[BigBrowser –  Blog du Monde – 02/04/2014]

C’est ce qui s’appelle un accueil glacial. Quatre jours après l’annonce, par les actionnaires de Libérationde la nomination de Pierre Fraidenraich en tant que « directeur opérationnel » du journal à la place de Nicolas Demorand, démissionnaire, et à la veille d’une première rencontre avec la rédaction, mercredi à 11 heures, les salariés ont publié mardi 1er avril un portrait ravageur de cet ancien directeur d’i-Télé (groupe Canal+).

Sous le titre sobre « Qui est donc Pierre Fraidenraich ? », les salariés de Libération,mobilisés depuis plusieurs semaines contre le souhait de leurs actionnaires de transformer le titre de fond en comble – le mettant en péril selon eux –, déplorent d’abord la manière avec laquelle ils ont appris cette nomination. « [Elle] n’a pas été annoncée à l’équipe en priorité via un communiqué interne, comme c’est l’usage ; cette nomination, c’est l’AFP qui en a eu la primeur. »

Puis ils brossent un portrait au vitriol de leur nouveau directeur, rappelant notamment son implication dans « l’affaire des faux JT » de France 3 en 1997, quand « les décors, le générique, le logo du 19/20 de la chaîne ont été utilisés pour le tournage de faux JT publicitaires à la gloire, notamment, du laboratoire médical Pfizer ». Pierre Fraidenraich « se traîne cette casserole depuis des années », résume un journaliste aux journalistes de Libération.

PROCHE DE NICOLAS SARKOZY

Après cette mauvaise expérience, Pierre Fraidenraich rejoint le groupe Canal+ et la nouvelle chaîne sportive Infosport, où il développe « du journalisme low cost »,raconte Libération, qui souligne également sa politique de recrutement assez spéciale (« plutôt des très jolies filles »). Une formule qu’il reproduira à i-Télé où il se démarque par « ses blagues “lourdes” et sa ligne éditoriale d’airain quant à la coiffure et au décolleté des jeunes femmes journalistes », selon Libération.

Le quotidien de gauche ne manque pas de souligner la proximité de son nouveau directeur avec Nicolas Sarkozy. « Les deux sont proches, se voient régulièrement, boivent des cafés », assure le journal, ajoutant que M. Fraidenraich « œuvra à la réélection de Sarkozy en 2012 ».

Admettant qu’il s’agit de quelqu’un « au contact facile, très affable, pas hautain, pas froid » (selon un ancien collègue), Libération assène toutefois le coup de grâce, révélant ironiquement « son acharnement au travail, qui lui a valu [à i-Télé] un surnom Pierre & Vacances ».

Les présentations sont faites, la rencontre promet d’être savoureuse.

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