[Emmanuel Ratier –  Faits & Documents n°309 – Janvier 2011]

Arrivées inattendues au bureau politique, sur choix de Marine le Pen, de deux personnalités inconnues non élues au comité central mais appartenant à son groupe de réflexion. D’abord, Laurent Ozon, 43 ans, chef d’entreprise spécialisé dans la sécurité informatique, la biométrie et la vidéosurveillance. Fondateur du club Maison commune, un mouvement localiste, protectionniste et écologique (cf entretien à L’Unité normande, janvier 2011), ce proche de la Nouvelle Droite, du Mouvement écologiste indépendant d’Antoine Waechter et des Identitaires est l’un des rares intellectuels de droite à avoir réfléchi sur l’écologie et à avoir défendu des positions de droite au sein des Verts et d’Europe Écologie (il a participé à plusieurs réunions constitutives de ce nouveau parti de mars 2009 à février 2010).

Défenseur d’une écologie « profonde » (mouvement de la « deep ecology » très présent dans le monde anglo-saxon, parfois qualifiée d’« écologie fondamentaliste »), Laurent Ozona a fondé et dirigé, de 1994 à 2000, la passionnante revue Le Recours aux forêts, très proche des thèses de feu Edward Goldsmith, frère du milliardaire Jimmy Goldsmith, fondateur de la revue The Ecologist et père de l’écologie outre-Manche.

En 1999, Ozon avait animé le collectif Non à la guerre, principale organisation d’opposition aux bombardements de l’OTAN contre la Yougoslavie. Sa nomination annonce un programme présidentiel beaucoup plus écologique que précédemment, avec une vraie réflexion, susceptible d’attirer une partie de la frange écologiste.

Seconde personnalité, tout aussi méconnue, le géopoliticien David Mascret (qui signait jusqu’alors Mascré). Docteur en mathématiques, en philosophie et en histoire des sciences, titulaire d’un troisième cycle en analyse des menaces criminelles contemporaines, il est chargé de cours en mathématiques à l’université Paris V et professeur de géopolitique à l’École des Hautes études internationales et à HEC, collaborant à diverses revues de géopolitique ou de criminologie d’inspiration néoconservatrice. Il a notamment publié un plaidoyer pro domo sur Ilan Halimi, Des barbares dans la cité (Éditions de l’infini). Une des raisons qui lui valent d’entretenir d’excellentes relations avec la communauté juive. Il a été invité à plusieurs salons du livre du B’naï B’rith (notamment en 2009 et 2010). Il a également signé avec Jean- Michel Vernochet les trois tomes de Crise, krach, collapsus (Éditions de l’infini).

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