Raed Jarrar



Délit de sale gueule en Irak = deux ans de prison. Et encore, il a de la chance, Bilal, il aurait pu tout simplement se faire descendre, comme 18 de ses confrères avant lui…

Souvenez vous, il y a quatre ans déjà, Molly Ivings soulignait la difficulté pour un journaliste de travailler honnètement dans une zone de guerre de l’armée U.S.

[Gregor Seither – IES News Service – 15/04/2008]

Le photographe de l’Associated Press, Bilal Hussein, va être libéré après avoir passé deux ans dans une prison militaire U.S. en Irak . En avril 206, Hussein avait été emmené par un commande de U.S. Marines qui l’accusaient d’être en relation avec la résistance irakienne. Tant le photographe que son employeur, Associated Press, ont toujours nié ces accusations, expliquant que le photographe ne faisait que son travail de journaliste en zone de guerre.

Mais l’armée d’occupation U.S. n’aime pas les journalistes arabes et est toujours prompte à les accuser d’être des agents doubles.  Par le passé, de nombreux journalistes en Irak ont été assassinés par les soldats U.S.. Un caméraman de CBS avait ainsi été abattu par une patrouille alors qu’il filmait dans la rue. Les soldats avaient affirmé avoir confondu sa caméra avec un lance-roquette…

Le commandement militaire en Irak a déclaré que l’enquête (deux ans !!!!) avait montré que Hussein ne représentait pas de danger et qu’il serait libéré Mercredi. La semaine dernière, un comité judiciaire irakien avait innoncenté Hussein de toutes les accusations et ordonné sa libération.


[IES News Service – 20/11/2007]
Ces derniers mois, en Irak, nous avons vu passer un certain nombre de « moments historiques » : le rapport Petraeus, le retrait des forces britanniques de leur base de Bassorah, la décision de ramener les mercenaires dans le champ de la loi, suite à l’incident avec Blackwater….

Mais un des moments historiques est passé quasiment inapercu : la guerre en Irak détient désormais le triste record de la guerre la plus meurtrière pour les journalistes qui tentent la couvrir. A ce jour 200 journalistes sont morts en Irak en faisant leur travail.

Vous en avez entendu parler ? Probablement pas. Il faut savoir que la majorité d’entre eux sont irakiens, jordaniens ou palestiniens. Leur mort n’intéresse pas les « networks » occidentaux qui s’appuient pourtant sur ces « tâcherons » pour obtenir des informations en Irak. Aucun journaliste occidental ne travaille plus en dehors de la « zone verte » de Bagdad, à part quelques courageux individus comme Anne Nivat ou Robert Fisk.

Pour mieux comprendre ce chiffre, il faut savoir que seulement 2 journalistes sont morts en service lors de la Première Guerre mondiale, 68 sont morts en service lors de la Deuxième Guerre mondiale, 77 sont morts au Vietnam et 36 lors de la guerre dans l’ex-Yougoslavie.

Et l’hécatombe en Irak ne donne aucune indication de vouloir s’arrêter, bien au contraire. Rien que le mois dernier, 5 journalistes sont morts le même jour, sur dez zones de combat différentes. Pour Chris Cramer, « couvrir la guerre en Irak est la mission la plus dangereuse de toute l’histoire du journalisme ».

Certains journalistes célèbres sont morts en couvrant des conflits – Robert Capa en Indochine; Ernie Pyle sur l’île d’Okinawa lors de la Deuxième Guerre mondiale; Larry Burrows au Vietnam. Mais ce qui rend l’Irak plus dangereux que les autres conflits du passé est le fait que ces morts ne sont pas des accidents, le résultat de balles perdues ou de dommages collatéraux quand des journalistes se retrouvent au coeur d’une zone de combats. Au contraire, de nombreux journalistes sont morts parce qu’on a volontairement tiré sur eux, à cause de leurs articles ou parce qu’ils venaient du mauvais côté du fossé sectaire. On les abat dans la rue ou bien ils sont enlevés par des miliciens et exécutés dans un fossé, souvent après avoir été torturés. Ni la police ni la justice n’enquêtent vraiment sur ces meurtres, les tueurs savent qu’ils jouissent d’une quasi impunité, que ce soit les escadrons de la mort chiites, sunnites ou les miliciens des différents ministères et services gouvernementaux. Mais il n’y a pas que les miliciens qui tuent des journalistes, au moins 15 membres de la presse ont été directement tués par l’Armée US, dont 6 rien pour l’agence Reuters.

Pour les journalistes irakiens, l’indifférence de l’opinion publique vis à vis de ce massacre est due au fait que la majorité des journalistes tués ne sont des membres de la presse occidentale. Quand la victime est un journaliste de la presse européenne ou U.S., la couverture médiatique de sa mort est nettement plus importante.

http://www.mediachannel.org/wordpress/2007/11/19/the-most-dangerous-war-in-the-history-of-journalism/


We Will Not Be Silent[ACLU PR – UES News Service – Trad. Grégoire Seither]
Le groupe de défense des libertés civiques ACLU (American Civil Liberties Union) a intenté un procès cette semaine contre la compagnie aérienne JetBlue Airways ainsi que contre l’administration de la sécurité dans les transports (Transportation Security Administration official), l’accusant d’avoir illégalement discriminé un résident des Etats-unis uniquement à cause de son origine ethnique et un message en arabe écrit sur son T-Shirt.

En Aout 2006, la compagnie JetBlue ainsi qu’un agent de TSA identifie comme étant « Inspector Harris, » ont refusé de laisser le bloggueur d’origine irakienne, Raed Jarrar prendre son vol à John F. Kennedy Airport (New York) parce qu’il portait un T-Shirt sur lequel une inscription en Anglais et en Arabe indiquait « Nous ne resterons pas silencieux ». La condition émise par JetBlue était qu’il enlève ou cache son T-Shirt. L’inspecteur Harris a justifié cette décision en expliquant à Jarrar que le fait de porter un T-Shirt avec une inscription en Arabe dans un aéroport était l’équivalent de se promener dans une banque avec un T-Shirt portant l’inscription « je suis un braqueur ».

Raed Jarrar, — connu dans la blogosphère pour son journal de la vie quotidienne à Bagdad lors de l’invasion de 2003, « Dear Raed » (http://raedinthemiddle.blogspot.com/) avec Salam Pax, — avait passé sans encombre les deux checkpoints de sécurité et attendait en salle d’embarquement quand il a été interpellé par l’Inspecteur Harris et immédiatement encerclé de manière menaçante par des agents de sécurité de JetBlue. Harris lui a dit qu’il devait enlever son T-Shirt « car cela rend nerveux les autres passagers« . Ne voulant pas rater son vol, Jarrar accepta mais fut alors changé de siège par la compagnie. Il fut placé dans la dernière rangée de l’avion et on lui demanda d’embarquer en premier « afin que les autres passagers ne soient pas inquiets de sa présence dans l’avion« .

Pour ACLU le cas Jarrar n’est qu’un des nombreux exemples d’actes de racisme et de discrimination dans les aéroports contre des individus perçus comme étant « de type Arabe » et notamment contre toute personne affichant de manière trop visible son origine ethnique ou sa religion. « Une coiffe, un hijab, parfois le simple fait de parler en arabe avec un autre compatriote, peut déclencher des réactions de nervosité hystérique chez les agents de sécurité et se traduit très souvent par l’interdiction de vol du « contrevenant ». Nous avons reçu des plaintes dans ce sens quasiment chaque jour depuis le mois de Janvier 2002. ».

http://www.aclu.org/freespeech/gen/31266prs20070809.html