Bruno Guigue



Où l’on retrouve notre vieille connaissance de « Proche-Orient-Info », Elisabeth Levy, qu’on connaissait moins partisane mais qui semble avoir définitivement renoncé à toute éthique journalistique…

Et faut-il rappeler que le Parti Socialiste, lâche comme à son habitude, à laissé tomber Pascal Boniface comme une vieille chaussette, sans même se donner la peine de vérifier les accusations de l’époque ? Dans Politis, pourtant très proche du PS, on appelait carrément à renvoyer sa carte d’adhérent devant une pareille forfaiture…

« Antisémitisme » : qui veut la peau de Pascal Boniface ?

Pascal Boniface: antisémite! A défaut de reposer sur le moindre élément concret, l’accusation a au moins le mérite de la constance. Comme si la répétition inlassable d’une assertion sans fondement pouvait combler le vide du dossier d’un procès en diabolisation instruit depuis plusieurs années.

Voilà en effet bientôt huit ans que le directeur de l’Iris (Institut de recherches internationales et stratégiques) fait l’objet de l’accusation récurrente d’antisémitisme. Périodiquement, ressort une nouvelle « affaire Boniface »; reposant à chaque fois sur des éléments à charge pour le moins ténus. Mais la réputation sulfureuse de l’intéressé, soigneusement entretenue par tant de « précédents », garantit la permanence du préjugé chez ceux qui ne demandent qu’à être convaincus d’avance. Car un petit groupe, obsessionnel et acharné, s’est, en effet, juré d’avoir sa peau.

Dernier épisode en date, celui du Salon du livre d’Alger, dont il était l’invité à l’automne dernier. Lors d’une table ronde tenue le 3 novembre, un journaliste algérien l’interroge sur l’existence, en France, d’un « lobby juif ». Le directeur de l’Iris récuse aussitôt l’existence d’un tel lobby, soulignant, bien au contraire, la diversité des sensibilités et des opinions au sein de la communauté juive française, notamment au sujet du Proche-Orient.

Dans la suite du débat, Pascal Boniface évoque, pour les critiquer, les positions sur l’islam, les musulmans et l’islamisme exprimées par des personnalités telles que Bernard-Henri Lévy, Philippe Val et Mohamed Sifaoui. Rien de très nouveau sous le soleil, donc.

Un lobby arabe

Mais le 5 novembre, le quotidien El Khabar rend compte de ce débat de manière quelque peu déformée, et rapporte que Pascal Boniface aurait dénoncé l’existence, en France, de « campagnes hostiles à l’islam commanditées par des intellectuels et des journalistes tels que Bernard-Henri Lévy, Alain Finkielkraut et Philippe Val » et qu’il aurait regretté « l’absence d’un lobby arabe ou musulman en Occident, capable de défendre son image à l’instar du lobby juif ».

Ce compte rendu très particulier est relayé, dès le lendemain, par le site Mediarabe.info, puis, deux semaines après, par le site de l’UPJF (Union des patrons et professionnels juifs de France). L’article intitulé « Pascal Boniface attaque les intellectuels juifs depuis Alger », tient pour acquis la version des faits et des propos tels que rapportés par El Khabar:

« Boniface est resté Boniface, il vient de le prouver en réitérant ses propos contre les Juifs. »

Et conclut d’un péremptoire « le Bonifacisme ne passera pas ». Aucun de ces deux médias n’a pris soin, bien entendu, de demander à l’intéressé s’il confirmait ou démentait de tels propos, alors même qu’aucun autre média présent lors de cette table ronde n’avait rapporté que Pascal Boniface les eût prononcés, et que Mediarabe.info avait lui-même, auparavant, mis en garde ses lecteurs contre El Khabar « lamentablement discrédité » par la « médiocrité et la légèreté de ses analyses ». (suite…)


Johann Hari : La méprisable campagne de diffamation contre les critiques d’Israël
[Johann Hari – 08/05/2008 – publication originale The Independent, traduction communiquée par Marc Saint-Upéry]

Aux États-Unis et en Grande-Bretagne, on assiste à une campagne de diffamation contre quiconque essaie de décrire la difficile situation du peuple palestinien. Il s’agit d’une tentative d’intimidation et de censure qui, malheureusement, fonctionne assez bien. Les porte-paroles autoproclamés d’Israël n’ont aucun scrupule à attaquer comme judéophobes des Juifs progressistes, des rabbins et même des survivants de la Shoah.

Mon propre cas n’est pas spécialement important, mais il illustre bien la façon plus générale dont ce processus d’intimidation opère. Mon travail de reporter m’a amené à m’infiltrer parmi les activistes de la mosquée [jihadiste] de Finsbury Park et dans le milieu des négationnistes néo-nazis afin de mettre en lumière la haine anti-juive qui y règne. Lorsque je suis intervenu sur la chaîne Islam Channel pour dénoncer l’anti-sémitisme des islamistes, j’ai reçu une série de menaces de morts accompagnée de messages me traitant d’« adorateur des Juifs », de « cochon de pédé sioniste » et autres nom d’oiseaux.

Mais attendez, ce n’est pas fini. J’ai aussi fait des reportages à Gaza et dans les territoires occupés. La semaine dernière, j’ai écrit un article qui décrivait la façon dont les eaux usées ­ et non retraitées ­ des colonies israéliennes illégales étaient reversées sur les terres des Palestiniens, contaminant leurs réservoirs. Cette information n’est pas contestable : elle a été bien documentée par les Amis de la Terre et j’en ai moi-même constaté la véracité de mes propres yeux.

La réaction ? On n’a pratiquement pas essayé de contester les fait que j’exposais. En revanche, certains des auteurs et des groupes « pro-israéliens » les plus connus ‹ y compris les ONG spécialisés dans la critique des médias Honest Reporting et Camera ‹ ont déclaré que j’étais un raciste anti-juif assimilable à Joseph Goebbels et Mahmoud Ahmadinejad. Melanie Phillips a même fait un lien entre l’agression au couteau contre deux Juifs au nord de Londres et des articles comme les miens. La rédaction de The Independent a été inondée par une avalanche de courriels réclamant mon licenciement.

Toute tentative de décrire de façon objective la situation des Palestiniens se heurte à la même réaction. Si vous parlez de la contamination des terres palestiniennes par les eaux d’égout des implantations juives, l’ONG Honest Reporting vous accusera de ressusciter le mythe antisémite des Juifs qui « empoisonnent les puits ».

Si vous interviewez une femme dont le bébé est mort en 2002 parce qu’elle a été arrêtée en pleine phase d’accouchement par des soldats israéliens à un poste de contrôle dans les territoires occupés, Honest Reporting vous reprochera de ne pas avoir expliqué la « véritable cause » de ce drame, à savoir l’élection de Hamas en 2006 ! Et c’est constamment la même chose. (suite…)


Un Professeur de Philosophie Limogé Après Avoir Publié Une Tribune Anti-Cotillard Dans « Le Monde »

[Vive le feu -01/04/2008]

Le professeur agrégé de philosophie Robert Redeker (très à droite, sur la photo) a été limogé (à grands coups de pieds au fondement) après avoir publié dans le quotidien « Le Monde » une tribune « très violemment anti-Marion Cotillard », a-t-on appris ce matin auprès du ministère de l’Education nationale.

Le ministre de l’Education nationale Xavier Darcos, mis au courant du contenu de cette tribune, a « pris immédiatement un décret mettant fin aux fonctions du professeur » qui a usé de « termes tout à fait inacceptables » et violé son « devoir de réserve », explique-t-on de même source (1).

Robert Redeker a notamment déclaré, dans un texte incroyablement grotesque publié le 30 mars dans « Le Monde », que Marion Cotillard , « en mettant en doute la version officielle des attentats du 11 septembre 2001 contre les Twin Towers de New York », a « offert un puissant amplificateur à « la théorie du complot » » qui « voit les juifs (appelés américano-sionistes) derrière la manipulation ».

Et certes, Marion Cotillard a développé, sur lesdits attentats, une théorie assez gravement affligeante.

Mais, pour autant: jamais elle n’a tenu de propos à connotation antisémite.

Par conséquent: Redeker délire – et ce n’est malheureusement pas la première fois.

L’affaire est en effet jugée d’autant plus sérieuse, au ministère de l’Education nationale, que Robert Redeker a déjà « sauté à pieds joints sur le devoir de réserve qui s’impose à tout serviteur de l’Etat, en publiant naguère dans un autre journal patronal un long vomissement haineux ».

(L’enseignant limogé avait, on se le rappelle, donné libre cours, dans « Le Figaro », à d’effroyables pulsions islamophobes.

Personnellement, ça me fout des jetons gros comme ça de penser que c’est notamment à ce mec-là qu’on prétend confier l’éducation de nos enfants à la philosophie.)

Un autre fameux philosophe (2), BHL (à gauche sur la photo, avec l’air soucieux du gars qui se demande ce qu’il va bien pouvoir inventer pour qu’on parle encore de lui dans la presse qui ment), a aussitôt lancé une (courageuse): « Pétition de soutien à notre ami Robbie, que la très sale racaille fascislamo-gauchiste fait rien qu’à faire chier ».

(Pour signer la (courageuse) pétition: http://www.au-cul-les-barbus.com.)

BHL (3) observe notamment, dans ce courageux appel, que: « Au lieu d’emmerder Robbie pour le plus grand bénéfice d’Oussama Ben Laden, le gouvernement ferait mieux de limoger ce pauvre enc*** de sous-préfet Guigue, cette liberté d’expression à géométrie variable commence à me défriser grave le haricot ».

(Comme le politologue (de renom planétaire itou) Pierre-André Taguieff (4) lui faisait remarquer: « Je signe, évidemment, ta (courageuse) pétition, mais je me permets de te signaler que le sous-préfet Guigue a bel et bien été viré ».

BHL, un peu excédé, lui a répondu: « Attends, ma couille, je t’aime bien, mais c’est quand même pas toi qui vas m’apprendre le romanquête ».)


[Jean-Claude Lefort – Député honoraire – 31 mars 2008]AFFAI

Le sous-préfet de Saintes, M. Bruno Guigue, vient d’être brutalement démis de ses fonctions par sa ministre de tutelle au titre qu’il aurait gravement dérogé au « devoir de réserve » qui doit marquer sa haute fonction. Cela a fait grand bruit en France mais aussi à l’étranger, il faut le savoir, notamment au Proche et Moyen-Orient.

Examinons donc successivement les faits, puis la notion de « devoir de réserve », voyons si elle a ou non un caractère « universel » et tirons les conclusions de cette « affaire ». (suite…)


La hantise d’un « mouvement des droits civiques », dans lequel les  Palestiniens se mettraient soudain à scander « One Man, One Vote » fait depuis longtemps peur aux politiques en Israël. Ils savent que si les Arabes abandonnaient la violence pour réclammer l’égalité, Israël perdrait l’unique justification de sa politique militariste et expansioniste… et perdrait également le soutien d’une bonne partie de la gauche juive aux Etats-unis…

C’est pour cela que Israël encourage toujours les mouvements les plus radicaux (comme le Hamas, une fabrication israélienne pour saper Arafat) et s’arrange pour maintenir toujours une certaine tension sur le terrain, afin d’encourager la violence dont elle a besoin pour justifier son existence…

Ali Abunimah ne dit rien d’autre dans « Israël a besoin de la fiction d’un Etat Palestinien pour continuer à exister »

[Miko Peled – The Electronic Intifada – 29/03/2008 – Trad. JPP]
Maintenant que le Kosovo est un Etat indépendant, émergeant des ruines de l’ex-Yougoslavie, des parallèles sont tirés entre les Balkans et le Moyen-Orient. L’une des réactions à cet évènement émane de la ministre des Affaires étrangères d’Israël, Tzipi Livni. Cela ne la dérange pas si les Palestiniens suivent l’exemple des Kosovars et proclament un Etat ; ce qui l’inquiète, c’est que les Palestiniens réclament les mêmes droits que les Israéliens.

Ajoutant à la crainte des Israéliens de voir surgir une demande pour des droits égaux, Ahmad Khalidi écrit, dans un article récent dans The Gardian, qu’on n’a jamais proposé, comme actuellement, un Etat aussi peu attractif aux Palestiniens et que ceux-ci pourraient faire le choix qui est le « pire cauchemar d’Olmert » : appeler à un « véritable partenariat pour le partage du territoire ». Livni et Olmert ont dit que l’éventualité d’une telle égalité les empêchait de dormir, et ils ont de bonnes raisons pour cela.Une fois que le discours passe de « l’autodétermination » à « la liberté et à la démocratie », comme Ahmed Khalidi le fait remarquer, la marque sioniste de l’apartheid n’a plus qu’à s’effacer et à laisser la place à une démocratie laïque naissante.

Trois arguments vont être avancés ici en faveur de la transformation de l’Etat de ségrégation raciale qu’est Israël en un Etat de démocratie laïque sur l’ensemble de la Palestine/Israël historique :

1 – Pour parvenir à un règlement durable au conflit israélo-palestinien, il faut mettre un terme à la domination d’Israël sur la terre, les personnes et le discours, les deux côtés doivent négocier à égalité. Dans le même temps, toute recherche de solution doit prendre en compte le fait qu’Israël n’acceptera pas de bon gré une telle parité et s’emploiera de toutes ses forces à maintenir sa domination.

2 – Aussi longtemps que l’essentiel des efforts pour solutionner le conflit se concentrera sur la partition de la Palestine/Israël historique, il n’y aura aucune solution au conflit. L’idée de partition a aujourd’hui fait faillite et la défendre ne fait que permettre à Israël de dominer le discours et d’assurer son contrôle violent sur les Palestiniens et sur leur terre.

3 – La solution connue pour un seul Etat n’est plus une option avancée par quelques-uns, elle est maintenant devenue réalité ; les actes et les débats doivent maintenant se concentrer sur la transformation d’un système raciste, ségrégationniste aujourd’hui en place, en un système démocratique laïc de gouvernement. Le règlement du conflit ne consiste pas partager la terre avec toujours plus de ségrégation, mais à couper les institutions gouvernementales de leur identité unique, pour les deux côtés. L’Etat doit être au service de tous, représenter chaque Israélien et chaque Palestinien vivant entre le fleuve du Jourdain et la mer Méditerranée.

http://mcpalestine.canalblog.com/archives/2008/03/30/8528513.html 


La prochaine fois que vous serez inondés de commentaires à la gloire d’Israël, vous saurez d’où ça vient…

[Megaphone Desktop Tool sur Wikipedia – Trad. Grégoire Seither]

L’Union Mondiale des Etudiants Juifs propose depuis 2006 l’application « Megaphone desktop tool » – un petit logiciel tournant sous Microsoft Windows  et qui permet d’obtenir en temps réel des alertes sur des articles clés, des vidéos, des blogs et des sondages concernant Israël. Le but est de permettre aux utilisateurs de réagir en-ligne et de contribuer à soutenir l’Etat d’Israël « sur le front de l’opinion ».

Selon le Jerusalem Post, Amir Gissin, responsable du Département des relations publiques du Ministère israélien des affaires étragnères, a publiquement soutenu l’utilisation de ce logiciel.  « Le Ministère encourage cette idée et incite les  amis d’Israël à travers le monde de devenir des « soldats d’Israël » dans le cyberespace, sur le nouveau champ de bataille qu’est la défense de l’image d’Israël. »

Pour le site informatique The Register l’utilisation de ce logiciel équivaut à « une manipulation massive et hautement organisée de technologies qui sont censées au contraire encourager la démocratie ». Pour le site, l’utilitaire Mégaphone n’est rien d’autre « qu’un bourrage des urnes high tech ».

Le site web consacré aux émissions historiques de la BBC a noté que, quand il traite de sujets concernant Israël, les votes des internautes sont plus nombreux. Ce fut notamment le cas quand un sondage en ligne a posé la question de savoir s’il fallait considérer le négationisme comme un crime. De son coté Stewart Purvis, ancien rédacteur en chef d’ITN, a noté que la commission indépendante chargée d’étudier la manière dont la BBC avait couvert le conflit israélo-palestinien avait reçu un très grand nombre de courriers émanant de l’Amérique du Nord et qui accusaient tous la BBC d’être anti-Israël. Il était évident, selon Purvis, que des groupes organisés avaient incité leurs membres à faire pression sur la BBC.

http://en.wikipedia.org/wiki/Megaphone_desktop_tool#Megaphone


À propos de l’Affaire Bruno Guigue et de la non-affaire Goasguen 
[Oumma.com – 26/03/2008]
Deux poids deux mesures : la suite de la suite de la suite…
Imaginons maintenant la situation inverse :
– Un sous-préfet qui, dans un article, s’en serait pris avec virulence aux attentats palestiniens : se serait-on inquiété de son manquement au devoir de réserve, et l’aurait-on limogé pour cela ?

– Un député, par ailleurs avocat à la Cour d’Appel de Paris, qui aurait publiquement qualifié le peuple israélien de « peuple de sauvages, d’abominables tueurs d’écolières » : les médias, les associations antiracistes, l’opposition de gauche, ses autorités de tutelle, ses amis politiques, même, l’auraient-ils laissé à ce point tranquille ?

(…)

Il faudrait aussi vérifier si, par le passé, on a déjà été aussi regardant quant aux « manquements au devoir de réserve » de la part de sous-préfets, et le cas échéant, si les autres sous-préfets fautifs ont été sanctionnés aussi durement.

Et il faudrait en tout état de cause souligner une nouvelle manifestation, particulièrement écoeurante, d’un « Deux poids deux mesures » que tout le monde peut observer, mais qu’il est difficile de dénoncer sans se faire accuser de paranoïa ou de complotisme. Car, quand bien même l’article de Bruno Guigue pourrait sans abus de langage être qualifié de manquement au devoir de réserve, et quand bien même le sous-préfet pourrait sans abus de pouvoir être limogé pour ce manquement, il reste que la provocation à la haine raciale est un délit autrement plus grave, et que Claude Goasguen, comme bien d’autres palestinophobes, arabophobes, islamophobes ou négrophobes (Philippe de Villiers, Philipe Val, Sylvie Noachovich, Claude Imbert, Alain Finkielkraut, Oriana Fallacci, Michel Houellebecq, Maurice Dantec…), bénéficie pour ce délit d’une totale impunité.

Il est même invité, comme si de rien n’était, à commenter l’actualité politique, ce dimanche 23 mars sur France 5, à l’émission Ripostes. Tant pis pour les Palestiniens.

http://oumma.com/A-propos-de-l-Affaire-Bruno-Guigue


[Union Juive Française pour la Paix –  mardi 25 mars 2008] addthis_url = location.href; addthis_title = document.title; addthis_pub = ‘edubuc’;

Le premier qui dit la vérité…. Parole Interdite, Parole Imposée

Bruno Guigue, sous-préfet de Saintes en Charente-Maritime, vient d’être démis de ses fonctions par Madame Alliot-Marie, ministre de l’intérieur. Son crime ? Un texte publié sur Oumma.com où Bruno Guigue s’en prend au lobby pro-israélien en France. Les phrases reprises en boucle qu’on lui reproche sont celles-ci :

« À propos de terrorisme, l’Etat d’Israël, qui plus est, peut se targuer d’un palmarès hors compétition.(…) Ses admirateurs occidentaux doivent certainement s’extasier sur les prouesses d’une armée capable de tuer aussi aisément des enfants avec des missiles. Ils doivent aussi se confondre d’admiration devant les geôles israéliennes, où grâce à la loi religieuse, on s’interrompt de torturer durant le shabbat. »

Hélas ce que la ministre Alliot Marie qualifie de « violemment anti-israélien est la vérité nue : l’Etat d’Israël a commis et commet encore tous les jours des crimes de guerre.Depuis le début de la deuxième Intifada, 7000 Palestinien-ne-s, pour la quasi-totalité des civils désarmés ont été tués par les forces d’occupation.

Depuis 1967, 650000 Palestinien-ne-s ont connu la prison et souvent la torture. Les assassinats politiques soi-disant ciblés, le blocus d’un million et demi de personnes dans Gaza affamée et privée de médicaments, la destruction du Sud-Liban, les confiscations incessantes de terre, bafouent tous les jours les Droits de l’Homme et le Droit International.

S’il n’est sans doute pas le seul, comme le propose à tort B. Guigue dont les snippers tirent sur des petites filles à la sortie des écoles, Israël est par contre le seul Etat qu’ il est aujourd’hui interdit de critiquer en France.

Passant aux actes, le gouvernement ne se contente plus d’imposer une parole dictée sur Israël, il l’impose par la force ; et celui qui dit la vérité en tant que citoyen, et non dans l’exercice de sa fonction de sous préfet, monsieur Bruno Guigue se voit limogé. Voilà ce qui s’appelle aujourd’hui une démocratie éclairée. Mais quelques questions se posent alors (…)

http://www.oumma.com/L-Union-Juive-Francaise-pour-la,2686

 


Bruno Guigue a été limogé de son poste de préfet pour avoir écrit que les snipers israéliens abattaient des enfants. Dire des choses pareilles serait être « anti-israélien ». Or c’est la vérité, comme le montre l’article du Guardian ci-dessous, écrit en 2005.

Snipers avec des enfants dans leurs lignes de mire
[The Guardian – UK – Chris McGreal chris.mcgreal@guardian.co.uk  – 29/06/2005  – Trad. ISM]

Ce fut le tir sur Asma Mughayar qui a balayé tous les derniers doutes que j’avais sur la façon dont les soldats israéliens tuaient tant d’enfants et de civils palestiniens.
Asma, 16 ans, et son plus jeune frère, Ahmad, ramassaient le linge sur le toit de leur maison au sud de la bande de Gaza au mois de mai l’an dernier quand ils ont été abattus par un sniper de l’armée israélienne.
Ni l’un ni l’autre enfant n’était armé ou ne menaçait le soldat, qui a tiré, invisible, par un trou percé dans le mur d’un bloc d’appartements voisins.

L’armée a dit qu’ils avaient sauté tous les deux sur une bombe palestinienne plantée dans le sol pour tuer des soldats. Les cadavres racontent une histoire différente.

A la morgue de Rafah, Asma était étendue avec un seul trou de balle dans la tempe; son frère 13 ans avait un seul impact de balle au front. Il n’y avait aucune autre blessure, certainement pas de conséquence à une explosion.

Confronté à cela, l’armée a changé son rapport et a prétendu qu’ils avaient été tués tous les deux par un tireur Palestinien, et ce malgré les preuves qui pointaient le repaire du sniper israélien.

Ce que les militaires n’ont pas fait, c’était de demander à ses soldats pourquoi ils ont donné un faux rapport des décès ou de parler aux parents des enfants ou aux autres témoins.

Quand les journalistes ont fait pression sur la question, l’armée a promis une enquête complète, mais quelques semaines plus tard elle a été tranquillement abandonnée. C’est devenu la norme dans une armée qui semble estimer qu’il vaut mieux se protéger de toute responsabilité que de vivre selon son affirmation d’être « l’armée la plus morale au monde ».

Comme l’ont fait remarqué les parents de Tom Hurndall hier après la condamnation d’un sergent israélien pour l’homicide involontaire de leur fils, le soldat a été jugé seulement parce que la famille britannique a eu les ressources pour mettre assez de pression.

Mais il n’y a eu aucune justice pour les parents des centaines d’enfants palestiniens tués par des soldats israéliens. (suite…)


Cet article (et probablement les autres publiés sur Oumma – voir tout en bas ) vaudra à Bruno Guigue d’être limogé 10 jours plus tard de son poste de préfet de Saintes par le gouvernement Fillon-Sarkozy…

Oser critiquer des sommités médiatiques comme Pascal Bruckner, Alain Finkielkraut, Claude Lanzmann, Elie Wiesel, Pierre-André Taguieff ou encore Frédéric Encel, des gens qui n’ont qu’à claquer des doigts pour que toute la presse publié leurs diatribes… c’est vraiment chercher la m…

[ Bruno Guigue Oumma.com – 13/03/2008]

Dans sa rubrique « Point de vue » du 27 février 2008, « Le Monde » a généreusement offert ses colonnes à un texte d’une hystérie verbale et d’une mauvaise foi insondables. Les accusations qu’il profère à l’égard du conseil des droits de l’homme de l’ONU sont si mensongères que même la liste des signataires ne tempère qu’à peine notre stupéfaction : .. On peut facilement compléter la liste tant l’omniprésence des intellectuels organiques du lobby pro-israélien nous est devenue familière.

Le titre sans nuances de cette prose haineuse est déjà tout un programme : « L’ONU contre les droits de l’homme ». Dès les premières lignes, on peut y lire cet appel angoissé : « L’année 2008 verra-t-elle simultanément le soixantième anniversaire de la déclaration universelle des droits de l’homme par l’ONU et la destruction de ses principes par la même ONU ? Tout porte à le redouter, tant depuis un certain nombre d’années, par ses dérives, l’ONU s’est caricaturée ». Inévitablement le lecteur non averti s’alarme : l’organisation internationale serait-elle brusquement devenue suicidaire ?

Mais par bonheur la suite nous éclaire aussitôt sur les préoccupations profondes de nos signataires : « A Durban, en Afrique du Sud, s’est tenue en 2001 la conférence mondiale contre le racisme, à l’initiative des Nations-Unies. C’est au nom des droits des peuples que furent scandés des « mort à l’Amérique ! » et « mort à Israël ! » et c’est au nom du relativisme culturel qu’on fit silence sur les discriminations et violences commises contre les femmes ».

Quel rapport entre la géopolitique du Moyen-Orient, manifestement en cause dans les appels à combattre les Etats-Unis et Israël, et l’oppression des femmes que viendrait cautionner le « relativisme culturel » ? Probablement aucun. Mais amalgamer les deux sujets présente l’intérêt polémique de suggérer une pernicieuse concurrence entre les victimes : vous qui condamnez Israël et l’Amérique, vous ne dites rien de la souffrance des femmes opprimées dans les pays musulmans. C’est une antienne dont la rhétorique lobbyiste est coutumière : elle permet de détourner le lecteur occidental de la critique de la politique américaine ou israélienne en fixant son attention sur un problème interne des sociétés moyen-orientales. (suite…)


Mise à jour : Bruno Guigue, spécialiste du Proche-Orient et préfet de Saintes, publiera une critique de cet appel sur Oumma.com le 13 mars 2008, ce qui lui vaudra d’être limogé de son poste de préfet par Michèle Alliot-Marie et Nicolas Sarkozy…

« Dans sa rubrique « Point de vue » du 27 février 2008, « Le Monde » a généreusement offert ses colonnes à un texte d’une hystérie verbale et d’une mauvaise foi insondables. Les accusations qu’il profère à l’égard du conseil des droits de l’homme de l’ONU sont si mensongères que même la liste des signataires ne tempère qu’à peine notre stupéfaction : .. On peut facilement compléter la liste tant l’omniprésence des intellectuels organiques du lobby pro-israélien nous est devenue familière. (Bruno Guigue)« 

L’ONU contre les droits de l’homme

[Le Monde – 27.02.08]
Les démocraties doivent résister à l’offensive idéologique conjointe des pays musulmans et dictatoriaux

L’année 2008 verra-t-elle simultanément le soixantième anniversaire de la Déclaration universelle des droits de l’homme par l’ONU et la destruction de ses principes par la même ONU ? Tout porte à le redouter, tant depuis un certain nombre d’années, par ses dérives, l’ONU s’est caricaturée.A Durban, en Afrique du Sud, s’est tenue en 2001 la Conférence mondiale contre le racisme, à l’initiative des Nations unies, dans la ville même où Gandhi avait commencé à exercer son métier d’avocat. C’est au nom des droits des peuples que furent scandés des « mort à l’Amérique ! » et « mort à Israël ! » ; et c’est au nom du relativisme culturel qu’on fit silence sur les discriminations et violences commises contre les femmes.

Alarmée par les graves dysfonctionnements ainsi mis en lumière au sein de sa Commission des droits de l’homme, l’ONU inaugurait en juin 2006 un tout nouveau Conseil des droits de l’homme (CDH), censé remédier à de si préoccupantes dérives. Aujourd’hui, le constat est plus qu’amer : c’est à la consécration même de ces dérives que nous assistons dans la perspective du forum dit de Durban 2, qui se tiendra en 2009. Plus gravement encore, l’élaboration officielle de nouvelles normes marquera, si celles-ci sont gravées dans le marbre d’une nouvelle et très particulière « déclaration des droits de l’homme », la mise à mort de l’universalité des droits.

Par sa mécanique interne, les coalitions et les alliances qui s’y constituent, les discours qui s’y tiennent, les textes qui s’y négocient et la terminologie utilisée anéantissent la liberté d’expression, légitiment l’oppression des femmes et stigmatisent les démocraties occidentales. (suite…)