Bon sang, mais c’est bien sûr ! Si on manifeste le moindre doute sur cet avenir radieux que la technoscience nous réserve, si on ose timidement rappeler le « principe de précaution » et le fait que les scandales des 60 dernières années n’ont pas vraiment démontré le côté inoffensif du « progrès à tout va »… c’est qu’on est tout simplement un horrible réactionnaire !  Pouah !

Il est salutaire de relire, à cette occasion, le pamphlet de René RIESEL « Aveux complets des véritables mobiles du crime commis au CIRAD le 5 juin 1999 »  https://infokiosques.net/spip.php?article384

OGM_ferme_ta_gueuleJosé Bové, ultra-bioconservateur

[ Laurent Alexandre (chirurgien urologue, président de DNAVision) – LE MONDE Technologies – 13/10/2014]

La manipulation technologique de l’homme a déjà bien commencé. Une Suédoise de 36 ans née sans utérus a accouché, en septembre 2014, d’un petit garçon. Elle a bénéficié d’un greffe de l’utérus d’une amie de 61 ans, ménopausée depuis plusieurs années. Le Parlement britannique s’apprête à autoriser les bébés ayant trois parents génétiques (deux mères et un père), pour combattre les maladies liées à certaines anomalies cellulaires.

En mai 2014, l’administration américaine a autorisé les implantations de bras bioniques directement branchés sur les nerfs des amputés. Le 18 décembre 2013, le cœur artificiel électronique autonome « Carmat » était implanté sur un patient en insuffisance cardiaque terminale : le premier homme-cyborg était applaudi par la société française.

En septembre 2013, l’équipe du professeur José-Alain Sahel implantait une rétine artificielle, « Pixium Vision », à une patiente aveugle qui a recouvré ainsi une vision partielle. En 2005, Isabelle Dinoire bénéficiait de la première greffe de visage.

MOINS VIEILLIR, MOINS SOUFFRIR, MOINS MOURIR

Les innovations technologiques issues des nanotechnologies, biotechnologies, de l’informatique et des sciences cognitives (NBIC) se succèdent de plus en plus vite. Elles sont de plus en plus spectaculaires et transgressives mais la société les accepte avec une facilité croissante : l’humanité est lancée sur un toboggan transgressif. Nous devenons, sans en être conscients, des transhumains, c’est-à-dire des hommes et des femmes technologiquement modifiés.

D’ici 2030, des chocs biotechnologiques encore plus spectaculaires vont secouer la société : régénération des organes par les cellules souches, thérapies géniques, implants cérébraux, techniques antivieillissement, design génétique de bébé à la carte, fabrication d’ovules à partir de cellules de peau…

La plupart d’entre nous accepteront cette biorévolution pour moins vieillir, moins souffrir et moins mourir ! Plutôt transhumains que morts devient notre devise. Le transhumanisme, idéologie démiurgique issue de la Silicon Valley, qui entend lutter contre le vieillissement et la mort grâce aux NBIC, a le vent en poupe.

BIOCONSERVATEURS ET TRANSHUMANISTES

Est-ce à dire qu’il n’y aura pas d’opposition politique au progrès médical ? En fait, l’échiquier politique se reconfigure selon un axe nouveau. Le clivage gauche-droite semble dépassé au XXIsiècle. Demain, l’opposition entre bioconservateurs et transhumanistes pourrait structurer l’espace biopolitique.

Dans ce nouvel axe, des rapprochements inattendus apparaissent. Ainsi, José Bové était jusqu’à présent un militant d’extrême gauche. Dans le nouvel ordre biopolitique, il se retrouve, avec les catholiques intégristes, parmi les ultra-bioconservateurs. Il est résolument contre la fécondation in vitro (FIV) pour les couples hétérosexuels stériles ou homosexuels et il s’oppose aux thérapies géniques pour le traitement des maladies génétiques.

Il a déclaré, le 1er mai 2014, sur la chaîne catholique KTO : « Je crois que tout ce qui est manipulation sur le vivant, qu’il soit végétal, animal et encore plus humain, doit être combattu. »

José Bové est donc plus conservateur que Ludovine de La Rochère, la présidente de La Manif pour tous, favorable à ces technologies. Alain Madelin et Jean-Luc Mélenchon partagent, quant à eux, un fervent optimisme technologique. Les NBIC vont-elles faire imploser les partis politiques ?