(Remarque de Dov: ) Daniel Bensaïd et George Orwell l’avaient déjà très bien analysé : La première caractéristique des biens-pensants de gauche, c’est de vouloir préservers les esprits du peuple de la pollution par des idées jugées « fausses » et « offensantes ». Nul ne censure aussi vite et bien qu’un militant de gauche.

Il est amusant de voir les gauchistes oublier le premier précepte de Karl Marx: la libération des travailleurs ne peut venir que par une seule chose – la prise de possession des moyens de production par ces mêmes travailleurs.

L’erreur, c’était de laisser MB devenir un poids lourd de la blogosphère militante en se reposant sur son outil « privé » de publication plutot que d’en créer un qui serait vraiment participatif, inclusif et ouvert.  Aujourd’hui, MB est propriétaire de demosphère, et étant donné que nous vivons dans un système capitaliste, il fait ce qu’il veut « chez lui » sur « son » domaine.. y compris virer les gens qui ne lui plaisent pas. C’est nul de sa part, cela montre bien que derrière chaque gauchiste se cache une ame de petit flic moralisateur, mais c’est comme ça…

(sans parler de la tendance quasi pavlovienne des militants travaillant de près ou de loin dans l’Education Nationale à « savoir ce qui est bon pour toi » et à être persuadés de la justesse de leurs points de vue —  il faudra bien un jour aborder la question du poids énorme des « profs donneurs de leçons » dans l’orientation et le leadership de la mouvance sociale. )

Si Révolutives veut pouvoir bénéficier d’une plateforme ouverte et démocratique, et bien il faut qu’ils crachent dans leurs mains et qu’ils en construisent une.

La même chose vaut pour Facebook, Youtube, Gmail, Googlegroups, Skyblog…  vous n’avez aucun « droit » sur ces plateformes, elles ne vous appartiennent pas, ils font ce qu’ils veulent des contenus que vous y postez et s’ils décident un jour de censurer vos contenus (comme ils le font tous les jours) ou bien tout simplement de fermer boutique, et bien vous ne pourrez rien faire.

A vous d’en tirer les conclusions qui s’imposent. La libération des internautes sera l’oeuvre des internautes eux-mêmes à travers la maîtrise des outils de production. Rien n’a changé depuis 1848 et le vieux Karl.🙂

Note de Dov (11/04/2012) – le proprio censeur de Demosphère nous demande de virer son nom parce qu’il craint pour sa e-réputation… on veut bien le faire, même si on préfère les gens qui avancent à visage découvert. Ceci dit, outre le fait que tout le monde sait qui se cache derrière Demosphère, un simple coup d’oeil au WHOIS suffit…🙂

Cela ne change rien au reste de mes commentaires. Et ce n’est pas parce que des sites de facho reprennent ce texte que son contenu est pour autant facho comme les demeurés de Indymedia Paris semblent le croire. Ce n’est pas parce que les SA de Ernst Röhm considéraient Karl Marx comme un grand philosophe qu’il faut s’abstenir de lire Marx. Et c’est très joli Wagner, indépendamment de son fan club nazi. 

Mais ca ne sert à rien de parler avec des curés…

[revolutives – 31/03/2012]
Impossible de faire le compte des sites qui ne fournissent du contenu que parce qu’ils ont su fédérer autour d’eux toute une communauté de contributeurs et contributrices bénévoles. C’est la belle histoire d’amour, contée par les gagas d’Internet, entre les possesseurs des tuyaux et leurs usagèr-e-s créatifs/ves… mais parfois ça tourne mal. On a ainsi vu ces sites se vendre, avec les contenus qui ont été créés bénévolement, pour des millions. Ou l’accès devenir payant et générer des recettes qui vont dans une seule poche. L’histoire se répète, mais on continue à regarder le rêve des grandes œuvres coopératives tout en niant la réalité de leur gouvernance trop souvent oligarchique. L’histoire se répète, de la grosse machine qui finit cotée en bourse… au petit site militant. C’est celle d’une gouvernance qui est rarement abandonnée à la communauté : celui ou celle qui possède la structure matérielle du site refuse trop souvent de partager sa main-mise.

Rêvolutives rigolait il y a quelques années de ce refus de questionner la prise de décision sur le net, en s’attachant seulement aux potentialités (extraordinaires, certes) d’agrégation des contenus. Nous avions rédigé une réponse à une secrétaire d’État à l’économie numérique qui encensait le caractère non-hiérarchique et horizontal d’Internet, sans accepter jusqu’au bout l’exploitation de ses potentialités démocratiques : cela « nous fai[sai]t bien plus penser au nouveau management (« bosse toujours », ici « cause toujours ») qu’à une rénovation démocratique » <http://www.revolutives.fr/2010/03/tu-viens-revolutives-repond/>. Aujourd’hui nous en rions plus jaune.

Nous avons posté pendant plusieurs années nos rendez-vous sur le site demosphere.eu, comme beaucoup de groupes militants à Paris. Alors que ce site est désormais le plus visité, bénéficiant de relais et de partenariats nombreux (dont celui de Politis), nous subissons des refus de publication toujours plus fréquents de la part du modérateur du site, au point de ne plus recevoir de justification de ces refus. Après des tentatives de conciliation infructueuses, nous n’envisageons plus d’autre solution pour contourner ce blocage que de porter la question sur la place publique.

Au nom de quoi le propriétaire de l’interface demosphere.eu, MB, chercheur en informatique  et créateur d’une très bonne interface web, aurait-il le droit de juger des contenus publiés sur demosphere.eu ? Parce qu’il en est le propriétaire ? C’est la réponse de l’économie dominante, et nous ne sommes pas certain-e-s qu’elle soit légitime… Parce que les règles sont claires et acceptées par la communauté ? Notre association est, comme celles qui profitent de l’écho du site, « porteuse d’un message de « progrès social » et ne promeut aucune forme de domination (économique, sexiste, raciste, etc.) »

Si le proprio peut dire sans recours possible, à propos d’une rencontre organisée autour de la pensée de Serge Moscovici et dont l’annonce ne paraîtra jamais sur le site, qu’à vue de nez, il trouve le sujet de la rencontre peu pertinent ou les intervenant-e-s pas assez radical-e-s, on est en face d’un grave problème d’appropriation d’un espace commun.

« Les rdv proposés par Rêvolutives, nous disait MB au sujet de son avant-dernier refus, nous demandent parfois un effort particulier. Les intervenants sont parfois des philosophes ou penseurs que nous avons du mal à situer politiquement. Plus largement, la mouvance écologiste semble composée d’acteurs ayant des positions politiques très variées. Cette diversité ne simplifie pas notre travail. »

Cette diversité, c’est pourtant l’une des ambitions du site.

Nous pensons qu’elle est mal servie par une modération solitaire, à la gueule du client, et sur une culture politique qui ne nous a jusqu’ici pas épaté-e-s (nous avons tout lieu de croire que notre interlocuteur a confondu Serge Moscovici, militant écolo et chevelu dans les années 1970, anthropologue et psychologue social, avec son fils Pierre, apparatchik PS !). Si modération il y a (il y a toujours modération sur Internet), celle-ci ne devrait-elle pas être le fait des visiteurs et visiteuses, engagé-e-s à signaler après publication un contenu non-pertinent, comme cela se fait sur d’autres sites utilisant l’interface Demosphere ? ou d’un groupe d’usagèr-e-s, issu du monde militant parisien et garant d’une certaine diversité des sensibilités ? Les solutions existent pour rendre l’ensemble de la communauté responsable du contenu.

C’est l’exigence que nous formulons vis-à-vis du site demosphere.eu. Les outils du changement social et écologique doivent être gérés de manière collégiale, et ne peuvent reproduire les confiscations individuelles et les prés carrés de l’économie dominante. A quoi bon demander comme nous le faisons le respect des biens communs mondiaux, si nous mêmes ne sommes pas capables d’administrer ensemble l’agenda qui rend compte de notre activité militante ? Votre soutien est le bienvenu pour appuyer notre demande, merci de nous adresser un message à l’adresse contact@revolutives.fr en mettant marcel@demosphere.euen copie.