Yitzhak Laor



Imaginez un instant que ce soit un professeur iranien  qui aurait dit des choses pareilles… imaginez le tollé que cela aurait suscité ! Mais là.., rien.

[Nadim Ladki – IAP News – 1/2/2009 – Trad. Gilong]
Ce professeur et historien militaire israélien a laissé comprendre qu’Israël pourrait se venger l’holocauste en exterminant des millions d’Allemands et d’autres Européens.  Lors d’une interview publiée à Jérusalem vendredi, le professeur Martin Van Crevel a déclaré qu’Israël avait « la capacité d’atteindre la plupart des capitales européennes avec ses armes nucléaires ».

« Nous possédons plusieurs centaines d’ogives atomiques et de fusées et pouvons atteindre nos cibles dans toutes les azimuts, et même Rome. La plupart des capitales européennes font partie des cibles potentielles de notre Armée de l’air ».

Creveld, un Professeur d’Histoire militaire à l’Université hébraïque de Jérusalem, a précisé que la « déportation collective » par Israël était la seule stratégie efficace à appliquer aux Palestiniens.  « Les Palestiniens doivent tous être expulsés. Les gens qui luttent dans ce but (Le Gouvernement israélien) attendent simplement la venue de « la bonne personne au bon moment ». Il y a seulement deux ans, 7 ou 8 % des Israéliens étaient d’avis que ce serait la meilleure solution, il y a deux mois c’était 33 %, et maintenant, selon un Sondage Gallup, le chiffre est de 44 % pour ».

Creveld a déclaré qu’il était sûr que le Premier ministre israélien Ariel Sharon avait déjà voulu expulser les Palestiniens.  « Je pense qu’il est tout à fait possible qu’il ait voulu le faire. Il voulait intensifier le conflit. Il savait que rien d’autre ne pourrait réussir ».

A la question de savoir « s’il s’inquiétait du fait qu’Israël deviendrait un état voyou s’il mettait en oeuvre une déportation génocidaire à l’encontre des Palestiniens, Creveld a cité les paroles de l’ancien Ministre israélien de la Défense Nationale, Moshe Dayan, qui avait déclaré « Israël doit être comme un chien enragé, trop dangereux pour qu’on le contrôle ». Creveld soutient qu’Israël ne se soucie pas du fait de devenir un « état voyou ».

« Nos forces armées ne sont pas au trentième rang, mais aux deuxième ou troisième rang mondial. Nous avons la capacité de détruire le Monde avec nous. Et je peux vous assurer que cela arrivera avant qu’Israël ne disparaisse ».

Biographie
Martin van Creveld, Ancien professeur de l’Université hébraïque de Jérusalem, est un des auteurs leaders mondiaux sur l’histoire militaire et la stratégie, avec une spécialité sur les guerres du futur.  Il a écrit vingt ouvrages : “Supplying War” (1978), “Command in War” (1985), “The Transformation of War” (1991), “The Changing Face of War : Lessons of Combat from the Marne to Iraq” (2006), and “The Culture of War” (2008).). Il a aussi publié largement sur d’autres sujets, y compris des histoire sur les états, les femme et le Féminisme et l’Histoire américaine. Ses ouvrages ont été traduits en dix-sept langues.

http://iraqwar.mirror-world.ru/article/188125


Johann Hari : La méprisable campagne de diffamation contre les critiques d’Israël
[Johann Hari – 08/05/2008 – publication originale The Independent, traduction communiquée par Marc Saint-Upéry]

Aux États-Unis et en Grande-Bretagne, on assiste à une campagne de diffamation contre quiconque essaie de décrire la difficile situation du peuple palestinien. Il s’agit d’une tentative d’intimidation et de censure qui, malheureusement, fonctionne assez bien. Les porte-paroles autoproclamés d’Israël n’ont aucun scrupule à attaquer comme judéophobes des Juifs progressistes, des rabbins et même des survivants de la Shoah.

Mon propre cas n’est pas spécialement important, mais il illustre bien la façon plus générale dont ce processus d’intimidation opère. Mon travail de reporter m’a amené à m’infiltrer parmi les activistes de la mosquée [jihadiste] de Finsbury Park et dans le milieu des négationnistes néo-nazis afin de mettre en lumière la haine anti-juive qui y règne. Lorsque je suis intervenu sur la chaîne Islam Channel pour dénoncer l’anti-sémitisme des islamistes, j’ai reçu une série de menaces de morts accompagnée de messages me traitant d’« adorateur des Juifs », de « cochon de pédé sioniste » et autres nom d’oiseaux.

Mais attendez, ce n’est pas fini. J’ai aussi fait des reportages à Gaza et dans les territoires occupés. La semaine dernière, j’ai écrit un article qui décrivait la façon dont les eaux usées ­ et non retraitées ­ des colonies israéliennes illégales étaient reversées sur les terres des Palestiniens, contaminant leurs réservoirs. Cette information n’est pas contestable : elle a été bien documentée par les Amis de la Terre et j’en ai moi-même constaté la véracité de mes propres yeux.

La réaction ? On n’a pratiquement pas essayé de contester les fait que j’exposais. En revanche, certains des auteurs et des groupes « pro-israéliens » les plus connus ‹ y compris les ONG spécialisés dans la critique des médias Honest Reporting et Camera ‹ ont déclaré que j’étais un raciste anti-juif assimilable à Joseph Goebbels et Mahmoud Ahmadinejad. Melanie Phillips a même fait un lien entre l’agression au couteau contre deux Juifs au nord de Londres et des articles comme les miens. La rédaction de The Independent a été inondée par une avalanche de courriels réclamant mon licenciement.

Toute tentative de décrire de façon objective la situation des Palestiniens se heurte à la même réaction. Si vous parlez de la contamination des terres palestiniennes par les eaux d’égout des implantations juives, l’ONG Honest Reporting vous accusera de ressusciter le mythe antisémite des Juifs qui « empoisonnent les puits ».

Si vous interviewez une femme dont le bébé est mort en 2002 parce qu’elle a été arrêtée en pleine phase d’accouchement par des soldats israéliens à un poste de contrôle dans les territoires occupés, Honest Reporting vous reprochera de ne pas avoir expliqué la « véritable cause » de ce drame, à savoir l’élection de Hamas en 2006 ! Et c’est constamment la même chose. (suite…)


La puissance du lobby pro-israël aux Etats-unis est telle – surtout dans le camp Démocrate – qu’on comprend qu’un candidat ne veuille pas risquer de s’aliéner des voix d’électeurs. Mais néanmoins, on aurait préféré voir le candidat du « changement » adopter une attitude plus intelligente vis à vis des initiatives de son ancien mentor, Jimmy Carter.

Mais les Etats-unis sont devenus un pays d’hystériques, ces 8 dernières années… quand un éditorialiste réputé en vient à écrire que le simple fait de parler avec le Hamas ou de critiquer Israël c’est « planter les graines de la destruction de la Civilisation Occidentale », c’est vraiment qu’au niveau des mentalités, on en est revenu au 12è siècle et la grande croisade…

[Tim Carr – IES News Service – 23/04/2008 – Trad. Grégoire Seither]

Pauvre Jimmy Carter. Tout ce qu’il voulait c’était initier des pourparlers en vue d’arriver à la paix. Mais tout ce qu’il a reçu c’est une volée de bois vert, de l’Administration Bush, de la Secrétaire d’Etat, du gouvernement israélien, des grands groupes de presse… et même des candidats à la présidence !

Les plus navrants ont été les commentaires de Barack Obama, qu’une partie de l’opinion considérait comme un potentiel candidat du changement dans la politique étrangère U.S. Parlant devant un groupe de leaders de la communauté juive, dans une synagogue de Philadephie, Obama a critiqué l’initiative de Carter, déclarant que , « Hamas n’est pas un Etat, Hamas est une organisation terroriste. De toute évidence ils ont développé une forte influence dans les territoires Palestiniens, mais ils ne contrôlent pas l’appareil du pouvoir. »

Cette distinction est surprenant, étant donné le fait que Obama a fréquemment signalé sa volonté de « parler à tout le monde » et que le Hamas est une organisation politique qui – démocratiquement parlant – représente la grande majorité du peuple Palestinien, formant la majorité des élus au parlement palestinien.

Si le fait de détenir le siège de Premier Ministre à la suite d’une élection démocratique n’est pas synonyme de « détenir l’appareil du pouvoir », alors on peut se demander quel est le critère retenu par M. Obama.

Obama a également sacrifié à l’obligation de se présenter comme un ami inconditionnel d’Israël, déclarant que, s’il était élu, « il ferait le nécessaire pour qu’Israël puisse se défendre contre toute attaque, » – même si, ici encore, son choix des mots était intéressant, étant donné qu’il ne s’est pas explicitement engagé à aller en guerre pour le compte d’Israël, comme l’ont fait John McCain et Hillary Clinton.

Carter a également été lacéré par les médias étatsuniens qui n’ont parlé de son voyage que pour le critiquer. La page éditoriale du Washington Post’ – un traditionnel terrain de jeu des néo-cons U.S. – s’est surpassé en accusant Carter d’aller embrasser des brutes sanguinaires. Selon le Post, le Hamas est une bande de « terroristes » qui « n’hésite pas à frapper des civils » comme par exemple la ville israélienne de Sderot, soumise à « des attaques quotidiennes de missiles du Hamas ». Le Post fait semblant d’ignorer qu’en matière de « frappes contre des civils » c’est Israël qui est champion toutes catégories. Lors de ses raids contre des « militants », elle laisse généralement plusieurs civils innocents, dont des enfants en bas âge, sur le carreau. Alors que les « attaques quotidiennes » contre Sderot n’ont pour l’instant tué qu’une seule personne l’année dernière, le représailles israéliennes ont tué, pendant la même période, près d’un millier de Palestiniens, la majorité des enfants et des civils innocents

Pour l’influent Business Daily : « Jimmy Carter est le pire de nos anciens présidents, il honore la mémoire de Yasser Arafat tout en embrassant des terroristes assassins. Au lieu de faire la bise aux terroristes, Jimmy Carter ferait mieux d’aller se recueillir sur les tombes de leurs victimes ».

Pour Benjamin Shapiro, éditorialiste réputé dans plusieurs quotidiens U.S., c’est carrément la civilisation occidentale qui est en danger : « Jimmy Carter est un agent du mal. C’est douloureux de devoir traiter un ancien président U.S. de partisan des ténèbres. Mais il est dangereux de laisser un homme comme Jimmy Carter hanter la planète, drappé dans la cape de la réputation américaine et plantant les graines de la destruction de la Civilisation Occidentale. « 

Le député du Michigan, Joe Knollenberg est tellement en colère contre Carter qu’il a demandé au Congrès de bloquer tous les financements fédéraux alloués au Centre Carter, expliquant que « l’Amérique doit parler d’une seule voix contre nos ennemis terroristes ».

Allant encore plus loin, la député de Caroline du Nord, Sue Myrick a demandé à Condoleeza Rice de retirer son passeport à Jimmy Carter. « Cet homme est malade, il doit être mis en quarantaine, on ne peut le laisser sortir de chez lui pour aller semer ces idées malades à travers le monde ».

Du coté du Congrès, Howard Berman, le nouveau directeur de la commission des Affaires étrangères (House Foreign Affairs Committee), s’est plaint du fait que Jimmy Carter « n’est pas neutre quand il s’agit du Moyen Orient et d’Israël ». Berman, par contre qui est membre honoraire du parti Likud israélien et participe activement à tous les groupes de pression pro-Israël à Washington, est d’une neutralité absolue sur la question.

Ironiquement, il serait bon de rappeler à toutes ces ofraies que Carter est un des présidents U.S. qui a fait le plus pour la paix en Israël , pas seulement pour les politiciens d’extrème droite qui ont la faveur actuellement à Washington. C’est lui qui, en 1979, a négocié l’accord de paix avec l’Egypte qui a ouvert la voie à la normalisation des relations entre Israël et plusieurs pays arabes.

Il a toujours été un porte-parole honnète, même si parfois un peu pontifiant, qui a eu le courage de reconnaître que, dans les territoires occupés, Israël a mis en place un système proche de l’apartheid. C’est une réalité que la presse israélienne n’hésite pas à dénoncer mais qu’il est interdit de mentionner aux Etats-unis, sauf à se faire traiter d’antisémite par les « groupies » du lobby pro-israël qui courent après le « vote juif ».


C’est probablement pour cela que la police a arrété, le 11 septembre 2001, au pied des tours en feu, un groupe d’agents du Mossad entrain de faire la fête…En 1933 les Nazis montraient des caricatures du « Juif international » se frottant les mains devant les montagnes de cadavres de la guerre, aujourd’hui Netanyahu donne chair à cette caricature. Les familles des victimes apprécieront…

De là à penser que…

[Hichem Benabli – IES News Service – 16/04/2008 – Trad. Grégoire Seither]

Selon le quotidien israélien Ma’ariv, Benjamin Netanyahu, leader du parti d’extrème droite israélien Likud, aurait déclaré lors d’une conférence à l’université de Bar Ilan, que les attentats du 11 septembre 2001 contre les Etats-unis ainsi que la guerre en Irak ont été une bonne chose pour Israël.

« Nous profitons d’une chose, ce sont les attaques contre les Twin Towers et le Pentagone, ainsi que les combats américains en Irak« . Selon Ma’ariv, l’ancien premier ministre israélien aurait déclaré que ces évenements ont « retourné l’opinion publique américaine en notre faveur« 

http://www.haaretz.com/hasen/spages/975574.html

Pour la journaliste Larisa Alexandrovna, ces propos sont

un véritable scandale. A travers le monde, les antisémites de tout poil ont utilisé la tragédie du 9/11 pour leurs opérations de propagande, affirmant qu’Israël est l’instigateur des attaques du 11 septembre… et voilà que Netanyahu leur apporte publiquement la confirmation de leurs théories.

De plus, Benny est totalement à coté de la vérité quand il pense que le 11 septembre a profité à Israël et que l’opinion publique étatsunienne soutient Israël. La politique inepte des Etats-unis et d’Israël sont responsables d’une augmentation sans précédent de l’antisémitisme à travers le monde, il est difficile de voir en quoi cela peut « profiter » aux juifs en général et à Israël en particulier.

Par ailleurs, les juifs américains sont entrain de se distancer avec Israël, en grande partie à cause de l’extrémisme du Likoud et sa relation symbiotique avec des gens comme Dick Cheney. Prenez le cas de Joe Lieberman, qui était candidat à la vice-présidence avec 9/11 et qui se retrouve aujourd’hui au placard politique, précisément à cause de son association étroire avec le Likud et Cheney.

C’est la responsabilité des leaders d’opinion juifs dans nos deux pays d’arracher notre religion des mains de ces parasites politiques, car si nous ne le faisons pas, leur petite combine va finir par créer un type d’antisémitisme que ce pays n’a pas vu depuis la 2è guerre mondiale. Depuis que cette extrémise d’extrème droite et moralement répugnant a réussi son « coup d’état larvé » et pris le pouvoir politique tant en Israël qu’aux Etats-unis, l’antisémitisme a atteint des sommets.

Et si les citoyens israéliens ne modèrent pas leurs dirigeants, alors les juifs à travers le monde devront se poser la question cruciale : qu’est ce qui est plus important ? Le pays que l’on nomme Israël ou la nation juive dans son ensemble ?

http://www.atlargely.com/2008/04/netanyahu-sprea.html


éditorial furieux contre ce gouvernement, qui constitue en même temps un hommage au travail de Shalom Arshav (La paix Maintenant), sans qui « personne ne saurait » que la construction continue dans les Territoires (voir le dernier rapport de Shalom Arshav http://www.lapaixmaintenant.org/article1783 ). Duperie à l’égard des Américains, des Palestiniens, mais aussi et surtout des citoyens israéliens eux-mêmes

[ Editorial de la rédaction – Ha’aretz, 1er avril 2008 – Trad. : Gérard pour La Paix Maintenant]

Si Shalom Arshav ne publiait pas de temps en temps des rapports, il est probable que personne ne saurait que la construction se poursuit dans les colonies. On aurait pu supposer, compte tenu des déclarations du gouvernement Olmert, que la construction était suspendue et que des efforts étaient faits pour parvenir à un accord de paix qui comprendrait un retrait de la plupart des territoires de Cisjordanie. A entendre les plaintes des dirigeants des colons, on aurait pu penser aussi qu’il y avait un gel des constructions, et que les jeunes colons étaient réellement sans abri.

Mais ce qui se passe dans les territoires est très différent. La dynamique de la duperie continue. La duperie à l’égard des Américains, la duperie à l‘égard des électeurs qui ont voté pour des partis qui avaient placé la paix en haut de leurs priorités, duperie à l’égard des Palestiniens et, par-dessus tout, auto-duperie. Nos dirigeants participent à une course sans ligne d’arrivée. Les participants : Ehoud Barak, ministre de la défense, dont personne ne comprend la ligne politique, ligne qu’il ne daigne expliquer à personne, Ehoud Olmert, premier ministre, qui commente la situation sans agir sur elle, et Tzipi Livni, ministre des affaires étrangères, qui négocie une évacuation alors que le gouvernement continue à construire.

Il est clair que le Parti travailliste « n’est pas mûr pour des élections », comme le disait hier Youli Tamir, ministre de l’éducation, et l’on peut douter qu’il le soit un jour. Au lieu de consacrer toute son énergie à pousser une législation sur une loi « évacuation-indemnisation » qui permettrait à qui le souhaite de quitter immédiatement la Cisjordanie (et l’on estime que des milliers de colons sont dans ce cas), la Haute cour de Justice est saisie de demandes de positionnement de caravanes aux confins de colonies sauvages qui n’ont jamais été évacuées. (suite…)


La hantise d’un « mouvement des droits civiques », dans lequel les  Palestiniens se mettraient soudain à scander « One Man, One Vote » fait depuis longtemps peur aux politiques en Israël. Ils savent que si les Arabes abandonnaient la violence pour réclammer l’égalité, Israël perdrait l’unique justification de sa politique militariste et expansioniste… et perdrait également le soutien d’une bonne partie de la gauche juive aux Etats-unis…

C’est pour cela que Israël encourage toujours les mouvements les plus radicaux (comme le Hamas, une fabrication israélienne pour saper Arafat) et s’arrange pour maintenir toujours une certaine tension sur le terrain, afin d’encourager la violence dont elle a besoin pour justifier son existence…

Ali Abunimah ne dit rien d’autre dans « Israël a besoin de la fiction d’un Etat Palestinien pour continuer à exister »

[Miko Peled – The Electronic Intifada – 29/03/2008 – Trad. JPP]
Maintenant que le Kosovo est un Etat indépendant, émergeant des ruines de l’ex-Yougoslavie, des parallèles sont tirés entre les Balkans et le Moyen-Orient. L’une des réactions à cet évènement émane de la ministre des Affaires étrangères d’Israël, Tzipi Livni. Cela ne la dérange pas si les Palestiniens suivent l’exemple des Kosovars et proclament un Etat ; ce qui l’inquiète, c’est que les Palestiniens réclament les mêmes droits que les Israéliens.

Ajoutant à la crainte des Israéliens de voir surgir une demande pour des droits égaux, Ahmad Khalidi écrit, dans un article récent dans The Gardian, qu’on n’a jamais proposé, comme actuellement, un Etat aussi peu attractif aux Palestiniens et que ceux-ci pourraient faire le choix qui est le « pire cauchemar d’Olmert » : appeler à un « véritable partenariat pour le partage du territoire ». Livni et Olmert ont dit que l’éventualité d’une telle égalité les empêchait de dormir, et ils ont de bonnes raisons pour cela.Une fois que le discours passe de « l’autodétermination » à « la liberté et à la démocratie », comme Ahmed Khalidi le fait remarquer, la marque sioniste de l’apartheid n’a plus qu’à s’effacer et à laisser la place à une démocratie laïque naissante.

Trois arguments vont être avancés ici en faveur de la transformation de l’Etat de ségrégation raciale qu’est Israël en un Etat de démocratie laïque sur l’ensemble de la Palestine/Israël historique :

1 – Pour parvenir à un règlement durable au conflit israélo-palestinien, il faut mettre un terme à la domination d’Israël sur la terre, les personnes et le discours, les deux côtés doivent négocier à égalité. Dans le même temps, toute recherche de solution doit prendre en compte le fait qu’Israël n’acceptera pas de bon gré une telle parité et s’emploiera de toutes ses forces à maintenir sa domination.

2 – Aussi longtemps que l’essentiel des efforts pour solutionner le conflit se concentrera sur la partition de la Palestine/Israël historique, il n’y aura aucune solution au conflit. L’idée de partition a aujourd’hui fait faillite et la défendre ne fait que permettre à Israël de dominer le discours et d’assurer son contrôle violent sur les Palestiniens et sur leur terre.

3 – La solution connue pour un seul Etat n’est plus une option avancée par quelques-uns, elle est maintenant devenue réalité ; les actes et les débats doivent maintenant se concentrer sur la transformation d’un système raciste, ségrégationniste aujourd’hui en place, en un système démocratique laïc de gouvernement. Le règlement du conflit ne consiste pas partager la terre avec toujours plus de ségrégation, mais à couper les institutions gouvernementales de leur identité unique, pour les deux côtés. L’Etat doit être au service de tous, représenter chaque Israélien et chaque Palestinien vivant entre le fleuve du Jourdain et la mer Méditerranée.

http://mcpalestine.canalblog.com/archives/2008/03/30/8528513.html 


[Union Juive Française pour la Paix –  mardi 25 mars 2008] addthis_url = location.href; addthis_title = document.title; addthis_pub = ‘edubuc’;

Le premier qui dit la vérité…. Parole Interdite, Parole Imposée

Bruno Guigue, sous-préfet de Saintes en Charente-Maritime, vient d’être démis de ses fonctions par Madame Alliot-Marie, ministre de l’intérieur. Son crime ? Un texte publié sur Oumma.com où Bruno Guigue s’en prend au lobby pro-israélien en France. Les phrases reprises en boucle qu’on lui reproche sont celles-ci :

« À propos de terrorisme, l’Etat d’Israël, qui plus est, peut se targuer d’un palmarès hors compétition.(…) Ses admirateurs occidentaux doivent certainement s’extasier sur les prouesses d’une armée capable de tuer aussi aisément des enfants avec des missiles. Ils doivent aussi se confondre d’admiration devant les geôles israéliennes, où grâce à la loi religieuse, on s’interrompt de torturer durant le shabbat. »

Hélas ce que la ministre Alliot Marie qualifie de « violemment anti-israélien est la vérité nue : l’Etat d’Israël a commis et commet encore tous les jours des crimes de guerre.Depuis le début de la deuxième Intifada, 7000 Palestinien-ne-s, pour la quasi-totalité des civils désarmés ont été tués par les forces d’occupation.

Depuis 1967, 650000 Palestinien-ne-s ont connu la prison et souvent la torture. Les assassinats politiques soi-disant ciblés, le blocus d’un million et demi de personnes dans Gaza affamée et privée de médicaments, la destruction du Sud-Liban, les confiscations incessantes de terre, bafouent tous les jours les Droits de l’Homme et le Droit International.

S’il n’est sans doute pas le seul, comme le propose à tort B. Guigue dont les snippers tirent sur des petites filles à la sortie des écoles, Israël est par contre le seul Etat qu’ il est aujourd’hui interdit de critiquer en France.

Passant aux actes, le gouvernement ne se contente plus d’imposer une parole dictée sur Israël, il l’impose par la force ; et celui qui dit la vérité en tant que citoyen, et non dans l’exercice de sa fonction de sous préfet, monsieur Bruno Guigue se voit limogé. Voilà ce qui s’appelle aujourd’hui une démocratie éclairée. Mais quelques questions se posent alors (…)

http://www.oumma.com/L-Union-Juive-Francaise-pour-la,2686

 


Il aurait mieux fait d’écrire sur le Tibet, de cracher sur Chavez ou sur « le danger islamique »…  personne n’y aurait trouvé à redire…

Le sous-préfet de Saintes limogé après un article « anti-israélien »

[AFP- 23/03/2008]

Le sous-préfet de Saintes (Charente-Maritime), Bruno Guigue, a été limogé après avoir publié une tribune « violemment anti-israélienne » sur le site internet « Oumma.com », a-t-on appris samedi auprès du ministère de l’Intérieur.

Dans une tribune publié le 13 mars, M. Guigue estime notamment qu’Israël est « le seul Etat au monde dont les « snipers » abattent des fillettes à la sortie des écoles ». Il ironise également sur les « geôles israéliennes, où grâce à la loi religieuse, on s’interrompt de torturer pendant Shabbat ».

La ministre de l’Intérieur, Michèle Alliot-Marie, a « été mise au courant mercredi du contenu de cette tribune et a immédiatement décidé de mettre fin aux fonctions » de M. Guigue, a-t-on indiqué au ministère de l’Intérieur, sans fournir plus de précision.

Enarque, normalien, M. Guigue a publié plusieurs ouvrages, dont « Proche-Orient: la guerre des mots », et tribunes sur la situation proche-orientale.

http://afp.google.com/article/ALeqM5gStRdOH1Drt7qImLb5a1_JWpg1RQ 


[Tim Carr – IES New Service – 20/03/2008]

Hier jeudi, le pasteur John Hagee, chrétien fondamentaliste, fondateur de l’association sioniste-chrétienne Christians United for Israel et conseiller spirituel du candidat John McCain, a appelé publiquement les « véritables chrétiens de ce pays » à voter pour John McCain, « un homme de principes qui ne fait pas que partager nos valeurs, il en est l’expression courageuse ».

John McCain – qui attendait cet appui depuis le début de sa campagne – a déclaré qu’il était « très honoré par ce soutien public apporté par le pasteur John Hagee, un homme de foi et de droiture. »

Alors que l’amérique continue de commenter les déclarations « radicales » du pasteur Wright, ami de Barack Obama, personne ne s’émeut du soutien apporté par Hagee à McCain. Pourtant, les déclarations de Hagee – dont la paroisse immédiate compte plus de 20 000 fidèles et qui prèche chaque dimanche, via la télévision, à plusieurs millions de personnes – sont bien plus « radicales » (pour ne pas dire totalement cinglées) que celles de Wright.

Ainsi, ces deux dernières années, son mouvement milite ouvertement pour une attaque préventive contre l’Iran, menée conjointement par Israël et les Etats-unis « afin d’accomplir la mission que dieu nous a confiés et déclencher le retour du christ. La bible nous dit clairement que la fin du monde sera déclenchée par une confrontation avec l’Iran. En lançant cette confrontation, nous hâtons le ravissement des justes, la grande tribulation et enfin la deuxième venue du Christ ».

Récemment encore, lors d’un diner organisé par le lobby Pro-Israël AIPAC, le pasteur Hagee a expliqué que « l’Iran c’est l’Allemagne de 1930 et Ahmadinedjad c’est Hitler. Nous devons agir vite et de manière préventive, avant qu’il n’ait les moyens de faire ce que les Nazis ont fait ».

Le soutien de Hagee ne fait pas que des heureux dans le camp Républicain. Ainsi un des supporters influents de John McCain, William Donohue, président de l’utraconservative Catholic League a traité Hagee de « bigot, » et rappelé que le pasteur d’extrème droite n’a jamais cessé « de mener une guerre des mots impitoyable contre l’église catholique, l’appelant ‘La Grande Prostituée,’ la traîtant de ‘église d’apostats’, dirigée par un pape qui est ‘anti-Christ,’ et qui a instauré un culte païen, préchant des fausses valeurs’ »

Pour Hagee, « les juifs sont le peuple élu et ce n’est qu’en soutenant Israël que les chrétiens peuvent hâter le retour du christ » (qui, ensuite, convertira les juifs au christianisme et brûlera les récalcitrants dans la Géhenne).

C’est la raison pour laquelle – toujours selon Hagee – « il ne peut y avoir d’accord entre les chrétiens et l’islam. L’islam est une religion du diable dont le but est de tuer les juifs pour empécher la venue du christ. Et comme l’Amérique est une nation favorisée par dieu, les musulmans veulent la détruire, parce qu’ils détestent dieu »

En 2006, lors d’un sermon à Lynchburg, Hagee avait expliqué que « la nature même de l’islam est le meutre de ceux qui ne croient pas en lui. »

Le problème que nous avons en Amérique, c’est que le peuple américain n’a pas encore compris que la guerre a commencé. C’est une guerre de religion.

Ils ne nous détestent pas seulement parce que nous sommes libres. Ils nous détestent parce qu’ils ont été élevés dans une religion qui les oblige à nous détester. Ils boivent la haine avec le lait de leur mères.

L’islam est une doctrine de mort. Leur plus grand désir, leur espoir, leur ambition, leur plus grand honeur est de mourrir dans une guerre contre les infidèles. Et les infidèles, c’est vous.

Et vous ne pouvez rien faire pour les amadouer. Ils n’ont pas d’autre ambition que celle de nous tuer. Et c’est pour cela que les musulmans sont si dangereux et doivent être combattus ».


Shalom et Salam

[Samuel Gutman – Tribune libre sur le site rouge-brun VoxNR – 15/03/2008]

Je ne possède pas de villa à Deauville, je ne tiens pas boutique dans le Sentier. J’achète tout au détail, je n’ai ni gourmette ni aucun goût pour l’ostentatoire. J’habite à Sarcelles, je ne connais rien de Courchevel.

Je suis juif, juif et nationaliste, nationaliste français et géopolitiquement eurasien. Logique, comme Ashkénaze je suis un fils de Khazar, mon passé c’est la steppe. J’aime les empires mais pas les impérialistes, la Rome réelle mais pas l’amérique légale. Je croirai à la bonne volonté états-unienne quand je verrai des représentants irakiens siéger à leur Sénat. D’ici là je préférerai « La guerre des Gaules » à « De la démocratie en Amérique ».

Je lis avec attention Flavius Joseph mais je conserve beaucoup de respect aux patriotes de Massada. Ne croyez pas que je me renie, que je renie ma mère, que je fais le contraire de Camus : préférer mes idées à celle qui m’a élevé. Comme le rape Kalash et la bande des quatre, je n’ai « aucun rapport avec les tarés qui cassent du juif à la sortie des lycées ». Je ne suis pas non plus « laïque », je n’approche pas d’une voiture ou d’un interrupteur à shabbat mais je ne suis pas un fanatique. Mon apparence ne diffère en rien de mes contemporains, imprenable est ma foi, imprenable est ma rébellion. Je suis un radical mais pas un marginal, beaucoup pense que pour lutter, il faut choquer. Moi je préfère ressembler aux gens simples, parce que j’en suis…

Je n’ignore pas non plus tout ce que le judaïsme a apporté au monde, notamment à travers le Christianisme et l’Islam. Même le « bouc émissaire », cette formule qui a si souvent accompagné notre malheur, vient de nos traditions les plus lointaines : à Kippour, deux boucs identiques étaient choisis, l’un était sacrifié à Dieu, l’autre était renvoyé dans le désert se perdre vers Azazel.

Spirituellement nous sommes tous des sémites a dit l’un de vos papes. J’ai du respect pour l’ère païenne mais je sais aussi que rien ne s’écroule sans raison. Je ne crois pas comme Nietzsche, le père infâme et syphilitique du nazisme comme de l’individualisme libéral, que nous vivions « par delà le bien et le mal ». Je crois au Bien, pas au bien de consommation, pas au bien américain et à son nouvel axe, mais aux Justes. Qu’ils cachent des mômes juifs en 1944 ou qu’ils soient médecins à Gaza, peu m’importe, ils sont du bon côté de la barricade…

Si je déteste les sionistes c’est d’abord comme juif. En 1945 nous aurions pu devenir ambassadeur de l’humanité, relier les hommes par notre souffrance mais Ben Gourion et sa clique nous ont jeté du côté des bourreaux.

Je hais le Betar qui défilait en chemise brune dans les rues d’Allemagne en 1938… Je lui préfère le Bund, ses juifs socialistes qui défendaient leurs frères dans l’empire russe face aux pogroms. Qu’on leur pardonne leur impiété, ils distribuaient du porc pendant shabbat.

Ecoutez les hommes en noirs de Neturei karta : « tous les juifs ne sont pas sionistes, tous les sionistes ne sont pas juifs ». Les sionistes ne sont même pas juifs, c’est Dieu qui à la fin des temps nous donnera une terre, pas les merkavah et les F-16, quel orgueil, quelle folie criminelle de la part de ces égarés!

Les rabbins sont membres de l’OLP, comme le FPLP de Georges Habache. Ce palestinien chrétien, nationaliste et marxiste, avait rompu avec cet amalgame dès les années 60… J’ai pleuré à sa mort, un jour je le promets, je voyagerai pour poser une petite pierre sur sa tombe. Kippa et keffieh pour moi et tant pis si ça scandalise mon cousin d’amérique, le massorti. Aujourd’hui certains juifs préfèrent se souvenir de l’abbé Grégoire que de Pétain. Ils déplorent Finkielkraut et regrettent Marc Bloch.

Pas de fatalité, j’ai grandi en cité avec une mère isolée mais je ne suis pas devenu pour autant un « mollusque geignard voué à la consommation et à l’illusion du principe de plaisir » (Alain Soral). Les juifs anti-sionistes sont peut-être une minorité mais les goyim, anti-sionistes ou nationalistes, le sont aussi. Tant mieux, ce sont les minorités qui font l’Histoire…

http://www.voxnr.com/cc/tribune_libre/EkpVEuVAAATFbcUnBQ.shtml


[London Review of Books – 06/03/2008 – Trad. CSCPP et Grégoire Seither]

Yonatan Mendel, est un  journaliste israélien de l’agence des nouvelles israélienne Walla et prépare un doctorat au Queens College de Cambridge qui analyse le vocabulaire employé en Israël pour parler du monde arabe)

Il y a un an j’ai postulé à un emploi de correspondant dans les territoires occupés pour le journal israélien Ma’ariv. Je parle couramment l’arabe, ai enseigné dans des écoles palestiniennes et ai participé à de nombreux projets israélo-palestiniens. Lors de l’entretien d’embauche, le patron m’a dit que je ne pouvais pas être objectif, étant donné que j’avais passé trop de temps avec les Palestiniens. J’allais certainement avoir des préjugés favorables vis à vis des arabes et cela se ressentirait dans mes papiers. Je n’ai donc pas eu le poste. J’ai ensuite postulé chez Walla, le site d’informations le plus populaire d’Israël et suis devenu leur correspondant pour le Moyen-Orient. J’ai rapidement compris ce que voulait dire Tamar Liebes, la directrice du Smart Institute of Communication à l’Université hébraique quand elle disait : « Les journalistes et les éditeurs se considèrent comme des acteurs au sein du mouvement sioniste et non comme des observateurs critiques et extérieurs. »

Ceci ne veut pas dire que le journalisme israélien n’est pas professionnel. La corruption, la fracture sociale et la malhonnèteté sont dénoncés et analysés sans complaisance par la presse écrite et les médias radio-TV. Le fait que les israéliens aient su exactement ce que le President Katsav a fait ou n’a pas fait avec ses secrétaires prouve que les médias remplissent leur rôle de chien de garde, même si cela doit être embarassant pour le pays, tant au niveau national qu’international. Les affaires immobilières louches d’Ehud Olmert, l’étrange île grecque d’Ariel Sharon, l’affaire de coeur secrète de Binyamin Netanyahu, le compte en banque américain clandestin de Yitzhak Rabin : tous ces sujets sont abordés librement par les médias israéliens.

Mais quand on en vient à parler de la ‘sécurité’, alors la liberté disparait. On en revient à la mentalité du « nous » contre « eux »,  « nos soldats » contre « les ennemis ». Le seul discours autorisé est celui de l’armée et il élimine tous les autres. Le point de vue militaire primera sur n’importe quel autre témoignage. Ce n’est pas une conspiration, personne n’a donné d’ordres précis aux journalistes israéliens, il n’y a pas de synarchie secrète qui dicte la ligne… non, c’est simplement que les journalistes sont convaincus que « nos gars » ne peuvent rien faire de mal.

(extraits) :

Israël ne kidnappe jamais : elle arrête.

L’armée israélienne ne tue jamais quiconque intentionnellement, et il s’agit encore moins de meurtre – un état de choses que tout autre organisation armée envierait. Même quand une bombe d’une tonne tombe sur une zone résidentielle densément peuplée à Gaza, tuant un homme armé et 14 civils innocents, dont neuf enfants, ce n’est toujours pas un meurtre ou une tuerie intentionnels : il s’agit d’un assassinat ciblé.

Un journaliste israélien peut dire que les soldats des FDI ont frappé des Palestiniens, ou les ont tués, ou les ont tués par erreur, et que des Palestiniens ont été touchés, ou ont été tués ou ont même trouvé la mort (comme s’ils l’avaient recherché), mais le meurtre est hors de question. (la suite…)

(suite…)


[Note de lecture de l’ouvrage de Yitzhak Laor « Le Nouveau Philosémitisme » par Françoise Germain-Robin, l’Humanité, 21 novembre 2007]
C’est un véritable pamphlet que ce petit livre de 120 pages, publié aux Éditions La Fabrique. Le titre lui-même joue la provocation en prenant délibérément le contre-pied du thème à la mode de la renaissance de l’antisémitisme en Europe. Pour l’écrivain et journaliste israélien Yitzhak Laor, ce n’est pas la haine des juifs qui affecte l’analyse et le jugement des Européens sur la situation au Proche-Orient, mais tout le contraire : « Les Occidentaux, écrit-il, ont pris l’habitude de nous considérer comme une partie d’eux-mêmes. » C’est-à-dire que dans l’affrontement entre l’Orient et l’Occident, Israël fait partie de l’Occident, et ce, dès avant sa création, dans la conception même du projet sioniste, qu’il définit très clairement comme un projet colonial.

Pour preuve, il cite le père du sionisme, Théodore Herzl, écrivant dans l’État juif : « Pour l’Europe, nous serons comme un rempart contre l’Asie, nous serons les défenseurs de la culture contre les sauvages. »

L’auteur montre que ce rôle d’avant-poste de l’Occident en Orient, Israël l’a tellement bien accepté que ceux de ses citoyens qui ne sont pas venus d’Europe, ceux que l’on appelle là-bas les « juifs orientaux », les séfarades (dont l’auteur fait partie), ont longtemps été traités en citoyens de seconde zone, et sont aujourd’hui encore priés de se « moderniser », c’est-à-dire de s’occidentaliser, d’oublier leurs racines, s’ils veulent réussir, faire partie de l’élite israélienne.

Mais la thèse la plus audacieuse défendue par Yitzhak Laor, celle qui lui vaudra des volées de bois vert dans son pays et ailleurs – y compris en France -, c’est l’analyse qu’il fait de l’utilisation de la Shoah « pour nier ce qui arrive aux Palestiniens ».

Il note que « l’irruption de la culture de la Shoah » est récente : ce n’est qu’en 2005 que l’ONU a institué une Journée mondiale de commémoration de la Shoah, l’Allemagne ayant ouvert la voie en 1996. Pour Laor, pas de doute, « il y a un lien entre la culture de la Shoah et la haine de l’islam qui fait rage en Europe. Tout tourne autour de cette idée : les uns sont comme nous, les autres sont différents ».

Malheureusement, l’État et la droite israéliens ne sont pas seuls à utiliser ce registre sinistre. Une certaine gauche aussi. L’auteur se livre à une attaque virulente contre cette gauche sioniste dont font partie nombre d’écrivains et d’intellectuels réputés pacifistes, courtisés en Europe, mais dont il démonte les faux-semblants avec la cruauté d’un scalpel de chirurgien.

Deux d’entre eux sont surtout visés : Amos Oz et A. B. Yehoshua. De ce dernier, il cite la terrible exclamation qu’il eut en juillet 2006, au déclenchement de la guerre contre le Liban : « Nous sommes enfin tombés dans une guerre juste ! »

Et sa prédiction de 2004, celle d’une « guerre totale » avec les Palestiniens, une « guerre de nettoyage ». « S’ils tirent des roquettes sur Askelon, nous couperons l’électricité à Gaza, nous priverons Gaza d’essence. Quand la souffrance des Palestiniens sera tout autre, beaucoup plus intense, ils mettront eux-mêmes fin au terrorisme. (…) Et quand nous nous serons retirés, je ne veux plus connaître leurs noms, je ne veux plus entendre parler d’eux. »

La démonstration est, hélas, accablante.