Jean-Paul Ney



Il ne peut pas s’en empêcher, le Jipounet… il ferait n’importe quoi pour passer sous les limelights et nous raconter des belles histoires…

[Soren Seelow et Elise Vincent – LE MONDE | 09.05.2017 ]

Le parquet de Paris a ouvert, mardi 9 mai, une enquête préliminaire pour violation du secret professionnel et recel à la suite de la publication sur les réseaux sociaux de fiches de police d’individus signalés pour radicalisation. Le ministre de l’intérieur, Matthias Fekl, a décidé dans le même temps de faire un signalement au procureur sur la base de l’article 40 du code de procédure pénale pour appuyer cette démarche. Cette enquête vise notamment la publication de quatre fiches ou avis de recherche sur le compte Twitter de Jean-Paul Ney, « journaliste » aux méthodes controversées.

Ce dernier n’en est pas à son coup d’essai. Il a déjà été condamné, en octobre 2016, pour « recel de violation du secret de l’enquête » après avoir publié sur Twitter, le soir des attentats contre Charlie Hebdo, le 7 janvier 2015, les avis de recherche des frères Kouachi et d’un certain Hamyd M., qui ne sera pas inquiété dans ce dossier, accompagnés de ce commentaire : « On vous tiens [sic] enfants de putains. »

Sept mois après sa condamnation, Jean-Paul Ney a récidivé, publiant quatre nouvelles fiches d’individus recherchés, une le 20 avril et trois autres le 6 mai. Cette nouvelle enquête a été confiée à l’Inspection générale de la police nationale. Elle s’attachera à déterminer l’origine des fuites – une mission a priori empêchée par la protection du secret des sources dont bénéficient les journalistes – et plus vraisemblablement les suites judiciaires à donner à leur diffusion. « Je me présenterai à toute convocation de justice pour m’expliquer », a -t-il écrit sur son compte Twitter. (suite…)

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Suite du feuilleton de « La Secte » (http://sitedelasecte.free.fr) et de Jean-Paul Ney (entre autres)… Pour ceux d’entre vous qui ne vont pas/plus sur Usenet, c’est une histoire qui remonte à…. combien déjà ? Dix ans ?

En tout cas, c’est rassurant de constater qu’il y a encore des juges intelligents… la lecture du jugement est un vrai régal !

Hé Thierry, la prochaine fois, réfléchis..

[Legalis.net – 29/12/2010]

Quand des « usenautes » s’affrontent devant le juge après s’être étripés en ligne, cela donne une décision de justice riche en enseignement sur le droit de la diffamation et de l’injure sur internet. Le jugement du 17 septembre 2010 de la 17ème du TGI de Paris montre bien que ces infractions sont affaire de contexte. Et celui de cette espèce est particulier puisque les propos reprochés sont tenus dans le cadre d’un usenet dédié à « l’engueulade ». Le juge a donc tenu compte du genre de support en cause, un forum de discussion non modéré où une grande licence dans l’expression était de rigueur, pour rejeter les demandes de la partie civile, qui n’a pas comparue et n’a pas davantage été représentée.

Le forum.misc.enguelade, particulièrement actif entre 2002 et 2004, permettait à une « meute » d’internautes de mettre en pâture une victime, souvent une novice sur usenet qui « refuse catégoriquement d’en comprendre et accepter les règles ». La partie civile, plus vindicative et probablement plus procédurière que ses « camarades », a choisi de clore la discussion sur le terrain judiciaire en portant plainte contre neuf d’entre eux.

Le tribunal a fait une distinction entre deux internautes qui s’exprimaient dans le but d’informer les « usenautes » contre les agissements du groupe en cause. Le premier avait créé un site pour répondre, de manière rigoureuse et sérieuse, aux diffamations et injures dont il prétendait faire l’objet. Il avait également constitué une « trousse-à-outils » très documentée, destinée à être utilisée pour se défendre en justice. Le tribunal lui a reconnu le bénéfice de la bonne foi.

Quant à l’utilisation des termes « nuisibles » ou « lâches », le tribunal a estimé qu’elle ne dépassait pas, dans ce contexte, les limites admissibles de la liberté d’expression.

Le second mis en cause est un journaliste (NdL&I : Jean-Paul Ney) qui avait pris soin de ne pas désigner ou de ne pas associer la partie civile aux propos tenus. L’action a donc été reconnue irrecevable. Les autres internautes s’étaient simplement mais agressivement exprimés sur ce forum.

Le tribunal a examiné les messages en cause mais ne les a pas considérés comme diffamatoires ou injurieux, notamment en raison du comportement provocateur de la partie civile, même si les prévenus ont répondu à la provocation. Trois d’entre eux ont obtenu une indemnisation de 300 euros pour procédure abusive. La décision a été frappée d’appel.

Quelques extraits du jugement :

La plupart des messages incriminés ont été mis en ligne sur le réseau Usenet, soit l‘archéologie du réseau internet qui repose sur un protocole technique distinct du http, et offre aux internautes une arborescence de forum de discussion dont l’indexation technique révèle le thème. Les messages sur Usenet sont généralement courts et le fait d’habitués qui organisent la police de ce réseau, selon le principe un internaute une voix, en décidant par exemple de soumettre à référendum la création d’un nouveau forum, la suppression d’un forum déviant, l’exclusion de tel internaute, etc. Par nature, aucun de ces forums n’est modéré et la plus grande liberté de ton y règne ; la licence y est quasiment totale, la modération considérée comme une censure, et la plupart de ses fidèles s’y exprime sous pseudonyme. Les facilités d’échanges entre internautes comme l’idéologie libertaire qui a présidé à la naissance d’Usenet, initialement très affectionné par les universitaires et les informaticiens, en expliquent le succès d’origine.

Quoique parfaitement publics et accessibles à tous, les messages sur Usenet -dont certains forum de discussion ou “news group” sont, pour partie au moins, à internet ce que le “ça” est en psychanalyse- ont donné lieu à très peu de contentieux ou de plaintes, ses utilisateurs les plus orthodoxes répugnant ordinairement à saisir un tiers étranger à leur milieu, et ceux qui n’en sont pas familiers les tenant, à tort ou à raison, pour le fait d’addicts aux échanges interminables ou stériles.

II est cependant advenu que certains utilisateurs d‘Usenet se soient fait un nom en justice en s’attaquant les uns les autres dans d’interminables procès, à la suite d’échanges de messages sur un forum dédié, accessible à l’adresse “fr.misc.engueulades.html”, qui, comme son nom l’indique, est un défouloir auxquels les plus masochistes des internautes ne manquaient pas de se connecter dans les années 2002-2004. Les fidèles de ce forum ont coutume de le désigner sous l’acronyme FME (pour « forum misc.engueulade »).

Une parfaite compréhension des termes du litige suppose encore qu’un mot soit dit du site de « La Secte”, accessible à l’adresse http://sitedelasecte.free.fr, qui se présente en ces termes sur sa page d’accueil. Seul un choix d’extraits significatifs en sera donné :

“La charte de FME veut qu’on n‘initie pas un fil [de discussion]. Ce groupe est destiné aux engueulades, comme son nom l’indique, connard. Il se divise en deux catégories de participants : la victime, et la meute, […] On les appelle les connards de FME. Le pauvre hère de victime se voit immédiatement jeté en pâture à toute la meute féroce liguée comme un seul homme contre lui sans aucune raison valable. […] Un vote est organisé chaque mois, pour l’élection de la plus méritante victime, qui se voit décerner le Mimile d’or du mois. […] Un prix spécial est en cours d’établissement pour les petits êtres : “méprisables, haineux, lâches, veules, couards, mythomanes, calomniateurs, sans honneur, xénophobes, racistes, antisémites, homophobes, scatos, incultes, vulgaires, idiots, bêles et méchants » […] On en recense deux exemplaires sur Usenet. […] La vivacité du groupe dépend de la qualité des victimes, et parfois les fils [de discussion] sont tellement longs qu’il est impossible de les comprendre autrement qu’en lisant au moins deux fois par jour. […]

La victime est, en général novice sur Usenet et refuse catégoriquement d’en comprendre et accepter les règles. La meute possède un équipement de détecteurs à victimes personnalisés et surpuissants. […] Les menaces de violences physiques à l’encontre des spectateurs de la meute sont particulièrement appréciées, de même que les insultes envers les membres de leur famille. Les propos racistes, sexistes, homophobes, xénophobes et l’apologie de groupuscules d’extrême droite sont des plus appréciés. […]. Quelques victimes consentantes ou non (rien ne les oblige à rester) se voient vite attribuer un surnom avant que d’être sauvagement déchiquetées par “la meute des connards de fme “. […]

Le membre n°1 de la secte est Monsieur Titi “régulièrement zusurpé par d’horribles husurpateurs qui zusurpent“. On compte “certain” nombre de Monsieur Titi, qui se battent tous pour être le vrai. […] Inutile de choisir votre camp avec circonspection, le choix se fait selon de mystérieuses accointances, les nuits de pleine lune, au cours de réunions secrètes de la secte dans les forêts de bretagne ou dans le maquis corse…”

Le 1er avril 2004, “La Secte” a été remplacée par “La Neuf » (Nouvelle Eglise de l‘Usenet Francophone) dont la liste de membres affichée sous pseudonyme est très semblable. Un même trophée du “Mimille du mois” est également attribué. Enfin, à suivre la présentation qu’elle en fait elle-même, “La Neuf » comporte un “Grand Patriarche”, des “Dignitaires”, un « Clergé séculier” et un “Clergé régulier”.

http://legalis.net/spip.php?page=jurisprudence-decision&id_article=3055


Pauvre Jipouné, ça commence vraiment à barder pour son matricule… emprisonné en Côte-d’Ivoire, oublié des services consulaires français… et maintenant les injures et mensonges qu’il diffusait – lui et ses multiples pseudos – sur Internet lui retombent sur le nez… décidément ! On en aurait (presque) pitié. Je propose qu’on lance une souscription pour payer l’amende, parce que sinon, quand Jipouné va revenir en France, il sera bon pour aller dormir sous les ponts…

[Zataz –  06-02-2009]
Le Tribunal de Grande Instance de Nanterre vient de condamner un internaute français à 18.000 euros d’amende pour diffamation sur Internet.

L’affaire ne date pas d’hier, elle date même du mois d’août 2005. Jean-Paul Ney (JPN), un internaute Français, en prison en Côte d’Ivoire depuis plus d’un an et qui était connu pour ses « dires » sur Internet vient d’être condamné, une nouvelle fois, pour diffamation sur Internet.

Il y a plus de trois ans, cet internaute racontait, sous la signature de plusieurs personnages fictifs, dont Marie Karine, qu’  « une meute » de personnes lui en voulait, le menaçait, … Parmi les personnes citées dans cette fausse interview, le webmasteur du site Kitetoa. L’administrateur de Kitetoa étant un journaliste qui avait déjà gagné un autre jugement à l’encontre de JP Ney à la suite de menaces de mort.

Dans cette nouvelle affaire, la fausse Interview avait été diffusée via plusieurs sites web et blogs mis en place par JPN. Le tribunal a décidé, le 5 février, que sur l’action publique, Jean-Paul Louis Ney était coupable de : « Diffamation envers particulier(s) par parole écrite, image ou moyen de communication au public par voie électronique« . Une amende délictuelle de 5 000 euros a été requise à l’encontre de JPN.

Sur l’action civile, le TGI indique que : « Jean-Paul Louis Ney est entièrement responsable des conséquences dommageables de l’infraction subies par la partie civile« . Le Tribunal condamne  JP Ney à 8 000 euros à titre de dommages-intérêts et 5 000 euros au titre de l’article 475-1 du Code de procédure pénale.

Le tribunal a demandé aussi, sous peine d’une astreinte de 500 euros par jour pour JP Ney et/ou l’hébergeur de retirer les propos diffamatoires des différents sites ciblés.

Le tribunal a aussi ordonné que soit diffusé sur les dits sites la publication du jugement pendant un délai « qui ne saurait être inférieur à six mois ». Le tribunal impose aussi que ce jugement soit diffusé dans trois journaux. A noter que JP Ney n’était pas présent lors de l’audience, il est emprisonné en Côte d’Ivoire.

http://www.zataz.com/news/18523/diffamation–internet–site-web–amende–jugement.html


[Journal Chrétien – lundi 31 mars 2008]

Quatre ans de prison ferme ont été requis lundi 31 mars 2008 devant le tribunal correctionnel de Paris contre Ibrahim Coulibaly pour avoir fomenté depuis la France un coup d’Etat contre le président ivoirien Laurent Gbagbo en 2003.

De douze mois avec sursis à quatre ans de prison ferme ont été requis lundi 31 mars 2008 devant le tribunal correctionnel de Paris, où treize prévenus, dont Ibrahim Coulibaly, sont jugés pour avoir fomenté depuis la France un coup d’Etat contre le président ivoirien Laurent Gbagbo en 2003.

La procureur de la République Anne Kostomaroff a requis la peine la plus élevée, quatre ans de prison, contre Ibrahim Coulibaly, dit « IB ». Cet ancien sergent-chef de l’armée ivoirienne est poursuivi pour « recrutement de mercenaires », une qualification introduite en avril 2003 dans le code pénal et passible de sept ans d’emprisonnement. Ses avocats ignorent où il se trouve.

Sept anciens militaires

Les treize prévenus, dont sept anciens militaires, ont tous été arrêtés fin août 2003 par la Direction de la surveillance du territoire (DST, contre-espionnage), à Paris et à Orange. C’est dans cette ville du Vaucluse que s’était tenue une réunion le 23 août entre cinq anciens légionnaires qui s’étaient vus proposer de participer à un coup d’Etat contre Laurent Gbagbo en Côte d’Ivoire.

Trois ans de prison ont par ailleurs été requis contre un ancien avocat du barreau de Saint-Nazaire, Mamadou Diomande, éphémère délégué aux relations internationales du Mouvement patriotique pour la Côte d’Ivoire (MPCI), et Paul Leonelli, un ex-policier considéré comme le coordinateur de l’opération par l’accusation.

Mercenaires

La procureur a en outre demandé deux ans d’emprisonnement à l’encontre de quatre prévenus qu’elle a qualifié d’« assistants » : le cousin de Paul Leonelli, François, reconverti dans la charcuterie, Pierre Mas, un agent de sécurité, Jean-Michel Chapuis, présenté comme le chef des mercenaires, et Hassan Sakr, considéré comme le financier de cette tentative de coup d’Etat.

Enfin, Anne Kostomaroff a requis deux ans de prison avec sursis contre Daniel Pohl et douze mois, avec sursis également, contre cinq mercenaires, Eric Valentin, les deux frères de M. Pohl, Jürgen et Peter, Jacky Muliakaaka et Soakimi Vea. Outre Coulibaly, Hassan Sakr et Soakimi Vea sont également absents.

5 ans d’emprisonnement et 75.000 euros d’amende

Ibrahim Coulibaly avait participé, aux côtés du général Robert Gueï, décédé depuis, au coup d’Etat de 1999 ayant conduit à la chute du président Henri Konan Bédié, successeur de Félix Houphouët-Boigny, le « père de la nation » ivoirienne.

La loi française contre le mercenariat promulguée le 14 avril 2003 prévoit cinq ans d’emprisonnement et 75.000 euros d’amende pour les personnes recrutées pour participer à des coups d’Etat ou des conflits armés entre Etats. Une peine de sept ans et de 100.000 euros d’amende est prévue pour les commanditaires.

http://www.spcm.org/Journal/spip.php?breve10998


Sacré Jipounet, que ce soit sur les forums ou dans la vraie vie, il a toujours la même ligne de défense : j’y suis pour rien, c’est pas moi qui ai écrit cela, je ne faisais que passer et on a usurpé mon identité, on m’a séquestré et on m’a forcé à filmer…

Bon, c’est vrai que ça commence à durer cette histoire, il va falloir songer à monter un comité de soutien et faire pression sur Gbagbo. Ca tombie bien, Jack Lang (le grand copain à Gbagbo) est mon député ! Laissez un message dans les commentaires si vous voulez vous joindre à nous.

Affaire IB – Jean Paul Ney : Jean-Paul Ney pourrait entamer une grève de la faim aujourd`hui

[Le Nouveau Réveil – 10/03/2008]

Nous avons appris d`une source très informée à la MACA, que Jean-Paul NEY, le photo-reporter de l`agence Gamma, pourrait entamer ce lundi 10 mars 2008, une grève de la faim, pour protester contre sa détention prolongée à la Maison d`arrêt et de correction d`Abidjan (MACA).

Attirer l`attention de la justice ivoirienne, obtenir sa libération provisoire en attendant que les enquêtes pour retrouver IB et Jean François Cazé, le mercenaire Français qui l`aurait séquestré dans une villa à Abidjan et pour que la vérité éclate sont là, les objectifs de cette grève.

On lui aurait promis un mois de détention tout au plus. Mais, arrêté le 28 Décembre 2007, il serait détenu à la Maca depuis le 16 janvier 2008 sans qu`il ne voie sa situation s`éclaircir. Il affirmerait, être prêt à aller jusqu`au bout de sa grève de la faim avec toutes les conséquences. Le Consulat de France en Côte d`Ivoire serait déjà informé de cette volonté de Jean Paul NEY de refuser de s`alimenter pour protester contre sa détention prolongée.

http://www.lenouveaureveil.com/a.asp?n=285457&p=1866


De gros budgets pour de virtuelles guerres

[Antoine Champagne – Le Monde – 20/03/2008]

George W. Bush vient de demander une hausse de 10 % des fonds dédiés à la sécurité des réseaux informatiques pour l’année fiscale à venir, soit quelque 7,3 milliards de dollars. Ce qui représente une progression de 73 % par rapport au budget de 2004. Selon le département de la sécurité intérieure, le nombre d’attaques contre les réseaux gouvernementaux a progressé de 152 % en 2007 pour atteindre 13 000. Cette annonce du président américain intervient alors que le DHS a procédé à l’opération Cyber Storm II du 10 au 14 mars. L’exercice, le deuxième du genre, impliquant plusieurs pays (Grande Bretagne, Nouvelle Zélande, Australie) et de nombreuses entreprises privées vise à mesurer les capacités de réponses en cas de cyber-guerre.

Cette préoccupation est un serpent de mer dont la dernière manifestation remonte à la fin avril 2007. L’Estonie, qui avait décidé de déboulonner un monument à la mémoire des soldats de l’Armée rouge, avait subi un vaste « déni de service distribué » (DDoS). Les sites Web de plusieurs banques ou de sites gouvernementaux estoniens avaient subi un bombardement de demandes incongrues qui les avait paralysés. L’OTAN s’en était mêlée, s’estimant « préoccupée ». De fait, l’Estonie accusait Moscou d’être à l’origine de cette cyber-guerre. Celle-ci aurait pu dégénérer sur le plan diplomatique et devenir ainsi, réellement, préoccupante. (suite…)


Genevieve Bell : secrets, mensonges et déceptions

[Internet Actu – 20/02/2008]

A l’occasion de la conférence Lift08 (vidéo), l’ethnologue australienne Genevieve Bell, chercheuse chez Intel, a fait une très intéressante communication sur nos pratiques du mensonge et du secret en ligne.

Tous menteurs
: Sa recherche est partie d’une expérience personnelle : elle s’est surprise un jour à donner une fausse date de naissance sur un site. Intriguée, Genevieve Bell s’est alors intéressée aux données existantes sur le mensonge numérique. Une étude de 2006 a montré par exemple que 45 % des Britanniques qui envoient des SMS mentent en précisant l’endroit où ils se trouvent. Une étude récente évoquée longuement sur Scientific American conclut qu’aucun participant aux sites de rencontres en ligne ne dit la vérité : les hommes se donnent des centimètres supplémentaires, les femmes des kilos en moins. Les hommes ont tendance à dire plus de mensonges que les femmes (20 % de plus en moyenne) et ils ne mentent pas sur les mêmes choses : les hommes plutôt sur leur travail ou leurs occupations ; les femmes plutôt sur leur poids, leur âge, leur état marital ou les courses qu’elles accomplissent. Nous disons en moyenne entre 6 et 200 mensonges par jour, estiment certains chercheurs. 40 % de nos mensonges seraient motivés par notre volonté de dissimuler un “mauvais” comportement…

“Une fois en ligne, la vérité se désintègre : on ment sur ce que l’on est, où l’on est, ce que l’on fait, son âge et son poids, son statut marital, son niveau social et ses aspirations”.
Pour l’anthropologue, il s’agit d’une profonde reconfiguration par rapport à nos idéaux personnels, à nos héritages culturels et à nos pratiques sociales issus de la religion, du droit ou de l’éducation, pour lesquels mentir est mal, répréhensible ou punissable.
(suite…)

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