Armand Chichéyi



Le Pentagone affirme qu’il ne s’agit là que d’un ‘exercice intellectuel’… mais il suffit de regarder autour de soi pour voir que toutes ces méthodes sont déjà en usage sur Internet. La revue « Le Meilleur des Mondes » en est un parfait exemple…

UNE ÉTUDE DU PENTAGONE PROPOSE D’INTERFÉRER DE MANIÈRE ILLÉGALE AVEC LES BLOGS, Y COMPRIS EN RECRUTANT DE BLOGGEURS INFLUENTS, EN CRÉANT DE FAUX BLOGS, EN HACKANT ET EN MODIFIANT LEUR CONTENU, VOIRE EN « ÉLIMINANT » PUREMENT ET SIMPLEMENT DE SITES « CONTRAIRES AUX INTÉRÈTS DES ETATS-UNIS »

[Grégoire Seither – IES News Service – 03/0/2008]

Depuis le début de la guerre en Irak, la question des blogs suscite un vif débat au sein de l’armée des Etats-unis – surtout quand ce sont des soldats et des officiers qui veulent les tenir. Au sein de l’Etat-major, certains pensent que les blogs posent un danger à la sécurité et sont une perte de temps pour les soldats, tandis que d’autres, comme le Gen. David Petraeus et le Lt. Gen. William Caldwell, estiment que les blogs sont une précieuse source d’information et une manière, pour des soldats ordinaires, de « gagner les coeurs » en façonnant l’opinion, tant aux Etats-unis qu’à l’étragner.

Mais il existe une troisième approche, illustrée par une étude réalisée en 2006 pour l’académie militaire des forces spéciales (Joint Special Operations University) et intitulée « Blogs and Military Information Strategy ». Des stratéges de la « guerre de l’information » au sein du Pentagone proposent de recruter des bloggeurs et de faire grimper leur cote en créant du buzz, puis de les utiliser comme outils de propagande. « Embaucher une équipe de bloggeurs influents et leur donner l’ordre d’attaquer verbalement une personne désignée, leur demander de discréditer de manière répétée une information ou une théorie qui va à l’encontre de nos intérèts, ou encore leur demander de faire passer un message spécifique est une option qui mérite d’être prise en compte, » écrivent les auteurs du rapport, James Kinniburgh et Dororthy Denning.

Le rapport précise un certain nombre de méthodes à travers lesquelles l’armée des Etats-unis – et notamment les unités chargées des relations publiques, mais aussi le renseignement ainsi que les équipes d’action psychologique (PsyOps) – peuvent tirer profit du phénomène des blogs (suite…)


Le journal français « Le Monde » s’est récemment fait  l’écho d’un rapport de l’AIEA qui contiendrait des preuves que l’Iran a poursuivi son projet de nucléaire militaire après 2003. Mais le journal oublie de mentionner la source des informations de ce rapport. En effet, comme l’ont montré les services secrets U.S. et allemands, l’ordinateur portable qui contenait soi-disant les preuves du programme militaire nucléaire iranien a été fourni par un groupe paramilitaire iranien collaborant avec la CIA et le Pentagone.

[Gareth Porter – IPS Washington – 29/02/2008 – Trad. Grégoire Seither]

L’Administration Bush s’est longtemps appuyé sur « des documents trouvés sur un ordinateur portable » — 1 000 pages de documents techniques prétendument volés sur un ordinateur portable iranien — comme preuves de la volonté iranienne de se doter de l’arme nucléaire. Aujourd’hui les questions et accusations relatives à ces documents sont les seuls obstacles restants à une reconnaissance par l’Agence Internationale de l’énergie atomique (AIEA) que l’Iran a répondu à toutes les questions concernant son programme nucléaire.

Mais ces documents ont été considérés dès leur « découverte » avec beaucoup de suspicion tant par les services secrets U.S. que étrangers. En novembre 2004, les services secrets allemands ont identifié la source de ces documents comme étant l’organisation politico-militaire Mujahideen e Khalq (MEK), bras armé du Conseil National de la Résistance en Iran (CNRI). Ces deux organisations sont inscrites sur la liste des organisations terroristes du Département d’Etat U.S. mais collaborent néanmoins étroitement avec le Pentagone et la CIA, notamment via des bases en Irak. Le MEK avait combattu aux côtés des soldats de Saddam Hussein lors de la guerre Iran-Irak.

[Note de L&I : Le MEK mène depuis deux ans une campagne médiatique pour être retiré de la liste des organisations terroristes, s’appuyant sur un jugement rendu en Grande-Bretagne. Récemment encore il a publié des pleines pages de publicité en ce sens dans les principaux quotidiens européens. Le MEK et le CNRI utilisent par ailleurs une multitude d’organisations paravent pour mener des opérations de propagande et de manipulation, en vue de préparer l’opinion à une action militaire américano-israélienne contre l’Iran. En Iran, les militants armés du MEK lançent des attaques contre l’armée et la police et mènent des opérations d’espionnage au profit de la CIA et du Pentagone.]

Par ailleurs, selons certaines sources, le MEK aurait obtenu ces documents non pas, comme il le prétend, d’une source iranienne, mais de la part du Mossad, le service secret israélien. (suite…)


[Christian Salmon – Le Monde – 25.01.08 ]
Les amateurs parlent de stratégie, affirme un ancien adage militaire, les professionnels parlent de logistique. » Si l’on en croit un expert militaire du département d’Etat américain, c’est de moins en moins vrai : si les amateurs parlent toujours de stratégie, les vrais professionnels, eux, parlent de plus en plus… d’anthropologie ! Une discipline plus utile, selon lui, pour comprendre « la grammaire et la logique des guerres tribales que l’enseignement de Clausewitz ».

Dans un article intitulé « Clausewitz au pays des merveilles », Tony Corn, qui est membre du centre Hoover, un think tank républicain qui conseille George Bush, observe que l’irruption d’une centaine de chaînes de télévision arabes a conduit les analystes à s’interroger sur la pertinence de la doctrine stratégique de Clausewitz à l’âge d’Al-Jazira.

Dans les années 1960, la télévision a transformé des guérilleros comme Arafat, Castro ou Guevara en icônes médiatiques. Depuis cette date, le rôle des médias n’a cessé de croître dans les conflits. Si la révolution islamiste en Iran utilisait encore les cassettes audio pour diffuser son message, « la médiasphère est devenue, dans les années 1980 (Intifada) et 1990 (Balkans), le principal champ de bataille ». Son enjeu est désormais « la conquête des coeurs et des esprits ». Et, dans cette nouvelle donne stratégique, insiste Tony Corn, « les amateurs parlent de « message », alors que les professionnels parlent de « récits » »

Dans un article intitulé « Storytelling et terrorisme », deux autres experts affirment que la guerre contre le terrorisme doit prendre en compte « les histoires que les terroristes racontent ». Publié en mars 2005 sur le site du Center for Contemporary Conflict, l’article fait référence à des auteurs dont la présence paraît insolite sur un site d’analyses stratégiques : Aristote et Platon y figurent aux côtés de théoriciens de la littérature, de chercheurs en neurosciences, de sociologues. On y trouve les noms du linguiste George Lakoff, du sociologue Benjamin Barber et même celui du grand écrivain polonais Ryszard Kapuscinski ; une bibliographie qui dessine en creux le portrait intellectuel des nouveaux Clausewitz de la guerre médiatique : non plus des logisticiens, mais des experts en « narratologie ».

Selon ces deux auteurs, « la naissance, la maturation et la transformation des organisations terroristes reposent sur des récits qu’il faut décoder si l’on veut définir une stratégie visant à ruiner leur efficacité ». Déconstruire le mythe fondateur d’Al-Qaida suppose que l’on soit capable de proposer un « mythe alternatif, une meilleure histoire que celle que proposent les mangeurs de mythes ». Une analyse qui confirme un diagnostic établi dès 2001 par l’écrivain américain Don Delillo : « Aujourd’hui, le monde du récit appartient aux terroristes. »

Selon Tony Corn, « la communication militaire a un retard de trente ans sur la communication politique ». La Maison Blanche a compris depuis Clinton l’importance de la mise en scène du scénario présidentiel (stagecraft) considéré comme un substitut et non comme un simple complément de l’action gouvernementale (statecraft). « Sur la scène mondiale, les Etats-Unis sont engagés depuis la fin de la menace soviétique dans une campagne permanente, et c’est encore plus vrai maintenant que nous sommes entrés dans la « longue guerre » (long war), au cours de laquelle le souvenir du 11 septembre 2001 commencera inévitablement à s’effacer à l’étranger, et que les Etats-Unis apparaîtront inévitablement (car la politique est perception à l’étranger aussi) comme le principal obstacle à la paix dans le monde. Dans la bataille à venir, la diplomatie publique continuera à aller nulle part aussi longtemps qu’elle s’en tiendra à un message au lieu d’enchaîner un récit. »

Une leçon que semble avoir fait sienne le ministre français des affaires étrangères, qui affirmait récemment : « Nous devons repartir à la conquête de la narration du monde », mais que ne partagent pas tous les analystes militaires. Sam Gardiner, un des meilleurs experts en simulation stratégique, a récemment dénoncé le rôle néfaste des « storytellers politiques » dans la présentation de l’engagement anglo-américain en Irak.

Gardiner a affirmé, en septembre 2007, que les scénarios quotidiens préparés au centre d’information de la Maison Blanche étaient alimentés par Alastair Campbell, consultant de Tony Blair, et auteur du désormais fameux rapport sur les armes de destruction massive en Irak.

Dès le mois de novembre 2001, révéla Sam Gardiner, « l’orchestration de la campagne en faveur des femmes afghanes témoignait de similitudes frappantes dans le timing et les scénarios utilisés à Londres et à Washington ». Ainsi, le 17 novembre 2001, Laura Bush avait affirmé : « Seuls les terroristes et les talibans menacent d’arracher les ongles des femmes qui portent du vernis à ongles. » Une déclaration reprise trois jours plus tard, presque mot pour mot, par Cherry Blair.

Recensant pas moins d’une cinquantaine d’histoires, dont celle du sauvetage rocambolesque de Jessica Lynch, il affirmait : « Jamais on n’avait inventé autant d’histoires pour vendre une guerre. Lorsque nous devrons nous retirer d’Irak, le traumatisme sera plus grand encore que pour le Vietnam. Les hommes politiques se heurteront à une opinion qui refusera de les croire, même s’ils disent la vérité », une conséquence, selon lui, du champ libre laissé aux « storytellers ».

Christian Salmon est membre du Centre de recherches sur les arts et le langage (CNRS).

http://abonnes.lemonde.fr/archives/article/2008/01/25/clausewitz-au-pays-des-merveilles-par-christian-salmon_1003697_0.html


Les petits jeux des marketteux, les « buzz », les « communautés d’affinité » et autres gadgets dont l’unique but est de nous vendre des trucs, ça commence à devenir lassant.

Ca nous rappelle les débuts du mail, les premiers spams… à l’époque on trouvait ça rigolo, c’était pas trop génant, et puis on a fini par s’en lasser… A l’époque on s’est barrés sur Hotline, sur les premiers forums boards… mais là aussi, au bout d’un moment, on a été rattrapés par les pollueurs et les imposteurs…

Avec le Web 2.0 ça va être pareil. Les publicitaires ne connaissent pas la mesure, chacun se précipite pour arracher sa part du gateau et à la fin ce qui était un espace convivial devient un hall de gare rempli de néons clignotants et où on ne s’entend plus…

Il existe encore sur Internet, des espaces conviviaux, où l’on fait des vraies rencontres avec des vraies personnes, qui sont vraiment ce qu’elles disent être et qui ont des opinions vraies et des débats sincères… (et non, je ne parle pas de Meetic et autres arnaques à gogos esseulés)… les publicitaires n’en ont pas encore forcé la porte. Et on va tout faire pour les en empécher…

Un Français élu président de Facebook, ou l’histoire d’une imposture.

[Le Monde – 14/01/2008]
2007 aura été sans conteste l’année de Facebook. Avec une croissance de consultation fulgurante en europe (de 2 à 12 millions d’inscrits en moins d’un an), mais aussi un « buzz » spéculatif entretenu sur son rachat (Microsoft ou Google notamment), ce réseau social très en vue aura terminé l’année en apothéose avec, pour la première fois sur Internet, l’élection mondiale du président de Facebook. Et oh ! divine surprise, c’est un Français d’origine iranienne, inconnu encore il y a quelques semaines, qui a accédé le 1er janvier 2008 à la fonction suprême, pour quatre mois. Tout débute par la mise en ligne fin août 2007 sur Facebook d’une application gratuite « Facebook President », développée par la société ClutterMe. On l’installe, on consulte les noms des candidats et leur programme, et on vote, une seule fois par candidat et jusqu’à 50 fois. Et si l’on n’est pas interessé par le fauteuil de chef d’Etat, on peut faire campagne virtuellement pour son favori.

Arash Derambarsh, notre candidat national, décide de faire campagne « IRL » (« in real life »), écume de nombreux plateaux télés et radios et se fait remarquer par la presse. Il bénéficie en outre du soutien de certains responsables politiques ou associatifs, qui n’hésitent pas à envoyer des messages sur Internet appelant à voter pour lui.

Le Réseau, et notamment celui sur lequel se présente l’intéressé, ne dit pas tout de lui. Rien sur les affinités d’Arash, responsable de collection dans une maison d’éditions, rien sur son livre « Comment peut-on être de droite aujourd’hui ?« , rien sur son parcours militant au sein d’Alternative Libérale ou sur son passage dans plusieurs ministères entre 2004 et 2006. Les médias lui tendent le micro et ne relèvent pas l’absurdité de certains de ses propos : il prétend pouvoir une fois élu envoyer simultanément et « d’un seul clic [des messages] à ses 120 millions de membres », il soutient que 100 millions d’internautes ont participé au vote alors que Facebook ne compte que 60 millions d’inscrits dans le monde, et qu’il a été élu avec 9156 voix.

Facebook prend ses distances avec cette élection et demande de renommer le module en « ePresident » et de mentionner le caractère non officiel du produit pour éviter toute confusion. Mais le mal est fait : sur le Réseau, une seule victime, le Réseau lui-même, qui perd encore un peu de sa crédibilité … François Mitterrand – qui a par ailleurs 829 « friends » sur Facebook – doit bien se bidonner, c’est le mot juste, dans son e-tombe.

Au final, Arash D. sera donc devenu en quelques semaines aussi tristement célèbre et controversé que « David H. », un étudiant d’HEC à l’émail un peu trop rapide et virulent, qui avait défrayé la chronique au printemps 1999. Certes, « il n’y a pas mort d’homme », comme se plait à le rappeler maintenant l’interessé à chaque interview qu’il ne manque toujours pas de donner.

Il y aura eu juste une piqûre de rappel sur cette illusion de vérité et d’authenticité qu’apporte le réseau, mais surtout et c’est peut-être le plus grave, sur la remise en cause d’une certaine idée de la presse et des médias.

Une stèle virtuelle en hommage aux médias bafoués est d’ailleurs toujours visible sur le réseau jusqu’au 30 avril, sur « facebookpresident.com ».

http://www.lemonde.fr


Philippe Val et Alexandre Adler vont encore nous dire que l’islamophobie n’existe pas, que le « racisme anti-arabe » c’est une invention des nazislamistes… alors que Deady et ses amis répètent exactement le discours de Heydrich sur les juifs dans les années 30-40 ou encore celui des génocidaires hutus sur les tutsis…

Les musulmans sont ils les nouveaux « Untermenschen » qu’on va « éliminer » ?

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Racisme anti-arabe : Islam is the ennemy ![Gregor Seither IES News Service – 29/12/2007]
Aux Etats-Unis, Rudolph Giuliani, ancien maire de New-York est le favori pour l’investiture républicaine de l’élection présidentielle 2008. John Deady, vice-président de l’association des anciens combattants « New Hampshire Veterans for Rudy », confirme les propos qu’il a tenus dans le journal « The Guardian » la semaine dernière, dans lesquels il accuse tous les musulmans d’être des « fous » dont il faut « se débarasser », « sans distinction » afin de « les renvoyer dans leurs grottes ».

Interviewé par Greg Sargent pour le magazine en ligne  » Talking Points Memo » [1] , Deady a confirmé qu’il ne fait pas de distinction entre les musulmans. « Je ne crois pas à cette idée qui veut qu’il y ait des bons Musulmans et des mauvais Musulmans » a déclaré Deady au téléphone depuis sa maison du New Hampshire. « Ce sont tous des Musulmans, sans distinction. »

Quand on lui demande s’il confirme ses propos au Guardian, Deady répond :

« Absolument, je les confirme sans hésitation. Cela fait un certain temps que toutes ces histoires de musulmans m’inquiètent et que je me documente sur eux. L’Américain moyen n’a pas la moindre idée de ce que sont vraiment les musulmans. Et je parle des musulmans en général. Je ne crois pas à cette idée qui veut qu’il y ait des bons Musulmans et des mauvais Musulmans. Ce sont tous des Musulmans, sans distinction. »

Dans l’interview publié par « The Guardian » [2] la semaine dernière , Deady déclare à propos des Musulmans :

« Nous devons leur chauffer les plantes des pieds et maintenir la pression sur ces gens là, jusqu’à ce qu’ils soient écrasés ou bien qu’on les ait renvoyé dans leurs grottes. Autrement dit, nous devons nous débarrasser d’eux. »

Interrogé sur ce qu’il voulait dire quand il parlait de « se débarrasser » des Musulmans, il a répondu:

« Quand je dis que nous devons les éliminer, je ne pensais pas nécessairement à un génocide. Ce que je voulais dire était que nous devons riposter chaque fois qu’ils relèvent la tête et font mine de vouloir nous attaquer.

Nous ne pouvons pas nous permettre de dire « Essayons d’abord la diplomatie ». Ils ne connaissent pas la diplomatie, ça ne marche pas avec eux. Si vous étudiez la tradition islamique, vous verrez que pour eux un traité est caduc au bout de cinq ans.

Nous n’avons pas à faire à des gens rationnels. Nous avons à faire à des fous, des psychopathes sanguinaires. »

Interrogé pour savoir si ce jugement s’appliquait selon lui à tous les Musulmans, il a répondu : « Je ne fais pas de distinction entre les Musulmans, ils sont tous pareils. »

Sargent a demandé à Deady si le candidat qu’il soutient, le républicain Giulani, partage son analyse sur les Musulmans. Deady a répondu : « Est-ce qu’il voit le problème musulman comme je le vois ? Honnêtement, je ne sais pas. Mais je l’ai entendu faire des déclarations qui sont très proches de ma manière de penser, disant que nous devons riposter et affronter ces gens là. Je ne pense pas qu’il est un cowboy, mais je pense qu’il est conscient du danger que nous affrontons. »

Au cours de l’interview, Deady s’est déclaré en faveur du profilage racial, par exemple dans les aéroports : « Au lieu de perdre du temps à fouiller chaque petite vieille, pourquoi ne pas cibler directement les basanés entre 18 et 38 ans qui ont un comportement étranger ? »

A un autre moment de l’interview, Deady s’est défendu d’être un raciste : « Je ne suis pas un conservateur raciste. On pourrait le croire quand on m’entend. Mais je ne fais que dire des choses qui sont avérées. »

L’équipe de campagne de Rudy Giuliani a pourtant l’instant refusé de commenter les déclarations de ce membre de leur équipe.

[1] http://tpmelectioncentral.com/2007/12/rudy_surrogate_stands_by_remarks_about_muslims_and_adds_more.php

[2] http://www.guardian.co.uk/news/video/2007/dec/27/primaries.rudy.guiliani


Un article indispensable, de la part de l’auteur de ‘La Guerre des Bush’. La machine de propagande tourne à plein régime, et nos bébés-néo-cons à l’Elysée et au Quai d’Orsay y participent à fond…

Téhéran, complice du 11-Septembre 2001 ou la « fabrique du mensonge » 

[Eric Laurent – AgoraVox – 12/12/2007]

Dans mon dernier ouvrage (Bush, l’Iran et la bombe), j’essaie de décrire comment George W. Bush a planifié une intervention militaire de grande ampleur contre l’Iran. Une décision qui remonte à deux ans, prise dans le plus grand secret, et sur laquelle l’enquête que j’ai menée apporte quelques informations inédites notamment en terme de désinformation et de fausses révélations.

Les fausses révélations ont toujours existé. Dans un livre publié en 1981 [1], qui fascinait William Casey, le directeur de la CIA, la journaliste Claire Sterling expliquait que toutes les organisations terroristes visant l’Occident étaient financées et contrôlées par l’Union soviétique. Une thèse qui s’est révélée aussi fausse que les articles et les livres de l’ancienne journaliste du New York Times, Judith Miller, spécialisée dans la dénonciation des armes de destruction massive de Saddam.

Le dernier avatar est encore beaucoup plus choquant. L’auteur de Countdown to Crisis, Kenneth R. Timmerman, se présente comme un « journaliste d’investigation », ce qui conduit à une réflexion préoccupée sur le sérieux et l’éthique de nombreux confrères américains. J’ai d’abord été fasciné par la couverture. Ahmadinejad, le doigt levé, visage menaçant, est aux côtés du guide de la Révolution qui visite un site de missiles, entouré de militaires. Une vignette rouge placée juste dessous attire mon attention : « Nobel Peace Price Nominee » (nominé au Prix Nobel de la paix). Je pense d’abord qu’il s’agit d’un clin d’œil, d’une plaisanterie au second degré pour souligner le bellicisme des dirigeants iraniens. Puis je découvre l’effarante vérité : l’auteur, Kenneth Timmerman, se présente comme « nominé au Nobel ». Un terme qui n’a aucun sens. Le jury du Nobel choisit, ou non, parmi les multiples candidatures à cette distinction prestigieuse, mais s’il existe un lauréat, il n’y a pas de nominés. Première entorse à la vérité qui, à la lecture, est suivie de beaucoup d’autres.


Téhéran, complice du 11-Septembre

La thèse de Timmerman est simpliste, les preuves inexistantes. L’Iran, selon lui, est le plus impitoyable ennemi des États-Unis, impliqué dans pratiquement chaque attentat terroriste conduit contre les États-Unis depuis 1979. La volonté iranienne de se doter de l’arme atomique n’a qu’un objectif : menacer les États-Unis et leurs alliés. « Il suffit seulement d’un missile nucléaire iranien pour pénétrer le système de défense antimissiles Arrows d’Israël, anéantir une population à forte densité, détruire son économie et briser effectivement l’État. Israël est un pays à “bombe” et les Iraniens le savent. » (suite…)


Aujourd’hui les MKO sont à la pointe de la propagande états-unienne pour convaincre l’opinion internationale de la nécessité de bombarder l’Iran. Ils multiplient les associations paravent qui, jour après jour, dénoncent l’Iran comme une dictature, le président Ahmadinejad comme un tyran sanguinaire et appellent les US à envahir l’Iran pour y renouveler l’opération irakienne de destruction du pays… tout cela avec l’argent et les ordinateurs de la CIA/NSA

[Paul Labarique – Voltaire -17/02/2004]

Issus de la résistance armée à la dictature du shah d’Iran, les Moudjahidin du peuple (MKO) ambitionnaient une révolution islamique et sociale, mais furent écartés par l’ayatollah Khomeiny. D’alliances objectives en compromis douteux, puis en trahison certaine, ils devinrent le bras armé de Washington contre leur propre peuple. Responsables d’attentats dans une quinzaine de pays contre les intérêts iraniens et ayant participé aux pires exactions du régime de Saddam Hussein, ils sont aujourd’hui considérés comme une organisation terroriste, mais bénéficient du soutien des faucons états-uniens.

http://www.voltairenet.org/article12526.html


Le Général Wesley Clark, ancien candidat Démocrate aux primaires de 2004, revient dans son ouvrage sur les plans établis par le Pentagone, quelques jours après les attentats du 11 septembre. A la demande de Rumsfeld, l’Etat Major travaillait aux changements de régime en Irak, Syrie, Liban, Soudan, Somalie, Lybie, Iran. ll en avait déjà parlé avec Amy Goodman, sur Democracy Now, au début de l’année 2007.

Wesley Clark : (…) je me suis rendu au Pentagone juste après le 11 septembre 2001, à peu près 10 jours après. J’ai vu le secrétaire à la Défense Rumsfeld et sont adjoint Wolfowitz. J’ai descendu les marches, juste pour saluer les membres de l’Etat major qui avaient travaillé avec moi, et l’un des généraux m’a dit :

Gl : Monsieur, venez avec moi, que nous parlions un instant.

Clark : Mais, vous êtes très occupé

Gl : Non, non.

Et il poursuit : Nous avons décidé d’entrer en guerre contre l’Irak.

Nous étions le 20 septembre.

Clark : Nous allons entrer en guerre contre l’Irak ! Pourquoi ?

Gl : Je ne sais pas. J’imagine qu’ils ne savent pas quoi faire d’autre.

Clark : Ont-ils trouvé des informations reliant Saddam et Al Quaeda ?

Gl : Non, il n’y rien dans cette direction. Ils ont juste décidé de faire la guerre à l’Irak. Je crois que c’est parce que nous ne savons pas quoi faire contre les terroristes, mais nous avons une bonne armée et nous pouvons renverser les gouvernements. Je crois que quand le seul outil dont vous disposez est un marteau, tout les problèmes doivent prendre la forme d’un clou.

(suite…)


Les courriers électroniques envoyés par des identités multiples et appelant à signer une pétition contre le gouvernement iranen, émanent pour la plupart d’un seul ordinateur… qui se trouve au siège de la National Security Agency, à Fort Meade, dans le Maryland

Les forums et blogs que je modère continuent à être spammés par les « défenseurs des droits de l’homme en Iran ». La même chose se produit sur USENET où les forums sont innondés de message identiques, postés par des personnes aux identités multiples. Cette fois-ci il s’agit de sauver une jeune fille condamnée à mort, en signant, comme la dernière fois, la pétition sur le site sauvelemonde. A noter que le site sauvelemonde et la pétition ne font plus référence à la jeune fille à sauver…

Spam de propagande

A priori, encore une fois, même si la méthode utilisée est du SPAM grossier (il suffit de regarder l’ilustration ci-contre) la cause semble juste… mais bon, moi, quand on me demande de soutenir un mouvement politique, je prends toujours le temps de me renseigner. C’est comme quand mon voisin veut me faire signer une pétition pour « rendre notre quartier habitable » et que je me rends compte que c’est en fait une pétition de soutien au candidat FN du coin….

A noter que (je n’ose espérer que c’est suite à mes conseils) les organisateurs du site sauvelemonde ont entièrement redesigné leur site et cette fois ci ne cachent plus leur intentions, en droite ligne avec celle des faucons de la Maison Blanche. A la page « Qui sommes nous » ils ne font pas mystère qu’ils font partie des Moudjahidines du Peuple (MKO) (tous les liens pointent vers des sites affiliés au MKO) et qu’ils roulent pour l’Armée US qui colonise l’Irak en ce moment. Mais c’est leur droit, tout ce que je demandais c’est qu’ils aient l’honnêteté de dire qui ils sont… merci les gars !

Par contre, là où ça devient intéressant, c’est quand on prend la peine de regarder d’un peu plus près les courriers électroniques qui appellent à voter pour la pétition du site sauvelemonde. Ils sont souvent signés de noms différents (MehrBaniameri, Nazim Raber…), avec à chaque fois des adresses yahoo ou hotmail qui génèrent des messages d’erreur quand on tente de leur écrire.

Mais si les noms sont différents, l’adresse IP de l’ordinateur ayant envoyé le message (X-Originating IP ou bien NTTP-Source) est souvent la même : 150.177.10.2

Quand on fait un DNS Lookup pour savoir à qui appartient cette adresse IP, on tombe sur un truc rigolo : m4407-fw1.army.mil

Army.mil ? Un ordinateur de l’armée US ? Mais pourquoi pas ? Après tout il peut bien y avoir des gens dans l’armée des Etats-unis qui se soucient du sort des opprimés iraniens. Non ?

Mais voyons quand même ce que dit WHOIS. SamSpade nous répond que cette adresse IP appartient au domaine militaire MEADENET_1, qui réside sur un ordinateur dans la base militaire de Fort Meade.

Les traces menent a Fort Meade, siège de la NSA Fort Meade ? Ce nom me dit quelque chose. Un coup d’oeil à Wikipedia et bingo !

Le siège de la National Security Agency se trouve à l’endroit d’où sont partis les mails nous appelant à signer une pétition pour demander le renversement du gouvernement iranien.

Les organisateurs ont beau dire « ni guerre ni mollahs », pour l’instant ils ne sont rien d’autre qu’un faux nez des faucons du Pentagone et de la CIA qui rèvent de faire à l’Iran ce qu’ils ont fait à l’Irak.

Libre à vous de signer cette pétition, en connaissance de cause. Pour ma part je préfère signer la pétition de Amnesty International, qui est une organisation nettement moins belliciste et qui ne rève pas de faire sombrer l’Iran dans le chaos.

La campagne de signatures pour ‘sauver le monde’ n’est rien d’autre qu’une opération de manipulation de l’opinion publique organisée par les services de propagande des Etats-unis.

Il faudrait peut-être en informer Arianna Caroli qui est à l’origine de cette pétition. Elle est surement animée des meilleurs intentions du monde.


COMMENT VENDRE LA GUERRE A L’OPINION PUBLIQUE ?
[IES News Service  24.07.07]
L’Administration Bush n’a jamais caché le fait qu’elle devait « vendre la guerre à l’opinion publique ». Les conseillers en communication autour de Dick Cheney sont tout à fait d’accord pour reconnaître que la plupart des éléments utilisés pour « vendre » la guerre en Irak sont également utilisés pour préparer l’opinion a approuver la prochaine attaque de l’Iran : les « fuites organisées » de rapports des services secrets vers les médias, les révélations par des sources anonymes, le dénigrement des preuves concrètes avancées par l’opposition, la mise en avant de personnalités parmi les exilés, la convocation régulière de personnalités diverses dénonçant des atrocités ou des menaces apocalyptiques…

Distillés régulièrement dans les médias, ces bribes d’information finissent par créer un sentiment diffus de menace, un « buzz » qui finit par envahir la perception qu’ont les gens du problème et les mène à accepter le fait « qu’il n’y a pas d’autre alternative possible ». L’impression qui doit être obtenue est que, d’un côté il y a une communauté internationale diverse et variée d’acteurs légitimes qui TOUS disent la même chose, tandis que de l’autre il y a un pouvoir irrationnel et dangereux qui opprime sa population.

Quand alors vient l’heure des bombardements et des images sanglantes (que les grands médias s’efforceront de filtrer au maximum, comme on a pu le voir en Serbie, en Afghanistan et en Irak), les cerveaux de l’opinion publique doivent être conditionnés pour avoir la réaction suivante « C’est bien dommage, mais après tout, c’est un peu de leur faute, il fallait bien que nous nous défendions contre la menace que représentait leur pays. » Après tout, personne aujourd’hui – même en Allemagne – ne verse la moindre larme sur les victimes civiles des bombardements alliés sur l’Allemagne nazie.

Comment s’y prend on pour vendre la guerre à l’opinion publique ? Les règles habituelles de la publicité s’appliquent parfaitement.

Aujourd’hui, aux États-unis, pour chaque heure de télévision, il y a 22 minutes de messages publicitaires. Le public est donc habitué à se faire vendre des choses sur la base de promesses erronées. Comme le montre l’exemple irakien, la même méthode peut être appliquée – pratiquement sans aucune adaptation – au processus pour faire vendre (et acheter) une guerre à l’opinion.

Andy Card, le directeur de cabinet de George W. Bush, avait expliqué à l’époque que le le Congrès des Etats-unis n’avait pas été consulté, en Août 2002, sur la décision d’employer la force militaire en Irak, parce que « d’un point de vue marketing, on ne lance jamais de nouveaux produits en Août ».

Quand, en Septembre 2001, Colin Powell a embauché Charlote Beers, célèbre publicitaire de Madison Avenue, pour le poste de Sous-secrétaire d’Etat à la diplomatie publique et aux affaires publiques, il justifia son choix en expliquant que : « Pour ce poste, j’ai volontairement fait appel à une des plus grandes expertes en publicité, car, c’est ce que nous voulons faire : de la vente . Nous voulons vendre un produit au reste du monde, la démocratie, la libre-entreprise, les valeurs américaines. C’est cela que nous devons vendre. Et pour cela il nous faut un bon plan marketing. »

Cet aveu est moins direct que celui d’Andy Card, mais il n’est pas difficile d’ajouter la guerre à la liste des produits vendus par Colin Powell, d’autant que – suite aux attentats qui se produisirent peu de temps après – la guerre devint le vecteur privilégié pour atteindre les objectifs marketing décrits par Powell.

Les politologues Rampton et Stauber commentèrent: « Plutôt que de changer notre manière de traiter avec les peuples du Moyen-Orient, plutôt que de changer nos politiques dans la région afin de faire pencher la population de notre côté, les officiels à Washington croient qu’ils peuvent obtenir les mêmes résultats à l’aide d’une campagne de relations publiques, une opération de marketing conçue à Hollywood ou dans les agences chic de Madison Avenue. »

Pour Naomi Klein, « tout comme la CIA n’a rien compris aux changements dans le monde parce qu’elle préférait regarder des photos satellite et faire joujou avec des gadgets technologiques dernier cri, plutôt que de se coltiner le travail pénible et sans gloire de la collecte d’informations sur le terrain, l’Administration Bush s’imagine qu’il suffit de faire de la publicité pour que les gens « achètent » son concept. Au diable la réalité, si ça passe à la télé, c’est que c’est vrai. »

Fidèle à son habitude, Israël déclare à l’avance qu’il n’en a rien à foutre des instances internationales et que, comme d’habitude, il fera exactement ce qu’il a envie de faire. Résolutions de l’ONU ? Conventions internationales ? Quartet ? Israël les rajoute à la haute pile des résolutions internationales sur laquelle il est assis depuis 60 ans. Pourquoi soutenons-nous encore un tel Etat voyou ?

« NOUS AVONS L’ACCORD TACITE DES ETATS UNIS ET DE L’EUROPE POUR FRAPPER L’IRAN » DECLARE LE MINISTRE ISRAELIEN AUX AFFAIRES STRATEGIQUES
[ISRAEL TODAY – 24.07.07- Trad. Grégoire Seither]
Avigdor Lieberman, Ministre israélien aux affaires stratégiques, a déclaré en début de semaine qu’il avait reçu l’accord tacite des Etats-unis et de l’Europe pour une attaque militaire israélienne contre les installations nucléaires iraniennes. Suite à une rencontre avec des représentants de l’OTAN et de l’Union Européenne, Lieberman a déclaré au micro de la radio militaire israélienne : « Si nous lançons des opérations militaires de notre côté contre l’Iran, nous recevrons le soutien de l’Europe et des Etats-unis ».
Selon Lieberman, les puissances occidentales sont conscientes de la gravité de la menace que représente le nucléaire iranien pour Israël, mais que « les conflits en cours en Afghanistan et en Irak limitent la capacité des dirigeants politiques en Europe et aux Etats-unis à engager les opérations militaires pour détruire le potentiel nucléaire iranien. »
Aux lendemains des pourparlers avec l’OTAN et l’UE, Lieberman affirme avoir reçu un message très claire de la part des autorités occidentales : « Si la diplomatie ne parvient pas à éliminer la menace, l’occident demandera alors à Israël de se charger elle-même de sa défense. »
http://www.israeltoday.co.il/default.aspx?tabid=178&nid=13407

Gingrich en rajoute une couche, dans la légitimation à l’avance

POUR L’ANCIEN PORTE-PAROLE DU CONGRES DES ETATS UNIS,
LE NUCLÉAIRE IRANIEN EST L’ÉQUIVALENT D’UNE DEUXIÈME SHOAH

[Israel News / Y-Net-News – 20.07.07- Trad. Grégoire Seither]
Newt Gingrich, ancien porte-parole républicain du Congrès des Etats-Unis et figure influente du mouvement conservateur, a déclaré sur la chaîne CBS que, si l’Iran se dote de la technologie nucléaire, Israël et les Etats-unis seraient gravement menacés. « Si l’Iran tire un ou plusieurs missiles nucléaires sur Israël, ce serait l’équivalent d’un deuxième holocauste pour le peuple juif », a déclaré Gingrich.
http://www.ynetnews.com/Ext/Comp/ArticleLayout/CdaArticlePrintPreview/1,2506,L-3427886,00.html
ou bien
http://tinyurl.com/2wt5g6

Au bout d’un moment, cela devient tellement gros que ça en devient ridicule. Mais, l’histoire irakienne nous montre que plus c’est gros, plus ça marche…

POUR L’AMBASSADEUR D’ISRAËL AUX USA :
« LE MONDE LIBRE EST MENACÉ PAR L’IRAN »

[Ha’aretz – 20.07.07- Trad. Grégoire Seither]
Sallai Meridor, ambassadeur d’Israël aux Etats-unis, a déclaré Mercredi dernier que non seulement Israël, mais le monde libre dans sa totalité est directement menacé par l’Iran. La combinaison de fanatisme, terrorisme et technologie nucléaire que représente l’Iran est la plus grande menace qu’a du affronter le monde libre depuis les années 1930.
http://www.haaretz.com/hasen/spages/883947.html

Les zinzins Sionistes Chrétiens, répètent sagement la leçon et amplifient le « buzz » à travers leur réseau de 30 000 stations radio et leurs millions de sympathisants aux Etats-unis.

SIONISTES CHRÉTIENS: AHMADINEDJAD EST LE NOUVEAU ADOLF HITLER
[Israel News / Y-Net-News – 24.07.07 – Trad. Grégoire Seither]
Le lobby sioniste-chrétien « Christians United for Israel » a publié un communiqué dans lequel il compare le président Iranien Ahmadinedjad à Hitler et demande aux Etats-unis de lancer une attaque militaire contre l’Iran dans les plus brefs délais. Il lance également une campagne auprès de ses sympathisants pour que les Etats-unis déménagent leur ambassade de Tel-Aviv à Jérusalem en signe de soutien au droit d’Israël d’exister sur la terre que dieu lui a donné.
http://www.ynetnews.com/articles/0,7340,L-3427247,00.html


Mon bref billet d’humeur à propos de la pétition « Sauve le monde » et l’Iran a suscité pas mal de commentaires.

J’y dénonçais le fait que tous les sites associés à cette pétition étaient des cache-nez d’organisations financées par les Etats-unis dans le cadre de son programme de déstabilisation et de préparation de coup d’état en Iran.
https://libertesinternets.wordpress.com/2007/06/28/vaste-campagne-de-manipulation-de-lopinion-sur-internet/

Cela me vaut l’ire d’un des organisateurs Armand Chicheyi qui m’accuse carrément de diriger le Réseau Voltaire (hé Thierry, passe moi les clés du local !!!) et ne trouve pas mieux pour discréditer mes propos que de résusciter la vieille querelle avec Sitbon – à laquelle je n’ai jamais participé étant donné que je n’ai jamais fait partie du RV, me contenant de publier une revue de presse et un éphéméride dans la revue Voltaire… Mais quand on cherche à discréditer un argument sans avoir à y répondre, on ne s’arrête pas à ce genre de détails.

En bref, non seulement il paraît que je dirige le Réseau Voltaire mais en plus je suis un rouge-brun antisémite qui fait la lèche aux barbus… Connaissant mes origines ainsi que ma passion pour le pinard et le saucisson, cela me fait bien rire. Quand à ma connivence avec les mollahs à Téhéran, je doute qu’ils me refilent un visa s’il me prenait l’envie saugrenue de vouloir y aller… encore une fois, chers néo-cons simplistes, ce n’est pas parce qu’on est contre Bush qu’on est avec Ousama. Vous aimeriez bien nous entraîner dans cette rhétorique de guerre des civilisations, mais malheureusement votre propagande commence à sentir le rance et on voit les ficelles :

http://groups.google.com/group/endoctrasia/browse_thread/thread/5a0124e013a4e25d/302a19f0cf6e83ef?q=%22gregoire+seither%22&rnum=1#302a19f0cf6e83ef

Mais revenons à la principale question : « Comment savez vous que ces sites sont des sous-marins de la National Endowment for Democracy et des services secrets US ? »

Comment je sais ? Commençons par le fait que ma suspicion est toujours réveillée quand je suis confronté à une campagne aussi massive et concertée, émise par des gens qui ne disent jamais clairement qui ils sont, utilisent des proxys et des fausses identités pour publier leurs messages… je connais ce mode opératoire, la droite US l’utilise tout le temps, le lobby israélien est passé maître dans son utilisation… j’ai donc appris à me méfier et à me renseigner un peu sur les liens qu’on me demande de cliquer et les pétitions qu’on me demande de signer.

Quand je recois un mail dont je ne sais pas d’où il vient, je commence par jeter un coup d’oeil à WHOIS – dans le cas présent cela m’a permis assez vite de savoir à qui j’avais à faire :

Le site qui est à l’origine de la pétition :
– SAUVELEMONDE.COM
est enregistré par un certain Ibrahim Bahjat de la société de Webdesign ORINET, située dans la très chic rue commerçante Arasat Street à Bagdad. Aucune autre info…. déjà, c’est pas très net leur truc… Mais ne jugeons pas trop vite et voyons plus loin…

Les autres sites qui relaient l’info et pointent vers la pétition sont :
– HELPLIBERTE.COM
qui est enregistré par exactement la même personne, un passionné de la lutte pour les droits de l’homme en Iran, sans aucun doute.

A noter quand même que c’est amusant qu’un comité basé en Irak milite pour les droits de l’homme en Iran… un peu comme si le gouvernement de la Corée du Nord me demandait de signer une pétition pour la liberté de la presse au Japon. On a envie de leur dire « Vous trouvez pas qu’il y a suffisamment à faire en matière de droits de l’homme devant votre propre porte ? ». Mais chacun s’occupe comme il veut…

Ensuite le site NCR-IRAN
là c’est facile – NCR c’est le National Resistance Council of Iran, c’est à dire rien d’autre qu’un des nombreux pseudonymes de l’organisation des Moudjahidines du Peuple (Mojahedin-e Khalq – alias MKO, MEK, National Council of Resistance of Iran, NCRI, People’s Mojahedin of Iran, PMOI, Comité de Soutien aux Droits de l’Homme en Iran CSDHI, etc.)

Le MKO, bien que classé par l’Union Européenne et les Etats-unis comme étant un mouvement terroriste, dispose de représentations officielles en France, en Angleterre et aux Etats-unis. – déjà rien que ça, ça devrait vous faire tiquer. Un peu comme le chef de la guerre au terrorisme à Washington qui refuse de mettre en prison un terroriste anti-castriste qui a fait sauter un avion… Quand les mecs sont avec nous, ce ne sont pas des terroristes, ce sont des combattans de la liberté, comme le disait déjà Ronald Reagan en 1980 à propos du Nicaragua et du Salvador.

L’organisation est soutenue financièrement et logistiquement par les Etats-unis — indirectement via Saddam Hussein du temps de la guerre contre l’Iran et directement depuis l’invasion de l’Irak. Les bases arrières et camps d’entraînement du MKO sont dans le nord de l’Irak. Le mouvement dispose de bureaux à Bagdad. Le président G.W.Bush a publiquement chanté les louanges du MKO en le remerciant d’avoir fourni à la CIA des informations sur les programmes nucléaires iraniens.

Idem pour le site CSDHI.ORG
qui est l’organe du Comité de Soutien aux Droits de l’Homme en Iran, une organisation affilié au MKO.

Même chose pour IRANMANIF.ORG
qui est également une émanation du CSHDSI

Enfin le site IRANFOCUS.COM
qui est le site d’information officiel de l’organisation des Moudjahiddines du Peuple. Site jumeau : http://www.iranterror.com/- la direction des deux sites est assurée par Mohammad Hanif Jazayeri – membre officiel des MKO.

Les MKO ont leur bureaux à Bagdad, financés par l’occupation US. Ce n’est donc pas un hasard si la pétition SAUVELEMONDE est initiée depuis cette ville.

Les Moudjahiddines du Peuple ont parfaitement le droit de faire des pétitions et lutter pour la « démocratie » (on reparlera un jour du mode de fonctionnement ‘démocratique’ au sein de ce mouvement stalinien et des nombreuses atteintes aux droits de l’homme dont cette organisation s’est rendue coupable, mais c’est un autre débat)… mais la moindre des choses c’est qu’ils aient l’honnêteté de ne pas avancer masqués et de nous dire qui ils sont, plutôt que de faire du buzz en multipliant les fausses adresses et identités multiples.

Encore une fois, je n’ai pas d’avis tranché sur l’organisation MKO, je suis le premier à dire que les droits de l’homme ne sont pas respectés en Iran, je suis pas le dernier à dire que le président Ahmadinedjad est un provocateur au moins aussi cinglé que son alter-ego à Washington… mais ce n’est pas pour cela que je vais apporter de l’eau au moulin de ceux qui ne rèvent que d’exporter vers l’iran les projets meurtriers qu’ils ont appliqué en Irak.

On n’exporte pas la démocratie à coup de bombes, surtout que les bombardeurs n’ont rien à foutre de la démocratie.

La clique militaro-industrielle à Washington (et son faux nez idéologique, les néo-conservateurs) ne se soucie pas de démocratie ni de droits de l’homme, elle se soucie uniquement de profit, de ressources naturelles et d’hégémonie économico-politique. Cette clique dispose d’un vaste appareil de manipulation de l’information, illustré par des officines comme la NED. Je ne vais pas retracer ici l’historique de ces manipulations, l’article de Voltaire est suffisamment parlant (http://www.voltairenet.org/article12196.html) mais il existe plein d’autres sources.

Luttons pour les droits de l’homme, mais gardons les yeux ouverts avant de nous mettre au lit avec telle ou telle organisation et demandons leur leur « agenda ». J’ai suffisamment joué les « idiots utiles » du KGB et de la STASI pendant ma jeunesse radicale et anti-euromissiles pour ne pas me méfier maintenant quand des gens viennent, la bouche en coeur, me vendre des beaux sentiments.

Ceci dit, cher Armand Chichéyi, je veux bien que tu me prouves que toutes mes déductions ci-dessus sont totalement fausses… appelle moi, on se parle mieux devant un verre de bon vin et une assiette de saucisson. 🙂 T’arriveras peut-être même à me faire signer ta pétition.

Grégoire Seither