Ca vous surprend ? Le Pen a toujours été l’arbre qui cachait la forêt Sarkozy… en quoi Le Pen serait-il plus « fasciste » que Guéant ou Hortefeux ?

[Oumma.com – 12/09/2012]

Nommer Marine Le Pen à l’Intérieur pour s’assurer une réélection dans un fauteuil, il n’y aurait rien eu d’incohérent, ni même de renversant, quand on s’appelle Sarkozy et que l’on s’est évertué pendant cinq ans à faire sauter toutes les digues de la politique, même les plus dangereusement contre-nature qui soient !

L’ex-hyperprésident d’une oligarchie triomphante aura mis à rude épreuve les grandes valeurs républicaines tout au long d’un mandat qui a fait feu de tout bois. Adepte de la politique du casting et de l’ouverture à gauche, il n’a guère plastronné lorsqu’il a réalisé, un peu tard, que sa stratégie populiste débridée avait revigoré le FN, au point que la fille à papa, Marine Le Pen, réussissait à lui damer le pion et à lui dicter l’agenda idéologique.

Dans sa course effrénée pour torpiller l’ennemi et se maintenir sur son trône,  l’hypothèse d’un rapprochement avec la tornade blonde frontiste, et peut-être même de son entrée au gouvernement, et en poussant le bouchon encore plus loin, à l’Intérieur, aurait été envisagée par sa garde rapprochée.

Cet épisode, passé sous silence quand l’Elysée phosphorait sous les ordres de  Patrick Buisson, ex-cadre du FN et ancien directeur de Minute,  dont l’agence de communication a largement tiré profit de la frénésie sondagière qu’il a lui-même orchestrée, est révélé dans l’ouvrage d’Éric Mandonnet et de Ludovic Vigogne, « Ça m’emmerde ce truc !», qui retrace la campagne d’entre-deux-tours de l’ancien chef de l’Etat, à paraître le 17 octobre prochain chez Grasset.

France Inter, mardi matin, a relaté le passage du livre qui décrit un QG élyséen en pleine ébullition, imaginant tous les scénarios possibles pour coiffer Hollande au poteau, en quête du « bon geste » qui aurait été la main tendue vers la leader du FN. Ce nouveau geste de l’ouverture, qui tenait du glissement à droite toute, émane de Camille Pascal, un proche conseiller, et a germé avant le débat décisif face à François Hollande, mais n’aurait « jamais été formulé devant le président« , selon Patrick Cohen, journaliste de France Inter.

Du côté du Front national, cette rumeur qui a traversé les allées du pouvoir fait sourire, voire jubiler, Florian Philippot assurant que Marine Le Pen n’aurait « jamais accepté de travailler avec Nicolas Sarkozy« , dans un entretien au site Le Lab.

Pour la petite anecdote, les auteurs ont emprunté à Nicolas Sarkozy le titre éloquent de leur livre : « ça m’emmerde ce truc !». Cette nouvelle réplique triviale, tellement révélatrice du peu de considération que l’ex-locataire de l’Elysée avait pour la haute fonction présidentielle, a en effet fusé avant le grand duel qu’il rata en beauté. Au moins, il n’y a pas de doute là-dessus, c’est du Sarkozy dans le texte !

http://oumma.com/14403/qg-de-sarkozy-envisageait-de-proposer-linterieur-a-mar