusent, en sales gosses boudeurs et trop riches, d’incarner leur nation. […] « Mais – car il y a un « mais » – si cette équipe ne représente pas la France, hélas, elle la reflète : avec ses clans, ses divisions ethniques , sa persécution du premier de la classe, Yoann Gourcuff. Elle nous tend un miroir terrible. Ce qui est arrivé à Domenech est le lot quotidien de nombreux éducateurs et de professeurs dans les cités dites sensibles. Cette équipe renvoie à la France le spectacle de sa désunion et de son implacable déliquescence . » Et de fournir aussitôt un contre-exemple : « Jean-Alain Boumsong, l’un des grands joueurs qui n’ont pas été retenus pour cette Coupe du Monde, en appelle à l’humilité. Il s’exprimait dans une langue irréprochable. On a voulu confier l’équipe de France à des voyous opulents et pour certains inintelligents, il faudra maintenant sélectionner des gentlemen ». Voire des joueurs de golf, auditeurs de France Culture si possible [4].

Le même jour, l’incontournable recyclait sa prédication, presque mot à mot, sur l’antenne d’Europe 1 [5] : « On a le sentiment que la France est invitée à se regarder dans ce miroir, un miroir absolument terrible . Elle y contemple le spectacle de sa désunion, de sa possible [et non plus « implacable »…] déliquescence , et peut-être que tout cela va créer un sursaut et que ce sursaut sera salutaire. […] Il faut prendre acte des divisions qui minent cette équipe, des clans, de ces divisions ethniques, de ces divisions religieuses , de ce joueur exclu parce qu’il est le premier de la classe, des insultes envers un entraîneur au demeurant fort peu compétent, mais qui rappellent trop les agressions dont sont victimes les médiateurs et les professeurs dans les quartiers dits paradoxalement sensibles. Tout ça doit nous amener à une prise de conscience ».

Une défaite de l’équipe de France en Coupe du Monde face au Mexique, une engueulade entre un joueur et son entraîneur, et voilà la France « invitée » par l’intellectuel médiatique à s’interroger sur sa « possible déliquescence », et même sur son « implacable déliquescence » (pour reprendre les mots employés dans le JDD) [6]. (suite…)


C’est des inconscients, les Iraniens: dans les années 1950, déjà, quand la société pétrolière anglaise avait perdu son contrat d’exploitation, la CIA avait fait tomber le gouvernement élu et mis le Shah au pouvoir… là ils vont se prendre une bombe atomique sur la tête pour leur apprendre à respecter la suprématie occidentale en matière d’approvisionnement énergétique.Israël sert les intérêts de son parrain US (et Européen)

On est dans la droite ligne de ce que Herzl disait déjà dans « L’Etat des Juifs » : « Nous serons le rempart avancé de l’Occident »

Des navires états-uniens et des sous-marins nucléaires israéliens ont pris position dans le Golfe Persique immédiatement après l’accord Iran-Pakistan qui ouvre un couloir énergétique vers l’est

[Manlio Dinucci – Il Manifesto – 23 juin 2010 – Trad. M.A. Patrizio pour Mondialisation.ca]

« Israël déploie des sous-marins armés de missiles nucléaires au large des côtes iraniennes » : c’est ce que titrait le 22 juin le journal israélien Haaretz, en rapportant une enquête du britannique Sunday Times. Selon ce qu’a déclaré un officier israélien, un des quatre sous-marins Dolphin, fournis par l’Allemagne, se trouve déjà dans le Golfe et,  avec ses missiles de croisière à tête nucléaire (portée 1 .500 Kms), il peut atteindre n’importe quel objectif en Iran.

A la fin de la semaine dernière, une imposante escadre navale, composée de plus de 12 bateaux de guerre états-uniens et d’au moins une unité lance-missiles israélienne, avait traversé le Canal de Suez, en se dirigeant elle aussi vers le Golfe Persique : ceci afin  d’augmenter la pression militaire contre l’Iran. La raison n’est pas seulement celle, déclarée ici, d’empêcher Téhéran  de pouvoir un jour se doter d’armes nucléaires.

Il y en a une autre plus pressante : aux débuts de la semaine dernière, Téhéran a signé avec Islamabad l’accord d’une valeur de 7 milliards de dollars, qui lance la construction d’un gazoduc allant de l’Iran au Pakistan.  Un projet qui remonte à 17 ans, jusqu’ici bloqué par les Etats-Unis. Malgré cela, l’Iran a déjà réalisé 900 des 1.500 Kms de gazoduc, du gisement de South Pars jusqu’à la frontière avec le Pakistan, qui en construira 700 autres. C’est un couloir énergétique qui, à partir de 2014, ferait arriver chaque jour au Pakistan depuis l’Iran, 22 millions de mètres cube de gaz. Le projet initial prévoyait qu’une branche du gazoduc arrivât en Inde ; mais New Delhi s’est retirée du projet par crainte que le Pakistan ne puisse bloquer l’approvisionnement.

La Chine est par contre disponible pour l’importation du gaz iranien : la China Petroleum Corporation  a signé avec l’Iran un accord de 5 milliards de dollars pour le développement du gisement de South Pars, en prenant la place du français Total à qui Téhéran n’a pas renouvelé son contrat (tandis que l’italien Eni – Ente nazionale idrocarburi, NdT- continue à opérer dans les gisements de South Pars et de Darquain).

(suite…)


[ Traduction du livre italien « Zerobubbole » – Janvier 2009]

Une critique des 118 erreurs du DVD « Zéro »

http://www.libertes-internets.net/archives/docs/Zero_Pointe_Pocket.pdf (Adobe PDF – 1,5 Mo)

Qu’est ce que le groupe Undicisettembre ?
Undicisettembre est un groupe informel, non politisé, de journalistes, techniciens et chercheurs de différents domaines, qui depuis longtemps examine les faits et les hypothèses concernant les attentats du 11 Septembre 2001 pour écarter les thèses incompatibles avec les faits avérés et permettre à toute personne, même adepte de théories alternatives, de mener sa propre enquête, ne pas se lancer sur de fausses pistes et se fonder sur des données réelles. Le site undicisettembre.info a recueilli les résultats détaillés de l’enquête et fournit les sources utilisées à partir desquelles n’importe qui peut vérifier de lui-même ce qui est avancé.

Le groupe Undicisettembre est composé de :

  • Paolo Attivissimo, journaliste informatique, spécialiste de la désinformation dans les médias numériques,
  • John Battista, officier de police judiciaire, 20 ans d’expérience dans les enquêtes relevant du domaine des renseignements, auteur du livre numérique Crono911,
  • Gabriele Borra, chimiste,
  • Roberto Podestà, diplômé de chimie, expert en synthèse organique et calcul statistique,
  • Luca Poggi, diplômé en langues étrangères, traducteur et interprète,
  • Leonardo Salvaggio, diplômé en génie informatique,
  • des pilotes de ligne italiens et étrangers, des pilotes instructeurs, des médecins, des traducteurs, des graphistes et des experts dans d’autres domaines techniques qui pour des raisons personnelles et professionnelles préfèrent garder secrète leur propre identité.

Le groupe peut être contacté par écrit (en italien ou anglais) à undicisettembre@gmail.com.


Clémenceau disait déjà « Quand on veut enterrer un problème, on nomme une commission »… Israël va plus loin et nomme des commissions dont les conclusions sont connues d’avance, vu leur composition… Mais la presse service s’extasie sur « l’impartialité » des ces experts « indépendants »…

David Trimble qu’on nous vend comme un « homme de paix », est un fait un des pires faucons Neo-Cons. Et il ne s’en cache pas. Il n’y a que les journalistes pour ne pas (vouloir) le voir.

David Trimble, ami, juge et partie d’Israël

[Hichem Hamsa – Oumma.com – 16/06/2010]

Mascarade. David Trimble, l’observateur étranger désigné lundi par Tel Aviv pour enquêter sur le crime israélien de neuf citoyens turcs, est en réalité un fervent partisan de l’État d’Israël. Enquête et révélations sur une personnalité sous influence.

Tel Aviv assiégé par l’opprobre du monde. Pour affronter la critique internationale, c’est à l’unanimité que le gouvernement israélien a approuvé avant-hier la nomination des membres de la commission d’enquête chargée d’examiner le déroulement de l’assaut meurtrier, commis par l’armée, contre un convoi humanitaire à destination de Gaza. But officiel de l’opération : élucider les circonstances du raid militaire afin de démontrer sa conformité au regard du droit international. Le Premier ministre, Benjamin Netanyahu, se dit d’ores et déjà « convaincu que l’enquête prouvera qu’Israël a agi en respectant la loi ». Et peu importe le scepticisme affiché par la Turquie, État plaintif dans l’affaire, quant à la crédibilité de la commission nationale : l’ouverture d’une enquête était surtout destinée, selon le chef du gouvernement, à apporter une « réponse convaincante aux États responsables de la communauté internationale ». Aux yeux du Premier ministre , les nombreux détracteurs, à travers la planète, de ce simulacre d’investigation n‘ont aucune importance. Le secrétaire général de l’ONU aura beau se déclarer favorable à une véritable commission d’enquête, internationale et indépendante, Tel Aviv continuera de faire la sourde oreille. D’autant que Washington, Londres et Paris viennent de saluer ce qui est présenté comme une avancée, faisant fi de l’avis du Conseil de Sécurité qui avait pourtant formulé le même vœu que Ban Ki-Moon.

Outre le caractère national du comité chargé de l’enquête, d’autres aberrations ne manquent pas : ainsi, à l’exception du chef d’état-major, les militaires ayant directement participé à l’attaque ne pourront pas être interrogés et le rapport final devra être transmis au gouvernement avant sa publication. Qui sont les membres de cette commission déjà discréditée en raison de sa dépendance à l’égard du gouvernement ? Cinq hommes triés sur le volet : le président, Jacob Terkel, ancien juge à la Cour Suprême et sympathisant de la droite dure israélienne ; Shabtaï Rosen, professeur émérite de droit international qui a participé à l’organisation constitutionnelle de l’État d’Israël ; le général Amos Horev, figure héroïque de l’armée ; et deux observateurs étrangers, aux compétences réduites :le Canadien Ken Watkin, juriste militaire, et le Britannique David Trimble, prix Nobel de la Paix pour son action dans le règlement du conflit en Irlande du Nord.

Au casting de Tony Blair

La participation de ce membre, présenté par les autorités israéliennes comme impartial et indépendant, reflète à elle seule la farce que constitue cette commission d’enquête.

David Trimble, 65 ans, est d’abord une figure irlandaise historique, et controversée,au sein du Royaume-Uni. Ancien militant extrémiste de la mouvance protestante unioniste, alors violemment hostile aux catholiques indépendantistes de l’IRA, l’homme s’est peu à peu assagi avec le temps, au point d’avoir convaincu le parti qu’il dirigeait, l’UUP, à conclure un accord de paix avec la partie adverse, sous la houlette de l’ancien sénateur américain George Mitchell.

C’est cette victoire qui contribua à lui faire remettre, conjointement avec son co-signataire John Hume, le prix Nobel en 1998. Huit ans plus tard, il deviendra pair du Royaume-Uni, avec le titre de baron, avant de rejoindre par la suite le Parti conservateur. Un ralliement qui n’a pas porté ses fruits puisque David Trimble n’a décroché, contre toute attente, aucun poste ministériel à la suite de la victoire, aux dernières élections législatives, de David Cameron. Une déception qui n’aura duré que quelques semaines jusqu’à sa désignation officielle, ce lundi, par le gouvernement israélien, pour rejoindre la commission. La nomination du conservateur serait, selon le quotidien britannique The Guardian, la conséquence d’un lobbying exercé par Tony Blair, l’émissaire du Quartette (Europe, Usa, Russie, ONU) pour le Proche-Orient. L’ancien Premier ministre aurait soufflé son nom à Benjamin Netanyahu.

Une recommandation qui n’a pas dû être difficile à suivre : David Trimble est un ami de longue date de l’État d’Israël. Son dernier geste d’affection remonte au 31 mai : le jour même du crime de neuf Turcs par l’armée israélienne, le futur enquêteur-observateur était à Paris pour inaugurer l’association « L’initiative des amis d’Israël », organisation dont le but est de lutter contre la « délégitimation de l’État d’Israël ». Critère pour faire partie de ce club qui se targue d’être composé de non-Juifs tel l‘ancien Premier ministre espagnol José Maria Aznar : « être convaincu qu’ Israël fait partie intégrante de l’Occident et de son avenir » et s’inquiéter de « l’islamisme radical et d’un Iran nucléaire qui constituent des menaces affectant le monde entier ». (suite…)


[Gregor Seither – IES News Service – 12/05/2010]

Selon le journaliste Seymour Hersh – qui avait déjà révélé à l’opinion publique les tortures de détenus dans la prison irakienne d’Abou Ghraib par des soldats U.S.- les soldats occidentaux engagés en Afghanistan commettent régulièrement des crimes de guerre en assassinant des prisonniers de guerre désarmés sur le champ de bataille.

A la conférence Global Investigative Journalism qui s’est tenue à Genève, le mois dernier, Seymour Hersh a critiqué l’indifférence du président Barack Obama, face à la question des « corvées de bois » pratiquées par l’Armée U.S.

« Laissez moi vous dire, l’une des grandes tragédies de mon pays c’est que le président Obama ferme les yeux là dessus, parce que des choses tout aussi horribles arrivent aux prisonniers que nous faisons, ceux que nous capturons en Afghanistan, » a déclaré Hersh. « Ces prisonniers, on les exécute directement sur place. Il se passe des choses incroyables là-bas et bien sûr, personne n’en parle. C’est toujours la même chose. »

« La consigne, sur le champ de bataille désormais, c’est qu’ils disent aux soldats, c’est vous qui devez décider, rapidement, en un jour ou deux, si le prisonnier que vous avez fait, si le détenu, est un Taliban. » a expliqué Hersh. « Les soldats ont pour consigne d’extraire le maximum d’informations tactiques immédiates du détenu – contrairement au renseignement stratégique, sur le long terme – et vous devez extraire cette information du prisonnier sans tarder. Et si vous ne pouvez être certain qu’il s’agit d’un Taliban, alors vous devez relacher ce prisonnier. »

Ce que cela signifie, et cela m’a été confirmé par cinq ou six personnes, c’est que les soldats, s’ils n’arrivent pas à prouver que le prisonnier est un Taliban, alors, plutôt que de le laisser repartir, ils préfèrent encore lui tirer une balle, bam ! Et si nous n’avons pas envie de nous salir les mains, il nous suffit de remettre les prisonnier aux soldats Afghans qui sont nos auxiliaires. Généralement, nous n’avons pas le temps de nous éloigner de plus de cinq mètres avant que ne retentissent les coups de feu. Et cela se passe de nos jours, en ce moment même.

La vidéo de la conférence de Seymour Hersh a été mise en ligne sur le compte YouTube de  Michael Moore.

Hersh a une longue carrière de journaliste d’investigation derrière lui, ayant travaillé de nombreuses années pour The New York Times. En 1969, c’est lui qui a révélé  le massacre de My Lai au Vietnam.


Quand il s’agit de terrorisme, il faut oublier son rasoir d’Occam et accepter pour argent comptant tout ce que vous disent les autorités… sinon vous êtes un fou, un complotiste, un antisémite, un antiaméricain primaire, un mauvais patriote… bref, un homme/femme à abattre.

Le plus amusant est que les plus virulents « anti-autoritaires », quand il s’agit du 9/11, affirment soudain avoir foi en la version de l’Etat… Puissance du mythe fondateur du XXIè Siècle.

[Pino Cabras – Megachip – 23 Septembre 2009 – traduit par GV pour Reopen 911]

Voici un article paru très récemment sur le site italien Megachip, qui documente et analyse la simultanéité de certains exercices militaires et des agences de Sécurité pendant ou autour de la date du 11 septembre 2001. Pino Cabras, éditorialiste du site Web, nous livre ici une étude précise du cas de l’exercice Tripod II – qui devait se dérouler le 12 septembre 2001 à New York – et nous permet de mieux comprendre les raisons « possibles » de ces curieuses coïncidences de dates et de lieu.

Nombreux étaient les exercices des appareils militaires et de sécurité américains qui se sont déroulés le 11 septembre 2001, que ce soit dans le ciel ou à terre, dans les organisations d’espionnage ou de sécurité, à l’intérieur des gratte-ciel ou en dehors.  Parmi eux, il y avait l’exercice Tripod II, une simulation d’attaque terroriste organisée pour le 12 septembre sur la côte occidentale de Manhattan.

Cette simulation comportait, avant la date du 11/9, l’installation sur un quai “Pier 92” de la rivière Hudson, d’un vaste centre de contrôle et de commandement à l’image de celui du Bureau des urgences de Manhattan (OEM), situé dans le bâtiment 7 du WTC et qui fut détruit lors de son effondrement.

L’OEM fut créé en 1996 par le maire de New York, Rudolph Giuliani, pour gérer la riposte de la ville à d’éventuelles catastrophes, y compris des attentats terroristes à grande échelle.

Dans les 5 années qui ont précédé le 11/9, l’OEM a régulièrement organisé des exercices impliquant toutes les agences : de la protection civile aux organes de sécurité en passant par la FEMA. À chaque fois, les simulations et les équipements étaient en place pendant plusieurs semaines. Des moyens impressionnants étaient mobilisés dans le cadre de mises en scène très réalistes. Rudy Giuliani assistait en personne à la plupart de ces “entrainements” (drills) qui permettaient de tester la ville face à des scénarios de film-catastrophe.

C’est Giuliani lui-même qui décrit le réalisme de ces gigantesques jeux de rôles : “En général nous prenions des photos de ces exercices, d’où il ressortait que le résultat était tellement réaliste que ceux qui voyaient ces clichés nous demandaient quand ces événements s’étaient produits” (extrait du livre Leadership, page 355).
Parmi ces scénarios-cauchemars : des attentats au gaz sarin à Manhattan, des attaques à base d’anthrax, un camion piégé à l’explosif.

Le 11 mai 2001, 4 mois exactement avant les vrais attentats de New York, s’est déroulée dans cette même ville une simulation d’une attaque utilisant la peste bubonique. La mise en scène fut tellement réaliste que l’un des participants déclara qu’« après à peine 5 minutes d’immersion dans cette simulation, tout le monde avait oublié qu’il s’agissait d’un exercice.”

De l’adrénaline pure, dans l’émotion frénétique de ceux qui participaient.  Et pour ces exercices on ne lésine pas sur les moyens. Les agences, à commencer par la FEMA, sont sur place longtemps à l’avance et en repartent bien après le coeur de la simulation. Tout est fait comme si c’était vrai, avec des centaines de personnes à l’oeuvre, en uniforme ou en civil, et qui travaillent pour différentes agences. Les participants, à commencer par Giuliani, nous expliquent que la frontière entre réalité et fiction devient indiscernable, en termes de perception et de moyens mobilisés.

Le cas d’un avion utilisé intentionnellement comme missile n’a pas officiellement été testé lors des simulations de l’OEM. Mais au-delà du fait que cela était envisagé comme cas d’incident “non intentionnel”, des exercices ont quand même été organisés pour des secours consécutifs à un impact d’avion de ligne sur un gratte-ciel. (suite…)


Il y a dix ans déjà, chez SUN, le PDG Scott McNeally avait interdit l’usage de Powerpoint et les résultats de la société s’étaient améliorés http://www.libertes-internets.net/archives/20041210.html..

Par contre, il existe au moins un exemple de présentation Powerpoint qui a bien profité à l’armée U.S…. vous vous souvenez de la prestation de Colin Powell, devant l’ONU, en 2003 ? Une présentation Powerpoint et hop ! Un million de morts

Le Pentagone a un ennemi intérieur : le PowerPoint

[Philippe Gelie – Le Figaro – 29/04/2010]

Ces présentations illustrées dévorent le temps des soldats, pour un résultat qui frôle parfois l’absurde.

L’été dernier, le général McChrystal, commandant des forces alliées en Afghanistan, a eu droit à un étonnant «briefing» à Kaboul. Afin d’illustrer la complexité du pays et des enjeux de l’opération militaire, un de ses officiers a cru bon de composer le graphique reproduit ci-contre : un «bol de spaghettis», selon le New York Times, où se mélangent les priorités de la coalition, les atouts et faiblesses du gouvernement afghan, les groupes rebelles intérieurs et extérieurs, l’entrelacs d’ethnies et de croyances au sein de la population locale, l’état des infrastructures, etc. «Le jour où nous comprendrons ce schéma, nous aurons gagné la guerre», a sèchement réagi le général américain, provoquant l’hilarité de son état-major.

Le «bol de spaghettis» servi au général McChrystal l'été dernier, à Kaboul, pour illustrer la complexité des enjeux de la guerre menée par la coalition.

Le «bol de spaghettis» servi au général McChrystal l'été dernier, à Kaboul, pour illustrer la complexité des enjeux de la guerre menée par la coalition.

L’affaire, d’abord révélée par la chaîne NBC, suscite l’intérêt parce qu’elle illustre jusqu’à l’absurde un travers répandu du sommet à la base du Pentagone. Du patron de la première armée du monde jusqu’au simple lieutenant sur le terrain, aucun plan de bataille, aucune opération, aucun bilan ne peut aujourd’hui être exposé sans l’aide d’un PowerPoint. Le général McChrystal en subirait jusqu’à quinze par semaine à Kaboul.

«Hypnotiser les poulets»

Ce programme informatique, apparu en 1987 et très vite racheté par Microsoft, permet de mettre en tableau n’importe quel problème, projet ou raisonnement. Il est censé contribuer à clarifier ce qui est confus, à simplifier ce qui est complexe. Mais l’élaboration d’une présentation PowerPoint dévore le temps des innombrables responsables qui s’y adonnent, pour un résultat – comme on le voit ici – pas toujours concluant.

Les soldats commencent à se demander si l’exercice ne les détourne pas de leur vraie mission – accomplir ce que préconisent leurs beaux graphiques. «Les PowerPoint nous rendent stupides», a tranché récemment le général James Mattis, commandant des marines, lors d’une conférence en Caroline du Nord où il s’exprimait sans support visuel. «Cet outil, écrit le New York Times, s’est insinué dans la vie quotidienne des chefs militaires jusqu’à atteindre le niveau d’une obsessionCompany Command, un site Internet spécialisé, a demandé au lieutenant Sam Nuxoll en Irak comment il occupait la majeure partie de son temps : «À faire des PowerPoint», a-t-il répondu le plus sérieusement du monde.

Il y a beau temps que des plaisanteries courent sur le sujet dans les rangs de l’armée américaine. On parle de «mort par PowerPoint» pour décrire l’ennui suscité par ces exposés où les tableaux s’enchaînent sur un écran. Mais le général H. R. McMaster y voit carrément une menace intérieure : «C’est dangereux car cela crée l’illusion que l’on comprend une situation et qu’on la contrôle.» Lui avait banni tout PowerPoint de son QG de Tal Afar, au nord de l’Irak, en 2005.

Le PowerPoint garde néanmoins une vertu cardinale aux yeux des militaires : il permet d’occuper avantageusement un «briefing» à la presse – 25 minutes de tableaux, 5 minutes de questions. Les soldats appellent ça «hypnotiser les poulets».

http://www.lefigaro.fr/international/2010/04/29/01003-20100429ARTFIG00347-le-pentagone-a-un-ennemi-interieur-le-powerpoint-.php


Le fantasme sécuritaire, dans sa plus simple expression…

[Alexander Lehmann – Vidéo -Soustitres de Mecanopolis]

Le site de Alexander Lehmann fourmille de petites vidéos géniales : http://alexanderlehmann.net/

http://www.dailymotion.com/video/x9t6ek_tu-es-un-terroriste_news


Enfermer des gens pendant des années dans des cages, les torturer, les maltraiter… tout cela malgré le fait qu’on sait parfaitement qu’ils sont innocents ? Ce n’est pas un crime contre l’humanité ? Ahhh, oui, mais c’est vrai… c’est les USA qui font cela, alors nos néo-cons à la française, les Adler, Bruckner, les Kouchner, les BHL, les Glucksman… tous ces grands défenseur de la « liberté » regardent ailleurs. Et puis, de toute façon, ce ne sont que des basanés, musulmans en plus… ils sont coupables par nature, n’est-ce pas Monsieur Alexandre Adler ?

Les révélations de Wilkerson soulignent encore le scandale que fut l’Administration Bush et le fascisme dans lequel s’est enfoncé le peuple US, sous les vivats de leurs admirateurs inconditionnels, comme Sarkozy, Lellouch ou Bauer…

Le « pays de la liberté » a de sérieuses questions à se poser…

[AFP – 09/04/2010]

L’ex-président américain George Bush savait que la majorité des détenus de la prison de Guantanamo étaient innocents mais les a maintenus en détention pour des raisons politiques, affirme l’ex-bras droit de Colin Powell dans un document dont l’AFP s’est procuré copie vendredi.

Lawrence Wilkerson, directeur de cabinet de l’ancien secrétaire d’Etat américain entre 2002 et 2005, raconte dans une déclaration jointe à la plainte d’un ancien prisonnier de Guantanamo comment il a découvert que les détenus de Guantanamo avaient en majorité été arrêtés par erreur.

Dans cette déclaration datée du 24 mars et révélée par le quotidien britannique The Times vendredi, M. Wilkerson affirme que l’ancien vice-président Dick Cheney et l’ex-secrétaire à la Défense Donald Rumsfeld savaient que la majorité des personnes détenues en 2002 sur la base étaient innocentes mais qu’il était « impossible politiquement de les relâcher ».

« J’ai parlé au secrétaire Powell des détenus de Guantanamo. J’ai appris qu’il était d’avis que ce n’était pas seulement le vice-président Cheney et le secrétaire Rumsfeld, mais également le président Bush qui était impliqué dans tout le processus de décision concernant Guantanamo », écrit-il.

Parmi les 742 détenus que le camp de détention accueillait en 2002, « la plupart n’avaient pas été arrêtés par les forces américaines » mais vendus 5.000 dollars par tête aux Etats-Unis, assure M. Wilkerson.

En revanche, « aucun élément à charge n’accompagnait le prisonnier » et « il n’y avait pas vraiment de moyen de savoir pour quelle raison il avait été arrêté au départ ».

La déclaration du colonel a reçu l’appui du général Powell, qui a quitté l’administration Bush en 2005, selon le Times.

MM. Cheney et Rumsfeld ne voulaient pas relâcher les « innocents » car cela aurait « révélé la confusion incroyable » qui entourait les conditions de détention à Guantanamo, ajoute-t-il. Le maintien « d’innocents se morfondant à Guantanamo pendant des années était justifié par la guerre contre le terrorisme et le petit nombre de terroristes responsables des attentats du 11 septembre 2001 ».

M. Wilkerson raconte également combien M. Powell était soucieux de constater que certains détenus de Guantanamo avaient été arrêtés « à 12 ou 13 ans », ou « à 92 ou 93 ans ». (suite…)


Le Monde est impayable ! Quand c’est les « Autres » ce sont des « brutes sanguinaires », mais quand c’est nos copains, alors là on comprend qu’il faille préserver le mental de ces pauvres petit gars…

Allez demander aux Irakiens et Afghans ce qu’ils en pensent de cette « distance psychologique »

[Le Monde – Checklist 08/04/2010]

La bavure de l’armée américaine en questions

La diffusion, en début de semaine, par le site Wikileaks (http://wikileaks.org/) d’une vidéo montrant le raid d’un hélicoptère américain à Bagdad, en 2007 (http://www.washingtonpost.com/wp-dyn/content/article/2007/07/12/AR2007071202357.html), qui s’était soldé par la mort de douze personnes, dont deux employés de l’agence de presse Reuters, n’en finit pas de causer des remous sur la Toile.

Ce document, qui montre un groupe d’hommes marchant dans les rues d’un quartier de la ville, puis pris pour cible par les pilotes de l’hélicoptère Apache, suscite quantité de commentaires parmi les blogs (http://latimesblogs.latimes.com/dcnow/2010/04/collateral-murder-video.html).

Et tout particulièrement au sein des blogs (http://atwar.blogs.nytimes.com/2010/04/07/reaction-on-military-blogs-to-the-wikileaks-video/) de militaires.

La diffusion de cette vidéo a également entraîné quantité de réactions et d’analyses parmi les éditorialistes et les experts dans la presse américaine.

Cette attaque était-elle illégale ? interroge un article de Newsweek (http://www.newsweek.com/id/235937), qui rappelle les règles d’ouverture du feu.

Le New York Times (http://www.nytimes.com/2010/04/08/world/08psych.html?ref=global-home), pour sa part, a donné la parole à des experts pour tenter d’expliquer le détachement apparent des deux pilotes au moment de faire feu, perceptible dans la vidéo. Impossible de faire la guerre sans créer une certaine distance psychologique avec l’ennemi, avancent-ils.


Un document de la CIA révèle des plans pour manipuler l’opinion publique européenne au sujet de l’Afghanistan (Rawstory)

[Daniel TENCER – Raw Story – traduit par Le Grand Soir – 29/03/2010]

Secouée par la chute du gouvernement hollandais à cause de l’engagement du pays dans la guerre en Afghanistan, la CIA vient de proposer une stratégie destinée à éviter un éventuel effondrement du soutien à la guerre chez les alliés européens.

Un document marqué « confidentiel / non destiné aux regards étrangers », posté sur le site internet de Wikileaks, propose des stratégies pour manipuler les opinions publiques européennes, particulièrement en France et en Allemagne.

Le document ne propose pas de méthodes directes que la CIA pourrait employer pour parvenir à cette fin – il n’y a, par exemple, aucune référence à la diffusion de propagande dans la presse – mais il énonce ce que l’agence considère comme les axes d’intervention qui pourraient gagner les coeurs et les esprits. Parmi les propositions, le document propose une campagne sur le sort des femmes afghanes auprès de l’opinion publique française, cette dernière ayant démontré sa préoccupation pour les droits des femmes en Afghanistan.

En ce qui concerne l’opinion pubique allemande, le document propose une campagne alarmiste sur l’éventualité d’un échec de l’OTAN en Afghanistan. « L’exposition de l’Allemagne au terrorisme, à l’opium, et aux réfugiés pourrait rendre la guerre plus acceptable pour les sceptiques, » affirme le document.

Le document est disponible sur le site de Wikileaks. http://file.wikileaks.org/file/cia-afghanistan.pdf et traduit en français après la publication de cet article par ReOpen911 que l’on remercie au passage. Rapport en français

Le document a été rédigé par un groupe appelé « CIA Red Cell » (cellule rouge de la CIA) qui se définit comme un groupe chargé « d’adopter une approche « prête à l’emploi » qui donnerait des idées et offrirait un point de vue alternatif sur l’ensemble des enjeux ».

« La chute du gouvernement hollandais à cause de l’engagement des troupes en Afghanistan montre la fragilité du soutien européen à la mission menée par l’OTAN, » déclare le document. « Certains états membres de l’OTAN, particulièrement la France et l’Allemagne, ont compté sur l’apathie de leurs opinions publiques sur l’Afghanistan pour renforcer leur participation, mais cette indifférence pourrait se transformer en hostilité si les combats prévus pour le printemps et l’été provoquent une hausse du nombre de victimes militaires ou civiles. »

Le rapport de la CIA souligne que 80% des Français et des Allemands sont opposés à la guerre, mais présente une bouée de sauvetage : l’apathie de l’opinion publique. Grâce à cette dernière, les dirigeants européens ont pu étendre et élargir leur engagement en Afghanistan, malgré une profonde opposition. (suite…)


Souvenez vous, déjà en 2002, les néo-cons nous expliquaient que les bombardiers US qui rasaient les villages du Panshir étaient en quelque sorte des Gisèle Halimi volantes… Je vous parie ce que vous voulez que Caroline Fourest se voit déjà en chef d’escadrille…

Afghanistan : comment la CIA veut faire pression sur la France

Le document stratégique sur Wikileaks :  http://file.wikileaks.org/file/cia-afghanistan.pdf

«Instiller un sentiment de culpabilité aux Français pour avoir abandonné » les Afghans. C’est par ce biais qu’un analyste de la CIA suggèrerait de faire pression pour convaincre la France de s’engager plus avant dans le conflit.
Pour cela, il faudrait faire parler les femmes afghanes sur leur peur d’un retour des talibans : « la perspective de voir les talibans écraser les progrès durement arrachés dans des domaines comme l’éducation des filles pourrait provoquer l’indignation des Français, polariser une population française largement sécularisée, et enfin donner aux électeurs une bonne raison de soutenir une cause juste et nécessaire en dépit des victimes » militaires.»…

http://lci.tf1.fr/monde/asie/2010-03/afghanistan-comment-la-cia-veut-faire-pression-sur-l-europe-5788617.html


NdL&I : À la mémoire de Silvia Suppo, victime des tortionnaires de la dictature argentine, témoin du procès des tortionnaires, assassinée avant-hier par les tueurs qui ne veulent pas que la justice soit faite. Les dictateurs meurent tranquillement dans leurs lits, les donneurs d’ordre à Washington recoivent le Prix Nobel de la Paix et font des conférences à 50 000 dollars la soirée, les tortionnaires réclament le droit à l’oubli (en faisant du chantage à la menace de faire basculer à nouveau la « fragile démocratie »)… et les victimes pourrissent dans les charniers ou rasent les murs, condamnés à fermer leur gueule… sinon….

[Communiqué du IHEAL- CREDAL – 31/03/2010]

Des voix réduites au silence.  À la mémoire de Silvia Suppo

Silvia Suppo de Destefani était argentine et avait 51 ans. Encore adolescente, elle fut emprisonnée par la dictature militaire en mars 1977, torturée et violée dans le commissariat Cuarta de Santa Fe et dans le centre clandestin de détention connu sous le nom de La Casita, près de Santo Tomé. Enceinte à la suite de ces sévices, elle subit un avortement clandestin afin de « réparer l’erreur » – selon le mot des tortionnaires. Son fiancé de l’époque, Reinaldo Hattemer, séquestré en janvier de la même année, n’a jamais réapparu.

En octobre 2009, Silvia avait témoigné de manière décisive dans le procès qui conduisit à la condamnation pour crimes contre l’humanité de l’ancien juge fédéral Victor Hermes Brusa et de plusieurs tortionnaires de la province de Santa Fe.

(NdL&I : Sur Victor Brusa et les autres petits et grands Eichmann de la dictature argentine, soutenue et armée par la CIA :
http://www.desaparecidos.org/arg/tort/jueces/brusa/eng.html )

Dans le magasin d’artisanat qu’elle tenait dans le centre de Rafaela, Silvia Suppo a été sauvagement assassinée de neuf coups de couteau au matin du 29 mars 2010. Si la police n’a pas encore officiellement établi les motifs du crime, de nombreux éléments – notamment les menaces qu’elle et d’autres témoins à charge du procès Brusa avaient reçues il y a quelques mois – laissent clairement supposer un règlement de compte consécutif à sa déposition.

À l’heure où beaucoup d’observateurs se réjouissent que l’Amérique latine ait définitivement réintégré le cercle des pays démocratiques après la vague des régimes de sécurité nationale, ce meurtre rappelle l’extrême fragilité de régimes qui peinent à exercer leur droit régalien de justice à l’encontre des bourreaux des années de plomb.

Silvia Suppo était la sœur de notre collègue Hugo Rogelio Suppo, lui-même victime de la dictature argentine, réfugié au Brésil puis en France, docteur en histoire de l’Université Sorbonne Nouvelle – Paris 3, professeur à l’Universidade do Estado do Rio de Janeiro et professeur invité à l’Institut des Hautes Études de l’Amérique latine en 2009-2010.

Que celui-ci trouve ici l’expression de l’émotion, de la sympathie et du soutien de Mme Marie-Christine Lemardeley, présidente de l’Université Sorbonne nouvelle – Paris 3, de M. Georges Couffignal, directeur de l’IHEAL et tous les personnels de l’IHEAL – CREDAL, profondément révoltés.

http://www.iheal.univ-paris3.fr


[Numéro Lambda – 03/10/2009]

Pour disperser les manifestants en marge du sommet du G20 en Pennsylvanie, les canons à eau ont été remplacés par d’autres types d’armes « non létales » issues de recherches militaires. Par exemple, le LRAC – Long Range Acoustic Device -, qui a fait ses premières armes en Irak en 2006 comme lors du récent coup d’état militaire au Honduras, est présenté dans la littérature comme « un système d’hyperfréquence (qui) peut être dirigé sur un groupe d’individus, entraînant nausées, malaises intestinaux, troubles de la vision et de l’ouïe». Les images qui suivent, prises par des sources indépendantes et diffusées sur Indymedia, révèlent toute cette belle mécanique contre-insurrectionnelle.

`http://www.dailymotion.com/video/xalwn0_g20-pittsburgh-cauchemar-totalitair_news?start=21

Notez bien l’autre arme acoustique, plus conventionnelle : la voix synthétique de la police façon Robocop qui gueule : «Le chef de la police de Pittsburg a déclaré ce rassemblement illicite, donne l’ordre à toutes les personnes de se disperser immédiatement. Peu importe les raisons d’être ici, vous devez partir. Si vous ne vous dispersez pas, vous pourriez être arrêté et/ou sujet à d’autres actions policières.» (à partir de 2′45).

lrad-daylight

On aperçoit un peu mieux l’énorme parabole du LRAD en action sur un autre film pris de jour (images de propagande du fabricant ATC – ci-contre).

Pour y voir un brin plus clair, plongeons dans un papier paru à l’automne 2007 dans la revue Cultures & Conflit, fait le point sur ces nouvelles armes anti-émeute (1). Bien sûr, elles profitent, tout comme les drones de surveillance, d’une large inspiration militaire, testé comme il se doit dans les foyers de la résistance en Irak.

La mise en service à titre d’expérimentation en 2006 en Irak, dans le cadre de la politique de contre-insurrection, d’armes comme le Long Range Acoustic Device (LRAD) et l’Active Denial System (ADS) a signé une étape primordiale dans le développement de systèmes antipersonnels de nouvelle génération. (…) Ces systèmes sont actuellement déployés en Irak et font l’objet d’expérimentations actives sur la population civile. Ils ont notamment été testés dans le centre de Bagdad, dans la région de Falloujah et à Camp Bucca.

lrad-4viewsLe canon à ultrasons en action (photo de propagande)

Les armes acoustiques excitent les flics en tous genre depuis des générations, on s’en sert maintenant plus simplement pour virer les ados bruyants des cages d’escalier. Le LRAD, c’est la version hardcore. (suite…)


Le n’importe quoi de « BHL »

[Le Monde Diplomatique – 01/10/209]

Grâce aux appuis dont il dispose dans les médias (il est président du conseil de surveillance d’Arte, actionnaire de Libération, éditorialiste au Point et publie nombre de tribunes dans Le Monde, y compris sur le même sujet à intervalle rapproché ), les affabulations qui ont émaillé la carrière de Bernard-Henri Lévy ne lui ont jamais nui (lire notre dossier détaillé, « L’imposture Bernard-Henri Lévy »).

Certaines ont visé Le Monde diplomatique. Ainsi, lors de la (vigoureuse) campagne de promotion consécutive à la publication, il y a deux ans, de son livre Un grand cadavre à la renverse, lequel mettait souvent en cause Le Monde diplomatique, Bernard-Henri Lévy a reproché à plusieurs reprises à ce journal de s’être spécialisé dans la dénonciation des « synarchies new-yorkaises ». Cette expression ne figure pas une seule fois dans la banque de données du mensuel depuis 1977 (1)…

La semaine dernière , invité par « Parlons net », une émission co-organisée par France Info, Rue89, Marianne.fr, Slate.fr, LeFigaro.fr., « BHL » a qualifié Le Monde diplomatique de « chien de garde des plus grands pétroliers du monde. Du vrai pouvoir pétrolier, qui sont l’Iran, le Venezuela de Chavez, la Russie de Poutine. Chien de garde de cette troïka-là ».

Puis il a ajouté : « Moi, j’ai écrit au Monde diplomatique à l’époque de Claude Julien. […] Et c’est vrai que Le Monde diplomatique ça fait partie des chagrins de mon existence. » Enfin, évoquant Pierre Bourdieu, Bernard-Henri Lévy a regretté son évolution politique : « Ah !, le Bourdieu de La Misère du monde, ça c’était formidable. [Mais] le Bourdieu des dix dernières années, était de ceux qui nourrissaient précisément cette idéologie du complot, cette paranoïa générale dont je parlais tout à l’heure et dans laquelle trempe souvent ce grand journal qu’ a été Le Monde diplomatique et qui je crois ne l’est plus… » (voir la vidéo de l’émission). (suite…)


Amusez vous à chercher « UI Energy Corporation » sur Google Actualités France ou dans la presse française… on l’aime trop, notre Tony !

A la suite du fiasco irakien, la presse française avait dressé un portrait de Blair qui ne correspondait en rien au personnage que nous – militants du Labour qui le suivons de longue date – connaissons. La presse française parlait d’un homme « droit, aux motivations mystiques issues de son calvinisme familial », qui avait fait la guerre en Irak et tué des centaines de milliers de personnes parce qu’il « était persuadé qu’il fallait lutter contre le Mal ».

Aujourd’hui il apparaît clairement que les motivations de Blair n’étaient pas plus pures que celles des « méchants néo-conservateurs étasuniens » : le pétrole, le fric.

La lutte contre « l’Axe du Mal », la « démocratisation du Proche-Orient », la « libération de la femme arabe »… tout cela ce n’est que de la propagande, de la soupe pour moutons médiatiques…

TONY BLAIR AINSI QUE DES MEMBRES HAUT-PLACES DU PENTAGONE SONT FINANCIÈREMENT ASSOCIES A UNE ENTREPRISE PÉTROLIÈRE, CANDIDATE A L’EXPLOITATION DU PÉTROLE IRAKIEN

[Gregor Seither – IES News Service – 24/03/2010]

La semaine dernière, le UK Daily Mail a publié une bombe politique. Dans un article, le journal révèle que, dans les trois années qui ont suivi sa démission en tant que Premier Ministre britannique, Tony Blair a empoché plus de 30 millions de dollars au titre de sa participation aux revenus pétroliers d’un consortium pétrolier sud-coréen, UI Energy Corporation.

Bien sûr, rien n’interdit à un ex homme politique d’aller pantoufler dans le privé… mais là il y a quand même un petit problème. En effet, outre le fait qu’il a été un artisans majeur de l’invasion irakienne sous l’impulsion du lobby pétrolier à la Maison Blanche, M. Blair continue à être très impliqué politiquement dans la région, au nom d’idéaux démocratiques qui sont passablement incompatibles avec l’avidité commerciale des groupes pétroliers.

Tony Blair est l’envoyé spécial du Quartet diplomatique (Etats-unis, Russie, Union Européenne et ONU)  au Moyen-Orient. Il est donc quelque peu gênant de découvrir soudain que la voix de l’Occident au Moyen-Orient est portée par quelqu’un qui a tout fait pour cacher qu’il était salarié d’une gigantesque entreprise pétrolière qui est fortement impliquée dans l’exploitation des ressources naturelles dans les points chauds du globe.

Mais – comme pour confirmer les affirmations de la gauche, accusant les croisés néo-cons d’être des pantins à la solde des intérêts pétroliers – il s’avère que la société UI Energy Corporation a salarié bon nombre d’autres grandes figures politiques, impliquées dans la guerre en Irak.

Parmi les associés de UI Energy on trouve l’ancien Premier Ministre australien Bob Hawke, le député US Stephen J. Solarz, virulent défenseur du « devoir d’ingérence au nom des droits de l’homme », l’ancien Secrétaire US à la Défense Frank Carlucci, l’ancien ambassadeur US en Egypte et lobbyste pro-israélien, Nicholas A. Belites … et enfin, (y a pas plus direct) l’ancien Commandant en chef U.S. pour le Moyen-Orient, le général John P. Abizaid. L’ancien candidat à la candidature présidentielle U.S., le texan Ross Perot est également listé parmi les associés d’UI. Mais la liste est forcément incomplète, étant donné qu’il ne s’agit ici que des personnes qui ont admis leur participation.

Sur le site Web d’UI, les choses sont claires. L’entreprise, formée il y a environ 20 ans, annonce qu’elle « veut développer ses ressources à l’étranger, notamment au Moyen-Orient et en Afrique. Notre action se concentre notamment sur l’Irak, ou plusieurs projets d’exploitation devraient prochainement se concrétiser »



Martin Van-Crevel avait déjà dit exactement la même chose dans un interview, l’an dernier.

MARTIN VAN CREVEL : « ISRAËL A ASSEZ D’OGIVES NUCLÉAIRES POUR DÉTRUIRE N’IMPORTE QUELLE CAPITALE EUROPÉENNE » (1/2/2009)

Aucun risque que l’Europe s’y oppose, tout au plus « exprimera t-elle sa plus grande inquiétude », comme la Baronne Ashton sait si bien le faire….

[Voltaire – 11/03/2010]

La septième chaine israélienne a diffusé un entretien exceptionnel avec le professeur Martin Van-Crevel, spécialiste mondial de référence des guerres de basse intensité. Le professeur émérite de l’Université hébraïque de Jérusalem y a développé publiquement les propos qu’il tient depuis une dizaine d’années dans les cénacles fermés des académies militaires israéliennes et états-uniennes.

Selon lui, la continuation sur une longue période de la guérilla palestinienne aboutira inévitablement à l’effondrement de l’Etat d’Israël. C’est pourquoi, à terme, Tel-Aviv n’a d’autre choix que de « transférer » les arabes Israéliens et les Palestiniens apatrides hors de frontières sûres (c’est-à-dire non seulement hors des frontières de 1948, mais aussi des territoires occupés depuis 1967 et idéalement de Cisjordanie et de la bande de Gaza). Dans la cas où les Européens s’opposeraient à une telle déportation, Tel-Aviv n’aura d’autre choix pour survivre que de détruire des capitales européennes sous le feu atomique, étant entendu que les Européens ne pourront pas riposter sans tuer leurs amis Palestiniens.

L’auteur de The Transformation of War [1] a insisté en soulignant que, d’ores et déjà, des têtes nucléaires israéliennes sont pointées vers Rome et d’autres capitales européennes pour rendre la menace crédible et le « transfert » des Palestiniens possible.

Le professeur Martin Van-Crevel aime à se référer à la devise du général Moshe Dayan, dont il est le biographe officiel : « Israël doit toujours apparaître comme un chien enragé, trop dangereux pour les autres »

[1] Version française : La Transformation de la guerre (Editions du Rocher, 1998).

http://www.voltairenet.org/article164428.html


C’est pas nous qui le disons, c’est le directeur l’avocat-conseil de la commission officielle, lui même: « À un certain niveau du gouvernement, à un certain moment donné… il y a eu une entente pour ne pas révéler la vérité à propos de ce qui s’était passé… J’ai été choqué de voir la différence entre la vérité et la manière dont elle a été décrite. »

Vous allez voir que la presse française va le traiter de conspirationiste zinzin, probablement antisémite.

[François Marginean – Les 7 du Quebec – ]

Le directeur L’avocat-conseil de la Commission officielle sur le 9/11, John Farmer, procureur général de l’Etat du New Jersey, publie un livre dans lequel il affirme que la thèse officielle sur le 11 Septembre 2001 est presque totalement fausse, une oeuvre de propagande médiatique fabriquée par les spin-doctors pour exploiter l’événement…

Les fins détails ne sont plus d’aucune importance. Les responsables de la Commission gouvernementale sur le 9/11 ont confirmés ce que nous savions tout ce temps-là; c’est-à-dire que le gouvernement américain a menti à propos des évènements entourant les attaques du 11 septembre 2001.

Le gouvernement américain avait confié la responsabilité de la Commission d’enquête sur le 9/11 à l’ancien attorney général du New Jersey John Farmer. La Commission avait reçu comme mandat d’enquêter sur la réponse du gouvernement face aux attaques. Y siégeait aussi l’ancien gouverneur du New Jersey Thomas Kean <http://en.wikipedia.org/wiki/Thomas_Kean>  et l’ancien Congressiste de l’Indiana Lee H. Hamilton <http://en.wikipedia.org/wiki/Lee_H._Hamilton> .

Dans le livre de John Farmer «The Ground Truth: The Story Behind America’s Defense on 9/11? <http://www.amazon.com/Ground-Truth-Untold-America-Attack/dp/1594488940/ref=sr_1_1?ie=UTF8&amp;s=books&amp;qid=1253982885&amp;sr=1-1>  », l’auteur bâtit un dossier autant convainquant qu’incontournable du fait que la version officielle… est quasiment entièrement fausse.

La Commission sur le 9/11 nous dit maintenant que cette version officielle du 9/11 était basé sur de faux témoignages et documents; donc qu’elle est presque entièrement fausse. Les détails de ce massif escamotage de la vérité par le gouvernement sont soigneusement étalés dans le livre de John Farmer, qui était la tête de la Commission sur le 9/11.

Le gouvernement américain a menti à propos du 9/11.

L’édition du 11 septembre 2009 du Time magazine <http://www.time.com/time/nation/article/0,8599,1921659,00.html>  présentait précisément cette histoire en appelant un nouveau regard sur la Commission sur le 9/11. M. Farmer soulignait au Time magazine lorsque que des entrevues avaient été menées au centre de la FAA de New York la nuit du 9/11 et que ces enregistrements furent détruits. Les enregistrements d’interrogations de la CIA furent aussi détruits: «L’histoire du 9/11 elle-même, le moins qu’on peut dire, était déformée et complètement différente de la façon dont les choses se sont réellement passées». (suite…)


(Commentaire de l’équipe L&I) Comme le dit si bien T. Meyssan: Savoir comment avait été perpétré l’attentat du Pentagone ne m’intéressait pas. Cela m’indiffère encore aujourd’hui. Le sujet de mon étude, c’était de comprendre comment l’interprétation mensongère du 11 Septembre avait pu servir à suspendre les libertés fondamentales aux États-Unis, à s’emparer de l’Afghanistan et à préparer l’invasion de l’Irak.

En effet , c’est ça l’intérêt du débat sur le 11 Septembre. D’étudier comme le Pouvoir va mettre en place (ou prépararer, selon certains) une gigantesque opération de manipulation de l’opinion et d’orchestration des émotions des populations mondiales afin de les faire aller dans le sens voulu…. et comment, dans notre société de l’information produite à l’échelle industrielle, cette manipulation a très facilement pris une vie autonome, comment elle s’est auto-alimentée au point d’échapper complètement à ses créateurs. C’est aussi le sujet du roman « Le Pendule de Foucault » d’Umberto Eco ou du film « Wag the Dog » de Barry Levinson.

On ne cesse de nous parler de l’incendie du Reichstag et de la fausse attaque polonaise de Gleiwitz en 1939. Mais il faut bien reconnaître que cette manipulation hitlérienne c’était du pipi de chat en comparaison à la manipulation politique/médiatique/littéraire/sociale mise en place le soir même du 11 septembre 2001.

Il faut rendre hommage à des gens comme Meyssan, Chomsky, Tarpley (et plein d’autres) d’avoir su garder la tête froide et oser poser des questions, malgré le fait que cela vous revenait immédiatement dans la gueule sous la forme d’accusations les plus infamantes et les plus ordurières. Qu’on soit d’accord avec eux ou pas, ils méritent notre respect pour cela.

Quand a « la petite coterie d’intellectuels », nous la voyons à l’oeuvre depuis suffisamment longtemps pour en nier la réalité.

[E&FD – repris par Alterinfo – 25/02/2010]

Thierry Meyssan a accepté de répondre aux questions d’Enquêtes et Faits divers. Une interview qui éclaire d’un jour nouveau les motivations et les méthodes de Jean Guisnel et Guillaume Dasquié.

Thierry Meyssan: ‘Une petite coterie d’intellectuels (…) collabore idéologiquement aux développements impérialistes au Grand Moyen-Orient’

Kropotkine et Ikky : Nous avons récemment adressé une Lettre ouverte à Guillaume Dasquié coauteur  avec Jean Guisnel, de L’Effroyable mensonge. À notre agréable surprise, vous avez réagi très rapidement à cette publication, pourquoi ?

Thierry Meyssan : Vous avez été le premier à publier une recension critique de cet ouvrage. Jusqu’ici ce livre était cité comme une réfutation définitive de mes travaux, sans que personne ne s’interroge sur la pertinence de sa démonstration. Sa publication, en juin 2002, a été un soulagement pour la corporation des journalistes : son existence suffisait à affirmer qu’ils avaient tous bien fait leur travail à propos des attentats du 11 Septembre et qu’ils n’avaient donc aucune enquête à faire, ni aucune remise en question de leurs méthodes à opérer. Le livre a été brandi à la tribune de divers colloques professionnels où l’on s’est congratulé pour célébrer la lucidité retrouvée de la presse trois ans après les intox massives de la guerre du Kosovo, mais personne ne l’a lu.

Sept ans plus tard, les préoccupations sont différentes. Pour déverrouiller la parole, il peut être utile de revenir en arrière pour comprendre pourquoi, qui et comment a faussé le débat public sur le 11 Septembre.

K. et I. : L’Effroyable mensonge est une référence sur l’affaire du Pentagone. Pouvez-vous nous éclairer sur les motivations, les démarches et les méthodes des  auteurs de ce livre ?

T.M. : Cet ouvrage n’est pas une contre-enquête, mais un pamphlet. Il n’a pas été écrit spontanément, mais répond à une commande. La réfutation de la question du Pentagone est expédiée en 12 pages (croquis inclus). La centaine d’autres pages ne porte pas sur mon travail, mais sur des personnes que je connais ou que je connaîtrais et qui m’auraient tenu la plume. Bref, il ne s’agit pas d’un livre pour faire avancer le débat, mais au contraire d’une tentative débordante d’imagination pour le bloquer en relayant toutes les rumeurs possibles afin de discréditer celui qui l’a ouvert.

Renversons la question: Qui sont donc Guillaume Dasquié et Jean Guisnel ? Sur quoi se fondent leurs convictions, dont ils revendiquent qu’elles sont antérieures à leur pseudo-enquête ? En 2002, au moment où il publie L’Effroyable mensonge, Guillaume Dasquié venait de se livrer impunément à une extraordinaire manœuvre d’intoxication. Dans cette période, Jean-Marie Messier, le patron américanophile de Vivendi, voulait discréditer une banque arabe, la SBA, et l’évincer de la place de Paris. Il avait chargé Alain Marsaud (ex-juge anti-terroriste devenu chef de la cellule Renseignement de sa multinationale) de monter un dossier contre cette banque. Marsaud avait engagé le biographe officiel de Charles Pasqua, le franco-étasunien Jean-Charles Brisard, pour conduire l’opération. Vivendi a d’abord essayé les dénonciations calomnieuses auprès de la cellule anti-blanchiment de l’OCDE. Cela n’a pas eu d’effets suffisants. Aussi, lorsque survint le 11 Septembre, la cellule a imaginé d’accuser la SBA d’être ni plus, ni moins que le financier des attentats.

C’est là que Guillaume Dasquié entre en scène. Il met en forme le «rapport confidentiel» de la cellule. Jean-Marie Messier va lui-même porter ce document au président Chirac à l’Élysée, mais celui-ci voit l’intox et ne bouge pas. (suite…)


[Des Bassines et du Zèle – 18/02/2010]

Voici un article très complet qui rend compte du sort funeste qui attend Haïti, sitôt que le pays aura fini de compter ses morts. Ou peut-être même avant, ils ne sont pas à une indécence près. En tous cas, ils sont bel et bien sur le pied de guerre.
Les néocons ne s’avouent jamais vaincus et ne lâchent jamais leur proie.
Le débarquement des secours états-uniens sous forme de véhicules blindés, de soldats en arme et en treillis de combat, la mobilisation de navires de la marine US chargés de patrouiller les eaux territoriales, la prise de contrôle illégitime des opérations sur le pays par l’armée US avec l’aval des autres pays occidentaux, la mainmise sur l’espace aérien haïtien, et le reste ne présageaient rien de bon à qui voyait là une drôle de façon d’apporter de l’aide humanitaire à une population sous les décombres.
Et, en effet, les requins de la finance se frottent les mains du don du ciel que représente pour eux ce tremblement de terre meurtrier.
Ils vont pouvoir enfin accélérer le processus de privatisation de l’île et d’assujettissement de ses habitants. Quand les chars zuniens entrent quelque part, ils sont toujours flanqués des responsables de groupes privés multinationaux (donc des US), avides de récolter les bénéfices du malheur que propagent les précédents.
La France? Oh, ce n’est pas avec le pauvre bouffon cupide et enrégimenté à sa tête, ni avec ses sbires, qu’elle va verser dans l’humanisme et la justice. Aucun risque là-dessus.
D’ailleurs, quelqu’un a moufté ici?

Article:

« More Pain for Devastated Haiti: Under the Pretense of Disaster Relief, U.S. Running a Military Occupation »

par Arun Gupta, AlterNet, le 12 février 2010

Davantage de souffrances à venir pour l’île dévastée d’Haïti :  Sous prétexte d’aide aux sinistrés, les Etats-Unis mettent en place une occupation militaire

Malgré les démentis officiels, les Etats-Unis se sont bien lancés dans une nouvelle occupation militaire d’Haïti, à peine déguisée en secours aux populations sinistrées. Alors qu’à la fois le Pentagone et la Maison Blanche prétendent qu’il fallait davantage de soldats pour assurer « la sécurité et la stabilité » pour permettre l’arrivée des aides humanitaires, la violence, d’après pratiquement tous les observateurs sur le terrain, n’a jamais été un problème.
Cette mobilisation militaire semble, en fait, motivée par des intentions plus malveillantes. Le gouvernement d’Haïti étant « complètement invisible » et ses forces de sécurité répressives étant anéanties, les organisations populaires (OPs) commençaient à combler le vide. Mais les puissances occidentales qui accourent à Haïti envisagent pour la reconstruction du pays des mesures fondamentales (ang), comme les ateliers de misère et le tourisme . Cette conception des choses est dénoncée par les organisations populaires, soutenues par la population extrêmement pauvre, majoritaire à Haïti. Et donc, si un projet néolibéral doit être imposé à ce pays sinistré, ce sera par la force des baïonnettes.
La mobilisation prompte de milliers de soldats US n’était pas motivée par des préoccupations humanitaires; en fait, l’armée américaine interdisait à certains avions l’accès à l’aéroport de Port-au-Prince, imposant à une grande partie de l’aide humanitaire des retards considérables. (suite…)


Dans la même veine, il est amusant d’écouter les cris d’orfraie qui accompagnent la moindre voiture brulée dans les banlieues, les éditoriaux vengeurs sur « les zones de non-droit » et autres « territoires perdus de la République »…. et de comparer cela aux attentats, meurtres et négations ouvertes du droit qui ont lieu chaque jour en Corse. Dans la série « zone de non-droit », la Corse est mille fois pire que la Cité des 4000… mais les journalistes regardent ailleurs.

[Oumma.com – 26/02/2010]

Chiffres à l’appui, un rapport d’Europol, le très sérieux office européen de police criminelle intergouvernemental, implanté à La Haye, l’assène de manière irréfutable : 99,6% des attentats terroristes perpétrés en Europe sont le fait de groupuscules non-musulmans !

Une photographie claire et nette du paysage séditieux européen, dénuée de tout trucage, qui met à mal la rhétorique islamophobe diffusée en boucle de part et d’autre du Vieux Continent, tuant le mythe du musulman, terroriste dans l’âme.

Dissipant les zones d’ombre qu’une vaste manipulation de l’opinion a instillées dans l’inconscient collectif européen, Europol attribue 84.8% des attentats à des groupes séparatistes qui n’ont aucun lien, ni de près, ni de loin, avec l’islam, évaluant, entre 2007 et 2009, à seulement 0.4% les attentats qui porteraient la marque de groupes islamistes radicaux.

Des résultats bruts et indiscutables, par trop dérangeants pour les nombreux esprits chagrins, qui se prennent là une claque magistrale ! Revers de la médaille : des résultats bien trop édifiants pour bénéficier d’une couverture médiatique, large et objective, qui se révélerait pourtant d’utilité publique…

http://oumma.com/Tous-les-terroristes-sont


L’Extrême-Droite en Israël avec Lieberman : Mort aux Arabes !

La jeunesse israélienne avec Lieberman : il faut anéantir tous les Arabes, les chasser hors des frontières.

La population israélienne s’enfonce chaque jour un peu plus dans le fascisme… comme il y a 30 ans, en Rhodésie.


[Greg Palast –  The Huffington Post – Dimanche 17 Janvier 2010 – Traduction: Gregor Seither]

Grâce soit rendue à ceux qui habitent loin !

L'Icelande lointaine a su envoyer des secours en Haïti - les USA tout proches ne se pressent pas

1. Grâce soit rendue au Président qui a su envoyer des avions avec des secours pour Haïti dans les heures qui ont suivi la catastrophe. Il s’agit du Président Olafur Grimsson de la petite République d’Icelande. Par contre, Mercredi dernier, une dépêche de l’AP nous apprend que le Président des Etats-unis a promis, « Un premier envoi de 2 000 Marines qui pourraient être déployés dans le pays ravagé par le tremblement de terre dans quelques jours. »
« Dans quelques jours, » Mr. Obama?

2. Une catastrophe « naturelle » cela n’existe pas. 200, 000 Haïtiens ont été massacrés par la misère qui les a forcé à vivre dans des bidonvilles et par les « plans d’austérité » imposés par le FMI.

3. Une amie haïtienne m’a appelé au téléphone. Est-ce que je connais un journaliste qui part pour Haïti et qui pourrait emporter des médicaments pour son père ? Elle a ajouté, la voix tremblante, « Ma sœur, elle est prisonnière sous les décombres. Est-ce que tu connais quelqu’un qui part pour là bas et qui pourrait aider, n’importe qui ? » Qu’est ce que je dois lui répondre, « Patiente encore quelques jours, Obama va envoyer les Marines » ?

4. Les sauveteurs venus de Chine et leur chiens sont arrivés à Port-au-Prince sous 48 heures. La Chine, M. le Président. La Chine est située à 13 000 Kilomètres de Haïti. Miami se trouve à 1 000 Kilomètres. Et les bases militaires U.S. à Porto-Rico ? Elles sont juste à côté.

5. Le Secrétaire U.S. à la Défense Robert Gates a déclaré, « Je ne vois pas comment ce gouvernement aurait pu répondre plus rapidement ou de manière plus adaptée que la manière dont il a réagi. » Aujourd’hui nous savons que Gates ne voit pas grand-chose.

6. Pour avoir largement étudié l’organisation de la sécurité civile dans mon travail, je sais que l’administration FEMA a accès à des réserves d’eau potable qu’elle peut mettre dans des avions en quelques heures, tout comme des groupes électrogènes, des unités médicales mobiles et plein d’autres équipements qui doivent servir en cas de cyclone sur la côte du Golfe du Mexique. Cet équipement est situé dans des hangars à moins de 1 000 Kilomètres d’Haïti. Il y est toujours.

Le Lieutenant Général de l’Armée, Russel Honoré, qui a dirigé la « task force » pour la réorganisation des secours d’urgence aux Etats-unis après le fiasco de l’Ouragan Katrina, a déclaré au journal « Christian Science Monitor », « J’avais cru comprendre que, depuis Katrina, nous avions appris quelque chose en termes d’organisation et de priorités : se tenir prêt à embarquer de la nourriture, de l’eau et être sur place en quelques heures pour commencer l’évacuation et le sauvetage. » Peut être que nous avons appris quelque chose depuis Katrina, mais il semblerait que Robert Gates et le Département de la Défense aient séché les cours ce jour là.

7. Envoyez les Marines. Ca c’est la réponse habituelle des Etats-Unis. Ca, on sait le faire. Trois jours après la catastrophe, le porte-avion USS Carl Vinson a fini par se pointer. Avec quoi dans ses soutes ? Il a fait des ronds dans l’eau de manière impressionnante — mais il n’avait rien à bord en matière d’équipements de première urgence ou de matériel de secours. Par contre il dispose de missiles Sidewinder et de 19 hélicoptères de combat.

8. Mais ne vous inquiétez pas, les sauveteurs du « International Search and Rescue Team », entièrement équipés et avec assez de réserves pour être autonomes sur le terrain pendant une dizaine de jours sont arrivés quelques heures après la catastrophe avec des tonnes d’outils, machines de levage, groupes électrogènes, blocs d’opération, des tentes, trois tonnes d’eau potable, des appareils de communication et des purificateurs d’eau.

D’où viennent ces anges tombés du ciel ? Ils viennent d’Icelande.

9. Gates n’a pas voulu mobiliser tout de suite les stocks de la FEMA et envoyer de la nourriture ou de l’eau parce que, comme il l’a expliqué, « il n’y a aucune structure sur place qui soit en mesure d’assurer la sécurité. » Pour Robert Gates, qui a été nommé par Bush et maintenu à son poste par Obama, la chose qui compte c’est la sécurité avant tout. Voilà ce qu’il a appris de Katrina. Avant de sauver des gens, on commence par sécuriser le périmètre. Des mercenaires avant l’eau potable. « Blackwater before drinking water ».

10. Pourtant les présidents précédents ont démontré que, quand ils s’en donnent la peine, les Etats-unis ont les moyens d’envoyer des troupes très rapidement sur cette île. Haïti est la partie droite de l’île d’Hispaniola.

En Créole, quand on veut parler d’un endroit totalement abandonné par le reste du monde, on dit « c‘est comme le cul de Judas« . Haïti c’est comme la couille droite de Judas. La République Dominicaine représente la couille gauche. En 1965, quand les Dominicains ont manifesté pour demander le retour au pouvoir de Juan Bosch, leur président élu qui avait été renversé par un coup d’état, le président U.S. Lyndon Johnson a su réagir rapidement à cette crise, débarquant 45 000 US Marines sur les plages dominicaines et occupant la capitale afin d’empêcher le président élu de revenir aux affaires.

11. Comment est-ce que Haïti s’est retrouvée dans une situation pareille ? Avec un économie proche de zéro, une infrastructure détruite ou inexistante, qu’il s’agisse d’hôpitaux ou de systèmes de traitement des eaux – il y a deux stations de pompiers pour la totalité du pays. Quand aux autres infrastructures, elles sont tellement vétustes que le pays attendait simplement que la « nature » leur porte le coup de grâce.

Mais ne jetez pas trop vite la pierre à « Dame Nature » pour toute cette misère et cette destruction. Une bonne partie de la responsabilité incombe à Papa Doc et Baby Doc, la dictature Duvalier, qui a pillé le pays pendant 28 ans. Papa et son Bébé ont détourné plus de 80% de l’aide internationale vers leurs propres poches – avec la complicité du gouvernement U.S., trop contents de pouvoir compter sur les Duvalier et leur milice sanguinaire, les Tonton Macoutes, pour « lutter contre le communisme dans les Caraïbes ». (Sur ce front caribéen de la Guerre Froide, les escadrons de la mort du régime Duvalier ont assassiné plus de 60 000 opposants haïtiens.)

12. Ce que Papa Doc et Baby Doc n’ont pas pu emporter dans leurs poches, le FMI a fini de le détruire à travers ses « plans d’austérité ». Un plan d’austérité est une sorte de rituel vaudou orchestré par des économistes dont le cerveau a été zombifié par une croyance irrationnelle qui veut qu’il faille détruire les services publics d’un pays si on veut que celui ci prospère.

13. En 1991, cinq ans après la fuite du sanguinaire Baby Doc (NdT qui se la coule douce aujourd’hui sur la Côte d’Azur en France), les Haïtiens ont élu un prêtre, Jean-Bertrand Aristide, qui s’est mis en tête de résister aux dictats du FMI. En seulement quelques mois, l’armée – avec un gros coup de main de la part de Georges Bush Senior – a renversé le « prêtre rouge ».

L’Histoire se répète, d’abord comme tragédie, puis comme farce. La farce en question, c’est George W. Bush. En 2004, quand Aristide a été réélu président, il a été enlevé et forcé à l’exil par des mercenaires U.S., sous les applaudissements de Baby Bush.

14. Il fut un temps où Haïti était riche, le pays le plus riche de cet hémisphère. Au 18è siècle, Voltaire écrivait que Haïti valait plus qu’une petite colonie froide et aride connue sous le nom de Nouvelle-Angleterre. La richesse de Haïti était dans son Or Noir: les esclaves. Mais les esclaves se sont révoltés et ne cessent de payer le prix de cette révolte.

De 1825 à 1947, la France a obligé Haïti à payer une somme annuelle afin de rembourser les esclavagistes français de leurs pertes, survenues lors de la révolte des esclaves. Plutôt que de réduire les Haïtiens en esclavage individuellement, la France a trouvé plus commode de réduire un pays entier en esclavage.

15. Le Secrétaire d’Etat à la Défense, Robert Gates nous déclare candidement, « Il y a des réalités de la vie qui affectent la rapidité avec laquelle certaines de ces choses peuvent se mettre en place. » Alors que les Islandais distants de 6 000 Km –  ont débarqué sous 48 heures,  le Navire Hopital de la Marine US devrait arriver dans… voyons voir, environ une semaine. Tu fais du bon boulot, Brownie! (NdT. Lors de la catastrophe Katrina, George Bush avait félicité le directeur de la FEMA avec cette expression, alors même que les secours étaient totalement inefficaces).

16. Je viens de recevoir un message de mon amie. On a retrouvé sa sœur sous les décombres, elle est morte. Et c’est son autre sœur qui a du l’enterrer. Et son père a besoin de ses médicaments antiépileptiques. Ca aussi c’est une « réalité de la vie » Monsieur le président.

***
A travers notre réseau de journalistes, nous essayons de faire parvenir les médicaments au père de notre amie. Si vous connaissez quelqu’un qui se rend à  Port-au-Prince, merci d’écrire au plus vite à l’adresse : Haiti@GregPalast.com

http://www.gregpalast.com/


[Moira O’Connor – IES News Service Washington – 7/1/2010]

L’attaché de presse de la Maison Blanche, Robert Gibbs, ainsi que d’autres responsables du Service de Presse officiel ont précisé aux journalistes accrédités qu’un certain nombre de sujets étaient interdits de questions lors des conférences de presse. Le journaliste qui aurait le mauvais goût de trop insister sur ces sujets, risquerait de se voir retirer son accréditation.

Sur la liste des sujets interdits, il y a le premier emploi occupé par Barack Obama juste après avoir obtenu son diplôme à la Columbia University. Il avait été embauché par la société Business International Corporation (BIC), une société internationale fournissant des informations économiques et financières et dont le fondateur avait reconnu, en 1977, qu’elle servait de couverture pour des agents de la CIA. L’Administration Obama a interdit toute publication de documents relative à la période 1979-1981, quand le président étudiait au Occidental College à Los Angeles et travaillait pour la BIC. Il est également interdit de répondre à toute question concernant la BIC ou son implication avec la CIA.

In 1981, Obama avait travaillé à Jacobabad et à Karachi, au Pakistan, sous la direction d’un « agent traitant » de la CIA, il s’était ensuite rendu en Inde. A l’époque, suite à l’invasion soviétique en Afghanistan, le Pakistan était entrain d’être préparé par les Etats-unis pour servir de base arrière à la stratégie anti-soviétique de l’Administration Carter, sous la direction du conseiller pour la sécurité nationale Zbigniew Brzezinski.- le même Brzezinski qui a servi de conseiller diplomatique à Barack Obama lors de sa campagne électorale. Après la victoire de Ronald Reagan en 1980, le nouveau chef de la CIA, William Casey, avait encore renforcé le soutien aux insurgés afghans.

Obama a toujours refusé de rendre publics ses transcriptions de l’époque om il était au Occidental College ou à la Columbia University et est toujours resté évasif sur son embauche chez BIC et en quoi consistaient ses activités.

Pour Dave McGehee, de CIA-Watch, « il n’y a rien d’honteux pour un jeune diplomé en droit, à sa sortie de l’Université, d’aller rendre quelques menus services à la CIA, d’autant qu’il n’est pas impossible que la même CIA lui ait fourni de l’argent pour payer une partie de ses études à Harvard. Il y a de très nombreux étudiants issus de minorités que la CIA a embauché  l’Université afin de les utiliser plus tard sur certaines missions. Rares sont ceux qui refusent, c’est une histoire de patriotisme – même Abbie Hofman, pourtant révolutionnaire à 100% avait accepté de rencontrer régulièrement des « agents traitants » pour les informer de ce qui se passait sur les campus en révolte. Il ne s’en était jamais caché. Ce qui est plus étonnant, c’est de le nier ensuite et de menacer tout journaliste qui oserait en parler de lui retirer son accréditation.« 


[La Banlieue s’exprime – 06/01/2010]

En attendant l’éoile verte pour les musulmans, des voix s’élèvent aux USA, pour demander des files spéciales pour musulmans dans les aéroports et le gouvernement britannique pourrait autoriser le contrôle au faciès dans les aéroports.

Le 27 décembre dernier a eu lieu sur la chaîne américaine Fox News un débat où Mike Gallagher, commentateur politique conservateur et célèbre animateur radio, n’y propose rien de moins que la création de files spéciales pour musulmans dans les aéroports.

Ainsi que l’énonce un principe bien connu, si tous les musulmans ne sont pas des terroristes, tous les terroristes, ou presque, sont des musulmans.

L’attentat manqué contre l’Airbus de Northwest Airlines le jour de Noël, dont l’auteur est un jeune Nigérian, fait ressurgir la très délicate question du contrôle au faciès.

Le gouvernement britannique pourrait en effet autoriser des mesures de haute sécurité visant certaines catégories de la population, rapporte le Guardian, qui redoute que ces contrôles ciblés ne visent in fine des groupes ethniques en particulier.

L’un des seuls élus à appeler les autorités à moins rechigner a publiquement défendu sa cause le lendemain de l’attentat manqué. « L’immense majorité des musulmans sont des gens fantastiques », a argué Peter King, représentant républicain de l’Etat de New York sur la chaîne Fox News, « mais 100 % des terroristes islamistes sont musulmans, et ce sont nos ennemis aujourd’hui ». « Alors, même s’il ne faut pas adopter la religion comme critère de contrôle, nous ne devrions pas non plus reculer et exclure [les musulmans] des listes » des personnes surveillées, a-t-il conclu. (Le Monde)

http://www.uam93.com/news/aeroports…


Le gouvernement Yéménite est l’ami de Washington, il n’objectera donc pas à quelques actions militaires spectaculaires contre les « bases d’Al-Qaïda ». Après l’attentat bidon de Detroit, cela va légitimer les autres guerres qui sont devenues de bourbiers… les « méchants » veulent faire sauter nos avions, alors vite faut envoyer encore plus de soldats pour casser la gueule aux bougnouls…

Exactement comme dans les années 1970, quand la lassitude vis à vis de la guerre du Vietnam dans l’opinion US, a poussé Kissinger et McNamara a ouvrir de nouveaux fronts au Laos, au Cambodge… avec le résultat qu’on connaît.

« Au Yémen, le terrorisme n’est pas le principal problème »

[Laurent Bonnefoy – interv. Claire Ané – Le Monde – 04/01/2010]

L’auteur de l’attentat manqué lors d’un vol Amsterdam-Détroit le 25 décembre, Omar Faouk Abdulmutallab, a obtenu les explosifs d’Al-Qaida au Yémen. Laurent Bonnefoy, chercheur associé à l’Institut de recherches et d’études sur le monde arabe et musulman, évoque l’histoire et le poids du mouvement islamiste dans ce pays de la péninsule arabique.

Le mouvement islamiste est-il présent depuis longtemps au Yémen ?

L’histoire de l’islamisme y est ancienne et particulière : le parti politique islamiste Al-Islah a participé au gouvernement de coalition de 1993 à 1997. Les « arabes afghans », Yéménites et autres, qui avaient participé à la guerre contre l’URSS en Afghanistan, ont été accueillis en héros. Ils sont notamment entrés dans l’armée et l’administration, ou ont reçu des aides pour leur réinsertion. Cette logique d’intégration a permis à l’Etat yéménite de ne pas être pris pour cible.

Cet équilibre a été progressivement rompu suite aux attentats du 11 septembre 2001 aux Etats-Unis : le gouvernement s’est aligné sur la lutte contre le terrorisme. La répression, comme le succès de la guérilla islamiste lors de la guerre en Irak, ont encouragé l’émergence d’une nouvelle génération de militants, plus radicaux, dans la mouvance d’Al-Qaida.

Comment Al-Qaida s’est-il renforcé depuis ?

Le pays est instable, en raisons de problèmes économiques et sociaux. Les militants islamistes ont noué des alliances, notamment matrimoniales, avec les tribus qui dominent encore certaines régions. L’Etat est également moins présent dans le Nord, où la rébellion des houthistes a débuté en 2004 (il s’agit d’un mouvement de défense de la minorité chiite zaydite); le régime de Ali Abdallah Saleh, au pouvoir depuis 1978, est aussi fragilisé dans le Sud, dont une partie de la population remet en cause l’unité des deux Etats du Yémen négociée en 1990.

Al-Qaida au Yémen s’est dans le même temps professionnalisé, grâce à l’expérience irakienne et aux militants chassés d’Arabie saoudite par une lutte antiterroriste qui s’est révélée efficace. Le mouvement profite aussi de la relative ouverture aux étrangers, dont certains sont venus étudier l’arabe ou l’islam dans les nombreux instituts de ce pays jugé plus authentique que ceux du Golfe et où l’Etat est sans doute moins à même de contrôler efficacement ces individus. Des radicaux figurent parmi eux : il y eut le « taliban américain » John Walker Lindh et, tout récemment, le Nigérian Omar Farouk Abdulmutallab, auteur de l’attentat manqué du vol Amsterdam-Detroit.

Peut-on évaluer le poids d’Al-Qaida au Yémen ?

Non. Il n’y a pas forcément beaucoup de camps d’entraînement à proprement parler. Mais le Yémen est une société guerrière où les armes font partie du quotidien de bien des tribus. Et tout n’est pas centralisé : dans un pays où le sentiment antiaméricain reste fort, il est possible de trouver des appuis parmi les tribus pour monter des opérations armées. Reste que le degré de violence n’est en rien comparable à celui que connaît le Pakistan. Les attentats ont fait une soixantaine de morts depuis 2001.

Les Etats-Unis et la Grande-Bretagne viennent d’annoncer une hausse de leurs aides pour lutter contre le terrorisme…

Washington fait depuis longtemps pression pour que Sanaa accentue sa répression, pas toujours flagrante : les 23 responsables d’Al-Qaida qui se sont évadés en 2006 semblent ainsi avoir bénéficié de complicités à l’intérieur de la prison… Les aides promises satisfont le gouvernement sur le court terme, mais elles vont contribuer à le rendre de plus en plus illégitime, avec le risque de déstabiliser le pays tout entier. Les Yéménites apprécient déjà peu que les Etats-Unis aient aidé aux bombardements des 17 et le 24 décembre contre des camps présumés d’Al-Qaida pour la péninsule arabique, qui ont tué de nombreux civils. Alors qu’Al-Qaida a lui réorienté sa stratégie après le rejet suscité par son attentat de septembre 2008 contre l’ambassade américaine à Sanaa, qui n’avait tué que des musulmans. Depuis, ses attaques ciblent les seules forces de sécurité et les responsables politiques.

Les Britanniques proposent une conférence internationale sur le Yémen, pays le plus pauvre de la péninsule arabique. Est-ce une piste efficace ?

On voit bien qu’il faut prendre en compte la diversité des crises qui ont créé un foyer propice au développement des groupes armés, et aider au développement sur le long terme. Le terrorisme n’est pas le principal problème. Le seul conflit dans le nord du pays aurait fait quelque 10 000 morts. Se pose par ailleurs la question de la raréfaction des ressources en eau, du chômage et d’une croissance démographique parmi les plus élevées au monde. Ces problèmes exigent sans doute une augmentation de l’aide internationale mais celle-ci doit être moins marquée par un objectif strictement sécuritaire que par une prise en compte globale des défis du Yémen.

http://www.lemonde.fr/proche-orient/article/2010/01/04/au-yemen-le-terrorisme-n-est-pas-le-principal-probleme_1287433_3218.html



Un témoignage percutant du Vétéran d’Irak – Mike Prysner… à voir.

« Notre ennemi ne se trouve pas à 10 000 Km d’ici, il est ici, chez nous, il se nomme racisme, exploitation, avidité capitaliste, profiteurs de guerre. C’est contre lui que nous devons nous unir, pas contre un ennemi fantôme que l’on a fabriqué pour nous faire tenir tranquilles… »


[Eric Alterman – Le Monde Diplomatique –  Décembre 2009]

Est-il possible de contrer le lobby le plus bruyant ? Des Juifs américains contre la droite israélienne

Les efforts du président Barack Obama pour relancer le processus de paix au Proche-Orient se heurtent au refus du premier ministre israélien Benyamin Nétanyahou d’arrêter la colonisation. Pourtant, résoudre le conflit israélo-palestinien reste au centre de la stratégie de l’administration américaine dans la région. Son succès pourrait dépendre, en partie, de l’influence d’un nouveau lobby juif opposé à la politique de la droite israélienne dont la première convention s’ouvre le 25 octobre.

Quand le président américain Barack Obama a reçu seize dirigeants d’organisations juives, à la Maison Blanche, en juillet 2009, la liste des invités comprenait des habitués — les présidents et présidentes de vieilles structures conservatrices telles que la Conference of Presidents of Major American Jewish Organizations, l’Anti-Defamation League (ADL), l’American Jewish Committee et, bien sûr, l’âme du lobby pro-israélien, l’American Israel Public Affairs Committee (Aipac). Mais on comptait aussi un nouveau venu : M. Jeremy Ben-Ami, directeur exécutif du nouveau lobby juif pacifiste J Street (1).

Cette présence n’était certainement pas du goût de tout le monde. Dans les publications favorables au courant dominant et néoconservateur des organisations juives, J Street suscite aussi peu de sympathie que le Hamas. Ainsi, dans les colonnes de Commentary, Noah Pollak a jugé l’association « méprisable », « malhonnête » et « anti-israélienne » ; James Kirchick, du New Republic, l’a qualifiée de « lobby de la capitulation » (surrender lobby) ; Michael Goldfarb, du Weekly Standard, l’a accusée d’être « hostile » à Israël et de « lécher les bottes » des terroristes. Ce langage trahit la panique régnant chez ceux qui craignent que l’apparition de J Street, concomitante à l’élection de M. Obama, puisse signifier le commencement de la fin de ce qui fut autrefois leur quasi-mainmise sur la formulation de la politique américaine au Proche-Orient.

S’agissant du conflit israélo-arabe, une question s’impose d’emblée : pourquoi la politique américaine diffère-t-elle tant de celle des autres nations, et particulièrement de ses alliés européens ? La relation stratégique des Etats-Unis avec Israël est plus onéreuse qu’aucune autre pour la nation américaine, autant sur le plan humain que financier. Non seulement elle coûte aux contribuables trois milliards de dollars par an en aide, mais elle attise la haine dans la plupart des pays musulmans et nourrit la violence antiaméricaine à travers le monde. Aucune autre capitale, excepté Tel-Aviv bien sûr, ne perçoit le Proche-Orient dans les mêmes termes que les Etats-Unis : Israël est un « agresseur agressé » et les Palestiniens des « agresseurs irrationnels ». Pourtant, si controversée soit-elle, cette politique perdure, immuable, d’une administration à l’autre, d’un Congrès à l’autre.

C’est le reste du monde  qui se trompe

Les partisans américains de la ligne dure israélienne — en grande partie des chrétiens évangélistes, en plus d’une base juive néoconservatrice — ne perçoivent aucun problème dans cette singularité de la politique de Washington. Selon eux, l’attitude européenne est dictée par un antisémitisme (chrétien) traditionnel mâtiné d’un désir d’apaiser les régimes arabes producteurs de pétrole. Ajoutez à cela le fait que les médias européens, présentés comme antisémites, prennent toujours le parti des opprimés — les Palestiniens étant par erreur considérés comme tels — et vous expliquez ce penchant propalestinien. La position américaine relève donc de l’évidence : c’est le reste du monde qui se trompe.

De tels arguments ne constituent qu’une des raisons, mineure au demeurant, pour lesquelles Israël a toujours le dessus au Congrès. L’autre tient à la puissance de l’Aipac — avec ses organisations auxiliaires —, dont l’influence et le pouvoir n’ont tout simplement rien de comparable avec aucun autre lobby de politique internationale (ni d’ailleurs de la plupart des autres groupes de pression).

Malgré les récents revers que l’Aipac a subis — les poursuites engagées en 2005 (maintenant abandonnées) pour espionnage contre deux de ses anciens hauts responsables, MM. Steve Rosen et Keith Weissman (2) ; la publication du livre de John Mearsheimer et Stephen Walt, Le Lobby pro-israélien et la politique étrangère américaine (traduit en français par La Découverte) —, on peut trouver une preuve de la puissance de l’Aipac dans le désistement forcé de M. Charles Freeman, un « arabiste » typique, candidat à la présidence du Conseil national du renseignement (National Intelligence Council, NIC) de l’administration Obama. Bien qu’une virulente campagne ait été orchestrée contre lui — un journaliste l’a même accusé de liens avec des pédophiles —, l’Aipac a prétendu qu’il n’était pour rien dans cette entreprise de déstabilisation. Peut-être, mais sa puissance est telle que le groupe de pression peut contrarier les souhaits du président sans même avoir à mener campagne. Comme l’a écrit Jonathan Freedland dans The Guardian, même quand quelqu’un « écarte la mythologie du “lobby israélien”, ce qui est réel suffit pour inquiéter (3). »

Si certaines personnes ont voulu saboter cette candidature, c’est pour deux raisons qui ne s’excluent pas. Soit elles sont profondément et sincèrement soucieuses de savoir qui analyse les renseignements américains, parce qu’elles craignent que M. Freeman ne rende plus difficile une attaque américaine ou israélienne contre l’Iran (comme l’a fait le rapport publié par le National Intelligence Estimates en 2006  (4), qui affirmait que Téhéran n’avait plus de programme nucléaire militaire). Soit elles souhaitent avertir tout fonctionnaire potentiel des risques pesant sur sa carrière en cas d’opposition à leur vision d’une politique favorable à Israël — quand bien même ce fonctionnaire n’aurait pas de rôle à jouer dans l’élaboration de ladite politique. La communauté pro-Israël voulait la peau de M. Freeman ; elle l’a eue.

Nombre de Juifs américains ont beau s’en remettre au jugement de leurs représentants officiels, ils n’adhèrent pas pour autant à la ligne dure de l’organisation. Selon de récents sondages réalisés par J Street, les Juifs américains sont favorables (dans une proportion de 76 % contre 24 %)à la solution de deux Etats et à un accord final entre Israéliens et Palestiniens conforme aux termes des négociations qui ont failli aboutir il y a huit ans à Camp David et à Taba (5) — une approche systématiquement condamnée par l’Aipac. Et tandis que le lobby est resté silencieux sur la nomination du ministre des affaires étrangères israélien, raciste et revanchiste, Avigdor Lieberman, la majorité des Juifs américains, selon J Street, ont rejeté (69 % contre 31 %) ses positions, alors qu’il voulait imposer aux citoyens arabes israéliens un serment de loyauté à l’Etat juif et qu’il avait proféré des menaces contre des députés arabes israéliens.

Qui plus est, les Juifs américains restent progressistes alors que l’Aipac est dominé par des néoconservateurs. Lors de l’élection présidentielle de novembre 2008, les Juifs ont soutenu loyalement les démocrates et ont voté pour M. Obama dans une proportion de quatre contre un. D’où ce paradoxe : des organisations comme l’Aipac, financées par des Juifs progressistes, s’entendent désormais avec des conservateurs républicains pour dénigrer ces mêmes démocrates progressistes…

Sur le plan générationnel aussi, la nouvelle approche de J Street arrive à point nommé. Comme l’explique M. J. Rosenberg, qui a récemment démissionné de l’association pacifiste Israel Policy Forum, l’Aipac est dominé par « des gens beaucoup plus âgés », mais « leurs enfants et petits-enfants ne partagent pas [leurs] idées. Plus nous nous éloignons de la seconde guerre mondiale, plus il est difficile de susciter la peur chez les jeunes afin de les pousser à soutenir Israël. Ils soutiendront Israël s’ils croient en lui et si Israël les y exhorte. Mais toutes ces stratégies basées sur la peur, du type “il faut signer des chèques parce qu’il va y avoir un nouvel holocauste”, ne marchent pas avec les moins de 60 ans. Les gens qui ont manifesté contre la guerre du Vietnam dans les années 1960 ne tomberont pas dans le panneau du “retour d’Hitler” ».

Et il ajoute : « La popularité d’Israël auprès des Juifs américains a chuté depuis 1977, suite à la nomination de [Menahem] Begin au poste de premier ministre. On leur a vendu une certaine image d’Israël, l’Israël de Leon Uris (6), du kibboutz et du paradis socialiste. Cela a totalement changé aujourd’hui. »

Qui plus est, alors que les Israéliens restent beaucoup plus populaires que les Palestiniens — selon une enquête réalisée durant la guerre de Gaza, 49 % des Américains avaient plus de sympathie pour Israël que pour les Palestiniens (11 % seulement préféraient ces derniers) —, cette empathie est beaucoup plus forte chez les conservateurs (avec une proportion de sept contre un) que chez ceux qui se disent progressistes (où la proportion tombe à trois contre deux).

J Street cherche à employer une partie des techniques de buzz marketing (7) du groupe de pression progressiste Move On.org et de la campagne de M. Obama afin que l’influence politique juive à Washington soit en phase avec les positions actuelles des Juifs américains. S’il est encore trop tôt pour juger de son impact, l’organisation se développe très rapidement. Depuis sa création il y a dix-huit mois, elle s’est dotée d’un budget de trois millions de dollars et emploie vingt-deux personnes. Rien de comparable avec l’Aipac et son budget de 70,6 millions de dollars, mais le démarrage est prometteur. Un million de dollars a déjà été récolté afin de favoriser les campagnes électorales à venir des candidats au Congrès attachés à une paix juste au Proche-Orient.

Des voix qui montent à l’unisson

J Street a conjugué ses efforts avec des structures plus petites — dont beaucoup ont été durement frappées par la baisse des donations de nombreuses organisations de centre-gauche depuis la crise économique et le départ des républicains de Washington (l’hostilité à M. George W. Bush ouvrait autrefois nombre de chéquiers). Il a également absorbé certaines d’entre elles et, de ce fait, rationalisé les efforts communs. Sa première convention nationale, qui doit se dérouler du 25 au 28 octobre 2009, réunira onze groupes pacifistes, dont des associations plus établies comme Americans for Peace Now, Israel Policy Forum et le New Israel Fund. J Street a absorbé l’Union of Progressive Zionists en octobre 2008, accédant ainsi à un réseau, petit mais dévoué, d’étudiants juifs pacifistes.

Selon de récentes informations, il s’apprête aussi à prendre le contrôle de Brit Tzedek v’Shalom, une organisation de Juifs progressistes constituée à l’échelon local qui déclare compter quarante-huit mille militants bénévoles dans le pays. A Washington, il a franchi un pas important et accru son crédit en embauchant M. Hadar Susskind, un vétéran de l’armée israélienne, longtemps vice-président et directeur du Jewish Council for Public Affairs, composé de Juifs américains qui se consacrent aux problèmes intérieurs.

Beaucoup dépendra de la manière dont les médias, juifs et laïcs, choisiront de couvrir la prochaine convention de J Street. M. Ben-Ami explique que l’un de ses premiers objectifs est de démontrer une bonne fois pour toutes que le camp de la paix juif « ne se résume pas à dix personnes se réunissant dans une cave ». Peu de temps avant de démissionner de son poste (et d’être inculpé), l’ancien premier ministre israélien Ehoud Olmert avait prévenu : « Si la solution de deux Etats s’effondre, Israël se verra confronté à un combat pour les droits civils comme en Afrique du Sud. » Si cela devait se produire, a-t-il prévenu, « l’Etat d’Israël est fini (8) ».

La capacité de M. Obama à préserver Israël de ce destin — et à offrir aux Palestiniens une autodétermination nationale significative, en imposant les concessions territoriales nécessaires, dépend peut-être du succès de ces voix autrefois solitaires.

http://www.monde-diplomatique.fr/2009/10/ALTERMAN/18195


A qui profite l’interdiction des minarets en Suisse ?

[Théo Von Büren – Mécanopolis – 30 nov 2009, par Mecanopolis]

Rarement une votation populaire n’avait soulevé une telle vague de passions. De mémoire, seules les votations historiques sur les questions liées à nos relations avec l’Union Européenne avaient su susciter tant d’émois, et l’objet en était certes autrement plus digne de polémique.

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En Suisse, la cinquantaine d’enseignes du Mc Donald’s plantées à 15m du sol, symboles de la néo-culture américaine, ne semblent pas poser problème. Quatre minarets pour 400′000 musulmans, oui.

À première vue, l’on pourrait s’amuser de la tournure des débats. D’un côté, assistons au délire de l’UDC, qui a laissé libre cours à sa paranoïa en brandissant le spectre d’une “islamisation” de la Suisse. Nous pourrions effectivement moquer cette analyse saugrenue en rappelant que les musulmans représentent à peine 5% de la population suisse et que la plupart d’entre eux sont issus de territoires à forte tradition laïque (Balkans, Turquie). D’autre part, les opposants à l’initiative n’ont su opposer qu’un argumentaire geignard, droitdelhommiste et compliqué d’arguties juridiques. Nous furent servis de savants avis de droit qui ont argué de cette initiative la violation de la Convention Européenne des Droits de l’Homme. À cet égard, il faut affirmer avec force que rien n’est plus légitime que la décision souveraine et démocratique d’un peuple libre et indépendant, et que rien ne saurait y être opposé !

La signification véritable de cette initiative a donc été largement éludée. Car l’initiative anti-minarets n’est qu’une étape de plus dans la diabolisation de l’Islam qui a cours depuis le 11 septembre 2001. La dernière affiche en date de l’UDC, représentant les trois conseillères fédérales voile accompagnées de citations misogines de Mahomet (la droite “conservatrice” jouant la carte du féminisme, il fallait vraiment qu’ils manquent d’arguments !), montrent bien que cette question des minarets n’est qu’un prétexte, un leurre grossier pour tenter, une fois encore, de monter les citoyens les uns contre les autres sur la base d’une querelle vidée de son sens. Le sens politique de cette stratégie est très clair, et elle n’est pas le propre de l’UDC. De nombreux partis à travers toute l’Europe ont trouvé dans l’islamophobie un fonds de commerce particulièrement rémunérateur, et ces partis – comme par hasard – sont presque tous engagés sur la ligne libérale, suivant ainsi le modèle américain jusque dans ses paranoïas et ses délires huttingtoniens. Il ne s’agit au fond que de la banale stratégie du bouc émissaire, qui vise à fédérer la communauté nationale qui se délite contre un ennemi commode fabriqué de toutes pièces pour la circonstance. Après le juif et le communiste, c’est aujourd’hui le tour du musulman d’incarner la cinquième colonne infiltrée dans notre société pour la subvertir.

Il est tout à fait vrai que le lien social s’effiloche, que l’amour de la patrie est aujourd’hui regardé d’un œil soupçonneux par la police de la pensée, que les valeurs traditionnelles sont battues en brèche par les marchands du temple et que l’identité nationale est l’objet de tous les contresens. Pourtant, on est en droit de se demander si l’Islam est responsable de cette situation déplorable. Albert Camus disait fort justement que mal nommer les choses, c’est ajouter au malheur du monde. Nous serions tentés d’ajouter que mal nommer son ennemi, c’est faire le jeu objectif de ce dernier.

Car l’islamophobie ambiante n’est qu’une stratégie du leurre, un rideau de fumée masquant les nuisances du véritable ennemi : le libéralisme. C’est l’individualisme jouisseur promu par la société de consommation qui est responsable du délitement des valeurs morales. Qui passe sur nos écrans, s’affiche sur nos murs et tente chaque jour de faire sa place dans nos préaux, Paris Hilton ou Mahomet ? Comme l’a relevé le socialiste Didier Berberat il y a quelques semaines lors d’un débat à Neuchâtel (en présence de Tariq Ramadan et de Dominique Baettig), si l’on doit légitimement avoir peur des symboles d’une nouvelle colonisation rampante, alors commençons par démonter les centaines de McDonald’s qui se sont imposés dans toutes les régions de notre pays ! Comme nous l’avons dit plusieurs fois, ceux qui, dans les quartiers à forte présence immigrée, amènent le désordre, la violence et la délinquance, ne sont pas des musulmans en puissance – ce sont, au contraire, des “Américains en puissance”, shootés à la propagande télévisuelle de l’argent facile, du repli égotiste et du communautarisme.

C’est la logique libérale qui est derrière ce libre-échange qui affaiblit les nations et les réduit à l’état de coquille vide. Qui empiète sur la souveraineté des Etats-Nations et leur impose des politiques néfastes ? Le grand Califat ou bien les instances antidémocratiques de la gouvernance mondiale (OMC, FMI, UE) ? Qui est responsable de la misère du tiers-monde et pousse à l’immigration massive des peuples du Sud vers les pays du Nord ? Est-ce le fruit d’un complot ourdi dans une grotte pakistanaise ou bien le résultat de politiques néo-impérialistes menées par les pays occidentaux ?

Répondre à ces quelques questions, c’est comprendre que l’Islam est un faux problème. L’islamophobie est un symptôme, et non un remède.

http://www.mecanopolis.org/?p=11360


Samer Lahmar avait été reconnu innocent par un tribunal. Les Etats-Unis se le sont quand même fait livrer et l’ont torturé pendant HUIT ANS à Guantanamo juste histoire de pouvoir faire croire que leur Guerre Antiterroriste obtenait des résultats. Reconnu a nouveau innocent, par un juge US cette fois-ci, il a encore du attendre UN AN DE PLUS avant d’être enfin libéré. Et ce déni de justice ne sera jamais puni, puisque le gouvernement US peut agir en toute impunité…

Et on se permet de donner des leçons de justice, de démocratie et d’Etat de droit à des pays comme l’Iran et la Chine ? Que l’Occident Civilisé commence donc par balayer devant sa propre porte avant d’aller jouer au chevalier blanc chez les barbares…

[Radio France Internationale – 01/12/2009]

Après huit ans de détention à Guantanamo, l’Algérien Saber Lahmar a été libéré lundi et transféré vers la France. Pour son avocat, les «fortes relations» entre la France et les Etats-Unis expliquent le transfert de l’ancien prisonnier vers l’hexagone.

Ces huit ans de détention faisaient de Samer Lahmar l’un des plus anciens prisonniers de Guantanamo. Il avait été arrêté en Bosnie en 2001, accusé d’avoir projeté un attentat contre l’ambassade américaine de Sarajevo. Reconnu innocent par un tribunal bosniaque, il avait tout de même été livré aux Etats-Unis à la suite de fortes pressions diplomatiques.

Depuis 2004, ses avocats américains ont contesté jusqu’à la Cour suprême la légalité de la détention de leur client. L’un des avocats, Robert Kirsh, joint par RFI s’est félicité qu’un juge fédéral pourtant nommé par le président Bush ait finalement ordonné, il y a un an, la libération de son client. Il souligne qu’il appartient désormais à Saber Lahmar de décider s’il entend poursuivre le gouvernement américain afin d’obtenir des compensations financières pour son emprisonnement illégal. L’avocat souligne que les chances de remporter un jugement face au gouvernement américain sont minces. Mais, ajoute-t-il, mon client a été traité de manière inhumaine pendant huit ans et emprisonné illégalement. C’est donc un cas exceptionnel.

Pour l’heure, cet Algérien de 39 ans a fait savoir qu’il souhaitait trouver du travail et reprendre une vie normale. Son avocat américain espère, lui, que son gouvernement va définitivement fermer Guantanamo et effacer ainsi la «souillure» que représente ce camp dans l’histoire des Etats-Unis.

http://www.rfi.fr/contenu/20091201-algerien-libere-guantanamo-route-france?ns_campaign=nl_monde011209&ns_mchannel=newsletter&ns_source=emailvision&ns_linkname=lire-2&ns_fee=0


Fantasme alimenté par la propagande néo-con, le musulman est devenu le repoussoir universel, il a pris la place du juif dans les années 1900-1940. Des milliers de petites et grandes stratégies opportunistes s’appuient sur cette xénophobie afin de faire avancer leurs propres pions… que ce soit la guerre pétrolière ou la peur du chômage.

La Suisse n’échappe pas au débat sur la visibilité de l’islam
[LE MONDE | 28.11.09 – Propos recueillis par Stéphanie Le Bars]
Patrick Haenni, chargé de recherche à l’Institut Religioscope basé à Fribourg (Suisse) a codirigé Les Minarets de la discorde (Infolio éd., novembre 2009), analyse l’interdiction de construire des minarets, une des questions posées par le référendum populaire du 29 novembre en Suisse.

Cette interrogation sur la visibilité de l’islam en pays non musulman est-elle typiquement suisse ?
La spécificité suisse repose sur la votation : ce dispositif impose aux citoyens de se prononcer sur des questions que l’on ne pose pas en ces termes ailleurs ; on crée un effet d’opinion sur un agenda imposé par des groupes particuliers. En Suisse, l’alliance des opposants aux minarets est circonscrite à la droite nationaliste et à une partie des courants évangéliques, liés aux chrétiens sionistes. Mais même au sein de l’Union démocratique du centre (UDC), qui porte le débat, certains sont opposés à ce vote, car ils redoutent les effets économiques, dans les pays arabes, d’une éventuelle interdiction.

Cela dit, la question des minarets s’inscrit dans une dynamique plus large. On la retrouve aussi en France, avec le débat sur l’interdiction de la burqa. La nouveauté de ces mobilisations est qu’elles se font sur la visibilité de l’islam et sur la dimension idéologique de cette religion. L’Union démocratique fédérale, qui est l’expression des évangéliques en Suisse, défend le côté chrétien du pays ; à leurs yeux, l’islam ne représente pas une menace en termes d’immigration, – même si la population musulmane connaît une croissance rapide, avec 400 000 personnes et 5 % de la population – mais porte le risque d’un clash des religions. D’ailleurs, que ce soit en France avec 367 burqas ou en Suisse avec quatre minarets, on est bien dans des logiques de combat symbolique plus que sur des problèmes touchant la société réelle.

Comment se positionnent la population et les associations musulmanes dans ces débats ?

De manière dominante, elles sont en retrait et préfèrent ne pas jeter d’huile sur le feu. D’autant que ces sujets ne font pas forcément consensus dans la communauté musulmane. En Suisse, le débat sur les minarets se déroule principalement entre forces politiques, à l’exception d’interventions de l’universitaire suisse Tariq Ramadan.

Quelle est votre réponse de sociologue face aux peurs « d’expansion de l’islam », qui, pour certains, constituent la toile de fond de ces débats ?

L’islam, en tant que fait théologique, est bien prosélyte et universaliste. Mais quand on s’intéresse au réel, c’est la sociologie qu’il faut mobiliser : l’expansionnisme d’une religion se fait soit par un projet politique ou militaire, soit par les conversions, soit par la démographie. Or, en Europe, les porteurs d’un projet politique, les Frères musulmans, n’arrivent pas à l’articuler dans une situation de minorité. Ils oscillent entre la représentation communautaire (mais l’échec de l’appel au calme de l’Union des organisations islamiques de France (UOIF) lors des émeutes des banlieues en 2005 a montré qu’ils ne contrôlent pas les banlieues) et le retour à la prédication.

Mais, sur ce terrain, le courant qui est vraiment efficace aujourd’hui, c’est le salafisme. Or pour ce courant, certes radical au niveau du dogme, l’idéal c’est la « hijra », le retour dans les terres d’islam. Ses membres s’inscrivent dans du religieux pur, et la perspective du départ provoque un désinvestissement du champ politique. Le fondamentalisme qui marche est donc apolitique. Quant à sa frange djihadiste, elle poursuit un but de destruction sans véritable projet politique. Plus généralement, le « retour de l’islam » se fait non par un projet militant mais par l’individu. Il vise plutôt une normalisation culturelle de l’islam dans le cadre de la culture de masse globalisée (rap islamique, Hallal Fried Chicken, streetwear islamique…)

Restent la natalité et les conversions. Dans les pays musulmans, à l’exception du Pakistan et de l’Afrique noire islamique, la démographie est en chute libre. Quant aux conversions, elles existent, mais fonctionnent dans les deux sens.

http://www.lemonde.fr/europe/article/2009/11/28/la-suisse-n-echappe-pas-au-debat-sur-la-visibilite-de-l-islam_1273437_3214.html


[Claude Herdhuin  – Mondialisation.ca – 23/11/2009]

Jeudi, le 19 novembre, le Juge John G. Koeltl a ordonné à Lynne Stewart, avocate spécialisée dans la défense des droits civils et militante de longue date, de se présenter immédiatement pour être incarcérée. Condamnée à 28 mois de prison le 16 octobre 2006 pour conspiration et soutien matériel au terrorisme, Lynne Stewart était en liberté conditionnelle. Cette femme de 70 ans a consacré sa vie aux pauvres, aux défavorisés, à la communauté noire et à la justice. Ceux d’entre eux qui n’avaient pas les moyens de payer les services d’un avocat pouvaient frapper à sa porte. Aujourd’hui, Lynne Stewart lutte non seulement pour sa liberté, mais également pour la liberté de tous les Américains.

La justice américaine s’est intéressée au cas de Lynne Stewart seulement après le 11 septembre 2009. Rappelons que sa seule faute est d’avoir contrevenu aux mesures administratives spéciales (Special Administrative Measures, SAM) du bureau américain des prisons (US Bureau of Prisons). Elle avait été obligée de signer ces mesures pour pouvoir défendre le Cheik Omar-Abdel Rahman. Les SAM sont inconstitutionnels : elles violent le Premier Amendement ainsi que le Sixième Amendement de la Constitution américaine selon lequel, tout accusé a droit à un avocat et à être jugé par un jury d’État impartial dans l’État même où le crime a été commis et seulement pour ce crime. L’Administration Clinton n’a pas considéré Lynne Stewart comme une terroriste et une traître. À l’époque, son cas a simplement été considéré comme une faute administrative. Lynne Stewart a reçu une lettre à cet effet, et n’a pas pu rendre visite à son client pendant quelque temps. Puis, elle a pu reprendre ses visites au Cheik en prison et poursuivre son travail d’avocate. Ce n’est que le 9 avril 2002 qu’elle a été arrêtée à son domicile par le FBI, quelques mois après les évènements du 11 septembre 2001 et dans un climat d’hystérie collective. Le soir de son arrestation, John Ashcroft, ministre de la Justice des États-Unis, est allé à l’émission populaire de David Letterman, Late Night Show, et a déclaré à toute l’Amérique que Lynne Stewart était une traître à la nation.

Aujourd’hui, les médias décrivent Lynne Stewart soit comme une terroriste et une traître qui mérite la pire punition, soit comme une héroïne. Mais elle n’est ni l’un ni l’autre. C’est une femme de 70 ans avec des années d’expérience de vie en tant que mère, grand-mère, activiste et avocate. Jeune femme blanche, elle s’est engagée et a lutté pour la cause de ses compatriotes noirs, parce qu’elle croyait dans la justice. Des décennies plus tard, elle a défendu le Cheik Omar-Abdel Rahman, parce qu’elle croyait toujours dans la justice.

Aujourd’hui, elle est en prison et elle croit encore dans la justice. Même si son procès nous ramène des années en arrière, durant la pire période qu’ont connue les États-Unis, à savoir le McCarthism.

Dans sa conférence de presse du 17 novembre, elle a dit être trop âgée pour pleurer, mais que cela faisait trop mal pour ne pas pleurer. Elle a également mis en garde les autres avocats de la défense : « C’est un avertissement pour les autres avocats. [Le gouvernement leur envoie le message] Ne défendez pas vos clients avec trop de vigueur, ne faites pas de zèle ».

Je connais Lynne Stewart depuis cinq ans. La première fois que j’ai entendu parler d’elle, c’est dans les journaux, en 2004. Ils décrivaient Lynne Stewart comme une terroriste et, avec mon mari, nous avons décidé de la contacter pour voir ce qui s’était réellement passé et qui elle était. Nous avons décidé de faire un documentaire sur son cas pour découvrir ce qui est arrivé. Nous nous sommes efforcés d’être aussi neutres que possible. Des années après, je peux affirmer que la seule erreur de Lynne Stewart a été sa trop grande confiance. Elle croyait en la justice et le gouvernement des États-Unis l’a trahie en :

  • s’attaquant au droit de la liberté de parole et de presse, et au droit qu’a le peuple d’adresser des pétitions au gouvernement pour obtenir la réparation de torts;
  • s’attaquant au droit de tout accusé d’être assisté d’un avocat pour sa défense, en intimidant la défense;
  • s’immisçant dans les conversations privées, les rencontres en privé entre avocat et client, les fax, les lettres et les e-mails pour recueillir des « preuves ».

Pour envoyer une lettre à Lynne Stewart, écrivez : Lynne Stewart #53504-054 MCC-NY 150 Park Row New York, NY NY 10007

Vous pouvez aussi téléphoner ou écrire au Président Obama : The White House 1600 Pennsylvania Avenue NW Washington, DC 20500 Veuillez inclure votre adresse électronique Numéros de téléphone Commentaires : 202-456-1111 Standard : 202-456-1414 http://www.whitehouse.gov/CONTACT/

Claude Jacqueline Herdhuin  Scénariste, assistante-réalisatrice et auteure

http://www.mondialisation.ca/index.php?context=va&aid=16254


Article intéressant de Monbiot… notamment sur le profil des « sceptiques ». Ce qu’il ne mentionne pas, par contre, c’est peut être tout simplement une sorte de « fatigue » du public face au débat climatique. On ne peut pas se faire bombarder à longueur de journée par des messages catastrophistes du genre « c’est la fin du monde » (et Monbiot est un des principaux Philipulus en la matière) sans finir par prendre un peu de recul sur la chose. Mais c’est vrai que, aux Etats-unis, la population « sceptique » se compose avant tout de personnes vivant dans une bulle néo-conservatrice, ne lisant que les publications de son camp, n’écoutant que la radio de son camp… Allez faire un tour du côté des « right-wingers » et « tea-baggers » aux USA, vous serez effrayé à quel point c’est devenu une secte. Pour moi qui suis issu d’une vieille famille de Républicains conservateurs, l’idée que ces gens là représentent la majorité du Parti de mes parents et grand-parents, me fout les jetons. (Tim Carr)

[Georges Monbiot – Monbiot.com – 02/11/2009]

There is no point in denying it: we’re losing. Climate change denial is spreading like a contagious disease. It exists in a sphere which cannot be reached by evidence or reasoned argument; any attempt to draw attention to scientific findings is greeted with furious invective. This sphere is expanding with astonishing speed.

A survey last month by the Pew Research Centre suggests that the proportion of Americans who believe there’s solid evidence that the world has been warming over the past few decades has fallen from 71% to 57% in just 18 months(1). Another survey, conducted in January by Rasmussen Reports, suggests that, due to a sharp rise since 2006, US voters who believe that global warming is the result of natural causes (44%) now outnumber those who believe it is caused by human action (41%)(2).

A study by the website Desmogblog shows that the number of internet pages proposing that manmade global warming is a hoax or a lie more than doubled in 2008(3). The Science Museum’s Prove it! exhibition asks online readers to endorse or reject a statement that they’ve seen the evidence and want governments to take action. As of yesterday afternoon, 1006 people had endorsed it and 6110 had rejected it(4). On Amazon.co.uk, books championing climate change denial are currently ranked at 1,2,4,5,7 and 8 in the global warming category(5). Never mind that they’ve been torn to shreds by scientists and reviewers, they are beating the scientific books by miles. What is going on?

It certainly doesn’t reflect the state of the science, which has hardened dramatically over the past two years. If you don’t believe me, open any recent edition of Science or Nature or any peer-reviewed journal specialising in atmospheric or environmental science. Go on, try it. The debate about global warming that’s raging on the internet and in the rightwing press does not reflect any such debate in the scientific journals.

(….)

Such beliefs seem to be strongly influenced by age. The Pew report found that people over 65 are much more likely than the rest of the population to deny that there is solid evidence that the earth is warming, that it’s caused by humans or that it’s a serious problem(9). This chimes with my own experience. Almost all my fiercest arguments over climate change, both in print and in person, have been with people in their 60s or 70s. Why might this be?

There are some obvious answers: they won’t be around to see the results; they were brought up in a period of technological optimism; they feel entitled, having worked all their lives, to fly or cruise to wherever they wish. But there might also be a less intuitive reason, which shines a light into a fascinating corner of human psychology.

In 1973 the cultural anthropologist Ernest Becker proposed that the fear of death drives us to protect ourselves with “vital lies” or “the armour of character”(10). We defend ourselves from the ultimate terror by engaging in immortality projects, which boost our self-esteem and grant us meaning that extends beyond death. Over 300 studies conducted in 15 countries appear to confirm Becker’s thesis(11). When people are confronted with images or words or questions that remind them of death they respond by shoring up their worldview, rejecting people and ideas that threaten it and increasing their striving for self-esteem(12).

One of the most arresting findings is that immortality projects can bring death closer. In seeking to defend the symbolic, heroic self that we create to suppress thoughts of death, we might expose the physical self to greater danger. For example, researchers at Bar-Ilan University in Israel found that people who reported that driving boosted their self-esteem drove faster and took greater risks after they had been exposed to reminders of death(13).

A recent paper by the biologist Janis L Dickinson, published in the journal Ecology and Society, proposes that constant news and discussion about global warming makes it difficult for people to repress thoughts of death, and that they might respond to the terrifying prospect of climate breakdown in ways that strengthen their character armour but diminish our chances of survival(14). There is already experimental evidence suggesting that some people respond to reminders of death by increasing consumption(15). Dickinson proposes that growing evidence of climate change might boost this tendency, as well as raising antagonism towards scientists and environmentalists. Our message, after all, presents a lethal threat to the central immortality project of Western society: perpetual economic growth, supported by an ideology of entitlement and exceptionalism.

If Dickinson is correct, is it fanciful to suppose that those who are closer to the end of their lives might react more strongly against reminders of death? I haven’t been able to find any experiments testing this proposition, but it is surely worth investigating. And could it be that the rapid growth of climate change denial over the past two years is actually a response to the hardening of scientific evidence? If so, how the hell do we confront it?

http://www.monbiot.com/archives/2009/11/02/death-denial/


PALESTINE : IT IS TIME !

Clip de la Campagne Never Before For Palestine – neverbeforecampaign@gmail.com

http://www.youtube.com/watch?v=dFI4VHp0S9w


Si cette dame libanaise n’avait pas été Maronite, si c’est contre les israéliens qu’elle avait dirigé sa haine, pensez vous que le journaliste l’aurait laissé parler en lui disant « Non, mais je vous comprends » et pensez vous que la télévision française aurait diffusé de tels propos…

L’autre truc choquant est que cette dame qui est de la même génération que moi, n’a jamais été capable, 20 ans après la guerre, de sortir de sa tranchée mentale, d’aller s’informer sur l’autre côté, de voir que les atrocités et horreurs ont été tout autant le fait de son camp à elle, que la Phalange Gemayel a appliqué dans les faits ce qu’elle appelle de ses voeux… et que les Israéliens ont mille fois plus détruit son pays que les Palestiniens.

En fait, cette dame n’est jamais sortie de son Bunker. C’est triste…
(Dov)

JE DETESTE LES SYRIENS, JE VOUDRAIS VOIR LEUR PAYS EN RUINES, ET JE DETESTE ENCORE PLUS LES PALESTINIENS

[France 5 – 17/07/2009]

http://www.dailymotion.com/video/x9wipe_les-racistes-sionistes_news


Est-ce qu’elle a une forme de godemichet au moins ? Moulée sur la queue de Ben Laden 🙂

Et bien sûr, cela signifie que  tout Kamikaze mourrant de cette façon arrivera au paradis sous les ricanements de ses confrères martyrs (et des houris) qui le traiteront désormais de GOATSE !!!!! (attention, ne cliquez que si vous avez l’estomac bien accroché)

La bombe-suppositoire inquiète les services de sécurité

[Libération – 05/10/2009]

Selon une note interne de la Direction centrale du renseignement intérieur (DCRI), révélée par le Figaro, les terroristes islamistes seraient dorénavant capables de dissimuler leur bombe à l’intérieur de leur corps.

C’est un attentat, revendiqué par une branche d’Al-Qaeda, contre le prince Mohammed bin Nayef, le 28 août en Arabie Saoudite, qui a alerté les services de renseignement du monde entier. L‘auteur a utilisé «un explosif ingéré, ou plutôt introduit comme un suppositoire. Autant dire indétectable. Le kamikaze n’avait plus qu’à le déclencher grâce à son téléphone mobile que les cerbères du palais n’ont pas eu la présence d’esprit de lui retirer», a commenté un haut fonctionnaire du ministère de l’Intérieur à Paris.

Casse-tête sécuritaire

Cette escalade technologique dans le terreur inquiète au plus haut point les experts de la sécurité. Cité par Le Figaro, un officier de la direction centrale de la police aux frontières (DCPAF) explique que «nos plates-formes aériennes sont équipées de détecteurs de métaux, mais dans le cas du kamikaze saoudien, seul un contrôle aux rayons X aurait permis de détecter l’explosif, comme on repère les capsules de drogue dans le ventre des passeurs. (…) Or, on imagine mal devoir faire passer des millions de passagers à la radio avant de monter à bord.»

Confiscation des téléphones ?

D’autant plus que des expositions répétées aux rayons X sont dangereuses pour la santé en raison notamment des risques de cancer. Impensables pour les frequent flyers qui accumuleraient alors les radiations au même rythme que les miles de fidélité.

Si l’ingestion d’explosifs se révèle impossible à détecter de manière sûre et rapide, la seule solution resterait d’empêcher leur déclenchement par radiofréquence, ce qui pourrait par exemple se traduire par le retrait des téléphones portables durant les vols.

http://www.liberation.fr/monde/0101595193-la-bombe-suppositoire-inquiete-les-services-de-securite?xtor=EPR-450206


Des vrais démocrates, ces copains de Paulo A. Paranagua. Le « Monde » va avoir du mal à leur trouver une excuse sur ce coup là…

HONDURAS. LE PRESIDENT ZELAYA DÉNONCE UN PLAN POUR L´ASSASSINER ET DEMANDE DE SOUTENIR CONCRÈTEMENT SON PEUPLE

[Le Grand Soir – mardi 22 septembre 2009]

http://www.legrandsoir.info/+HONDURAS-LE-PRESIDENT-ZELAYA-DENONCE-UN-PLAN-POUR-L-ASSASSINER+.html

Le président du Honduras, Manuel Zelaya, a dénoncé ce mardi les plans du gouvernement putschiste de prendre d´assaut l’ambassade du Brésil où il se trouve depuis lundi, pour le capturer et l’assassiner et pour que des médecins légistes déclarent ensuite que le mandataire s’est suicidé.

« Nous sommes menacés d´une attaque cette nuit contre l’ambassade du Brésil (…). Ils planifient ma capture et mon assassinat pour que des médecins déclarent que je me suis suicidé », a déclaré le Président lors d´une interview exclusive à teleSUR depuis Tegucigalpa.

« Je veux dire à la communauté internationale que Manuel Zelaya Rosales ne se suicide pas, qu´il est vivant et qu´il va continuer à se battre pour ses principes avec fermeté, et qu´il préfère mourir avec fermeté plutot que de s’agenouiller devant cette dictature. Que cela soit bien clair pour ces tyrans qui veulent gouverner ce pays avec la force des armes », a-t-il ajouté.

Il a exprimé son souhait que les annonces par le Brésil et les Etats-Unis (EE.UU.) de convoquer pour ce jeudi le Conseil de Sécurité de l’ONU afin de traiter le thème du Honduras, ainsi que la pression qu’exerce la Communauté internationale, se traduisent par un soutien concret au peuple hondurien en train de souffrir et « qui ne mérite pas ce destin après tant de sacrifices, tant d’exploitation durant des décennies, il temps que justice lui soit rendue ».

« Nous remercions sincèrement la Communauté internationale et les présidents de tous les gouvernements qui nous ont soutenus sincèrement et nous allons les remercier davantage quand la démocratie et la paix seront rétablies dans le pays » a-t-il ajouté.

Via Campesina, dans une note diffusée mardi, explique que la répression policière se poursuit et dénoncent des centaines d´arrestations, des personnes blessées et des morts. Certains stades sont transformés comme au Chili en 1973, en camps de concentration. Le coup d´État médiatique se prolonge : les médias se chargent de rejeter la faute de ce tout qui se passe sur le président Zelaya et sur la résistance et tente de faire croire que « l´ordre règne » et que rien ne se passe pour freiner la mobilisation.

Le mouvement social informe également de ce que les personnes qui accompagnaient le président Zelaya ont abandonné l´Ambassade du Brésil où elles ètaient pratiquement emprisonnées – privées d’aliments, d`eau et depuis hier d’énergie, un petit groupe de personnes est resté avec le président Zelaya.

http://www.larevolucionvive.org.ve/spip.php?article269&lang=fr


[De Defensa – 11/06/2009]

Il n’est plus un jour qui ne nous apporte de nouvelles indications sur le mouvement de déconstruction de l’influence israélienne aux USA, et plus particulièrement, – et ceci explique cela, on le verra plus loin, – de l’influence des extrémistes israéliens via le Lobby (l’AIPAC). Il s’agit ici d’un texte de Ira Chernus, professeur d’études religieuses à l’université du Colorado et spécialiste des questions stratégiques, nucléaires et conflictuelles considérées du point de vue théologique. Publié sur Thruthout le 9 juin 2009 <http://www.truthout.org/060909R> , ce texte présente l’intérêt d’une enquête dans les milieux parlementaires US à propos de l’influence de l’AIPAC.

Chernus décrit d’abord le processus habituel pour “endoctriner” selon les consignes de l’AIPAC les jeunes parlementaires, notamment démocrates, sans avis sur la question du Moyen-Orient, et qui subissent régulièrement un “lavage de cerveau”, venu en général de généreux donateurs commandités par l’AIPAC. La chose renvoie aux plus basses méthodes de conditionnement et de propagande des systèmes totalitaires les plus cyniques et les plus méprisables. Pas de surprise, quand on a une idée claire de l’AIPAC et de la direction israélienne actuelle, autant que des habitudes parlementaires US.

Mais les choses changent… «Now, for the first time, there are signs of a crack in AIPAC’s vaunted political edifice.» Il faut dire que la bataille, qui porte actuellement sur la résistance de Netanyahou à propos des demandes d’Obama sur la question des implantations comme si cela engageait évidemment la survie d’Israël, représente une cause d’une telle médiocrité par rapport aux véritables enjeux qu’il y a là une démarche alimentant son propre discrédit. («“Even the most conservative institutions of Jewish American life don’t want to go to war over settlement policy,” said David Twersky, who was until recently the senior adviser on international affairs at the American Jewish Congress.») (suite…)


[Gregor Seither – IES News Service – 18/08/2009]
Dans son livre de mémoires à paraître, “The Test Of Our Times”, Tom Ridge, ancien directeur de la Sécurité Intérieure (Homeland Security) aux Etats-unis, dénonce la manipulation électoraliste de l’anti-terrorisme par l’Administration Bush.

Dans le chapitre « The Politics of Terrorism », il affirme que l’équipe autour du président Bush a plusieurs fois ordonné le relèvement injustifié de la cote d’alerte anti-terroriste, dans les semaines qui ont précédé les élections présidentielles de 2004.

Ainsi, fin octobre 2004, alors qu’aucun rapport des services de renseignement n’indiquait la moindre augmentation du risque d’attentat, le procureur John Ashcroft et le Secrétaire à la Défense, Donald Rumsfeld ont insisté pour que le Dept. of Homeland Security relève publiquement la cote d’alerte – ce qui aurait apporté de l’eau au moulin électoral des Républicains qui accusaient le candidat Démocrate, John Kerry, de ne pas être assez sécuritaire. Tom Ridge affirme avoir refusé de le faire.

L’ancien porte parole de John Ashcroft a démenti ces affirmations, conseillant même à Tom Ridge de « se coller du chatterton sur la bouche« . Mais une enquête du quotidien New York Daily News menée en 2004 montre clairement que le « Justice Department » de John Ashcroft avait l’habitude de publier des bulletins d’information alarmistes chaque fois que George Bush était en difficulté dans les sondages vis à vis de John Kerry.

Selon Tom Ridge, les conseillers politiques de Bush avaient clairement instruit les membres de l’Administration Républicaine d’entretenir la peur des attaques terroristes, la question sécuritaire étant un point important par lequel le candidat Républicain se distinguait dans la campagne électorale. « Faire peur aux gens, leur marteler l’idée que Kerry ne serait pas capable de les protéger, qu’il ouvrirait la porte aux terroristes… les sondages montraient que c’était profitable pour nous » explique Karen Asciago, ancienne chercheuses du Comité National Républicain.

En Mai 2004, la Maison Blanche avait orchestré une conférence de presse hautement médiatisée, en présence de John Ashcroft et du directeur du FBI Robert Mueller, afin d’alerter l’opinion sur la menace que posaient des « militants Américains au sein d’Al-Qaïda », citant les cas de Adam Gadahn et autres suspects. Selon Mme Asciago « le FBI était clairement mal à l’aise dans ce grand spectacle, toutes les informations révélées avec fracas étaient déjà anciennes et ne présentaient aucun caractère d’urgence. Le directeur du FBI a d’ailleurs refusé de se prêter à un nouvel exercice, quelque temps plus tard, ne réapparaissant qu’une seule autre fois aux côtés de John Ashcroft. »

Selon le New-York Daily News, cette « politique de la peur » allait d’ailleurs très loin. L’équipe autour de John Ashcroft avait prévu de cibler les états cruciaux pour les élections et d’y organiser des annonces publiques dans lesquelles on aurait alerté les citoyens de ces états d’un danger imminent, leur demandant de « rester vigilants » et d’aider les autorités à traquer les personnes soupçonnées d’être des terroristes. Ashcroft avait refusé, craignant des dérapages racistes.


[Agora Vox – 15/08/2009]

L’ancienne traductrice au FBI Sibel Edmonds a fait une révélation fracassante le 24 juin 2009, au micro de Brad Friedman, dans le Mike Malloy Show. Ses propos ont été retranscrits le 31 juillet sur les blogs Let Sibel Edmonds Speak, Against All Enemies et Daily Kos. Ils ont enfin été traduits (une première fois) en français sur le site ReOpen911 le 13 août.
Des propos qui rejoignent ceux du journaliste Eric Margolis au micro de Scott Horton, d’abord le 30 novembre 2008, puis le 28 avril 2009 (les Français ont pu apercevoir cet ancien correspondant de guerre, fin connaisseur du Moyen-Orient et de l’Asie Centrale, dans l’émission de Frédéric Taddeï, Ce soir ou jamais sur France 3).
Relations intimes… et pérennes
Selon Sibel Edmonds, les Etats-Unis ont entretenu des relations très étroites avec Oussama Ben Laden et les Talibans, sans discontinuer jusqu’au 11-Septembre, dans le cadre d’opérations en Asie Centrale, une zone aux ressources énergétiques particulièrement convoitées. Ces relations étaient pourtant censées être rompues depuis la fin de la Guerre froide :
« Dire que depuis la chute de l’Union Soviétique, nous avons mis un terme à notre relation intime avec Ben Laden et les Talibans est un mensonge, et il est possible de le prouver très facilement sur la base des informations qui ont été classifiées dans mon affaire. Nous avons entretenu des relations très étroites avec ces gens, au sujet de l’Asie Centrale, et cela jusqu’au 11-Septembre. (…) Nous avons réalisé des opérations en Asie Centrale avec ces groupes, les utilisant comme nous le faisions déjà durant le conflit soviéto-afghan, et nous les avons utilisés jusqu’au 11-Septembre » (à écouter via le 2e lecteur MP3 sur cette page, entre la 6e et la 7e minute, ou à partir de la 6e minute sur la vidéo qui suit).
Le rôle du tiers
Cette « utilisation » se faisait via des intermédiaires, la Turquie (dont Sibel Edmonds est originaire), mais aussi d’autres acteurs provenant du Pakistan, d’Afghanistan et d’Arabie Saoudite. Ben Laden, les Talibans et d’autres groupes servaient ainsi d’armée terroriste par procuration. Les Etats-Unis avaient besoin de cette discrétion afin d’éviter tout risque de révolte populaire en Asie centrale (Ouzbékistan, Azerbaïdjan, Kazakhstan et Turkménistan), mais aussi de fâcheuses répercussions en Chine et en Russie.
Sibel Edmonds précisait, en juillet 2008 : « Ceci a commencé il y a plus de dix ans, dans le cadre d’une longue opération illégale et à couvert, menée en Asie centrale par un petit groupe aux États-Unis. Ce groupe avait l’intention de promouvoir l’industrie pétrolière et le complexe militaro-industriel en utilisant les employés turcs, les partenaires saoudiens et les alliés pakistanais, cet objectif étant poursuivi au nom de l’Islam. » La stratégie pro-islamiste des Etats-Unis, une longue histoire… (suite…)

Le jour où le président est (re)devenu Noir
(Mais est-il revenu à lui même?)

[Greg Palast – The Huffington Post – 29 juillet 2009 – Trad. Gregor Seither]

Aille ! Aille ! Aille ! Il s’est fourré dans de beaux draps ! Pendant un bref instant, devant les caméras de télévision, le Président des Etats-unis est devenu Noir !

La semaine dernière, quand son pote « Skip » Gates s’est fait embarquer par les flics pour avoir osé être Noir dans un quartier huppé de Boston, Barack Obama a oublié son rôle officiel: celui du pacificateur des consciences américaines qui leur raconte la belle histoire comme quoi son élection marque la fin du racisme aux USA.

Au lieu de cela, Obama, ce Président qui se donne un mal énorme pour toujours paraître ne pas choisir de camp, s’est effacé devant Barack, le sénateur radical du ghetto de South Side à Chicago, qui nous a rappelé que les flics embarquent tout le temps des Négros, juste pour les faire chier et leur montrer qui est le « mac » dans la rue.

Je me souviens soudain qu’il n’y a pas si longtemps [NdT. en 1992] que nous avons vu une bande de petites frappes en uniforme de police de Los Angeles s’acharner avec une violence inouïe sur un homme à terre, les mains menotées dans le dos: Rodney King, un Noir, un « Africain-Américain » si vous préférez. La seule chose inhabituelle dans le passage à tabac de Rodney King est que – cette fois là – il s’est trouvé quelqu’un pour le filmer et montrer la vidéo au monde. Des violences policières comme celles-là, il s’en produit des milliers, chaque nuit, à travers le pays.

Oui, je sais: nous avons parcouru un sacré chemin depuis. Les choses ont changé. Obama a gagné, Jessie a pleuré [NdT. Jesse Jackson – président du lobby antiraciste NAACP], Beyoncé a lancé sa propre marque de parfum et Tiger Woods joue dans des clubs où, il y a encore 30 ans, on aurait refusé de le servir.

Je suis content pour eux.

Mais que pensez vous du cas de Robert Pratt, M. le Président?

Pratt, travailleur dans l’industrie automobile, est père de cinq enfants et paye chaque mois 1 100 US$ en traites pour rembourser sa maison de Detroit – alors que celle-ci ne vaut même plus 40 000 US$. Si ses traites sont astronomiques, c’est parce qu’il paye 11% de taux d’intérêt, soit le double de la moyenne nationale. Avec un plan de financement pareil, il est quasiment certain de ne pas pouvoir rembourser et de bientôt se retrouver à la rue.

Comment en est-on arrivé là ? Pratt, dont nous avons suivi le cas dans le cadre d’une étude, a été « orienté » vers un prêt immobilier à taux « subprime » par la banque Countrywide Financial. « Orienté » est une façon polie de dire qu’on force les gens à accepter des prêts à des conditions usuraires. Et quand je dis « des gens », je ne dis pas n’importe quels gens : je dis des Noirs, comme M. Pratt. Plus de 60% des personnes Noires qui on déposé ou déposent un dossier de crédit ont été (et le sont encore) orientés vers des contrats « subprime » aux taux prédateurs.

Selon une étude exhaustive menée par le « Federal Reserve Board » et le « Center for Responsible Lending » (CRL), les Africains-Américains sont 250 plus susceptibles d’obtenir un crédit doté d’un taux « explosivement variable » que des emprunteurs à la peau blanche. Et ne venez pas nous dire que c’est parce que les Noirs sont généralement plus pauvres que les Blancs : l’étude à montré que plus on monte dans l’échelle des revenus et plus le « credit rating » est élevé, plus la discrimination devient marquante.

[NdT. Selon une étude de l’Université de Tufts, basée sur l’analyse de 28 000 dossiers dans les grandes et moyennes villes U.S., il apparaît que, à revenu et notation égales, un cadre supérieur Noir qui demande un crédit immobilier à sa banque a 250 fois plus de chances de se retrouver avec un crédit « subprime » à taux usuraire « explosif » qu’un cadre supérieur Blanc tout aussi riche et bien noté.]

En tant qu’économise, je peux vous dire sans la moindre exagération que l’échec d’Obama de se confronter à la question du racisme endémique au sein du système financier est entrain de tuer tout espoir dans le redressement économique de ce pays. Selon les études de la CLR, les « crédits à taux explosifs » qui ont majoritairement touché les communautés Noires et Hispaniques, sont à l’origine de la dévaluation de 40,2 millions d’autres propriétés, qui ont perdu leur valeur commerciale à cause de leur proximité avec des maisons qui ont été saisies et vendues aux enchères, saturant le marché immobilier.

Et malgré cela, nous n’avons pas entendu le moindre commentaire de la part de l’Administration Obama visant à mettre fin à ces pratiques de crédit dignes du Ku Klux Klan, des pratiques ciblées qui ont dévasté les quartier Noirs et ont emporté une grosse partie des valeurs immobilières de l’Amérique Blanche avec elles.

[NdT. Selon l’observatoire des prix immobiliers, dans les grandes villes comme Detroit et Chicago, dans certains quartiers, 3 maisons sur 5 sont abandonnées et ont perdu 90 à 95% de leur valeur y compris foncière. Cela dépasse les dommages causés par le cyclone Katrina à une ville comme New Orleans]

Au lieu de cela, le directeur de cabinet d’Obama, Rahm Emanuel, a été l’invité d’honneur du Directoire de JP Morgan, groupe bancaire propriétaire d’un des pires prédateurs financiers à l’origine de la crise, Washington Mutual. Comparé à Morgan/WaMu, et ses magouilles de crédit fortement teintées de racisme, le commissariat de police de Cambridge [NdT. Où a été arrêté le professeur Gates] pourrait passer pour une annexe de SOS Racisme [NdT. aux USA, le NAACP est une puissante association de lobbying anti-raciste et anti-discriminatoire].

(Et de fait, les hôtes de Rahm Emmanuel, la banque JP Morgan a été trainée devant les tribunaux la semaine dernière par le NAACP qui l’accuse de « racisme systématique et institutionnalisé dans l’attribution de ses crédits immobiliers »).

La vérité toute nue est que les attaques financières contre la communauté Noire se poursuivent, avec la même intensité, sous Obama comme sous Bush, malgré le pouvoir dont dispose Obama qui lui permettrait d’interdire la pratique des taux usuraires aux banques recevant des fonds de soutien de la part du gouvernement. Obama a ordonné à la FDIC de garantir les emprunts de JP Morgan, permettant à la banque d’économiser 3,1 milliards US$. Obama a également ordonné à la FDIC de garantir à M. Pratt… euh… de « ne pas perdre espoir ».

Et qu’en est-il de Thomas Johnson, M. le Président?

Johnson est un pasteur de l’église protestante qui vit en Floride. En 2000 il a été privé de son droit de vote, en même temps que 94 000 autres électeurs – tous accusés à tort d’être des délinquants privés de leurs droits civiques. La plupart de ces innocents victimes d’un déni de justice sont Noirs, y compris notre pasteur. Comment je sais cela ? Parce que j’ai vu la liste de ces « délinquants interdits de vote » établie par les autorités de l’Etat de Floride, et que à côté de leurs noms, une main zélée avait pris la peine de noter « BLA » [NdT. pour « Black », Noir, la communauté Noire étant un réservoir de votes traditionnel du Parti Démocrate, les Républicains ont tout fait pour purger au maximum les listes électorales dans les districts traditionnellement acquis aux candidats démocrates – voir les extraits de « Armed Madhouse » sur ce site (liens en bas de page)]

Quand j’ai enquêté sur cette affaire, un de mes journalistes – je ne le nommerais pas parce que sa réaction est tellement typique d’une certaine mentalité – m’a demandé pourquoi le pasteur Johnson, qui, je vous le rappelle, est Noir, n’a pas tapé du poing sur la table et EXIGE qu’on lui restitue son droit de vote injustement privé. Johnson n’est pas professeur à Harvard, il n’a pas la ligne directe du Président dans les favoris de son téléphone portable.

Mon journaliste, à la peau très blanche, fraichement émoulu de l’université de Yale, assis dans son bureau de San Francisco, n’arrivait pas à imaginer ce qui risquerait d’arriver si un pasteur Johnson, à la peau noire, s’était permis de faire un scandale dans un bureau de vote du Conté d’Alachua, au plus profond du Sud Profond. Notre pasteur a eu l’intelligence de ne pas prendre modèle sur « Skippy Gates » et s’est bien gardé de se montrer défiant envers les autorités locales: après tout, il y a seulement quelques mois, les flics d’Alachua ont déchargé leurs Tasers sur un homme Noir désarmé, « qui troublait l’ordre public », avant de lui loger sept balles dans la peau et de le tuer.

Bien sûr, vous allez me dire que la privation inique du droit de vote de M. Johnson est « une histoire qui date de l’An 2000. » Aujourd’hui c’est différent, nous sommes en 2009, nous sommes entrés dans l’ère « post-raciale ».

Mon cul, oui.

Lors des élections de l’an dernier, la Floride ne s’est pas privée de pratiquer la purge des liste électorales sur des critères racistes et électoralistes, interdisant à des milliers d’électeurs Noirs et Hispaniques de se rendre aux urnes à travers l’instauration d’une nouvelle loi limitant les documents d’identité valables pour pouvoir voter [cf Real ID].

Rien que cette nouvelle loi aura permis d’écarter tellement de Noirs et de Bronzés des urnes que les ségrégationnistes « Jim Crow » des années 1950 auraient applaudi des deux mains. (Je vous renvois à l’enquête, « Block the Vote » que j’ai réalisé avec Bobby Kennedy, paru dans l’édition d’octobre 2008 de Rolling Stone – [NdT : disponible sur L&I : COMMENT VOLER UNE ÉLECTION ?
https://libertesinternets.wordpress.com/2008/10/27/comment-voler-une-election/]

Et pourtant, l’Administration Obama ne semble pas être très pressée à invalider ces pratiques électorales dignes d’un Bull Connors [NdT : chef raciste de la police de Birmingham lors de la campagne pour les droits civiques de Noirs en 1963  – également membre important du Ku Klux Klan et responsable local du Parti Démocrate (sic)].

POISON
Ce que je veux dire c’est que le poison du racisme structurel en Amérique continue à nous rendre tous malades, dans notre économie, dans nos bureaux électoraux, dans nos écoles (ne me lancez pas sur ce sujet…), dans notre système de sante, dans… choisissez un domaine au hasard, ils sont tous affectés.

Oui, bien sûr, moi aussi je me suis joint à la Parade de l’Espoir, moi aussi j’ai voté pour Obama, en espérant qu’il y aurait au moins ce changement là : une attaque directe contre les derniers bastions de politiques et pratiques racistes qui subsistent encore dans nos administrations et autorités tant locales que nationales. J’attends encore.

Cela a été un moment fort de voir apparaître – même brièvement – un homme Noir derrière le pupitre marqué du sceau présidentiel.

Malheureusement, si Obama s’est faché et a exigé que la loi s’applique à tous, sans distinction, il lne l’a pas fait pour défendre un Noir. Non, il l’a fait parce que cette fois ci le fouet s’était abattu sur une personne comme lui, quelqu’un de son milieu, quelqu’un dont le statut professionnel et la classe sociale leur faisait croire qu’ils étaient désormais à l’abri des insultes et vicissitudes quotidiennes que doivent affronter leurs « frères » moins privilégiés.

On a tellement insisté sur le fait que Gates était professeur à Harvard qu’à la fin on avait l’impression que la raison du scandale était que « il n’est pas admissible de menotter un homme Noir QUI EST PROFESSEUR A HARVARD ».
Il ne s’agissait pas d’une violence raciste, il s’agissait d’une violation des règles du privilège de classe, qui ne connait pas de distinction raciale.

On ne ressent pas en Amérique – et tout particulièrement dans le Bureau Ovale de la Maison Blanche – le moindre frémissement de colère ou d’indignation face aux cruautés endémiques et systématiques, qui sont infligées chaque jour à des citoyens Noirs comme Pratt and Johnson, des citoyens qui ont le malheur de ne pas être membres du Club des anciens élèves de Harvard.


Greg Palast, expert financier et en règlementation, est l’auteur de « Armed Madhouse: Strange Tales and Sordid Secrets of a White House Gone Wild » – dont de larges pans ont été traduits ici [voir ci-dessous]. Ses documentaires d’investigation réalisés pour BBC Television et Democracy Now viennent de paraître en DVD sous le titre: Palast Investigates : From 8-Mile to the Amazon, on the Trail of the Financial Marauders.
Visitez son site pour recevoir ses enquêtes (en anglais) : http://www.GregPalast.com

Textes de Greg Palast sur Libertes & Internets :

Sur la question des élections : extraits traduits de « Armed Madhouse »

COMMENT LE PARTI RÉPUBLICAIN VA TRUQUER LES ÉLECTIONS DE 2008…
https://libertesinternets.wordpress.com/2008/01/08/greg_palast_the_theft_of_2008/

U.S.A. : COMMENT EMPÉCHER LES ÉLECTEURS DU PARTI DÉMOCRATE DE VOTER ?
https://libertesinternets.wordpress.com/2008/01/09/usa-comment-empecher-les-electeurs-du-parti-democrate-de-voter/

ELECTIONS USA : COMMENT FAIRE DISPARAÎTRE SIX MILLIONS D’ÉLECTEURS… SURTOUT LES BASANÉS
https://libertesinternets.wordpress.com/2008/01/13/elections-usa-comment-faire-disparaitre-6-millions-delecteurs/

COMMENT VOLER UNE ÉLECTION ?
https://libertesinternets.wordpress.com/2008/10/27/comment-voler-une-election/

GREG PALAST : EN MATIÈRE D’ÉLECTIONS LES ETATS-UNIS SONT UNE RÉPUBLIQUE BANANIÈRE
https://libertesinternets.wordpress.com/2008/10/16/greg-palast-en-matiere-delections-les-etats-unis-sont-une-republique-bananiere/

Sur le Vénézuéla

L’ASSASSINAT DE HUGO CHAVEZ : CLÉS POUR COMPRENDRE
https://libertesinternets.wordpress.com/2007/11/23/lassassinat-de-hugo-chavez-cles-pour-comprendre/

VENEZUELA : L’ASSASSINAT D’HUGO CHÁVEZ, PAR GREG PALAST.
https://libertesinternets.wordpress.com/2008/01/04/venezuela-l%e2%80%99assassinat-d%e2%80%99hugo-chavez-par-greg-palast/

Autres textes :

VOLER LES RETRAITES DES OUVRIERS POUR RENFLOUER LES BANQUES ? AVEC OBAMA C’EST POSSIBLE !
https://libertesinternets.wordpress.com/2009/06/03/voler-les-retraites-des-ouvriers-pour-renflouer-les-banques-avec-obama-cest-possible/

EXXON VALDEZ : JOHN MCCAIN SE COUCHE DEVANT LES PÉTROLIERS, AU POINT D’EN TRAHIR SES PROPRES LOIS QU’IL A FAIT VOTER…
https://libertesinternets.wordpress.com/2008/03/23/exxon-valdez-john-mccain-se-couche-devant-les-petroliers-au-point-den-trahir-ses-propres-lois-quil-a-fait-voter/

GREG PALAST : COMMENT WALL STREET A LIQUIDÉ ELIOT SPITZER POUR POUVOIR CONTINUER SES PETITS BIZNESS
https://libertesinternets.wordpress.com/2008/03/17/greg-palast-comment-wall-street-a-liquide-eliot-spitzer-pour-pouvoir-continuer-ses-petits-bizness/

L’ORDINATEUR MAGIQUE DE RAUL REYES, NUMÉRO DEUX DES FARC
https://libertesinternets.wordpress.com/2008/03/11/lordinateur-magique-de-raul-reyes-numero-deux-des-farc/

L’HISTOIRE D’AMOUR OUBLIEE ENTRE HILLARY CLINTON ET PERVEZ MUSHARRAF
https://libertesinternets.wordpress.com/2007/11/22/lhistoire-damour-oubliee-entre-hillary-clinton-et-pervez-musharraf/


Il y a encore deux jours, la presse se plaignait du fait que l’Iran était « verrouillé » et qu’aucune image ne sortait. Aujourd’hui Youtube  (qui était censé être interdit) grouille de vidéos, Facebook (qui était censé être inaccessible en Iran) fourmille de photos… et nous avons même une « icône » de martyr…

Caveat Emptor !

[Le Parisien – 21/06/2009]

Le tragique destin de Neda est en train de cristalliser la mobilisation des opposants qui manifestent depuis plusieurs jours à Téhéran contre la réelection du président Ahmadinejad en Iran. Une vidéo choc circule depuis samedi soir sur internet. Elle montre la mort par balle, samedi à Téhéran, d’une jeune opposante iranienne, devenue en quelques heures le symbole de l’opposition au régime de Téhéran.

En savoir plus : Le phénomène Twitter

Filmée par deux appareils, la scène montre le visage et l’agonie d’une jeune femme prénommée Neda mortellement touchée par la balle d’un milicien samedi à Téhéran. Elle assistait avec son père aux manifestions et aurait été visée en plein coeur à croire le témoignage, posté sur Facebook, d’un docteur présent sur place mais cette information reste difficile à vérifier.

Des groupes de discussions en son honneur

La vidéo, mise en ligne hier soir sur Youtube et Facebook, fait, depuis, le tour du net. Elle montre des images d’une violence extrême et ne doit être diffusée qu’à un public averti. Youtube prend d’ailleurs ses précautions en demandant à l’internaute de confirmer sa majorité au moment de sa connection ou de son inscription.

Elle a également a été diffusée sur Twitter, le site de micro-blogging devenu l’un des principaux canaux d’information sur la situation en Iran depuis l’interdiction des journalistes étrangers. Depuis le 12 juin, les opposants à la réélection de Mahmoud Ahmadinejad réussissent ainsi à contourner la censure du régime iranien en communiquant au-delà de leurs frontières grâce à ce site américain. Hier soir, à 19 h 30, on pouvait ainsi lire un message envoyé par « Samsafay », ainsi qu’un lien vers la vidéo Neda. Depuis, les réactions pleuvent toutes les secondes.

Sur Facebook, le ton est le même. Un groupe «Neda, ange de l’Iran» a été constitué seulement quelques heures après la diffusion de la vidéo. On y découvre la photo d’identité de la victime, qui s’appelerait en fait Neda Soltani. Elle serait âgée d’une vingtaine d’années.  Des groupes de discussions en son honneur (RIP Neda, Remebering Neda Soltani…) ont également été créés par dizaines.

Ce samedi, au moins treize personnes seraient mortes et plus de centaine ont été blessées lors des affrontements entre les policiers et les manifestants à Téhéran. Parmi les victimes, les images de Neda viennent définitivement de mettre un visage sur le martyre des opposants.

http://www.leparisien.fr/international/neda-la-martyre-de-teheran-fait-le-tour-du-web-21-06-2009-555394.php


HENRI KISSINGER , HÉROS DU « MONDE »

[Jacques-Marie Bourget – Bakchich – 17/03/2009]

Mais que fait Romain Goupil, celui qui n’a pas les mains rouges, le droit-de-l’hommiste compulsif qui voit des Darfour partout. Tu es où, Romain ? En général, les journalistes bien élevés présentent Romain comme « cinéaste ». Ainsi, on ne dit pas « Romain Goupil », comme on dit « Jean Renoir »… On dit « le cinéaste Romain Goupil », des fois que d’aucuns ignoreraient l’occupation de ce fils d’Eisenstein et de Murnau. Peut-être qu’avec les beaux jours, Romain est parti à la chasse aux papillons. A Tanger, chez BHL, où ils sont tous les deux coupés du monde, lui et le néo philosophe. Et donc coupés du Monde.

Car enfin, au moment ou le bulletin de leur paroisse publie en page « Débats Horizons », le point de vue d’un homme accusé de « crime de guerre », les sonars et radars de Bakchich, tendus pour capter tout bruissement à propos et des droits et de l’homme, n’ont capté aucune trace de protestation du Goupil, du BHL, du Bruckner ou du Val. Si le porte-colombes de ces guérilléros de la liberté n’est pas amarré à Tanger, peut-être est-il à Dharamsala, ancré dans la baignoire du dalaï lama ? Peu importe, nos garçons sont hors zone, et pas en état de protester contre l’acte barbare du Monde. Mais qu’a donc fait le grand quotidien de référence ? Il a donné deux tiers de page à Henry Kissinger. Vous savez, l’increvable crapule qui, depuis 40 ans, souffle sur toutes les braises de la planète, Kissinger le chien de guerre ! (suite…)


Cela fait 10 ans que Kissinger ne dit rien d’autre : « La clé, c’est de trouver le faisceau de stratégies qui permettront de bloquer la Chine. Il n’y aura qu’un seul vaincqueur dans cette course. Le perdant cessera d’exister et deviendra un vassal… ». Mohammed Hassan confirme dans cet interview les tenants et aboutissants de ce « grand jeu »…

PAKISTAN : LE TROU NOIR DE L’EMPIRE

[Mohammed Hassan – Interview: Grégoire Lalieu et Michel Collon – Investig’Action – 11/06/2009]

Pourquoi Bush est allé en Afghanistan. Pourquoi Obama y va aussi. Les routes du gaz et du pétrole. Les causes de la remontée des Talibans et de l’effondrement de Karzaï. Qui profite de l’opium ? Pourquoi le Pakistan voisin risque d’éclater.

Est-il possible de gagner la guerre en Afghanistan? Non, répondent les experts. Pourtant, l’Otan poursuit ses efforts pour venir à bout des Talibans et c’est le Pakistan qui s’embrase. Quelles sont les véritables raisons de cette guerre ? Les visées hégémoniques des Etats-Unis plongeront-elles la région dans le chaos ? Dans ce nouveau chapitre de notre série « Comprendre le monde musulman », Mohamed Hassan répond à ces questions. Et il nous explique pourquoi c’est au peuple du Pakistan de sauver son pays d’une possible disparition…

Question : En 2001, les Etats-Unis lançaient l’opération « Enduring Freedom » en Afghanistan car, selon eux, les Talibans refusaient de céder Oussama Ben Laden. Sept ans plus tard, plus personne ne parle de l’ennemi public numéro un. Quelles sont les raisons de cette guerre aujourd’hui?

Tout d’abord, vous devez considérer que les Talibans n’ont rien à voir avec Oussama Ben Laden. En 1996, Ben Laden, renvoyé d’Arabie Saoudite, trouvait refuge au Soudan. Les Saoudiens firent alors pression sur ce pays pour qu’il expulse le célèbre terroriste. C’est à ce moment que Ben Laden est venu en Afghanistan. Mais les attentats du 11 septembre n’avaient aucun rapport avec ce pays. Il y a juste cette réaction des Talibans lorsque Washington réclama Ben Laden : « Si vous voulez que Ben Laden soit jugé, donnez-nous les preuves et laissons-le juger par une cour islamique dans quelque pays musulman que ce soit ». En fait, les néoconservateurs de l’administration Bush ont surtout utilisé cet événement tragique comme un alibi.

Avec quelles intentions?

Trois ouvrages majeurs nous permettent de comprendre les racines de la vision des Etats-Unis. D’abord, La fin de l’Histoire de Francis Fukuyama. Il prétendait que l’Histoire de l’humanité était arrivée à son terme avec l’effondrement de l’Union soviétique et la domination de la démocratie libérale. Ensuite, Le choc des civilisations, de Samuel Huntington. Selon qui l’Histoire ne dépendrait pas de la lutte des classes mais plutôt d’un conflit entre civilisations. Huntington a donc divisé le monde entre ces différentes civilisations, décrétant que la plus agressive serait l’islamique. Le dernier ouvrage, Le grand échiquier de Zbigniew Brzezinski, considère que celui qui dominera l’Eurasie sera l’unique puissance du 21ème siècle. En effet, la majorité de l’humanité vit dans cette zone et l’activité économique y devient plus importante.
A présent, retournons à la fin de l’administration Clinton. L’année 1997 a été marquée par une sérieuse crise économique : avec l’éclatement de la bulle financière en Asie, le NASDAQ s’est effondré. Lorsque les néoconservateurs ont débarqué à la Maison Blanche avec Georges W. Bush en 2001, la situation économique n’était donc pas brillante. Malgré quoi, ils ont exposé leur objectif très clairement : personne ne doit être capable de rivaliser avec les Etats-Unis. Pour y arriver, la nouvelle administration cherchait à contrôler le monde en contrôlant les ressources les plus importantes, essentiellement le gaz et le pétrole.
Sous l’influence de Brzezinski, Clinton voulait d’abord dominer l’Europe en élargissant l’Otan, et ensuite gagner l’Asie Centrale. Mais les néoconservateurs ont dit : « Non, nous n’avons pas le temps pour cela. Vu cette crise, nous devons créer et contrôler le Grand Moyen-Orient pour disposer du pétrole ». On sent ce changement dans le discours de Bush après les attentats du 11 septembre lorsqu’il dit : « Vous êtes avec nous ou contre nous ». Avec sa conception de l’Axe du Mal, il voulait élargir la guerre.
La guerre d’Afghanistan – qui pour la première fois dans l’Histoire a été planifiée par la CIA sans la collaboration du Pentagone – n’était donc qu’un prétexte pour entraîner les troupes US et leur donner l’expérience nécessaire pour ensuite attaquer l’Irak. Vous devez savoir que le renversement de Saddam Hussein était planifié bien avant les attentats du 11 septembre. (suite…)


[De Defensa- 28/06/2008]

Qui se souvient d’April Glaspie ? Plus personne ou presque, justement. April Glaspie est cette ambassadrice des USA à Bagdad qui, à la fin juillet 1990 (le 25), rencontre Saddam Hussein sur instruction expresse du département d’État et lui fait savoir à mots à peine couverts que les USA ne se considéreraient comme nullement impliqués si l’Irak lançait une opération contre le Koweït. C’est ce qu’on appelle un “feu vert”.

(En, passant, on goûtera, dans la transcription de l’entretien, tout ce que l’ambassadeur des Etats-Unis dit à Saddam en fait de compliments absolument admiratifs sur ce qu’il fait pour son peuple et ainsi de suite. De tels mots, aujourd’hui, vous conduiraient devant le Tribunal International de La Haye.)

Une petite semaine après l’entretien, le 1er août 1990, Saddam attaque. Quasi-instantanément, le président des Etats-Unis, le père de l’actuel, en suffoque d’indignation, se trouve presque mal devant l’infamie, la monstruosité absolument impardonnable que vient de commettre Saddam. Aussitôt, l’Irakien est mis au ban du monde civilisé, assimilé à Hitler pour sa stature morale et pour la menace qu’il fait peser sur notre belle civilisation, et avec la promesse immédiate qu’il va être traité à mesure. Cela est fait, promesse tenue, le 17 janvier 1991, avec la première guerre du Golfe. Un esprit plutôt malveillant sortirait alors son double décimètre et tracerait une ligne droite, impeccable, sans un pli et baptisée “de cause à effet” entre cet épisode et l’attaque de l’Irak du 19 mars 2003. (suite…)


Voici déjà le deuxième groupe « terroriste » démantelé à grand renfort de publicité médiatique aux USA et dont on découvre qu’il n’existait que parce qu’un agent infiltré du FBI lui fournissait les moyens et lui dictait les cibles…

Infiltrer des groupes radicaux, voire les fabriquer et les manipuler pour faire peur au bourgeois afin qu’il approuve la politique répressive… c’est vieux comme le monde. Souvenez vous, il y a 2000 ans déjà, à Rome, les trompettes de Crassus avaient précipité les bourgeois romains apeurés dans les bras de la dictature policière…

C’est ce genre d’histoires qui nourrissent toutes les théories complotistes autour du 11 septembre.

Encore un faux complot “terroriste”

[Robert Dreyfus, –  22/05/09 pour The Nation – Traduction apetimedia pour ReOpenNews]

A présent, cela tient d’une exaspérante banalité. Un complot terroriste effrayant est annoncé. On nous révèle ensuite que les suspects font partie d’un groupe de malheureux bons à rien, de vulgaires brutes n’ayant absolument pas le moindre lien avec un groupe terroriste quelconque; peu importe Al Qaida. Finalement, la dernière pièce du puzzle : le complot tout entier a été préparé par un voyou du gouvernement, un agent provocateur.

J’ai déjà vu ce film.

Dans ce cas, les présumés criminels — Onta Williams, James Cromitie, David Williams et Laguerre Payen — étaient des ratés, des délinquants, des drogués. Ils ne font pas partie d’Al Qaida. Sans l’aide de l’agent qui les a piégés, ils n’auraient même jamais rêvé de commettre des violences politiques, ils n’auraient même pas su où trouver des explosifs ou encore un missile Stinger. Cela n’a pas empêché les procureurs d’agir comme s’ils avaient capturé Oussama ben Laden lui-même. Comme l’a relevé le Los Angeles Times :

Les procureurs ont nommé ceci le dernier-né des complots terroristes locaux après le 11-Septembre.

Jeudi, Eric Snyder, adjoint du Procureur, a dit à la Cour : « Il est difficile d’envisager plus effrayant complot. » Il a décrit les quatre suspects comme « empressés de tuer des Juifs. »

En fait, il est difficile d’imaginer complot plus stupide, si peu efficace et si peu important. Les quatre ratés ont été piégés par un ignoble agent du FBI qui attendait de trouver ce qu’il cherchait aux abords de la mosquée, au nord de New York. Voici le compte-rendu du New York Times :

Salahuddin Mustafa Muhammad, l’imam de la mosquée, où les autorités affirment que l’informateur privé a d’abord rencontré les hommes, a dit qu’aucun d’eux n’était actif à la mosquée. …

Mr. Cromitie était là en juin dernier, il a rencontré un étranger.

Il ne pouvait savoir que le chemin de l’étranger vers la mosquée avait commencé en 2002, lorsqu’il fut arrêté suite à des accusations fédérales pour usurpation d’identité. Condamné à 5 ans de mise en liberté surveillée, il devint informateur privé pour le compte du F.B.I. Selon Mr. Muhammad, il a commencé à se montrer à la mosquée de Newburg vers 2007.

Le comportement de l’étranger a éveillé les soupçons de l’imam. Il avait invité d’autres fidèles à des repas et avait parlé de violence et du jihad, C’est pourquoi l’imam dit qu’il l’évitait.

« Il semblait louche » dit Mr Muhammed. Les membres « pensaient qu’il s’agissait d’un agent du gouvernement. »

Mr Muhammad dit que les membres de sa congrégation lui avaient rapporté que l’homme qu’il pensait être l’informateur avait finalement offert à l’un d’entre eux une somme d’argent conséquente pour qu’il rejoigne son « équipe. »

Donc une brute répugnante, l’écume aux lèvres, retient des gens à la mosquée, leur parlant de violence et du jihad ? C’est l’application de la loi ? Imaginez que quelqu’un se comporte ainsi dans une église locale ou dans une synagogue. L’imam dit que les gens « pensaient que c’était un agent du gouvernement. » (suite…)


La mort du leadership américain : Un pays discrédité et en faillite

[Paul Craig Roberts – Counterpunch – 03/02/2009 – Trad; JFG Questions Critiques pour Mondialisation.ca]

Paul Craig Roberts fut Secrétaire adjoint auTrésor sous l’administration Reagan. Il a également été rédacteur associé de la page éditoriale du Wall Street Journal et rédacteur en chef et collaborateur de la National Review. Il est le co-auteur de The Tyranny of Good Intentions.

Un nombre incroyable de personnes, aux Etats-Unis et à l’étranger, espère que le Président Obama mettra fin aux guerres illégales de l’Amérique, qu’il mettra un terme au soutien de l’Amérique aux massacres de Libanais et de Palestiniens commis par Israël et qu’il punira, au lieu de les récompenser, les banquiers gangsters [ou les « banksters escrocs »], dont les instruments financiers frauduleux ont détruit l’économie et imposé une souffrance massive à tous les gens dans le monde. Si les nominations d’Obama sont une indication, tous ces gens qui espèrent vont être déçus.

Obama a choisi comme Secrétaire au Trésor [ministre des finances] Timothy Geithner, l’homme qui a aidé le Secrétaire au Trésor de Bush, Hank Paulson, à mettre au point aux dépens du contribuable américain une escroquerie de 700 milliards de dollars, de l’argent donné aux banksters qui ont détruit les pensions, les emplois et la couverture maladie des Américains.

Ces banksters, et les régulateurs fédéraux négligents qui les ont encouragés, devraient être mis en prison plutôt que de se voir remettre des centaines de milliards de dollars.

Le Conseil Economique National d’Obama est tout aussi déprimant. Le Secrétaire au Trésor de Clinton, Larry Summers, est à sa tête. Summers a récemment déclaré qu’il n’avait pas la moindre idée qu’une crise financière s’apprêtait à frapper. Pourquoi Obama a-t-il placé aux commandes une personne qui n’y connaît rien ?

Les collègues de Summers sont tout aussi mauvais. Obama a nommé Diana Farrell directrice adjointe au Conseil Economique National. Celle-ci est l’auteur principal d’une étude bidon, soutenant que la délocalisation des emplois est un jeu gagnant-gagnant pour les Américains. Farrell est affiliée à McKinsey & Company, une société qui assiste les grandes entreprises américaines à délocaliser leurs opérations. Dans son livre, Outsourcing America [délocaliser l’Amérique], l’économiste Ron Hira a mis en pièce le rapport McKinsey de Farrell.

Pourquoi ne pas nommer Ron Hira et Nouriel Roubini, qui a prédit cette crise, au Conseil Economique National ?

Ce qui est décourageant est le fait que, même confronté à une crise économique et à une crise de politique étrangère, le système politique américain est incapable de produire le moindre leadership. Nous nous trouvons dans la pire crise économique de toute une vie, peut-être de notre histoire, et à la veille d’une guerre au Pakistan et en Iran, alors que la guerre en Afghanistan s’escalade. Et tout ce que nous obtenons est un gouvernement constitué de ces mêmes personnes qui nous ont amenés ces crises. (suite…)


[Gregor Seither – IES News Service – 28/05/2009]

Ralph Peters est un expert militaire fréquemment invité sur les chaînes de télévision U.S comme PBS, Fox et CNN. Dans le dernier numéro de la revue du « Jewish Institute for National Security Affairs », il théorise une réalité que les journalistes travaillant au Moyen-Orient connaissent bien : le journaliste est considéré comme une arme au service du combattant. S’il ne sert pas la cause des soldats, il est considéré comme un ennemi et traîté en conséquence

« Dans les guerres du futur, nous allons devoir apprendre à gérer des actions concrètes comme la censure de l’information, des interdictions de couverture médiatique et même, dans certains cas, des attaques militaires contre des média partisans.

Les journalistes se prennent pour des êtres supérieurs, occupant une place à part sur le champ de bataille, comme s’ils étaient une espèce protégée. Mais la liberté de la presse s’arrête quand elle met en danger nos soldats et renforce nos ennemis. Le simple fait de vouloir ‘expliquer’ le point de vue de l’ennemi peut l’encourager à tuer nos soldats. En conséquence, certains média sont des alliés objectifs de nos ennemis et doivent être traîtés comme des cibles militaires.

De nos jours, quand on ose dire cela, on se fait incendier, mais les journalistes qui ont perdu tout sens patriotique risquent fort de se retrouver isolés sur le champ de bataille et découvrir que leurs petites vies n’ont pas d’utilité pour nous. »


Le journal « Le Monde » s’était également inquiété, récemment, de la dérive violente et raciste de la société israélienne, affirmant même que « Le colonialisme et le racisme sont les grands vainqueurs des élections israéliennes »

Victime d'attentat contre un bus, Bersheeba, 2003

Rien de tel qu'un bon petit attentat contre un bus pour remobiliser l'opinion en faveur des colons et faire changer d'avis Barack Obama.

[Dov Lerner – IES News Service – 28/05/2009]

Si l’arrivée au pouvoir d’Avigdor Lieberman a donné des ailes au « Bloc des colonies », la nouvelle administration Obama à Washington ne lui plait pas du tout. La grande majorité des membres de la Yesha (conseil des colons) appelait d’ailleurs à voter pour McCain.

Jusqu’à présent la question des colonies donnait lieu à un ballet bien réglé entre Washington et Tel-Aviv. On « exigait » l’arrêt de la colonisation dans les territoires occupés, la police israélienne faisait semblant de démanteler deux ou trois cabanons en tôle sur une colline, la presse titrait « Israël a démantelé une colonie, au tour des Palestiniens maintenant de faire un effort » et le lendemain les cabanes étaient remontées… et personne ne parlait des milliers de maisons en béton qui continuent à se construire illégalement ailleurs.

Mais il semblerait qu’avec Obama la donne ait changée et que Washington ne soit plus aussi compréhensif. Et cela inquiète le petit groupe ultra-radical du bloc des colonies, qui a déjà tendance à être paranoiaque par ailleurs. Et soudain on entend beaucoup parler du général Eitan Ben Elyahu, ancien chef de l’armée de l’air israélienne, qui avait déclaré qu’il fallait « fortement réduire la population arabe dans les territoires«  afin de créer « des réalités sur le terrain ».

En début de semaine s’est tenu une réunion rassemblant différents responsables militants des colonies de Tekoa, Yitzhar, Hebron… ainsi que des représentants de la Yesha « qui ont insisté sur le fait qu’ils étaient la à titre personnel mais feraient remonter les messages ». Le but était d’étudier les moyens de renforcer la pression sur le gouvernement Netanyahou, afin qu’il ne « plie pas devant les diktats de Washington et protège notre droit à vivre sur notre terre ». Croisant dans un café, un ami colon qui avait assisté à la réunion, il m’a permis de jeter un coup d’oeil à ses notes. C’est éclairant sur le degré de violence sectaire dans lequel les colons se sont laissés enfermer. La presse israélienne s’est d’ailleurs inquiété à plusieurs reprises sur « le danger d’un terrorisme juif ».

Au cours de cette réunion, à plusieurs reprises, l’assistance a souligné que – du fait de la réussite de la politique sécuritaire en Israël – la population était démobilisée face à la menace arabe. Pour A. L., de Tekoa, « les colons sont l’avant poste qui protège Israel. A Tel-Aviv, ils n’ont plus vu un arabe depuis 20 ans, ils ne savent pas comment ils sont. Tandis que nous, nous subissons leurs attaques tous les jours, mais personne ne fait attention à nous. »

Pour D.S., de Hebron, « il faut réveiller l’opinion israélienne, lui faire voir la réalité en face, il ne peut pas y avoir de concessions face aux terroristes. A Washington ils sont loin, ils n’y connaissent rien, ils se laissent berner par les sourires doucereux de Abbas et de ses conseillers en communication… c’est à nous de leur montrer que les arabes n’ont pas changé. »

Plusieurs participants à la réunion ont applaudi quand Y.A. de la colonie radicale de Yitzhar (qui s’est déjà plusieurs fois affronté à la police) et S.L. de Giv’at ha’Avot (où les jeunes se sont fait une spécialité d’aller harceler la population arabe) ont déclaré : « Quand on parle de nos problèmes à Tel-Aviv, ils s’en foutent, ils en ont marre de la guerre, ils veulent pouvoir aller à la plage tranquilles, sans qu’on leur prenne la tête avec nos problèmes. C’était pas comme ça avant, avant, quand les bombes explosaient dans les bus et les pizzerias, le pays nous comprenait, nous étions tous soudés face aux arabes. Il faudrait peut-être qu’il y ait à nouveau des bombes dans les bus, pour réveiller les gens. »

Les représentants de la Yesha ont souligné que le succès de la cloture de sécurité avait permis d’empêcher les terroristes de passer en Israël et qu’on ne pouvais pas attendre une campagne terroriste arabe pour unifier le pays. « La cloture a crée un faux sentiment de sécurité dans la population. Les gens sont moins attentifs à nos problèmes ».

Les dernières guerres à Gaza n’ont pas eu le même effet et surtout il n’y a pas de lien avec les problèmes des colons en Judée-Samarie. « L’image fausse qui s’est crée, c’est que à Gaza c’est des fous  tandis qu’en Judée c’est des gentils. Or nous savons bien qu’il n’y a pas de différence. Un arabe est un arabe et il n’y aura pas de paix sur notre terre tant qu’il en restera un seul. Mais ça, les bonnes âmes ne veulent pas l’entendre. Peut-être que, effectivement, si quelques attentats venaient leur rappeler la véritable nature des arabes, cela pourrait faire changer d’avis les Américains. »

Le discours du représentant de la Yesha a été applaudi. Mon ami colon n’a pas eu le moindre scrupule a me raconter la réunion, avec un grand sourire. « Les choses vont bouger, tu vas voir. On va pas se laisser faire. Le Sinai et Gaza ont montré qu’avec les arabes, la moindre concession est vue comme un signe de faiblesse. On leur a donné nos terres, cela n’a rien changé. Il faut juste que les gens le comprennent et qu’on ait le courage de dire merde aux Américains. Ensuite on pourra finir le travail ».

Si j’étais vous, j’éviterais de prendre le bus ces prochains mois, en Israël. Pour ma part, j’ai décidé ce matin là, de me remettre au vélo pour aller au travail.


[Entretien réalisé par Thierry Meyssan – Voltaire – 27/05/2009]

Thierry Meyssan : Paul-Éric Blanrue, bonjour. Vous venez de publier Sarkozy, Israël et les juifs [1]. Dans votre préface, vous comparez votre travail pour la France au livre de John Mearsheimer et Stephen Walt, Le lobby pro-israélien et la politique étrangère américaine [2]. Pourtant ces deux ouvrages ont une démarche différente : le leur cherche à préciser qui est ce lobby pro-israélien et quelle est son influence à Washington, tandis que le vôtre prend le sujet dans l’autre sens. Vous montrer comment Nicolas Sarkozy est au service d’un lobby que vous vous abstenez de désigner en détail. Pourquoi avoir choisi cet angle ?

Paul-Éric Blanrue : Bonjour, et merci de vos questions. Les deux ouvrages sont différents, en effet, mais leur ambition est au fond la même : montrer que les deux pays, qu’il s’agisse des États-Unis, pour Mearsheimer et Walt, ou de la France, dans mon cas, sont placés sous une forte influence pro-israélienne qui peut, à terme, s’avérer dangereuse pour eux. Seulement, en France, la situation n’est pas tout à fait identique à celle des États-Unis.

Là-bas, l’histoire de la formation du lobby pro-israélien est telle que sa présence est avalisée par une grande partie de l’opinion, au point que ce lobby est même analysé par de grands universitaires… même si tous ne sont pas d’accord sur l’influence qu’il joue : Chomsky dénie ainsi au lobby pro-israélien son pouvoir au motif que l’idéal sioniste est diffusé à parts égales dans tous les partis et dans tous les secteurs de la société ! Outre-Atlantique, en tout cas, l’alliance avec Israël est devenu un phénomène banal depuis l’après-Eisenhower. Le secrétaire d’État est obligatoirement sioniste, par tradition si l’on peut dire.

Chez nous, tout est (ou était !) différent. Je montre qu’il y a peu de temps encore, il n’y avait pas d’unanimité, au sein même des représentants de la communauté juive, sur la façon dont il convenait d’aborder Israël. Tous ne se rangeaient pas sous la bannière de l’État juif comme de bons petits soldats. Il y avait des résistances, y compris au plus haut niveau de leurs organisations. Souvenez-vous de Théo Klein : lorsqu’il était président du CRIF [3], dans les années 1980, il affichait une position assez modérée sur Israël, dont il annonçait qu’il ne voulait pas être considéré comme l’ambassadeur, à telle enseigne que certains de ses successeurs ont pu le désigner comme un « collabo » des Palestiniens !

Mais il y a bien davantage encore : en France, ceux que j’appelle les « réseaux pro-israéliens » se sont heurtés, jusqu’en 2007, à un gros problème : nous vivions jusqu’alors sous un régime « gaullien » (même si j’ai conscience de la rangée de guillemets qu’il faut placer pour employer ce terme si l’on songe aux circonstances de l’arrivée de François Mitterrand à l’Élysée, par exemple…) Il n’empêche : la résistance du pouvoir politique, à commencer par le Quai d’Orsay, aux revendications des réseaux sionistes était une réalité. Roland Dumas ou Hubert Védrine étaient de farouches partisans d’une position équilibrée au Proche et au Moyen-Orient. Que l’on se souvienne aussi qu’en 2003, le Premier ministre israélien, Ariel Sharon, a refusé de rencontrer Dominique de Villepin, alors chef de la diplomatie française, parce que celui-ci avait fait savoir qu’il allait rendre visite à Yasser Arafat, à Ramallah !

Cette résistance est un souci que les réseaux sionistes ont réussi à surmonter depuis l’accession au pouvoir de Nicolas Sarkozy. Seulement, à la différence des pratiques américaines, Sarkozy n’a pas été contraint de devenir « leur » homme, ni leur « valeur-refuge » : il ne s’est mis à leur service que parce qu’il en a décidé ainsi, par volonté et stratégie politiques délibérées.

Après la seconde Intifida, en 2000, il s’est aperçu de la puissance acquise par le lobby pro-israélien américain. Concevant la France comme une Amérique en devenir, il a cherché à s’en faire adouber, important ici les pratiques de là-bas. Il a aussi parié sur la peur du « péril banlieue », qui, pensait-il, pouvait associer dans l’esprit des Français (juifs ou non) les immigrés (musulmans, notamment) à des terroristes en puissance. C’est une des raisons pour laquelle il a invité des policiers israéliens en France à venir expliquer à leurs collègues comment mater les troubles dans les banlieues, comme si celles-ci étaient des « territoires occupés » !

Pour ce faire, dans sa stratégie d’accession au pouvoir, il a employé le vocabulaire et l’idéologie des représentants sionistes, pour lesquels, aujourd’hui, « pro-israélien » et « juif » sont deux synonymes. C’était une manière de galvaniser l’électorat juif, qui est en France l’un des plus importants au monde, ce qui a fait dire à l’UMP Christian Estrosi, que Sarkozy était « le candidat naturel des juifs ». Or, d’un point de vue objectif et historique, je rappelle que le judaïsme est une religion tandis que le sionisme est une idéologie politique. On peut être juif et opposé au sionisme, comme l’ont été et le sont encore de nombreux rabbins ou de nombreuses personnalités d’origine juive (il existe même un site Internet où les sionistes les dénoncent à la vindicte de leur coreligionnaires !), et on peut être sioniste et non-juif, ne songez qu’à Bush ! Bref, toutes ces différences expliquent que je n’ai pas traité le problème dans mon livre comme mes deux collègues américains.

Thierry Meyssan : Vous avez pris soin de vous en tenir à des informations connues, déjà publiées et non contestées ; de ne jamais vous baser sur des scoops qui pourraient être controversés, de sorte que les éléments de votre raisonnement ne soient pas discutables. Simultanément, vous avez pris soin de déminer un à un les mots ou expressions qui provoquent des réactions épidémiques mettant fin au débat. Cette méthode prudente suffit-elle à assurer une réception raisonnable de votre travail ?

Paul-Éric Blanrue : Pour commencer, j’estime qu’un livre doit par principe reposer sur des fondements solides, afin d’être inattaquable. C’est une constante chez moi, voyez ma bibliographie qui comporte une dizaine d’ouvrages. C’est aussi une politesse que je dois à mes lecteurs, qui me lisent parce qu’ils savent que je tiens à leur apporter des informations solides.

Fondateur, et président durant 10 ans, d’une association sceptique qui s’intitule le Cercle zététique (du grec zetein : chercher), j’ai mené de nombreuses enquêtes au cours desquelles j’ai toujours tenté de faire la part des choses entre les faits vérifiables et la rumeur, ou encore les mensonges.

Or j’ai pu constater, au cours de ma carrière, que de nombreux « scoops » non sourcés reposent souvent sur des on-dit et sont en réalité des « bidonnages » destinés à faire un best-seller à peu de frais : aussi, je m’en méfie d’instinct.

Ensuite, je ne cherche pas à déminer pour déminer. Si vous faites allusion, par exemple, au fait que je n’emploie pas l’expression « lobby juif » pour caractériser les modalités d’action des sionistes en France, c’est parce que, comme Mearscheimer et Walt, ou chez nous Pascal Boniface [4], je ne crois pas réellement à l’existence de ce prétendu lobby, qui est, selon moi, soit un abus de langage, soit un terme provocateur. Dans les deux cas, il faut l’éviter.

De plus, et c’est le plus grave pour moi, il associe juifs et sionistes, deux réalités distinctes comme je l’ai déjà précisé. Vous aurez noté également que je ne parle pas non plus de « lobby sioniste », car la réalité française est différente de l’américaine, même si cette différence tend à se réduire jour après jour. Je fais la recension des nombreuses organisations sionistes, j’indique leurs points communs, leurs différences et parfois leurs contradictions : c’est la raison pour laquelle je préfère parler de « réseaux » pro-israéliens ou sionistes, ces deux derniers termes étant équivalents pour moi. Quant à savoir comment sera reçu mon travail, je l’ignore, n’étant pas Élizabeth Teissier [5]… De mon côté, en tout cas, j’aurai fait tout mon possible pour que ce livre puisse être une base de discussion raisonnable entre deux camps que tout oppose. Il faut que la situation se débloque, sinon on va droit dans le mur.

Thierry Meyssan : Vous avez déjà fait preuve de courage en abordant un sujet tabou. Ne craignez-vous pas de vous griller définitivement en répondant à mes questions ?

Paul-Éric Blanrue : Je suis ainsi fait (mon éducation catholique, peut-être) que, depuis toujours, je réponds à qui m’interroge, sans chercher à sonder son cœur ni ses reins. Plus généralement, je me garde bien de juger les gens, à commencer par ceux qui luttent contre un système qui nous écrase. Pour ma part, comme vous le savez, je n’ai jamais été ce qu’on appelle un « complotiste », mais je revendique pour tous le droit à la libre recherche et à la libre publication. Il est possible que mon livre fasse l’objet d’un black-out général, comme l’a été l’un de mes précédents ouvrages, Le Monde contre soi – Anthologie des propos contre les juifs, le sionisme et le judaïsme [6], qui n’a pas bénéficié d’une seule ligne dans les grands journaux parisiens, mais qui, bien étrangement m’a valu d’être invité au salon des écrivains du B’naï Brith ! Il faudra bien que je tente cette fois de surmonter par tous les moyens la stratégie du silence de ceux qui s’opposent à sa diffusion pour de sombres motifs. On ne peut pas vivre sous la dictature de la pensée unique sans réagir, sinon on est bon pour l’esclavage. Il est temps de dépassionner le débat et surtout d’arrêter de diaboliser les contradicteurs !

Thierry Meyssan : Votre éditeur belge, Marco Pietteur, semble surpris par la réaction de réseaux de distribution qui refusent de placer votre livre dans les librairies en France. Pourtant ce mode de censure a commencé lors de la publication de mon livre sur le remodelage du Grande Moyen-Orient, L’Effroyable imposture 2 [7]. À l’époque, plusieurs grands éditeurs ont renoncé à le publier face aux menaces des distributeurs. En définitive, Jean-Paul Bertrand et Antoine Gallimard ont dû ruser pour contourner cet obstacle. À défaut de pouvoir interdire le contenu d’un ouvrage, on en empêche la présence en librairie. Le lobby pro-Israélien est intervenu pour dissuader les grands médias de mentionner l’existence de mon livre que ce soit dans des articles ou en acceptant des publicités payantes. Ce dispositif a-t-il été actionné de la même manière pour censurer votre travail ? Et avez-vous identifié les personnes et les groupes qui l’ont actionné ?

Paul-Éric Blanrue : Pour le moment je ne peux pas dire grand-chose, car je suis dans l’action, c’est-à-dire dans la promotion de mon livre, période peu propice aux enquêtes. Disons que j’ai déjà ma petite idée sur la question, qu’il faudra que je creuse. Le temps de la réflexion viendra et alors, croyez-moi, je dirai ce que je sais.

En attendant, remarquez, je vous prie, une chose étonnante : il y a un an et demi, j’écrivais avec mon ami Chris Laffaille, de Paris-Match, un livre sur le mariage de Nicolas Sarkozy avec Carla Bruni, qui s’intitulait Carla et Nicolas, Chronique d’une liaison dangereuse [8]. Déjà, je rendais compte d’un certain nombre de faits, bien que ce ne fût pas de manière frontale. Or ce livre a été classé dans les best-sellers de L’Express, a fait la une de Technikart et a été l’objet de traductions à l’étranger. À la FNAC des Ternes, pour prendre un magasin que je connais bien lorsque je suis à Paris, il faisait l’objet d’une exposition dans une vitrine entière, face à l’entrée.

Aujourd’hui, pour mon nouveau livre, j’ai dû être édité en Belgique et le diffuseur de mon éditeur Marco Pietteur est tellement effrayé qu’il refuse de le diffuser en France !

Le fait est remarquable et symptomatique de l’état d’esprit qui règne ici depuis l’arrivée au pouvoir de Nicolas Sarkozy. Les gens sont terrifiés. On peut les comprendre. Je note avec joie que certains commencent à réagir, puisque sur facebook, un groupe s’est créé, comprenant plusieurs centaines de membres, français ou non, qui réclament que mon livre soit vendu dans les librairies françaises. Son intitulé : « Sarkozy, Israël et les juifs : le livre qui fait peur aux diffuseurs ! » C’est assez bien vu. J’engage vos lecteurs à rejoindre ce groupe de francs-tireurs.

La France est-elle tombée si bas qu’on n’ose plus y diffuser un ouvrage qui sera disponible sans problème dans plusieurs pays étrangers, et qui est en voie d’être traduit dans trois langues ?

Thierry Meyssan : Vous livrez une synthèse très complète des liens unissant Nicolas Sarkozy à Israël, y compris les données biographiques et psychologiques. Cela ne vous empêche pas d’aborder ses liens avec les États-Unis. Vous avez alors choisi d’éluder ses liens familiaux avec la CIA et vous avez cité le faux courriel de la DGSE diffusé au sein des services de police l’accusant mensongèrement d’être agent du Mossad. Votre sujet d’étude ne déforme-t-il pas la réalité en se focalisant sur la subordination de Nicolas Sarkozy à l’agenda israélien et en laissant dans l’ombre les liens peut-être beaucoup plus forts encore qui le lient aux États-Unis ?

Paul-Éric Blanrue : Mon chapitre 3 s’intitule (je parle de Nicolas Sarkozy) « L’homme des réseaux américains »… Je pense donc avoir noté toute l’importance que revêtent pour lui les États-Unis. Ceci dit, vous avez raison, j’y traite essentiellement de son adoubement par le lobby pro-israélien américain, comme le American Jewish Commitee (AJC). Mais c’est le sujet de mon livre qui le veut. Un autre ouvrage serait à consacrer aux liens noués entre le président français et les États-Unis. Mais pour ma part, je voulais montrer en quoi la politique étrangère française avait changé vis-à-vis d’Israël.

Sur ce point, les États-Unis, comme la France de Sarkozy, se rangent de manière quasi inconditionnelle du côté israélien, malgré des réserves de circonstance destinées à ne pas chagriner l’opinion, soucieuse du sort des Palestiniens. Or Nicolas Sarkozy est passé par les États-Unis pour aller vers Israël, et non l’inverse. On voit bien qu’aujourd’hui, alors qu’il a perdu une partie de sa crédibilité auprès d’Obama, il est toujours autant pro-israélien que durant sa campagne électorale.

Lorsque, le 24 janvier 2009, la France a envoyé la frégate Germinal lutter contre les livraisons d’armes à la résistance palestinienne, à ma connaissance, les États-Unis n’ont pas joué de rôle direct : cette opération a été réalisée entre Israël, l’Égypte et la France.

Par ailleurs, Sarkozy n’a pas besoin des États-Unis pour se déclarer « partisan inconditionnel de la sécurité d’Israël », même s’il est évident que ce rapprochement participe d’une « atlantisation » plus générale (envoi de troupes en Afghanistan, retour dans l’OTAN, etc.). Pour résumer, mon livre n’est en effet qu’un chapitre d’une plus grande histoire à écrire, mais je crois qu’il se situe en plein cœur du problème : nous sommes face à un renversement total des principes sur lesquels notre République est assise. C’est pourquoi il m’a semblé urgent de l’écrire. Avant qu’il ne soit trop tard pour faire machine arrière.

Thierry Meyssan : Votre livre nous remémore quantité d’événements oubliés —une information en chassant une autre dans les journaux—. Malgré l’abondance de votre documentation, votre narration est toujours agréable à lire. Mais, cette qualité littéraire n’empêche-t-elle pas de hiérarchiser les choses. Par exemple, vous évoquez en passant un lien amical avec la banque Rothschild, mais rien sur l’activité d’avocat d’affaire de Nicolas Sarkozy, ni sur François Pérol, un associé-gérant de Rothschild devenu secrétaire général adjoint de l’Élysée puis président de Natixis dans des conditions douteuses. Comment avez-vous sélectionné les événements que vous relatez ?

Paul-Éric Blanrue : Merci, tout d’abord, du compliment. Mais hélas, on ne peut pas tout dire, surtout dans un ouvrage que je destine au grand public et que j’ai par conséquent voulu « lisible » alors que la question est complexe. Notez tout de même que pour 200 pages de texte, j’ai disposé un appareil critique de quelque 500 notes infrapaginales, ce qui n’est pas courant dans l’édition française actuelle.

Vous avez raison, bien sûr, de dire que les informations sont oubliées par l’opinion, et que l’accumulation de celles-ci dans les journaux, loin d’alimenter les cerveaux de nos contemporains, contribue à tasser les données dans les couches sédimentaires inférieures. Mieux encore : l’abondance d’informations (avec la prime données aux faits divers) fait oublier le sens général de l’histoire qui se déroule devant nous. J’ai donc voulu procéder à un « rafraichissement de la mémoire » de l’opinion publique, tout en organisant mon plan de manière à donner un sens à l’actualité la plus brûlante. Mon point de départ est Sarkozy, l’homme par qui la fracture arrive. Je tente ensuite d’expliquer pourquoi il en est arrivé là et pourquoi la France est dans une impasse dont il faudra bien un jour qu’elle s’extraie.

Thierry Meyssan :
Dans votre dernier chapitre, vous élargissez votre sujet aux milieux culturels. Mais une trentaine de pages, c’est à la fois beaucoup pour éveiller la curiosité et trop peu pour donner une vue d’ensemble du phénomène. Pour faire vite, vous êtes obligé de traiter rapidement certaines personnalités, comme Tariq Ramadan, parce que cela nécessiterait des développements contextuels. Comme vous laissez vous lecteurs sur leur faim, avez vous l’intention d’approfondir cette question dans un autre volume ?

Paul-Éric Blanrue : J’évoque le cas de Tariq Ramadan, lors de sa confrontation télévisée avec Nicolas Sarkozy, afin de montrer comment ce dernier a intégré dans son discours la rhétorique sioniste actuelle, ce dogme bourré de dynamite qui veut que « juif = pro-israélien ». Pour le reste, je me consacre à l’essentiel : la description des réseaux sionistes français et la façon dont l’actuelle présidence répond à leurs attentes, voire les devance. Je passe en revue des cas connus et moins connus : quel est le parcours du patron de la LICRA ? Qui sont les principaux « poissons-pilotes » d’Israël en France ? Quelles associations intentent systématiquement des procès aux chercheurs indépendants qui critiquent Israël ? En quoi la loi Gayssot est-elle la clé de voûte de la dictature de la pensée unique actuelle ? Pour répondre précisément à votre question : oui, je prépare actuellement, non pas un, mais deux autres livres, qui approfondiront de manière notable ce que j’ai dit dans celui-ci. Je pense qu’ils surprendront vos lecteurs. Ce n’est qu’un début !

Thierry Meyssan : Terminons par une question plus personnelle. Au cours de cet entretien, vous avez répondu à mes questions en évoquant avec fierté votre travail antérieur. Vos premiers livres traitaient de l’histoire de la famille de France et étaient publiés par des éditeurs traditionalistes. Puis, vous vous êtes passionné pour l’étude des superstitions et vous avez créé le Cercle zététique. Enfin, vous vous êtes tourné vers des sujets d’actualité, Carla Bruni et Jérôme Kerviel. Quelle était votre démarche personnelle au long de ce parcours ? Qu’est ce qui vous motive aujourd’hui ?

Paul-Éric Blanrue : Ce qui m’intéresse, en premier lieu, c’est de pouvoir publier le résultat de mes recherches. Pour moi, tout éditeur, du moment qu’il est légal, qu’il fait correctement son travail de promotion et qu’il rémunère convenablement ses auteurs, est respectable. Comme je suis un homme nuancé et ouvert, ses idées politiques ou philosophiques ne m’intéressent pas, du moment qu’il me permet de publier ce que j’entends, sans me censurer. Vous connaissez l’adage : « publish or perish »… Un auteur n’existe qu’à travers son travail publié, lu, assimilé et commenté par d’autres.

L’éditeur « tradi » auquel vous faites allusion m’a ainsi permis, il y a bien longtemps, d’éditer mes découvertes étonnantes sur le comte de Chambord (fruit d’un mémoire universitaire en histoire), ce que d’autres maisons plus classiques avaient refusé de faire pour des motifs idéologiques. Il a en revanche été incapable, à son tour pour des raisons idéologiques, de publier mes conclusions sur l’histoire du suaire de Turin, qui m’a donc été édité, d’abord, par une maison communiste en coédition avec des cathos de gauche, puis, dans une autre version, par une maison du groupe Flammarion, Pygmalion.

Mon livre d’anthologie sur les propos contre les juifs a été publié, lui, par un éditeur connu pour ses collections érotiques…

Mon opus sur Kerviel est paru dans une maison spécialisée dans le rock, ce qui ne m’a pas empêché d’annoncer le crise financière de septembre 2008 six mois avant les « experts » du Monde ! Bref, toute ma vie éditoriale est ainsi faite ! Je trouve tout cela amusant. On a tendance à me ranger dans la catégorie des « inclassables », à quoi je dis préférer le terme « d’irrécupérable », qui ne permet, précisément, aucune sorte de « rangement ». Bref, mes maisons d’édition varient en fonction de leur capacité à publier mes livres, c’est-à-dire en fonction de leurs propres normes idéologiques, et non des miennes. Maintenant, vous voyez, je suis contraint d’aller faire éditer en Belgique un livre qui traite de la politique française… Je suis le « Juif errant » de l’édition ! Ce n’est pas par hasard si je passe une partie de ma vie à Venise, la ville du premier ghetto, qui est aussi la cité des labyrinthes, des masques, des reflets et des miroirs cachés.

Quant à mes sujets de prédilection, malgré une évolution de surface, ils ont tous un point commun : la traque des mystifications, des mensonges, des erreurs de tous ordres, abondamment diffusées dans le grand public. La véritable histoire est toujours à chercher sous le vernis de la propagande, je ne vous apprends rien. Je ne cesse donc de m’intéresser aux impostures, quelles qu’elles soient, historiques, scientifiques, politiques, idéologiques, religieuses.

Pourquoi ? Parce nous vivons dedans ! Nous naissons et mourons entourés de vessies que nous ne cessons de prendre pour des lanternes.

Certaines impostures sont innocentes, d’autres moins, parce qu’elles orientent nos vies et celles de nos contemporains. Avec le temps, je me suis concentré sur les affaires qui me paraissent les plus graves.

Tout au long de mon existence, j’ai tenté de situer ma démarche dans les pas des Lumières : Voltaire, Diderot, d’Holbach (et le grand Casanova ! ) ont été capables d’écrire sur tous les sujets, petits ou grands, religieux ou mondains, avec le même esprit critique. Voilà ce ce que je tente, contre vents et marées, de faire à ma façon. Il est difficile de vous cacher que j’espère que les conséquences de mes livres seront comparables à celles qu’ont suscité les oeuvres des grands esprits dont je me réclame. Chaque auteur est un peu « mégalo », n’est-ce pas ? Mais s’il ne croit pas à son pouvoir de transformer les mentalités, qui le croira ?

C’est en tout cas la raison pour laquelle le dernier chapitre de « Sarkozy, Israël et les juifs » s’intitule : « Pour une nouvelle nuit du 4 août », en référence à l’abolition des priviléges de la noblesse par la noblesse, en 1789. Comme Max Gallo, Dominique de Villepin ou François Bayrou, je pense que nous sommes dans une situation pré-révolutionnaire. La France va bientôt trembler. Mon livre est préventif : ceux qu’il critique sont aussi ceux qui devraient s’en inspirer. À moins qu’ils ne soient prêts à affronter un nouveau 1793 ? Mais autant l’éviter, n’est-ce pas ?

Thierry Meyssan
Analyste politique, fondateur du Réseau Voltaire. Dernier ouvrage paru : L’Effroyable imposture 2 (le remodelage du Proche-Orient et la guerre israélienne contre le Liban).

http://www.voltairenet.org/article160311.html

[1] Sarkozy, Israël et les juifs, éditions Marco Pietteur, collection « Oser dire » (mai 2009), 205 pp.

[2] Le lobby pro-israélien et la politique étrangère américaine, par John Mearsheimer et Stephen Walt, La Découverte, 2007, 500 pp.

[3] CRIF : Conseil représentatif des institutions juives de France.

[4] Voir Est-il permis de critiquer Israël ?, par Pascal Boniface, éd. Robert Laffont (2003), 239 pp.

[5] Élizabeth Teissier est une célèbre astrologue française qui fut proche de François Mitterrand.

[6] Le Monde contre soi – Anthologie des propos contre les juifs, le sionisme et le judaïsme, par Paul-Éric Blanrue, préface de Yann Moix, Éditons Blanche, 2007, 318 pp.

[7] L’Effroyable imposture 2, par Thierry Meyssan, éd Alphée-Jean-Paul Bertrand (2007), 400 pp.

[8] Carla et Nicolas, Chronique d’une liaison dangereuse, par Paul-Éric Blanrue et Chris Lafaille, Éditions Scali, 2008, 155 pp.

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