On est loin de l’esprit des débuts ! Mais que peut-on attendre d’autre d’un journal appartenant à la caste financière ! Et Bruno Ledoux qui se permet de donner des leçons !

L’immeuble de Libération au cœur de montages offshore

[Médiapart – Dan Israel – 13 février 2014 ]

Le siège du quotidien est détenu et géré par une cascade de sociétés, logées au Luxembourg, au Panama ou aux Îles vierges britanniques. Bruno Ledoux, l’un des actionnaires principaux du journal, est le détenteur, minoritaire, de ces entreprises. Le montage a attiré l’attention du fisc, qui réclame plus de 40 millions d’euros d’impayés dans une procédure encore en cours de jugement. Le propriétaire de l’immeuble a par ailleurs signifié sa volonté de vendre ses avoirs immobiliers.

Pour les « esprits étriqués » de l’équipe de Libération, cela risque d’être un nouveau choc. Le principal actionnaire du journal, Bruno Ledoux, détient avec ses  associés le siège du quotidien à travers une cascade de sociétés passant par plusieurs paradis fiscaux,  Luxembourg, Panama et  Iles Vierges britanniques.

Dès 2001, une société baptisée « Béranger Libération SA » avait été nichée au Luxembourg, et elle comptait parmi ses administrateurs une société panaméenne – Mainford international – qui figure encore dans le labyrinthe capitalistique de Bruno Ledoux et de son partenaire néerlandais Wouter Guis. Ce montage complexe, à travers une cascade de sociétés, a provoqué des vérifications de l’administration fiscale, ayant abouti à la notification d’un redressement de 40 millions d’euros, toujours contesté par les deux associés.

Conséquence de cette procédure, le siège du quotidien est depuis le 2 août 2010 sous le coup d’une hypothèque légale du Trésor, selon les documents officiels consultés par Mediapart. Ce type de garantie est prise par l’Etat envers les contribuables n’ayant pas payé leurs impôts ou leurs amendes.

Ni ses journalistes, ni ses lecteurs ne le savaient, mais l’immeuble de Libération est donc en sursis depuis trois ans et demi. Le projet de refonte du journal imaginé par Bruno Ledoux, révélé en fin de semaine dernière, qui a provoqué une grève vendredi 7 février et la démission de son directeur Nicolas Demorand ce jeudi, prévoit justement la transformation du bâtiment du 11, rue Béranger (3e arrondissement de Paris) en un « espace culturel » relooké par Philippe Starck et le déménagement de la rédaction dans d’autres bureaux.

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http://www.mediapart.fr/journal/france/130214/limmeuble-de-liberation-au-coeur-de-montages-offshore