[ Jean Pierre Blettner, Jacques Cheminat – Le Monde Informatique – 06/06/2012]

Cette prévision est l’avis d’un analyste américain. D’autres consultants restent plus mesurés, mais incitent Facebook à miser sur la mobilité comme futur vecteur de croissance.

« Facebook va disparaître d’ici 5 à 8 ans, de la même manière que Yahoo a disparu » affirme Eric Jackson, fondateur de Ironfire Capital. Certes, « Yahoo est toujours bénéficiaire, a toujours 13 000 employés, mais la firme représente à peine 10% de la valeur qu’elle avait atteint en 2000. D’une certaine manière Yahoo a disparu ».

Le problème de Facebook, c’est le mobile. Ce qui laisse une chance à ses concurrents. « Regardez comment Google se bat pour délivrer des services dans les réseaux sociaux, c’est le même problème pour Facebook et le mobile » constate Eric Jackson. La bourse sanctionne d’ailleurs cette lacune et l’action de Facebook s’établit désormais à 25,9$, très en-dessous du cours d’introduction.

Cet avis n’est cependant pas partagé par Patrick Moorhead, analyste chez Moor Insights & Strategy. Il pense toutefois que la firme pourrait bien rencontrer des problèmes.  « Facebook ne va pas disparaître, dans les cinq ans, mais sa croissance ne sera plus similaire. Même avec la croissance de sites plus verticaux, comme Pinterest, Instagram ou Goba, les particuliers auront besoin d’une base sociale où toutes leurs relations et leurs amis sont accessibles. » Il y a toujours une nouvelle société collant aux roues d’un leader, et Facebook ne sera pas différent des autres. « Cela n’est pas différent de la disparition de Altavista, de AOL ou de Yahoo. Les utilisateurs goûtent à la technologie puis changent. »
Pour Dan Olds, analyste chez The Gabriel Consulting Group, « Facebook fait de lents progrès en matière de mobiles. La plupart des utilisateurs trouvent l’interface mobile difficile à lire et à utiliser. Mais Facebook a récemment repensé son interface mobile afin de mieux visualiser les images, notamment. Et ils doivent améliorer leur modèle économique pour les annonceurs. » Un avis partagé par Brad Shimmin, un analyste de Current Analysis, « le mobile est un élément moteur du marché, dans lequel Facebook aura un rôle important à jouer, s’il arrive à répondre efficacement à cette tendance ».

Reste que Facebook a créé des milliardaires et des millionnaires.  Et il ne va pas manquer de challengers plus rapides et sans complexe pour pointer sa lourdeur.

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