Guerre à la drogue



[Voltaire – 04/02/2009]
Le général Bantz Craddock, Suprême commandeur de l’OTAN, a ordonné aux troupes alliées présentes en Afghanistan de tuer, dans les zones insurgées, toutes les personnes impliquées dans la culture et le commerce des drogues, sans attendre de savoir si elles sont ou non liées à l’insurrection.

Selon le site internet de DER SPIEGEL, qui a révélé les faits, l’ordre a été confirmé par écrit, le 5 janvier 2009, au général allemand Egon Ramms qui s’y opposait en qualifiant l’exécution de cette instruction de crime de guerre.

Ces révélations provoquent un vif émoi en Allemagne, mais pas dans les autres États impliqués militairement en Afghanistan.

Ces instructions s’appliquent à toute la zone insurgée, mais pas à la zone « pacifiée », c’est-à-dire placée sous l’autorité du président Karzaï, où son demi-frère exploite le pavot.

En clair, le général Bantz Craddock a ordonné de massacrer tous les paysans qui cultivent le pavot et tous les trafiquants dès lors qu’ils rivalisent avec le monopole de la famille Karzaï.

Le général Bantz Craddock est l’ancien chef du cabinet militaire de Donald Rumsfeld. En qualité de commandant du South Command, il installa le centre de torture de Guantanamo. Il participa activement à la planification de la guerre israélienne de 2006 contre le Liban et fut nommé à cette époque à la tête de l’OTAN en vue d’une possible mission de l’Alliance atlantique aupays du Cèdre (projet qui fut contrecarré par Jacques Chirac lors de la Conférence de Rome).

Rappelons que la drogue produite par les Karzaï est principalement acheminée par les avions US à Camp Bondstell (Kosovo) où elle est prise en charge par le Premier ministre Haçim Thaçi. Elle est alors distribuée par la mafia kosovare principalement en Europe occidentale. Les bénéfices servent à financer les opérations spéciales de la CIA hors contrôle budgétaire du Congrès.

http://www.voltairenet.org/article159045.html


L’illustration de la totale connerie de la « zéro tolérance »…

[This is London – 16/4/2008 – Trad Grégoire Seither]

Un touriste britannique vient d’être condamné à 4 ans de prison par la justice de Dubaï. On lui reproche d’avoir eu sur lui, collée à la semelle d’une de ses chaussures, une microscopique miette de cannabis, de la taille d’un grain de sucre.

Keith Brown, travailleur social et père de trois enfants, était en transit aux Emirats Arabes Unis, rentrant de vacances, quand il a été interpellé par les douaniers. Un dispositif anti-drogue avait détecté, dans les rainures de la semelle d’une de ses chaussures, une miette de 0.003g de résine de cannabis – à peu près la taille d’un grain de sucre.

L’aéroport de Dubaï est une plateforme d’échange pour des milliers de touristes britanniques en route vers les plages et les magasins hors-taxe. Mais la plupart de ces touristes ignorent la sévérité des lois anti-drogue aux Emirats ainsi que la politique de « Tolérance zéro » totalement inepte mise en place par les autorités, avec la bénédiction des Etats-unis et de leur « guerre à la drogue ».

Ainsi, un homme qui avait acheté un petit pain au pavot à l’aéroport d’Heathrow s’est retrouve en prison à son arrivée à Dubaï parce qu’il avait encore dans sa poche le sac en papieer qui avait contenu le sandwich, et qu’au fond de ce sac les douaniers ont trouvé TROIS grains de pavot.

L’anti-inflammatoire Codeine est également considéré comme une drogue et un homme d’affaires de 25 ans, surpris avec un tube de ce médicament dans sa poche, croupit en prison depuis Novembre dernier, dans l’attente de son procès.

Un autre britannique, producteur d’une émission de télévision, a été jeté en prison pour 5 jours parce qu’il avait dans ses bagages un tube de Mélatonine, produit que l’on peut acheter librement dans n’importe quelle pharmacie en Grande-Bretagne. Les autorités emirati ont ensuite changé leur accusation, prétendant qu’ils avaient trouvé 0.01g de hachich dans le fond de sa valise. Les experts de Heathrow pensent que la valise a été « contaminée » lors du transport, au contact avec d’autres bagages ou bien tout simplement par un vol de poussière.

http://www.thisislondon.co.uk/news/article-23436226-details/Briton+jailed+in+Dubai+after+officials+find+cannabis+weighing+less+than+a+grain+of+sugar+under+his+shoe/article.do


Pourquoi l’Administration Bush se cramponne t’elle tellement à son projet de « Real ID » (c’est à dire l’instauration d’une carte d’identité nationale) ? Ce n’est pas pour des raisons de lutte anti-terroriste, cela fait 250 ans que les USA se passent de carte d’identité et cela marche très bien…

Non, la raison pour laquelle les petits génies Républicains insistent pour que la « Loi Real ID / Proposition 200 » devienne obligatoire dans l’ensemble des états de l’Union avant cet été, c’est parce que cela va permettre de faire passer à la trappe, lors des élections de novembre prochain, quelques millions d’électeurs.

Dans une élection présidentielle ou la victoire se joue souvent sur 60 000 voix, ce n’est pas négligeable.

Surtout que les personnes qui se voient refuser l’accès au bureau de vote pour « absence de véritable document d’identité » (c’est à dire qu’ils ne peuvent présenter que le traditionnel permis de conduire, accepté partout ailleurs) sont majoritairement issues des ‘couches pauvres’ de la société. Dans les états comme la Floride et l’Arizona, cela signifie que ce sont des Noirs ou des Hispaniques… des gens connus pour voter fortement Démocrate. (cf. étude ACLU – citée par Greg Palast).

Ceci explique cela…

[Gregor Seither – IES News Service – 25/03/2008]

Toujours aucun compromis en vue dans le conflit qui oppose l’administration Bush à certains Etats qui refusent d’appliquer les nouvelles directives en matière de documents d’identité sécurisés, y compris les permis de conduire.

Pour les personnes vivant dans ces Etats ‘réticents’, la dispute est cruciale : si l’Administration décide de passer outre l’opposition locale, ils risquent de se voir refuser l’embarquement dans les aéroports, voire interdire l’accès à certains batiments de l’administration fédérale, pour cause de « pièce d’identité non conforme ».

La source du conflit est la loi « Real ID » qui impose des nouvelles mesures de sécurité pour la délivrance des permis de conduire (une prérogative des Etats). L’administration Bush insiste sur le fait que cette loi, votée après les attaques du 11 septembre, a pour but de lutter contre le terrorisme, les escrocs ainsi que les immigrés clandestins. (suite…)


[Sam Smith – Undernews – Août 2007 – Trad. Grégoire Seither]

L’autre jour je lisais une dépéche de l’Associated Press qui disait

« Trois personnes soupçonnées d’être des terroristes islamistes, affiliés à un groupe proche d’Al-Qaïda et ‘nourissant une haine intense vis à vis des ressortissants US’ ont été arrêtées en Allemagne et accusées de préparer des attentats contre des installations US . . .  »

Ma première réaction a été : on dirait que nous avons encore une fois un problème de marketing. Et puis je me suis souvenu que l’objectif marketing des Etats-unis n’était pas d’intégrer les musulmans à notre base de consommateurs. Non, notre but est de les éliminer. Pour ce faire, vous avez besoin d’un bon plan militaire, pas d’un bon plan marketing.

Mais l’armée et le marketing sont deux domaines dans lesquels les Etats-unis se considèrent comme étant les meilleurs au monde.

J’ai donc commencé à gamberger : que ce serait-il passé si, le soir du 11 septembre, nous avions réagi comme une grande entreprise qui serait confrontée à un mouvement de rébellion de la part d’un groupe de consommateurs plutôt que comme une puissance militaire qui tente d’éliminer un ennemi ?

Nous n’avons rien fait pour lutter contre  ‘la haine intense vis à vis des ressortissants US’ qui est ressentie par de nombreux musulmans… au contraire, nous avons tout fait pour aggraver encore cette haine. Tout ça au nom d’une « Guerre contre le terrorisme » qui ne mène nulle part.
(suite…)


[Magazine SLATE – 05/09/07]
Tout comme l’Afghanistan, la Turquie avait une longue tradition de culture de culture du pavot. Tout comme l’Afghanistan, le gouvernement Turc craignait de s’attaquer aux cultivateurs d’opium par crainte de générer de l’instabilité dans le pays. Tout comme l’Afghanistan, la Turquie – souvenez vous du film Midnight Express – était à l’époque le premier pays producteur d’héroïne à destination des marchés occidentaux. Tout comme en Afghanistan, le gouvernment turc tenta, sans succès, d’interdire la culture du pavot. Cela ne fit qu’augmenter les prix de l’opium et renforcer les mafias locales.

C’est alors que, en 1974, le gouvernement turc mit en oeuvre une nouvelle stratégie, avec l’aide des Etats-unis (la Turquie était un important partenaire anti-URSS dans l’OTAN). Le gouvernement se mit à distribuer des licences pour la culture du pavot, la récolte étant vendue aux groupes pharmaceutiques pour la production de morphines, codéïne et autres opiacés légaux.

Les ateliers clandestins de fabrication d’héroïne furent remplacés par des usines légales. La quasi totalité des cultivateurs de pavot reçut une licence pour continuer la production, qu’ils revendent aux usines (et ils payent des impots sur leur revenu agricole).

Le dernier rapport d’étape sur la stratégie anti-drogue de la Maison Blanche ne mentionne rien de tout cela, et ce alors qu’il consacre plusieurs pages à l’Afghanistan. La Turquie n’est même pas mentionnée dans ce rapport, malgré le fait que le gouvernement US continue à soutenir le programme turc, obligeant même les entreprises pharmaceutiques US à acheter 80% de ce que les documents appellent, par euphémisme, « de la matière brute narcotique » produite par deux pays où la culture du pavot est traditionnelle, la Turquie et l’Inde. Pourquoi ne pas ajouter l’Afghanistan à cette liste de « producteurs autorisés » ?

http://www.slate.com/id/2157644/