[Gregor Seither – IES News Service – 20/09/2012]

Paul Ryan, le co-listier ultraconservateur du candidat républicain à la présidentielle U.S., Mitt Romney, était l’invité, en 2005, de l’association libertarienne Atlas Society pour une cérémonie « Hommage à Ayn Rand ». Sur le site de l’association, on peut écouter l’enregistrement de cette soirée. Le discours de Paul Ryan y est fort intéressant. Pour l’éventuel futur vice-président des Etats-unis, la notion même de sécurité sociale et d’assurance maladie publique relève d’une philosophie « collectiviste » et « socialisante ».

En échange, Ryan propose une solution simple : privatiser entièrement la sécurité sociale et l’assurance maladie (Medicare) afin de « forcer les gens à changer de mentalité »,  les convertir d’une philosophie de « collectivisme »  pour en faire des adeptes d’une « philosophie individualiste capitaliste ». Cela permettra d’avoir « plus de gens dans notre camp » qui « cesseront d’écouter les Démocrates ».

Ensuite, José Piñera, l’ancien ministre des affaires sociales sous la dictature de Pinochet a pris le micro pour vanter les mérites du processus ultra-capitaliste mis en place par la dictature, allant jusqu’à parler de « révolution morale » et affirmant que la privatisation de la sécurité sociale au Chili avait transformé les marxistes en capitalistes qui avaient cessé de faire de la politique pour lire l’équivalent chilien du Wall Street Journal. A ce moment là, on peut entendre Ryan approuver bruyamment en s’écriant « Yeah ! », « That’s right ! ».

Concrétisées par les « Chicago Boys« , les économistes chiliens adeptes de l’école économique libertarienne de Milton Friedman, la « révolution morale du capitalisme contre le collectivisme » fit plus de 40 000 victimes emprisonnées, torturées, assassinées au Chili. Les réformes ultralibérales furent menées à marche forcée, la police écrasant toute contestation sociale. Les « atlasiens » du Parti Travailliste néo-zélandais, qui furent de grands admirateurs de la « réforme chilienne » et mirent en place le « New Zealand Experiment » de réformes ultralibérales dans les années 1980 le disent d’ailleurs très clairement :

Si l’on veut mener une politique d’ajustement structurel, l’idéal est de pouvoir le faire dans une situation ou l’opposition politique à ces réformes peut être discréditée, handicapée par tous les moyens et, si nécessaire, réprimée. Il faut une équipe de technocrates qui ont une vue commune et cohérente de ce qui doit être fait. Cette équipe doit avoir les leviers du pouvoir exécutif en main et pouvoir orienter de manière efficace l’opinion publique par un accès privilégié aux médias. Il faut un leader qui ait une vision historique et qui n’ait pas à se soucier des retombées politiques ou électorales de ces réformes radicales et profondes. Le contrôle qu’exercera l’équipe sur l’opinion, permettra de se protéger de telles retombées. (citation)

Discours de Ryan : http://www.atlassociety.org/ele/blog/2012/04/30/paul-ryan-and-ayn-rands-ideas-hot-seat-again

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