Jean-Paul Ney



Il ne peut pas s’en empêcher, le Jipounet… il ferait n’importe quoi pour passer sous les limelights et nous raconter des belles histoires…

[Soren Seelow et Elise Vincent – LE MONDE | 09.05.2017 ]

Le parquet de Paris a ouvert, mardi 9 mai, une enquête préliminaire pour violation du secret professionnel et recel à la suite de la publication sur les réseaux sociaux de fiches de police d’individus signalés pour radicalisation. Le ministre de l’intérieur, Matthias Fekl, a décidé dans le même temps de faire un signalement au procureur sur la base de l’article 40 du code de procédure pénale pour appuyer cette démarche. Cette enquête vise notamment la publication de quatre fiches ou avis de recherche sur le compte Twitter de Jean-Paul Ney, « journaliste » aux méthodes controversées.

Ce dernier n’en est pas à son coup d’essai. Il a déjà été condamné, en octobre 2016, pour « recel de violation du secret de l’enquête » après avoir publié sur Twitter, le soir des attentats contre Charlie Hebdo, le 7 janvier 2015, les avis de recherche des frères Kouachi et d’un certain Hamyd M., qui ne sera pas inquiété dans ce dossier, accompagnés de ce commentaire : « On vous tiens [sic] enfants de putains. »

Sept mois après sa condamnation, Jean-Paul Ney a récidivé, publiant quatre nouvelles fiches d’individus recherchés, une le 20 avril et trois autres le 6 mai. Cette nouvelle enquête a été confiée à l’Inspection générale de la police nationale. Elle s’attachera à déterminer l’origine des fuites – une mission a priori empêchée par la protection du secret des sources dont bénéficient les journalistes – et plus vraisemblablement les suites judiciaires à donner à leur diffusion. « Je me présenterai à toute convocation de justice pour m’expliquer », a -t-il écrit sur son compte Twitter. (suite…)


Suite du feuilleton de « La Secte » (http://sitedelasecte.free.fr) et de Jean-Paul Ney (entre autres)… Pour ceux d’entre vous qui ne vont pas/plus sur Usenet, c’est une histoire qui remonte à…. combien déjà ? Dix ans ?

En tout cas, c’est rassurant de constater qu’il y a encore des juges intelligents… la lecture du jugement est un vrai régal !

Hé Thierry, la prochaine fois, réfléchis..

[Legalis.net – 29/12/2010]

Quand des « usenautes » s’affrontent devant le juge après s’être étripés en ligne, cela donne une décision de justice riche en enseignement sur le droit de la diffamation et de l’injure sur internet. Le jugement du 17 septembre 2010 de la 17ème du TGI de Paris montre bien que ces infractions sont affaire de contexte. Et celui de cette espèce est particulier puisque les propos reprochés sont tenus dans le cadre d’un usenet dédié à « l’engueulade ». Le juge a donc tenu compte du genre de support en cause, un forum de discussion non modéré où une grande licence dans l’expression était de rigueur, pour rejeter les demandes de la partie civile, qui n’a pas comparue et n’a pas davantage été représentée.

Le forum.misc.enguelade, particulièrement actif entre 2002 et 2004, permettait à une « meute » d’internautes de mettre en pâture une victime, souvent une novice sur usenet qui « refuse catégoriquement d’en comprendre et accepter les règles ». La partie civile, plus vindicative et probablement plus procédurière que ses « camarades », a choisi de clore la discussion sur le terrain judiciaire en portant plainte contre neuf d’entre eux.

Le tribunal a fait une distinction entre deux internautes qui s’exprimaient dans le but d’informer les « usenautes » contre les agissements du groupe en cause. Le premier avait créé un site pour répondre, de manière rigoureuse et sérieuse, aux diffamations et injures dont il prétendait faire l’objet. Il avait également constitué une « trousse-à-outils » très documentée, destinée à être utilisée pour se défendre en justice. Le tribunal lui a reconnu le bénéfice de la bonne foi.

Quant à l’utilisation des termes « nuisibles » ou « lâches », le tribunal a estimé qu’elle ne dépassait pas, dans ce contexte, les limites admissibles de la liberté d’expression.

Le second mis en cause est un journaliste (NdL&I : Jean-Paul Ney) qui avait pris soin de ne pas désigner ou de ne pas associer la partie civile aux propos tenus. L’action a donc été reconnue irrecevable. Les autres internautes s’étaient simplement mais agressivement exprimés sur ce forum.

Le tribunal a examiné les messages en cause mais ne les a pas considérés comme diffamatoires ou injurieux, notamment en raison du comportement provocateur de la partie civile, même si les prévenus ont répondu à la provocation. Trois d’entre eux ont obtenu une indemnisation de 300 euros pour procédure abusive. La décision a été frappée d’appel.

Quelques extraits du jugement :

La plupart des messages incriminés ont été mis en ligne sur le réseau Usenet, soit l‘archéologie du réseau internet qui repose sur un protocole technique distinct du http, et offre aux internautes une arborescence de forum de discussion dont l’indexation technique révèle le thème. Les messages sur Usenet sont généralement courts et le fait d’habitués qui organisent la police de ce réseau, selon le principe un internaute une voix, en décidant par exemple de soumettre à référendum la création d’un nouveau forum, la suppression d’un forum déviant, l’exclusion de tel internaute, etc. Par nature, aucun de ces forums n’est modéré et la plus grande liberté de ton y règne ; la licence y est quasiment totale, la modération considérée comme une censure, et la plupart de ses fidèles s’y exprime sous pseudonyme. Les facilités d’échanges entre internautes comme l’idéologie libertaire qui a présidé à la naissance d’Usenet, initialement très affectionné par les universitaires et les informaticiens, en expliquent le succès d’origine.

Quoique parfaitement publics et accessibles à tous, les messages sur Usenet -dont certains forum de discussion ou “news group” sont, pour partie au moins, à internet ce que le “ça” est en psychanalyse- ont donné lieu à très peu de contentieux ou de plaintes, ses utilisateurs les plus orthodoxes répugnant ordinairement à saisir un tiers étranger à leur milieu, et ceux qui n’en sont pas familiers les tenant, à tort ou à raison, pour le fait d’addicts aux échanges interminables ou stériles.

II est cependant advenu que certains utilisateurs d‘Usenet se soient fait un nom en justice en s’attaquant les uns les autres dans d’interminables procès, à la suite d’échanges de messages sur un forum dédié, accessible à l’adresse “fr.misc.engueulades.html”, qui, comme son nom l’indique, est un défouloir auxquels les plus masochistes des internautes ne manquaient pas de se connecter dans les années 2002-2004. Les fidèles de ce forum ont coutume de le désigner sous l’acronyme FME (pour « forum misc.engueulade »).

Une parfaite compréhension des termes du litige suppose encore qu’un mot soit dit du site de « La Secte”, accessible à l’adresse http://sitedelasecte.free.fr, qui se présente en ces termes sur sa page d’accueil. Seul un choix d’extraits significatifs en sera donné :

“La charte de FME veut qu’on n‘initie pas un fil [de discussion]. Ce groupe est destiné aux engueulades, comme son nom l’indique, connard. Il se divise en deux catégories de participants : la victime, et la meute, […] On les appelle les connards de FME. Le pauvre hère de victime se voit immédiatement jeté en pâture à toute la meute féroce liguée comme un seul homme contre lui sans aucune raison valable. […] Un vote est organisé chaque mois, pour l’élection de la plus méritante victime, qui se voit décerner le Mimile d’or du mois. […] Un prix spécial est en cours d’établissement pour les petits êtres : “méprisables, haineux, lâches, veules, couards, mythomanes, calomniateurs, sans honneur, xénophobes, racistes, antisémites, homophobes, scatos, incultes, vulgaires, idiots, bêles et méchants » […] On en recense deux exemplaires sur Usenet. […] La vivacité du groupe dépend de la qualité des victimes, et parfois les fils [de discussion] sont tellement longs qu’il est impossible de les comprendre autrement qu’en lisant au moins deux fois par jour. […]

La victime est, en général novice sur Usenet et refuse catégoriquement d’en comprendre et accepter les règles. La meute possède un équipement de détecteurs à victimes personnalisés et surpuissants. […] Les menaces de violences physiques à l’encontre des spectateurs de la meute sont particulièrement appréciées, de même que les insultes envers les membres de leur famille. Les propos racistes, sexistes, homophobes, xénophobes et l’apologie de groupuscules d’extrême droite sont des plus appréciés. […]. Quelques victimes consentantes ou non (rien ne les oblige à rester) se voient vite attribuer un surnom avant que d’être sauvagement déchiquetées par “la meute des connards de fme “. […]

Le membre n°1 de la secte est Monsieur Titi “régulièrement zusurpé par d’horribles husurpateurs qui zusurpent“. On compte “certain” nombre de Monsieur Titi, qui se battent tous pour être le vrai. […] Inutile de choisir votre camp avec circonspection, le choix se fait selon de mystérieuses accointances, les nuits de pleine lune, au cours de réunions secrètes de la secte dans les forêts de bretagne ou dans le maquis corse…”

Le 1er avril 2004, “La Secte” a été remplacée par “La Neuf » (Nouvelle Eglise de l‘Usenet Francophone) dont la liste de membres affichée sous pseudonyme est très semblable. Un même trophée du “Mimille du mois” est également attribué. Enfin, à suivre la présentation qu’elle en fait elle-même, “La Neuf » comporte un “Grand Patriarche”, des “Dignitaires”, un « Clergé séculier” et un “Clergé régulier”.

http://legalis.net/spip.php?page=jurisprudence-decision&id_article=3055


Pauvre Jipouné, ça commence vraiment à barder pour son matricule… emprisonné en Côte-d’Ivoire, oublié des services consulaires français… et maintenant les injures et mensonges qu’il diffusait – lui et ses multiples pseudos – sur Internet lui retombent sur le nez… décidément ! On en aurait (presque) pitié. Je propose qu’on lance une souscription pour payer l’amende, parce que sinon, quand Jipouné va revenir en France, il sera bon pour aller dormir sous les ponts…

[Zataz –  06-02-2009]
Le Tribunal de Grande Instance de Nanterre vient de condamner un internaute français à 18.000 euros d’amende pour diffamation sur Internet.

L’affaire ne date pas d’hier, elle date même du mois d’août 2005. Jean-Paul Ney (JPN), un internaute Français, en prison en Côte d’Ivoire depuis plus d’un an et qui était connu pour ses « dires » sur Internet vient d’être condamné, une nouvelle fois, pour diffamation sur Internet.

Il y a plus de trois ans, cet internaute racontait, sous la signature de plusieurs personnages fictifs, dont Marie Karine, qu’  « une meute » de personnes lui en voulait, le menaçait, … Parmi les personnes citées dans cette fausse interview, le webmasteur du site Kitetoa. L’administrateur de Kitetoa étant un journaliste qui avait déjà gagné un autre jugement à l’encontre de JP Ney à la suite de menaces de mort.

Dans cette nouvelle affaire, la fausse Interview avait été diffusée via plusieurs sites web et blogs mis en place par JPN. Le tribunal a décidé, le 5 février, que sur l’action publique, Jean-Paul Louis Ney était coupable de : « Diffamation envers particulier(s) par parole écrite, image ou moyen de communication au public par voie électronique« . Une amende délictuelle de 5 000 euros a été requise à l’encontre de JPN.

Sur l’action civile, le TGI indique que : « Jean-Paul Louis Ney est entièrement responsable des conséquences dommageables de l’infraction subies par la partie civile« . Le Tribunal condamne  JP Ney à 8 000 euros à titre de dommages-intérêts et 5 000 euros au titre de l’article 475-1 du Code de procédure pénale.

Le tribunal a demandé aussi, sous peine d’une astreinte de 500 euros par jour pour JP Ney et/ou l’hébergeur de retirer les propos diffamatoires des différents sites ciblés.

Le tribunal a aussi ordonné que soit diffusé sur les dits sites la publication du jugement pendant un délai « qui ne saurait être inférieur à six mois ». Le tribunal impose aussi que ce jugement soit diffusé dans trois journaux. A noter que JP Ney n’était pas présent lors de l’audience, il est emprisonné en Côte d’Ivoire.

http://www.zataz.com/news/18523/diffamation–internet–site-web–amende–jugement.html


[Journal Chrétien – lundi 31 mars 2008]

Quatre ans de prison ferme ont été requis lundi 31 mars 2008 devant le tribunal correctionnel de Paris contre Ibrahim Coulibaly pour avoir fomenté depuis la France un coup d’Etat contre le président ivoirien Laurent Gbagbo en 2003.

De douze mois avec sursis à quatre ans de prison ferme ont été requis lundi 31 mars 2008 devant le tribunal correctionnel de Paris, où treize prévenus, dont Ibrahim Coulibaly, sont jugés pour avoir fomenté depuis la France un coup d’Etat contre le président ivoirien Laurent Gbagbo en 2003.

La procureur de la République Anne Kostomaroff a requis la peine la plus élevée, quatre ans de prison, contre Ibrahim Coulibaly, dit « IB ». Cet ancien sergent-chef de l’armée ivoirienne est poursuivi pour « recrutement de mercenaires », une qualification introduite en avril 2003 dans le code pénal et passible de sept ans d’emprisonnement. Ses avocats ignorent où il se trouve.

Sept anciens militaires

Les treize prévenus, dont sept anciens militaires, ont tous été arrêtés fin août 2003 par la Direction de la surveillance du territoire (DST, contre-espionnage), à Paris et à Orange. C’est dans cette ville du Vaucluse que s’était tenue une réunion le 23 août entre cinq anciens légionnaires qui s’étaient vus proposer de participer à un coup d’Etat contre Laurent Gbagbo en Côte d’Ivoire.

Trois ans de prison ont par ailleurs été requis contre un ancien avocat du barreau de Saint-Nazaire, Mamadou Diomande, éphémère délégué aux relations internationales du Mouvement patriotique pour la Côte d’Ivoire (MPCI), et Paul Leonelli, un ex-policier considéré comme le coordinateur de l’opération par l’accusation.

Mercenaires

La procureur a en outre demandé deux ans d’emprisonnement à l’encontre de quatre prévenus qu’elle a qualifié d’« assistants » : le cousin de Paul Leonelli, François, reconverti dans la charcuterie, Pierre Mas, un agent de sécurité, Jean-Michel Chapuis, présenté comme le chef des mercenaires, et Hassan Sakr, considéré comme le financier de cette tentative de coup d’Etat.

Enfin, Anne Kostomaroff a requis deux ans de prison avec sursis contre Daniel Pohl et douze mois, avec sursis également, contre cinq mercenaires, Eric Valentin, les deux frères de M. Pohl, Jürgen et Peter, Jacky Muliakaaka et Soakimi Vea. Outre Coulibaly, Hassan Sakr et Soakimi Vea sont également absents.

5 ans d’emprisonnement et 75.000 euros d’amende

Ibrahim Coulibaly avait participé, aux côtés du général Robert Gueï, décédé depuis, au coup d’Etat de 1999 ayant conduit à la chute du président Henri Konan Bédié, successeur de Félix Houphouët-Boigny, le « père de la nation » ivoirienne.

La loi française contre le mercenariat promulguée le 14 avril 2003 prévoit cinq ans d’emprisonnement et 75.000 euros d’amende pour les personnes recrutées pour participer à des coups d’Etat ou des conflits armés entre Etats. Une peine de sept ans et de 100.000 euros d’amende est prévue pour les commanditaires.

http://www.spcm.org/Journal/spip.php?breve10998


Sacré Jipounet, que ce soit sur les forums ou dans la vraie vie, il a toujours la même ligne de défense : j’y suis pour rien, c’est pas moi qui ai écrit cela, je ne faisais que passer et on a usurpé mon identité, on m’a séquestré et on m’a forcé à filmer…

Bon, c’est vrai que ça commence à durer cette histoire, il va falloir songer à monter un comité de soutien et faire pression sur Gbagbo. Ca tombie bien, Jack Lang (le grand copain à Gbagbo) est mon député ! Laissez un message dans les commentaires si vous voulez vous joindre à nous.

Affaire IB – Jean Paul Ney : Jean-Paul Ney pourrait entamer une grève de la faim aujourd`hui

[Le Nouveau Réveil – 10/03/2008]

Nous avons appris d`une source très informée à la MACA, que Jean-Paul NEY, le photo-reporter de l`agence Gamma, pourrait entamer ce lundi 10 mars 2008, une grève de la faim, pour protester contre sa détention prolongée à la Maison d`arrêt et de correction d`Abidjan (MACA).

Attirer l`attention de la justice ivoirienne, obtenir sa libération provisoire en attendant que les enquêtes pour retrouver IB et Jean François Cazé, le mercenaire Français qui l`aurait séquestré dans une villa à Abidjan et pour que la vérité éclate sont là, les objectifs de cette grève.

On lui aurait promis un mois de détention tout au plus. Mais, arrêté le 28 Décembre 2007, il serait détenu à la Maca depuis le 16 janvier 2008 sans qu`il ne voie sa situation s`éclaircir. Il affirmerait, être prêt à aller jusqu`au bout de sa grève de la faim avec toutes les conséquences. Le Consulat de France en Côte d`Ivoire serait déjà informé de cette volonté de Jean Paul NEY de refuser de s`alimenter pour protester contre sa détention prolongée.

http://www.lenouveaureveil.com/a.asp?n=285457&p=1866


De gros budgets pour de virtuelles guerres

[Antoine Champagne – Le Monde – 20/03/2008]

George W. Bush vient de demander une hausse de 10 % des fonds dédiés à la sécurité des réseaux informatiques pour l’année fiscale à venir, soit quelque 7,3 milliards de dollars. Ce qui représente une progression de 73 % par rapport au budget de 2004. Selon le département de la sécurité intérieure, le nombre d’attaques contre les réseaux gouvernementaux a progressé de 152 % en 2007 pour atteindre 13 000. Cette annonce du président américain intervient alors que le DHS a procédé à l’opération Cyber Storm II du 10 au 14 mars. L’exercice, le deuxième du genre, impliquant plusieurs pays (Grande Bretagne, Nouvelle Zélande, Australie) et de nombreuses entreprises privées vise à mesurer les capacités de réponses en cas de cyber-guerre.

Cette préoccupation est un serpent de mer dont la dernière manifestation remonte à la fin avril 2007. L’Estonie, qui avait décidé de déboulonner un monument à la mémoire des soldats de l’Armée rouge, avait subi un vaste « déni de service distribué » (DDoS). Les sites Web de plusieurs banques ou de sites gouvernementaux estoniens avaient subi un bombardement de demandes incongrues qui les avait paralysés. L’OTAN s’en était mêlée, s’estimant « préoccupée ». De fait, l’Estonie accusait Moscou d’être à l’origine de cette cyber-guerre. Celle-ci aurait pu dégénérer sur le plan diplomatique et devenir ainsi, réellement, préoccupante. (suite…)


Genevieve Bell : secrets, mensonges et déceptions

[Internet Actu – 20/02/2008]

A l’occasion de la conférence Lift08 (vidéo), l’ethnologue australienne Genevieve Bell, chercheuse chez Intel, a fait une très intéressante communication sur nos pratiques du mensonge et du secret en ligne.

Tous menteurs
: Sa recherche est partie d’une expérience personnelle : elle s’est surprise un jour à donner une fausse date de naissance sur un site. Intriguée, Genevieve Bell s’est alors intéressée aux données existantes sur le mensonge numérique. Une étude de 2006 a montré par exemple que 45 % des Britanniques qui envoient des SMS mentent en précisant l’endroit où ils se trouvent. Une étude récente évoquée longuement sur Scientific American conclut qu’aucun participant aux sites de rencontres en ligne ne dit la vérité : les hommes se donnent des centimètres supplémentaires, les femmes des kilos en moins. Les hommes ont tendance à dire plus de mensonges que les femmes (20 % de plus en moyenne) et ils ne mentent pas sur les mêmes choses : les hommes plutôt sur leur travail ou leurs occupations ; les femmes plutôt sur leur poids, leur âge, leur état marital ou les courses qu’elles accomplissent. Nous disons en moyenne entre 6 et 200 mensonges par jour, estiment certains chercheurs. 40 % de nos mensonges seraient motivés par notre volonté de dissimuler un “mauvais” comportement…

“Une fois en ligne, la vérité se désintègre : on ment sur ce que l’on est, où l’on est, ce que l’on fait, son âge et son poids, son statut marital, son niveau social et ses aspirations”.
Pour l’anthropologue, il s’agit d’une profonde reconfiguration par rapport à nos idéaux personnels, à nos héritages culturels et à nos pratiques sociales issus de la religion, du droit ou de l’éducation, pour lesquels mentir est mal, répréhensible ou punissable.
(suite…)


[Christian Salmon – Le Monde – 25.01.08 ]
Les amateurs parlent de stratégie, affirme un ancien adage militaire, les professionnels parlent de logistique. » Si l’on en croit un expert militaire du département d’Etat américain, c’est de moins en moins vrai : si les amateurs parlent toujours de stratégie, les vrais professionnels, eux, parlent de plus en plus… d’anthropologie ! Une discipline plus utile, selon lui, pour comprendre « la grammaire et la logique des guerres tribales que l’enseignement de Clausewitz ».

Dans un article intitulé « Clausewitz au pays des merveilles », Tony Corn, qui est membre du centre Hoover, un think tank républicain qui conseille George Bush, observe que l’irruption d’une centaine de chaînes de télévision arabes a conduit les analystes à s’interroger sur la pertinence de la doctrine stratégique de Clausewitz à l’âge d’Al-Jazira.

Dans les années 1960, la télévision a transformé des guérilleros comme Arafat, Castro ou Guevara en icônes médiatiques. Depuis cette date, le rôle des médias n’a cessé de croître dans les conflits. Si la révolution islamiste en Iran utilisait encore les cassettes audio pour diffuser son message, « la médiasphère est devenue, dans les années 1980 (Intifada) et 1990 (Balkans), le principal champ de bataille ». Son enjeu est désormais « la conquête des coeurs et des esprits ». Et, dans cette nouvelle donne stratégique, insiste Tony Corn, « les amateurs parlent de « message », alors que les professionnels parlent de « récits » »

Dans un article intitulé « Storytelling et terrorisme », deux autres experts affirment que la guerre contre le terrorisme doit prendre en compte « les histoires que les terroristes racontent ». Publié en mars 2005 sur le site du Center for Contemporary Conflict, l’article fait référence à des auteurs dont la présence paraît insolite sur un site d’analyses stratégiques : Aristote et Platon y figurent aux côtés de théoriciens de la littérature, de chercheurs en neurosciences, de sociologues. On y trouve les noms du linguiste George Lakoff, du sociologue Benjamin Barber et même celui du grand écrivain polonais Ryszard Kapuscinski ; une bibliographie qui dessine en creux le portrait intellectuel des nouveaux Clausewitz de la guerre médiatique : non plus des logisticiens, mais des experts en « narratologie ».

Selon ces deux auteurs, « la naissance, la maturation et la transformation des organisations terroristes reposent sur des récits qu’il faut décoder si l’on veut définir une stratégie visant à ruiner leur efficacité ». Déconstruire le mythe fondateur d’Al-Qaida suppose que l’on soit capable de proposer un « mythe alternatif, une meilleure histoire que celle que proposent les mangeurs de mythes ». Une analyse qui confirme un diagnostic établi dès 2001 par l’écrivain américain Don Delillo : « Aujourd’hui, le monde du récit appartient aux terroristes. »

Selon Tony Corn, « la communication militaire a un retard de trente ans sur la communication politique ». La Maison Blanche a compris depuis Clinton l’importance de la mise en scène du scénario présidentiel (stagecraft) considéré comme un substitut et non comme un simple complément de l’action gouvernementale (statecraft). « Sur la scène mondiale, les Etats-Unis sont engagés depuis la fin de la menace soviétique dans une campagne permanente, et c’est encore plus vrai maintenant que nous sommes entrés dans la « longue guerre » (long war), au cours de laquelle le souvenir du 11 septembre 2001 commencera inévitablement à s’effacer à l’étranger, et que les Etats-Unis apparaîtront inévitablement (car la politique est perception à l’étranger aussi) comme le principal obstacle à la paix dans le monde. Dans la bataille à venir, la diplomatie publique continuera à aller nulle part aussi longtemps qu’elle s’en tiendra à un message au lieu d’enchaîner un récit. »

Une leçon que semble avoir fait sienne le ministre français des affaires étrangères, qui affirmait récemment : « Nous devons repartir à la conquête de la narration du monde », mais que ne partagent pas tous les analystes militaires. Sam Gardiner, un des meilleurs experts en simulation stratégique, a récemment dénoncé le rôle néfaste des « storytellers politiques » dans la présentation de l’engagement anglo-américain en Irak.

Gardiner a affirmé, en septembre 2007, que les scénarios quotidiens préparés au centre d’information de la Maison Blanche étaient alimentés par Alastair Campbell, consultant de Tony Blair, et auteur du désormais fameux rapport sur les armes de destruction massive en Irak.

Dès le mois de novembre 2001, révéla Sam Gardiner, « l’orchestration de la campagne en faveur des femmes afghanes témoignait de similitudes frappantes dans le timing et les scénarios utilisés à Londres et à Washington ». Ainsi, le 17 novembre 2001, Laura Bush avait affirmé : « Seuls les terroristes et les talibans menacent d’arracher les ongles des femmes qui portent du vernis à ongles. » Une déclaration reprise trois jours plus tard, presque mot pour mot, par Cherry Blair.

Recensant pas moins d’une cinquantaine d’histoires, dont celle du sauvetage rocambolesque de Jessica Lynch, il affirmait : « Jamais on n’avait inventé autant d’histoires pour vendre une guerre. Lorsque nous devrons nous retirer d’Irak, le traumatisme sera plus grand encore que pour le Vietnam. Les hommes politiques se heurteront à une opinion qui refusera de les croire, même s’ils disent la vérité », une conséquence, selon lui, du champ libre laissé aux « storytellers ».

Christian Salmon est membre du Centre de recherches sur les arts et le langage (CNRS).

http://abonnes.lemonde.fr/archives/article/2008/01/25/clausewitz-au-pays-des-merveilles-par-christian-salmon_1003697_0.html


Les petits jeux des marketteux, les « buzz », les « communautés d’affinité » et autres gadgets dont l’unique but est de nous vendre des trucs, ça commence à devenir lassant.

Ca nous rappelle les débuts du mail, les premiers spams… à l’époque on trouvait ça rigolo, c’était pas trop génant, et puis on a fini par s’en lasser… A l’époque on s’est barrés sur Hotline, sur les premiers forums boards… mais là aussi, au bout d’un moment, on a été rattrapés par les pollueurs et les imposteurs…

Avec le Web 2.0 ça va être pareil. Les publicitaires ne connaissent pas la mesure, chacun se précipite pour arracher sa part du gateau et à la fin ce qui était un espace convivial devient un hall de gare rempli de néons clignotants et où on ne s’entend plus…

Il existe encore sur Internet, des espaces conviviaux, où l’on fait des vraies rencontres avec des vraies personnes, qui sont vraiment ce qu’elles disent être et qui ont des opinions vraies et des débats sincères… (et non, je ne parle pas de Meetic et autres arnaques à gogos esseulés)… les publicitaires n’en ont pas encore forcé la porte. Et on va tout faire pour les en empécher…

Un Français élu président de Facebook, ou l’histoire d’une imposture.

[Le Monde – 14/01/2008]
2007 aura été sans conteste l’année de Facebook. Avec une croissance de consultation fulgurante en europe (de 2 à 12 millions d’inscrits en moins d’un an), mais aussi un « buzz » spéculatif entretenu sur son rachat (Microsoft ou Google notamment), ce réseau social très en vue aura terminé l’année en apothéose avec, pour la première fois sur Internet, l’élection mondiale du président de Facebook. Et oh ! divine surprise, c’est un Français d’origine iranienne, inconnu encore il y a quelques semaines, qui a accédé le 1er janvier 2008 à la fonction suprême, pour quatre mois. Tout débute par la mise en ligne fin août 2007 sur Facebook d’une application gratuite « Facebook President », développée par la société ClutterMe. On l’installe, on consulte les noms des candidats et leur programme, et on vote, une seule fois par candidat et jusqu’à 50 fois. Et si l’on n’est pas interessé par le fauteuil de chef d’Etat, on peut faire campagne virtuellement pour son favori.

Arash Derambarsh, notre candidat national, décide de faire campagne « IRL » (« in real life »), écume de nombreux plateaux télés et radios et se fait remarquer par la presse. Il bénéficie en outre du soutien de certains responsables politiques ou associatifs, qui n’hésitent pas à envoyer des messages sur Internet appelant à voter pour lui.

Le Réseau, et notamment celui sur lequel se présente l’intéressé, ne dit pas tout de lui. Rien sur les affinités d’Arash, responsable de collection dans une maison d’éditions, rien sur son livre « Comment peut-on être de droite aujourd’hui ?« , rien sur son parcours militant au sein d’Alternative Libérale ou sur son passage dans plusieurs ministères entre 2004 et 2006. Les médias lui tendent le micro et ne relèvent pas l’absurdité de certains de ses propos : il prétend pouvoir une fois élu envoyer simultanément et « d’un seul clic [des messages] à ses 120 millions de membres », il soutient que 100 millions d’internautes ont participé au vote alors que Facebook ne compte que 60 millions d’inscrits dans le monde, et qu’il a été élu avec 9156 voix.

Facebook prend ses distances avec cette élection et demande de renommer le module en « ePresident » et de mentionner le caractère non officiel du produit pour éviter toute confusion. Mais le mal est fait : sur le Réseau, une seule victime, le Réseau lui-même, qui perd encore un peu de sa crédibilité … François Mitterrand – qui a par ailleurs 829 « friends » sur Facebook – doit bien se bidonner, c’est le mot juste, dans son e-tombe.

Au final, Arash D. sera donc devenu en quelques semaines aussi tristement célèbre et controversé que « David H. », un étudiant d’HEC à l’émail un peu trop rapide et virulent, qui avait défrayé la chronique au printemps 1999. Certes, « il n’y a pas mort d’homme », comme se plait à le rappeler maintenant l’interessé à chaque interview qu’il ne manque toujours pas de donner.

Il y aura eu juste une piqûre de rappel sur cette illusion de vérité et d’authenticité qu’apporte le réseau, mais surtout et c’est peut-être le plus grave, sur la remise en cause d’une certaine idée de la presse et des médias.

Une stèle virtuelle en hommage aux médias bafoués est d’ailleurs toujours visible sur le réseau jusqu’au 30 avril, sur « facebookpresident.com ».

http://www.lemonde.fr


La phrase d’anthologie dans ce reportage c’est celle de Antoine Barthélémy, créateur de Whosdaboss : « C’est de bonne guerre. C’est même une bonne méthode. En marketing, la fin justifie les moyens. Dans la vraie vie, ce n’est pas bien de mentir, mais sur Internet, tout le monde ment. C’est le jeu. »

Le « Monde » virtuel de Rachel Bekerman

[Le Monde – 17/01/2008]
Qui connaît Rachel Bekerman ? Si on se fie à sa photo sur Facebook, Rachel Bekerman est une jeune femme blonde, au visage agréable. Elle livre très peu de renseignements sur sa vie privée : elle est née un 17 août, mais l’année n’est pas précisée. En revanche, elle parle volontiers de son métier : elle fait savoir à tous ses correspondants qu’elle est journaliste au Monde. A partir de novembre 2007, elle entre en contact avec des centaines d’utilisateurs de Facebook qui travaillent dans les médias, pour leur annoncer qu’elle vient de créer un groupe « réunissant uniquement des journalistes travaillant pour des médias français » : « Je vous invite à nous y rejoindre, afin de tisser un réseau de professionnels de la communication et des médias. »

Très vite, Rachel réussit son pari et, en décembre, le groupe Journalistes français compte plus de 1 200 personnes : des journalistes de toute la France, des attachés de presse, des cadres financiers de grands médias, des publicitaires, des étudiants. En tant qu’administratrice, Rachel détient le pouvoir ultime sur son groupe, et sait le rappeler à l’occasion : « Chers confrères journalistes (…), certains d’entre vous m’ont très justement fait remarquer que je suis la seule (…) habilitée à envoyer un message à tous les membres. Dans un souci d’équité, j’invite tous ceux qui aimeraient prendre la parole à me faire parvenir leur message destiné aux autres membres. » Bien sûr, rien ne permet de vérifier si elle le fait réellement. En même temps, elle commence à diffuser des messages promotionnels pour des sites commerciaux, rédigés sur un ton léger laissant supposer qu’il s’agit d’un simple jeu.

Emportée par son élan, elle contacte aussi des « confrères » du Monde. Plusieurs s’inscrivent dans son groupe en confiance, sans chercher à en savoir plus. Avec ceux qui ont envie de la rencontrer à la cafétéria ou au bistrot le plus proche, elle temporise habilement. Aux journalistes de la rédaction du quotidien, elle précise qu’elle travaille au Monde.fr, filiale installée à deux kilomètres de la maison mère. Puis elle rompt le contact.

Peu à peu, l’évidence s’impose : Rachel Bekerman n’a jamais signé dans Le Monde, personne n’a jamais entendu parler d’elle, la photo publiée sur Facebook n’évoque aucun souvenir. Son nom n’est même pas référencé sur Google, ce qui est rare pour une journaliste. Conclusions provisoires : il s’agit peut-être d’un journaliste du Monde qui utilise un pseudo quand il a envie de se faire passer pour une jolie blonde. Ou alors, Rachel Bekerman ment sur toute la ligne.

Quelques dizaines de membres du groupe Journalistes français sont prévenus de la situation par Le Monde. Certains, se sentant trahis, se désinscrivent aussitôt. D’autres remercient Le Monde de les avoir alertés et font passer le message.

Rachel se décide alors à reprendre le contact sur Facebook, tout en refusant une interview en face à face ou au téléphone. Elle avoue qu’elle n’est plus employée par le Monde.fr, mais continue à affirmer qu’elle y a travaillé en 2004 – ce qui est à nouveau démenti par les services administratifs. Puis elle propose une nouvelle version de sa vie : « Je suis attachée de presse pour un média Web dont j’aimerais garder le nom secret. (…) Mon travail consiste à faire parler des sites Internet que nous éditons. Je profite des réseaux sociaux pour créer un maximum de buzz. L’information se diffuse plus vite par le biais des journalistes. C’est pourquoi j’ai créé ce groupe. » Elle explique sans détour pourquoi elle ment sur son statut : « Dire que je travaille au Monde suscite plus de confiance aux journalistes qui me posent la question. » Quand on lui demande si elle trouve ce procédé honnête, elle contre-attaque : « Pourquoi me poser une question à laquelle personne ne pourrait répondre « oui » ? Je suis journaliste et on ne me la fait pas. »

(suite…)


Bon, c’est un article de Zataz, mais ils ont piqué l’info sur le site de l’excellent Théophile Kouamouo
(http://kouamouo.ivoire-blog.com/)…  qui tient une revue de presse fondamentale pour savoir ce qui se passe en Côte d’Ivoire. Chapeau Théophile !

L’affaire de l’internaute français, Jean-Paul Ney, arrêté à Abidjan, continue. Toute l’affaire d’un coup d’état sur Youtube.

[Zataz – 17/01/2008]

Nous ne reviendrons pas sur le cas de Jean-Paul Ney, un internaute qui a fait beaucoup de remous sur Internet de par ses frasques variées et divers. Nous reviendrons plutôt sur son faux reportage qui avait surtout pour mission, parait-il, d’aider à une révolte en Côte d’Ivoire.

Alors que le juge en charge de l’affaire est décédé, le chef de cette rébellion Ibrahim Coulibaly, filmé par Ney, se retrouve sur Youtube. Toutes les preuves de ce coup d’état raté avec une séquence sur « qui il faut tuer pendant ce coup d’état » ; « faire sauter un avion » ; « Noel à Abidjan« , …

Une vidéo intéressante, la présence d’autres français « Jean-François, barbouze française » dans cette ambiance de guerre avec un « Vous repartez à la guerre, dixit ce français, c’est ton général qui te parle. Vous mettez Bouaké en feu et à sang, Tu as compris soldat ? Tu as le courage pour le faire ? Vous allez vous servir, ok ! (…) Le problème avec l’imam c’est qu’il ne connaît pas bien le français ! ». Une série Z ne ferait pas mieux !

Les vidéos sur YouTube sont là :  http://www.youtube.com/results?search_query=BENHALFONSE

http://www.zataz.com/news/16268/ 


Ca faisait longtemps, on commençait à s’ennuyer ! Notre psychopathe mythomane du Net (Jean-Paul Ney , casse-bonbon planétaire) n’avait plus donné de nouvelles depuis longtemps et ne trollait plus (trop) nos forums habituels… et voilà qu’il se retrouverait soi-disant mélé à une sombre histoire d’espionnage en Côte d’Ivoire…

Vous croyez que Carla Bruni va aller le chercher à Abidjan ? Pour notre part, nous on préferait que la Côte d’Ivoire le garde, mais en même temps, c’est pas éthique pour la France de se débarasser de ses ordures dans un pays africain 🙂

Enfin, si c’est vrai toute cette histoire, parce que ce ne serait pas la première fois que Jipounet nous raconte sa vie inventée de toutes pièces. Et méfiez vous des messages de « soutien », Jipounet est un spécialiste de la fausse identité sur le Web, 99% des personnes qui envoient des messages pour dire qu’il est un mec formidable ne sont généralement que des avatars d’une seule et même personne…

Un internaute français, connu pour ses frasques sur la toile, arrêté en Côte d’Ivoire, fin décembre. Alors coup de bluff ou coup tordu ?

[Zataz – 05/01/2008]

« Je suis loin de la grisaille parisienne, en déplacement en Afrique pour une période indéterminée…« . LCI et le journal Le Point ont diffusé une information assez étonnante, vendredi. Un internaute Français, connu pour ses frasques sur Internet, aurait été arrêté le 27 décembre dernier en Côte d’Ivoire. Cet ancien éducateur sportif de 31 ans, Jean-Paul Ney, s’est spécialisé dans l’espionnage et le terrorisme. « Monde qui le fascine » comme l’indiquait le journal le journal Le Point, en 2002. La photographie trouvée sur le P2P par un blogeur ne semble pas contredire l’analyse du Point. A cette époque, egoz (Noix vide, en hebreux), le pseudonyme de cet internaute, avait été mis en examen pour « vol et atteinte au secret de la défense nationale ». Alors vigile (1), il avait dérobé une carte du réseau Rimbaud, au Ministère des Affaires étrangères. Le Réseau Rimbaud, un réseau téléphonique interministériel permettant aux personnes autorisées de l’Etat de se joindre en mode sécurisé.

Ce même internaute va additionner les plaintes et les jugements. Il va d’ailleurs effectuer plusieurs jours de prison « préventive » dans l’affaire de menaces de mort à l’encontre d’un autre journaliste. Il sera condamné à 1 an de prison avec sursis, 3.000 euros d’amende et soins psychologiques et psychiatriques demandés par le tribunal. Il sera aussi entendu dans l’affaire AZF, des inconnus ayant menacés d’attaques les lignes SNCF. Il indiquait avoir des « infos ». Il se servira aussi d’un ordinateur d’un journaliste de i-Télévision pour noyer le forum du site Kitetoa (site undeground tenu par un journlaliste) de messages vengeurs.

Même la rédaction de zataz a eu la chance de goûter à ses frasques, voilà une dizaine d’année. Une erreur qui va nous coûter chére. Nous avions effectué, avec lui, pour l’agence SIPA, des photographies d’un ancien défaceur nordiste baptisé KoZaK. Seulement, nous avions laissé les négatifs à notre « partenaire » du moment. Bilan, il va nous menacer du tribunal. N’ayant aucune preuve de notre bonne fois, nous allons lui verser 20.000 francs.

Bref, il se « frite » avec ceux (2) qui ne pensent pas comme lui. Il va d’ailleurs s’attaquer, entre autre, au correspondant de France 2, Charles Enderlin. Ce dernier est un expert du conflit israélo-palestinien. Jean-Paul Ney va indiquer qu’il a la preuve que le petit Mohamed Al Dura n’avait pas été tué, en 2000, par l’armée israélienne. Que le reportage sur la mort de cet enfant n’était rien d’autre qu’un bidonnage. Dans l’un de ses écrits, Jean-Paul Ney citera pour prouver ses dires, un expert de l’armée française… qui n’a jamais existé.

A noter que cet internaute indiquait en mai 2007 sur Agoravox être victime d’une cabale de journalistes à la solde d’une secte. Un adepte de publipostages intensifs dans les forums. Un exemple parfait, sur le site Agoravox justement, toujours visible au moment de l’annonce de son « arrestation » en Côte d’Ivoire. Sous différentes signatures, mais avec le même ip (xxx.x7.185.164), il met en valeur ses propres propos (Canderman, Phillipe R., …).

 

De Paris à la Côte d’Ivoire

Interpellé le 27 décembre devant le siège de la radio-télévision ivoirienne et remis au contre-espionnage ivoirien pour interrogatoire. Meite Sindou, porte-parole du Premier ministre ivoirien indique, ce dimanche, que Jean-Paul Ney a été pris en train de photographier le bâtiment de la télévision du pays. « Il serait mêlé aux activités subversives du sergent-chef Ibrahim Coulibaly. Il a été interrogé et il aurait fait des aveux« , a déclaré M. Sindou. Toujours selon ce porte-parole, le gouvernement reproche à Jean-Paul Ney d’être lié à Ibrahim Coulibaly, ancien sergent exilé au Bénin et accusé d’avoir tenté de renverser le président Laurent Gbagbo en 2003.

Le journal Le nouveau réveil indique qu’il est « Soupçonné de vouloir renverser les institutions de la République (…) arrêté en même temps que huit autres présumés complices ivoiriens. » D’après ce journal, les autorités ivoiriennes sont convaincues d’être enfin tombées sur une piste très sérieuse pour débusquer les déstabilisateurs qui rôderaient autour de la Côte d’Ivoire. Il « est accusé de préparer un coup d’Etat contre le régime de M. Gbagbo« . A noter que ce journal cite deux anciens patrons de la DST françaises, Daniel Martin et Yves Bonnet, retraités, amis du Français arrêté à Abidjan.

Bref, cet internaute a-t-il encore joué avec le feu ? ZATAZ.COM se joint à Reporters sans frontières et l’agence Gamma pour en savoir plus et faire libérer ce Français enfermé depuis son arrestation dans les geoles Ivoiriennes. Dernière question cependant… qui a posté sur son blog (20minutes) le 4 janvier dernier ?

http://www.zataz.com/news/16158/Jean-Paul-Ney-internaute-fran%C3%A7ais-arr%C3%AAt%C3%A9-en-C%C3%B4te-d-Ivoire.html