.. du moins si l’on en croit les rumeurs récoltées par Emmanuel Ratier, qui est généralement bien informé !

[Faits & Documents n° 335 – Avril 2012]

Les rumeurs vont bon train quant à la composition du (probable) premier gouvernement de François Hollande, nombre des dirigeants socialistes s’y voyant déjà. Ce gouvernement, sans doute nombreux, sera à coup sûr nettement rajeuni avec une disparition des vieux caciques socialistes dont Jack Lang est le parfait représentant.

Jean-Marc Ayrault, président du groupe PS à l’Assemblée nationale, est donné comme favori pour le poste de Premier ministre. Principaux outsiders, la maire de Lille Martine Aubry (mais qui prendra plus sûrement la présidence de l’Assemblée nationale en juin pour cause d’incompatibilité d’humeur avec Hollande) et Michel Sapin, ancien ministre de l’Économie et des Finances.

À Bercy, est évoquée l’arrivée de Jérôme Cahuzac, président de la commission des Finances de l’Assemblée nationale (qui pourrait sinon prendre le Budget, les Comptes publics et la Fonction publique), avec pour outsider Pierre Moscovici.

Manuel Valls paraît être le favori pour la Place Beauvau. Il aura, à ce poste, la lourde tâche d’organiser les élections législatives. Principal concurrent, François Rebsamen, responsable du pôle sécurité de la campagne présidentielle et influent franc-maçon (comme Manuel Valls…).

Au Quai d’Orsay, la place de ministre des Affaires étrangères paraît promise à Laurent Fabius, de préférence à Pierre Moscovici, jugé trop inexpérimenté. À la Justice, place Vendôme, on attend André Vallini, responsable de la justice dans l’équipe Hollande, ou l’ami personnel de ce dernier, Me Jean-Pierre Mignard (qui vient d’embaucher Thomas Hollande).

À l’Éducation nationale, Vincent Peillon a toutes ses chances bien qu’il ait été le porte-parole de Ségolène Royal en 2007.

Les Affaires sociales (ou la Santé) devraient revenir à Marisol Touraine, à moins que Jean-Marie Le Guen ou Claude Bartolone ne l’emporte.

À la Défense, le poste paraît promis à Jean-Yves Le Drian, d’autant qu’il a déjà effectué tout dernièrement plusieurs voyages aux États-Unis pour rencontrer les responsables de l’OTAN.

La Culture pourrait être attribuée à l’ambitieuse féministe Aurélie Filippetti, en charge de la culture et des médias dans l’équipe Hollande, mais elle pourrait devoir se contenter de la Communication et des Médias en raison des forcings effrénés de Jérôme Clément, l’ancien patron d’Arte, et d’Olivier Poivre d’Arvor, directeur de France Culture. Voire Anne Hidalgo ou Fleur Pellerin.

À l’Industrie, on évoque Alain Rousset, Arnaud Montebourg ou l’ex-patronne d’Areva Anne Lauvergeon (qui pourrait sinon prendre les Transports, l’Énergie, voire le Commerce extérieur).

L’Agriculture, poste peu prisé, reviendrait à Stéphane Le Foll, le ministère du Travail à Alain Vidalies, la Recherche et l’Enseignement supérieur à la mélenchoniste Clémentine Autain, les Affaires européennes à Elisabeth Guigou, le Logement à Vincent Feltesse, le Sport à Valérie Fourneyron, le Tourisme à Patrick Mennucci, la Coopération à Kader Arif, à l’Outre-Mer Victorin Lurel, Juliette Médéal ou Marie-Arlette Carlotti aux Droits des femmes, Najat Vallaud-Belkacem ou Clémentine Autain à la Jeunesse, Bruno Le Roux ou Stéphane Le Foll aux Relations avec le Parlement.

Favorite pour le ministère de l’Écologie (à la différence d’Eva Joly, qui va être rapidement oubliée), Cécile Duflot n’obtiendra ce poste qu’à la condition de parfaitement contrôler les troupes et cadres d’Europe Ecologie-Les Verts, en particulier lors des élections législatives où les candidatures de socialistes dissidents vont être pratiquement systématiques. Autres personnalités possibles : Denis Baupin, Yannick Jadot, Jean- Vincent Placé et le député François de Rugy (qui a soutenu Hollande aux primaires socialistes).

Le Parti socialiste pourrait revenir à Pierre Moscovici, voire demeurer à Martine Aubry. En outsider est cité celui qui a assuré l’intérim de Martine Aubry pendant les primaires, Harlem Désir, le premier président de SOS Racisme, à moins que son ancien camarade trotskyste Jean- Christophe Cambadélis ne l’emporte. Le choix du premier traduirait l’orientation du PS voulue par Terra Nova en direction des groupes ethniques (ce d’autant que le droit de vote aux immigrés noneuropéens sera accordé d’ici mai 2013).

Le poste de président de l’Assemblée nationale pourrait revenir à Martine Aubry (plus à sa place qu’à Matignon) ou à Pierre Moscovici, voire à Ségolène Royal, que François Hollande préférerait ne pas avoir dans le gouvernement. La présidence du groupe socialiste serait normalement accordée à Bruno Le Roux.

A l’Élysée, on évoque comme secrétaire général Aquilino Morelle, Jean-Pierre Jouyet (ce très vieil ami de François Hollande, un temps secrétaire d’État sarközyste aux Affaires européennes puis président de l’Autorité des marchés financiers, aura de toute manière un poste important afin de tenter de rassurer les marchés financiers internationaux, les turbulences devant sans doute réapparaître avant même le second tour de l’élection présidentielle) voire Jean-Louis Bianco ou Stéphane Le Foll.

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