Voir l’article de ce matin… tout se passe comme planifié sur les rives du Potomac…

[L’Express – 02/04/2012]

Au moment où étaient prises ces décisions, l’AFP apprenait de sources concordantes que la ville historique de Tombouctou, ancien haut-lieu touristique du Mali, était tombée aux mains des islamistes d’Ansar Dine (défenseur de l’Islam) et d’Al-Qaïda au Maghreb islamisue (Aqmi).

Retour de Libye d’un chef d’Aqmi

Iyad Ag Ghaly, chef d’Ansar Dine, « est venu ce matin avec cinquante véhicules. Ils ont pris la ville, chassé les gens du Mouvement national de libération de l’Azawad (MNLA, rébellion touareg)), qui étaient là, ont brûlé le drapeau du MNLA et ont mis leur drapeau au camp militaire de la ville« , a affirmé Moussa Haïdara, caméraman, qui a filmé l’entrée dans la ville de Iyad Ag Ghaly.

L’agence d’information en ligne mauritanienne Al-Akhbar, généralement bien informée sur la situation au Nord-Mali, a affirmé lundi que « des forces d’Aqmi ont investi dimanche soir la ville de Tombouctou, avec 50 véhicules surarmés« .

L’un des chefs d’Aqmi, « Yahya Abou Al-Hammam, est entré dans la ville et fait de l’ancien état-major » de l’armée malienne « dans la ville son Quartier général« .

« Désormais, les drapeaux d’Aqmi flottent sur l’état-major et partout dans le reste de la ville« , ajoute Al-Akhbar.

Un chef historique d’Aqmi, l’Algérien Mokhtar Belmokhtar, qui était parti en Libye depuis plusieurs semaines, est revenu dans le nord du Mali, a par ailleurs appris lundi l’AFP de sources sécuritaires régionales.

« Il semble qu’on le voit de plus en plus aux côtés de Iyad Ag Ghaly« , a affirmé l’un de ces sources.

Sous pression, la junte qui a pris le pouvoir le 22 mars avait promis dimanche le retour à un pouvoir civil et une transition vers des élections à une date non précisée.

La rébellion touareg du MNLA et les autres composantes de la rébellion, groupes islamistes et trafiquants, ont pris coup sur coup depuis vendredi les trois capitales régionales du nord: Kidal, Gao et Tombouctou, sans rencontrer de résistance.

Rien –et surtout pas l’armée malienne en déroute– ne semble pouvoir stopper cette fulgurante offensive, qui suscite beaucoup de craintes parmi les populations.

Des centaines d’habitants de Mopti (centre) et de ses environs, incluant des militaires et leurs familles, ont quitté leurs domiciles, craignant l’avancée des rebelles, ont indiqué des témoins.

Des scènes de vandalisme ont aussi été constatées dans les régions nouvellement capturées et une banque a été dynamitée lundi à Gao où les vivres commencent à manquer. Neuf soldats ont été tués lors de la prise de cette ville samedi, selon des témoins.

L’avancée rebelle a été rendue possible à la fois par la désorganisation de l’armée malienne, aggravée par le putsch, mais également par l’armement lourd dont dispose la rébellion et les groupes islamistes, ramené de Libye par des centaines de supplétifs du colonel Mouammar Kadhafi, qui ont combattu à ses côtés avant la chute de son régime en août 2011.

La junte, dirigée par le capitaine Amadou Sanogo, avait justifié son coup d’Etat par « l’incompétence » du président ATT à combattre la rébellion dans le nord.

Sur le terrain, le putsch a eu pour principal effet d’accélérer l’offensive du MNLA et de ses « alliés » du moment. Mais leur domination sur tout le nord pourrait paradoxalement exacerber leurs rivalités.

Les hommes d’Ansar Dine ont clairement annoncé leur intention d’appliquer la charia dans tout le Mali, la MNLA, mouvement laïque souhaitant, lui, créer un Etat touareg dans le nord du pays.

Le Conseil de sécurité de l’ONU se réunira mardi pour examiner la crise au Mali.

http://www.lexpress.fr/actualites/1/monde/mali-embargo-ouest-africain-menace-d-intervention-armee-avancee-islamistte_1100489.html