Comme l’avait dit si bien l’excellente Condoleeza Rice, avant le 11 septembre : « We need a new enemy, to unite us »

[Nicolas Gauthier – Boulevard Voltaire – le canard en ligne de Robert Ménard version 2.0 –  26/12/2012]

À chaque saison ses élégances vestimentaires et idéologiques. Ses méchants et ses gentils qui, tel que chantés par Michel Polnareff, iront tous au paradis. Avant-hier, les Juifs avec leur main invisible, non point celle du marché, mais celle qui tripote la culotte de Jeanne d’Arc. Qui sacrifient des enfants lors d’obscures cérémonies où ne manque plus que Christopher Lee. Hier, l’extrême droite. Ses réseaux, son internationale noire, son Le Pen nazifié en une du Monde par Plantu. Aujourd’hui, l’islam. Son oumma, sa takkiya, ses falbalas.

Islamisation de la France ? L’évidence s’impose. Ils sont partout, les bougres. Leurs séries télévisées, leur Hollywood devenu Allahwood, sans négliger leurs prescripteurs de tendances, omniprésents dans les médias, télévisuels et radiophoniques. Et la presse écrite, tenue en coulisses par les « barbus », cimeterre entre les dents et bombe sous le bras, comme chacun sait.

Ne rigolez pas. C’est faux dans les faits, mais c’est vrai parce qu’on vous le rentre dans le crâne. C’est logique. Et ça participe surtout d’une logique totalitaire. Le « Système », s’il gouverne mal, se défend bien. Il lui faut son guignol, diable peint à la va-vite sur le mur, monstre cloué au pilori sur lequel chaque « bon citoyen » est tenu de jeter ses ordures, au préalable triées, car le Moloch moderne, sachons-le, se doit d’être propre comme le cul d’un nouveau-né. Donc, après le youpin, le facho… le moricaud, islamiste, il va sans dire.

Le bougnoulo-musulman donc, a mauvaise presse. La faute aux médias ? Bien sûr. Mais pas que. Un peu comme le FN d’avant Marine Le Pen. Image parfois pitoyable, due aux mêmes médias, mais pas que, une fois encore. Car même déformée par des gens pas toujours bien intentionnés, cette mauvaise image, on en est toujours un peu responsable. Crânes rasés gavés de bière d’un côté ; pilosité abondante débordant sur des robes de chambre de l’autre : c’est un peu la guerre du poil. Guerre du look et, surtout, des arrière-pensées supposées.

Le Juif et l’antisémite font bon ménage, puisque couple infernal dans lequel l’un ne serait rien sans l’autre. Le raciste et l’antiraciste, idem. Maintenant que la minute quotidienne de haine, orwellienne et obligatoire, a changé de camp, il faut cogner sur le rastaquouère. Et Dieu sait si « l’Occident » ne s’en est pas privé. Gaza transformé en ghetto de Varsovie. Deux guerres en Irak. Une troisième en Afghanistan. Un Iran en voie de vitrification. Une base militaire en Arabie Saoudite, aussi insolente qu’une occupation de l’armée algérienne au Vatican. Et les autres pays de la sphère arabo-islamique sous surveillance : en Égypte, dans les Émirats du Golfe ou en Jordanie, les USA payent les factures. L’Occident est aux manettes, tandis que l’Orient tapine.

Mais c’est l’Occident qui chiale et l’Orient qui se tait. Normal, le maquereau trouvera toujours que ses putes ne rapportent pas assez, vu l’investissement consenti. Et s’indignera, lorsque les bornes auront été franchies, que la fille des rues puisse rendre la claque à son Julot.

En attendant, qui occupe qui et qui bombarde qui ? Évidemment, en France, on peut toujours s’alerter de la flambée immobilière des terrains destinés à accueillir les mosquées en construction, des horaires de piscine, des menus de cantines scolaires et la recrudescence des vols de pains au chocolat durant le Ramadan. Il n’empêche qu’à relire Jacques Bainville, on comprend sans peine que la politique consiste aussi à distinguer le faux adversaire de l’ami de circonstance. Et, au bout du compte, à identifier l’ennemi véritable.

Raisonnement qui amène à dire et à redire que si l’islam peut passer, en grande partie par la mauvaise image qu’il renvoie de la troisième religion abrahamique, pour adversaire, l’ennemi véritable demeure ailleurs. Ennemi d’autant plus délicat à cerner qu’il est fluide et mouvant. Bref, plus aisé à abattre qu’une URSS soviétique, forte de frontières et d’une capitale qu’un Occident libéral se jouant de ces mêmes capitales et frontières.

Pour se convaincre de l’inanité du « danger islamiste », prière de s’en remettre aux réformes sociétales que l’actuel gouvernement tente de nous refourguer de force : vote des étrangers et mariages pour tous. Là, qui est aux manettes ? Ni les Juifs, les lepénistes ou les mahométans qui, normalement, devraient tous défiler de concert le 13 janvier prochain. Mais ces forces plus haut évoquées. Celles de l’argent. Celles d’un monde devenu fou, étrange alliance du Veau d’or et de la Tour de Babel. Le premier se retrouva fondu et la seconde mise en miettes. Voilà qui nous laisse une marge d’espoir. Ces choses dites, même n’étant pas d’extrême droite, j’ai de très bons amis lepénistes, tandis que catholique de tradition, mes amis juifs et musulmans me concèdent l’honneur d’être un antisémite respectable et un islamophobe plus que fréquentable. Mais comme le chantait Georges Brassens, notre maître à tous : les copains d’abord.

Et la France avant tout.

http://www.bvoltaire.fr/nicolasgauthier/a-t-on-encore-le-droit-de-ne-pas-etre-islamophobe,7022