Oumma.com et Saphirnews sont des organes de la CIA ? Oh putain ! D’un autre coté, quand on voit comment les jeunes des banlieues se font emmerder chaque jour, pas étonnant qu’ils sont réceptifs au discours de l’ambassade U.S. – il vaut mieux qu’ils aillent se faire endoctriner à New-York que d’aller faire le Jihad à Kandahar…

[Emmanuel Ratier – Fait & Documents n°308 – Janvier 2011]

Au travers de nos enquêtes sur les American Presence posts (n° 94) ou sur la French-American Foundation (n° 271 et 272), F&D a été le premier média français à s’interroger sur la restructuration de l’influence américaine en France. Nous avons également rapporté, à plusieurs reprises, l’étrange comportement de l’ambassade américaine dans les banlieues françaises de non-droit avec le rôle majeur de la très discrète Randiane Peccoud (n° 303). Autant d’éléments aujourd’hui corroborés par un stupéfiant document de l’ambassade américaine à Paris, rendu public grâce au site internet Wikileaks. Sans surprise, ce document a été passé sous silence par tous les grands médias français. Alors même qu’il démontre l’ampleur des manipulations secrètes américaines dans les banlieues françaises en direction des « minorités visibles », en particulier musulmanes, et l’existence d’une stratégie d’influence de grande ampleur. Les moyens décrits sont si grossiers qu’on a l’impression de consulter le programme d’introduction de la démocratie auprès des talibans en Afghanistan, la France étant ravalée au rang d’un simple bantoustan. Nous donnons ensuite divers exemples de cette stratégie.

Les menées américaines en France ne sont pas nouvelles. Sydney Hooks, un des responsables du Congrès pour la liberté de la culture, un vaste programme financé par la CIA durant la Guerre froide, déclarait en 1947 : « Rééduquer, réinformer le public français, me semble être la tâche la plus fondamentale aussi bien que la plus urgente pour la politique démocratique américaine en France. » Et, dans son livre Qui mène la danse ? La CIA et la guerre froide culturelle (Denoël), l’historienne Frances Stonor Saundes cite en page 160 un certain Donald Jameson, agent de la CIA, qui donne ici une parfaite définition de « l’idiot utile » : « En ce qui concerne les attitudes que l’Agence (NDA : la CIA) voulait inspirer à travers ces activités, ce qu’elle aurait voulu manifestement produire, c’est des gens qui par leur propre raisonnement et convictions seraient persuadés que tout ce que les États-Unis accomplissaient était juste. »

Ceux qui croiraient que ces pratiques de la Guerre froide sont enterrées depuis belle lurette se trompent : elles sont à nouveau utilisées en France depuis plusieurs années en direction de ceux qui seront bientôt les nouveaux supplétifs des Américains : les minorités immigrées, en particulier musulmanes. C’est du moins ce qu’indique sans aucune ambiguïté un rapport de l’ambassadeur américain actuellement en poste à Paris. Comme l’écrit Benjamin Pelletier (sur le plus que passionnant blog « gestion des risques interculturels »),

« Wikileaks a permis de lever le voile sur ce qui était déjà une évidence : les Américains sont clairement engagés dans une stratégie d’influence de grande ampleur vis-à-vis des minorités en France […] Il ne s’agit pas là d’une découverte, mais d’une confirmation : il y a une claire et nette entreprise de manipulation des minorités en France par les Américains. Les opérations mises en oeuvre sont scrupuleusement planifiées, suivies et dévaluées. »

A) Le rapport secret de l’ambassade américaine.

Pour s’en convaincre, il suffit de lire le rapport de l’actuel ambassadeur américain à Paris, Charles Rivkin, envoyé le 19 janvier 2010 au Secrétariat d’État américain sous le titre : Embassy Paris, Minority Engagement Strategy (disponibles à http://213.251.145.96/cable/2010/01/10PARIS58. html et partiellement, en français, sur le site http:// gestion-des-risques-interculturels.com).

En voici les passages les plus importants (NdL&I – en bleu), avec nos remarques.

1) Résumé.

« Au regard des circonstances et de l’histoire uniques de la France, l’Ambassade américaine a créé une Stratégie d’Engagement envers les Minorités qui concerne, parmi d’autres groupes, les musulmans français. Notre objectif est de mobiliser la population française à tous les niveaux afin d’amplifier les efforts de la France pour réaliser ses propres idéaux égalitaires, ce qui par suite fera progresser les intérêts nationaux américains. Alors que la France est à juste titre fière de son rôle moteur dans la conception des idéaux démocratiques et dans la promotion des droits de l’homme et de l’État de droit, les institutions françaises ne se sont pas montrées elles-mêmes assez flexibles pour s’adapter à une démographie de plus en plus hétérodoxe. »

Remarque : bref, l’objectif est de faire progresser l’influence américaine en France via les minorités immigrées par le biais de l’égalitarisme forcené de manière à accélérer l’affaiblissement de l’identité française. Sans que cela soit écrit, mais cela ressort de tous les textes, l’objectif n’est pas l’intégration (« meltingpot ») mais le multiculturalisme.

2) Arrière-plan : La crise de la représentation en France.

« La France a fait longtemps la promotion des droits de l’homme et de l’État de droit, à la fois sur son territoire et à l’étranger, et se perçoit elle-même à juste titre comme un leader historique parmi les nations démocratiques. cette histoire et cette perception nous serviront d’autant plus que nous mettrons en oeuvre la stratégie exposée ici, et qui consiste à faire pression sur la France afin qu’elle s’oriente vers une application plus complète des valeurs démocratiques qu’elle promeut. »

Remarque : Les États-Unis vont donc utiliser le piège de la démocratie « droit de l’hommiste » contre la France : reprendre au profit des États- Unis le discours français pour développer sa stratégie d’influence, comme le montre le passage suivant avec un passage précédent non traduit sur la sous-représentation des « minorités visibles » dans les instances politiques. Le rapport fait ensuite un récapitulatif de la diversité en France :

«un seul député noir en métropole, aucun député arabe ou musulman d’origine (NDA : ce qui est totalement faux, cf. par exemple Arnaud Montebourg) [NdL&I : Arnaaud Montebourg est arabe ????], deux sénateurs musulmans, aucun sénateur noir, aucun ambassadeur noir et un seul d’origine arabe. »

Les minorités continuent à se heurter à un mur de verre très épais dans les institutions publiques. »

« Les médias français restent très largement blancs, avec seulement une modeste amélioration de la représentativité des minorités face aux caméras des principaux journaux télévisés. Parmi les institutions éducatives de l’élite française, nous ne connaissons que Sciences-Po qui ait pris d’importantes mesures en faveur de l’intégration (NDA : avec Richard Descoings, intervenant régulier de la French American Foundation et membre du comité exécutif du programme européenne de la Columbia University). »

« Nous croyons que la France n’a pas profité complètement de l’énergie, du dynamisme et des idées de ses minorités […] Selon notre point de vue, un échec durable pour développer les opportunités et fournir une authentique représentation politique à sa population minoritaire pourrait faire de la France un pays plus faible et plus divisé. Les conséquences géopolitiques de la faiblesse et de la division de la France affecteront négativement les intérêts américains, dans la mesure où nous avons besoin de partenaires forts au coeur de l’Europe pour nous aider à promouvoir les valeurs démocratiques. »

Remarque : la France apparaît comme l’une des têtes de ponts des États-Unis en Europe.

3) Une stratégie pour la France : nos objectifs.

« L’objet essentiel de notre stratégie de sensibilisation envers les minorités consiste à mobiliser la population française à tous les niveaux afin de l’aider à réaliser ses propres objectifs égalitaires. Notre stratégie est concentrée sur trois grands publics cibles :

  • 1) la majorité et spécialement les élites.
  • 2) les minorités avec une attention particulière pour les leaders.
  • 3) la population en général.

En utilisant les sept tactiques (explicitées) ci-dessous, nous visons :

  • 1) à accroître la conscience des élites de France à propos des bénéfices qu’il y a à élargir les opportunités et des coûts qu’il y a à maintenir le statu quo.
  • 2) à améliorer les compétences et développer la confiance des leaders de la minorité qui cherchent à augmenter leur influence.
  • 3) à communiquer à la population générale de France notre admiration particulière pour la diversité et le dynamisme de sa population, tout en insistant sur les avantages qu’il y a à bénéficier de ses qualités en ouvrant les opportunités pour tous. »

– Tactique 1. S’engager dans un discours positif.

« Nous concentrerons nos discours sur le problème de l’égalité des chances. Quand nous ferons des déclarations publiques au sujet de la communauté des démocraties, nous insisterons sur les qualités de la démocratie, dont le droit à être différent, la protection du droit des minorités, la valeur de l’égalité des chances et l’importance d’une authentique représentation politique. (Nous soulignerons) les avantages que nous avons accumulés dans le temps en travaillant durement pour éliminer les obstacles rencontrés par les minorités américaines. »

Unique photo (D.R.) connue sur internet de Randiane Peccoud (ici lors d’une réunion du Conseil représentatif des institutions noires de France), officiellement « chargée de la société civile » à l’ambassade américaine. Mais, en réalité, responsable des opérations de l’ambassade américaine en direction des communautés musulmanes, noires et arabes. Selon l’élu socialiste Ali Soumaré, qu’elle a longuement « traité », elle dispose du « meilleur carnet d’adresses français de la diversité (avec) tous les contacts : leaders d’opinion, politiques et associatifs. »Remarque : avec ses gros sabots et faisant fi tant de l’histoire américaine (massacre des Indiens, esclavage, puis ségrégation jusque dans les années 1960) que des problèmes récurrents posés par les minorités noires et hispaniques (chômage, émeutes, criminalité, drogue, etc.), l’ambassadeur des États-Unis plaque grossièrement sur la réalité française la grille américaine. Comme l’écrit Benjamin Pelletier, « ce n’est pas parce qu’il y a en France des Noirs que l’on peut aborder la question de leur représentation et de leur reconnaissance de la même façon qu’aux États-Unis. Cette grille de lecture est également idéologique car elle suppose que les Américains ont vraiment résolu la question de la représentation et de la reconnaissance des minorités. Or les barrières du communautarisme sont encore plus grandes aux États-Unis qu’en France. »

« Nous poursuivrons et intensifierons notre travail avec les musées français et les enseignants pour réformer les programmes d’histoire enseignés dans les écoles françaises, de telle sorte qu’ils prennent en compte le rôle et le point de vue dans l’histoire de France. »

Remarque : ce travail de « décervelage » et de « rééducation » (au sens de la « rééducation » du peuple allemand après 1945) est en cours depuis plusieurs années, des pans entiers de l’histoire de France ayant déjà disparu. Il est à noter que les principales maisons d’édition de manuels scolaires sont sous le contrôle des multinationales et des fonds de pension américains.

– Tactique 2. Mettre en avant un exemple fort.

« Nous utiliserons le moyen de l’exemple. Nous poursuivrons et élargirons nos efforts pour faire venir en France des leaders des minorités des États-Unis […] Quand nous enverrons des dirigeants français en Amérique, nous inclurons aussi souvent que possible un élément de leur séjour qui concernera l’égalité des chances. À l’ambassade, nous continuerons à inviter à nos événements un large spectre de la société française et nous éviterons ainsi d’organiser des événements où il n’y aurait que des blancs ou que des minorités. »

– Tactique 3. Lancer un programme militant de mobilisation de la jeunesse.

« Nous poursuivrons et étendrons nos efforts de sensibilisation de la jeunesse afin de communiquer sur nos valeurs communes avec le jeune public français de quelque origine socioculturelle que ce soit. En soutenant cet effort, l’agence Youth Outreach, initiative de l’ambassade, vise à produire une dynamique positive parmi la jeunesse française qui mène à un plus grand soutien pour les objectifs et les valeurs des États-Unis […] Nous développerons aussi de nouveaux outils pour identifier les futures personnes d’influence françaises, apprendre des futurs dirigeants français et les influencer. »

Remarque : les États-Unis considèrent comme normal d’influencer la jeunesse des peuples étrangers. Cette politique est coordonnée en France par Randiane Peccoud depuis une dizaine d’années et par Mark Taplin, chef de mission adjoint à l’ambassade des États-Unis depuis juillet 2010.

Mark Taplin est un spécialiste de la manipulation des masses et des médias. De 2008 à 2010, il a été chargé de cours en diplomatie publique à l’École des médias et relations publiques de la George Washington University. Son cours s’intitulait Théorie et pratique de la diplomatie publique ; informer, influencer, établir le dialogue avec le public et les institutions au niveau international. Examen conceptuel et historique de la diplomatie publique, pratiques actuelles et enjeux contemporains, incluant la diffusion de l’information, les échanges scolaires et culturels, l’audiovisuel international.

Animant alors un blog, il diffusait alors les techniques encore méconnues de la stratégie américaine en matière de « smart power », l’alliance entre le « soft power » et le « hard power », en bref et traduit en français l’alliance de l’influence et de la contrainte.

Le 22 janvier 2010, deux jours après une conférence organisée par Charles Rivkin à Paris, destinée à faire le point sur le couple américano-français, cet expert en manipulation citait l’un des intervenants à ce colloque, le ministre des Affaires européennes Pierre Lellouche (atlantiste bien connu, membre de la Commission trilatérale, etc.) alors qu’il parlait de la catastrophe d’Haïti : « Je crois qu’il est absurde d’introduire dans ce qui est une opération d’urgence l’idée d’une compétition, de je ne sais quelle compétition entre la France et les États-Unis, ou l’Europe et les États-Unis. » Et pour Taplin, avec cette seule phrase, pourtant convenue en apparence, l’objectif de la conférence était totalement atteint : un Français, qui plus est responsable européen, faisait du « suivisme » des États-Unis, se couchait devant les États-Unis.

Unique photo (visible sur le site de l’ambassade des États-Unis à Paris) de Mark Taplin, chef de mission adjoint et spécialiste des manipulations de groupes. Il a déjà agi avec la préparation, en Ukraine, de la « révolution orange ». Ici avec Laurent Fabius lors d’une réception récente. Photo State Department/P. Maulavé).Il s’opposait ainsi au secrétaire d’État à la Coopération Alain Joyandet (remercié deux mois plus tard pour une obscure histoire d’avion privé utilisé pour se rendre en Martinique…) qui avait osé s’interroger sur les bâtons mis dans les roues des équipes humanitaires françaises par les militaires américains qui contrôlaient l’aéroport d’Haïti et refusaient l’atterrissage de deux avions. Pour Taplin, Lellouche était l’homme idoine, celui qui parlait à la place des Américains en défendant leur position impérialiste et antifrançaise. Ce que d’aucuns appelleraient un « idiot utile ».

Comme l’indique toujours l’indispensable Benjamin Pelletier (Diplomatie publique et « culture de l’interculturel »), Mark Taplin a été, de 2002 à 2004, directeur du bureau des affaires de l’Ukraine, la Moldavie et la Biélorussie au département d’État américain et « a contribué à développer la politique des États-Unis vers l’Ukraine dans la perspective de l’élection présidentielle ukrainienne de 2004 ». C’est justement à son départ qu’éclate la « révolution orange » dont on sait aujourd’hui qu’elle fut orchestrée par les services secrets américains, via des associations culturelles paravents.

Tactique 4. Encourager les voix modérées.

« Nous encouragerons les voix modérées de la tolérance à s’exprimer. En appuyant notre action sur deux sites internet très en vue tournés vers les jeunes musulmans francophones (oumma.fr et saphirnews.com) nous soutiendrons et nous mobiliserons les militants médiatiques et politiques qui partagent nos valeurs. »

Remarque : cet aveu a obligé ces deux sites, gênés aux entournures, à publier deux communiqués. 1) oumma : « Nous entretenons effectivement des rapports cordiaux avec le personnel de l’ambassade et ce contact privilégié nous a permis, par exemple, de décrocher l’exclusivité d’un entretien avec Farah Pandith (NDA : elle est la représentante spéciale pour les communautés musulmanes au département d’État américain) de l’administration Obama. » 2) saphirnews : « Des liens ont en effet été tissés depuis longtemps entre les officiels américains en France et saphirnews, qui a été amené, par exemple, à rencontrer le porte-parole du Congrès américain, Lyne Weill, en décembre 2008 pour discuter de l’état de la société française. » Saphirnews a également rencontré Farah Pandith.

« Nous partageons en France – avec les communautés religieuses et le ministère de l’Intérieur – les techniques les plus efficaces pour enseigner la tolérance actuellement utilisées dans les mosquées américaines, les synagogues, les églises et les autres institutions religieuses. Nous nous impliquerons directement avec le ministère de l’Intérieur afin de comparer les approches françaises et américaines en matière de soutien aux décideurs des minorités qui promeuvent la modération et la compréhension mutuelle, tout en comparant nos réponses à celles de ceux qui cherchent à semer la haine et la discorde. »

Remarque : il s’agit ici d’une ingérence directe dans les affaires politiques françaises, aussi bien lorsqu’il s’agit de favoriser telle ou telle recrue musulmane ou noire que de déstabiliser les partis français opposés à l’immigration.

– Tactique 5. Diffuser les meilleures pratiques.

« Nous poursuivrons ce projet visant à partager les meilleures pratiques avec les jeunes décideurs dans tous les domaines, y compris les jeunes décideurs politiques de tous les partis modérés, de façon à ce qu’ils disposent de la boîte à outils et de l’accompagnement nécessaire à leur progrès. Nous créerons et soutiendrons les programmes de formation et d’échanges pour enseigner les bienfaits durables d’une large participation aux écoles, aux associations de la société civile, aux blogueurs, aux conseillers politiques et aux responsables politiques locaux. »

Remarque. Ce programme est maintenant pratiqué depuis plusieurs années, avec envoi aux États-Unis, pour des stages tous frais payés, des principaux responsables de nombreuses associations islamiques. Sur ce sujet, on pourra consulter deux enquêtes très fouillées : France-Etats- Unis : l’Oncle Sam forme nos élites politiques de banlieues (Saphir news, 8 juin 2010) , Les Diplomates américains misent sur le fait que les personnalités noires et d’origine maghrébine seront les décideurs de demain (Slate, 17 avril 2010) et Un an d’activisme US dans les banlieues françaises (blog gestion-des-risques-interculturels.com).

– Tactique 6. Approfondir notre compréhension du problème.

« En examinant en profondeur les développements importants, tel le débat sur l’identité nationale, nous projetons de suivre les tendances, et, idéalement, de prédire ces changements concernant le statut des minorités en France, en évaluant comment ce changement affectera les intérêts américains. »

– Tactique 7. Intégrer, cibler et évaluer nos efforts.

« Un groupe de travail sur les minorités intégrera les discours, actions et analyses des sections concernées et des agences de l’ambassade. ce groupe travaillera en tandem avec le Youth Outreach Initiative. Il identifiera et ciblera les dirigeants et les groupes influents au sein de notre public principal […] Les changements matériels incluront une augmentation mesurable du nombre de minorités dirigeantes ou membres d’organisations publiques ou privées, y compris au sein des établissements d’enseignement de l’élite ; une croissance du nombre d’efforts constructifs par les dirigeants de minorités pour obtenir un soutien politique à la fois au sein et au-delà de leur propre communauté minoritaires ; un recul du soutien populaire pour les partis et programmes politiques xénophobes. Comme nous ne pourrons jamais revendiquer (NDA : officiellement) le crédit pour de tels développements positifs, nous concentrerons nos efforts sur les activités décrites ci-dessus qui encouragent, poussent et stimulent le mouvement dans la bonne direction. »

Remarque : l’action d’influence ici décrite, notamment contre les partis politiques opposés à l’immigration, est clairement revendiquée mais de manière secrète, clandestine. Bref, elle relève de ce que la CIA qualifie d’« opération noire ». Comme l’écrit Benjamin Pelletier, « tout l’enjeu consiste (pour les agents de l’ambassade) à disparaître derrière des relais d’opinion et d’influence dont le crédit est garanti par la transparence de leurs actions et de leurs idées. » Nous savons donc désormais que derrière le discours et les actes de certains dirigeants d’association islamiques ou de minorités visibles se dissimulent en réalité l’ombre américaine. Et un véritable complot des agences américaines, CIA comprise, visant à affaiblir l’identité française en s’appuyant sur les minorités ethniques et religieuses, en particulier islamiques, à partir du moment où elles se plient aux directives américaines.

B) Quelques exemples sur le terrain.

1) Financer une association à Lyon.

Le 2 décembre, le consul américain Mark Shapiro lançait l’association, baptisée Confluences pour le respect et la diversité, une structure qui s’inscrit très exactement dans la politique américaine de promotion de la communauté musulmane (qualifiée en général de « minorité musulmane » pour faire plus misérabiliste). Selon Le Figaro (13 décembre 2010),

« ce projet est le résultat d’un partenariat entre la région Rhône- Alpes (NDA : à majorité socialiste) et le département d’État américain, autrement dit le Quai d’Orsay version US. selon les messages diplomatiques révélés par Wikileaks, les Américains craignent en effet que la discrimination (NDA : sic) des musulmans suscite des crises répétées et fasse de la France un “pays faible” et “un allié moins performant”. »

Confluences a pour objectif de « créer, d’animer et de gérer à Lyon, un centre dédié à la diversité et à la lutte contre les discriminations ». Même si le financement demeure totalement opaque, le président de l’association, Abdelaziz Dahassi n’en assure pas moins que « ce n’est ni l’officine des États-Unis, ni d’un parti politique. Il s’agit d’un espace de rencontre et de réflexion non-partisan. » En réalité, l’attaché culturel du consulat, Victor Vitelli, siège au conseil d’administration…

Dans une note du 25 janvier 2007, également rendue publique par Wikileaks, on apprenait qu’en 2007 les opérations de séduction en direction des banlieues et des dirigeants musulmans coûtaient, rien qu’en France, la bagatelle de 3 millions de dollars (financement de projets urbains d’associations, organisation de conférences, programme d’envoi de jeunes musulmans aux États-Unis).

2) Rocky dans le 9-3.

Début août 2010, Sylvester Stallone, alias Rocky ou Rambo, était en France pour une très courte tournée de promotion de son nouveau film, The Expendables. accompagné de deux autres acteurs du film, Jason Statham et Dolph Lundgren, il se rendait, à la demande de l’ambassadeur américain Charles Rivkin, à l’UGC-Ciné Cité de Rosny-sous-Bois (le complexe le plus fréquenté de Seine-Saint-Denis), où l’attendaient quelques milliers d’admirateurs, adeptes des sports de combat et maghrébins ou noirs pour l’essentiel. Quelques poignées de mains, quelques autographes, quelques crochets simulés pour une assemblée évidemment subjuguée. Stallone faisait suite à John Travolta ou à Samuel L. Jackson (Jacky Brown, Pulp Fiction, etc.) également aimablement priés par l’ambassade de plaider la cause américaine en Seine-Saint-Denis les mois précédents. En avril, Jackson avait déclamé un discours sur les minorités et les banlieues devant le public métissé de Bondy : « Vous êtes l’avenir, saisissez votre chance, construisez-vous un réseau […] Dites que ce n’est pas normal que je ne vois pas à l’écran des gens qui me ressemblent. »

À remarquer le profil très particulier de l’ambassadeur Charles Rivkin. Figurant parmi les plus gros donateurs de la campagne de Barack Obama, ce fils de diplomate a été analyste chez Salomon Brothers avant de devenir l’un des principaux responsables du milieu de l’« entertainment » (industrie du loisir) américain. Il a notamment dirigé les sociétés de production Wildbrain et The Jim Henson Company (la maison de production du célébrissime Muppett show) du groupe Disney.

Son objectif est de redorer le blason des États-Unis en faisant vibrer les banlieues par le biais des pires séries et des films les plus médiocres d’Hollywood, en transposant la complexe situation raciale américaine aux banlieues françaises. Lors d’une conférence en banlieue, il déclarait notamment (ce qui est à se plier de rire quand on connaît son cursus et ses origines familiales) : « Lorsque j’étais enfant, il y avait la ségrégation. J’ai toujours pensé que j’étais un citoyen de seconde zone. Je ne pensais pas que je deviendrai un jour la personne que je suis aujourd’hui. Mais mes parents ont cru très fort en moi et m’ont donné une bonne éducation. » Bref, du rêve, n’ayant aucun rapport avec la réalité.

Dernier né aux États-Unis et prochainement diffusé en France, Nightrunner est un « superhéros musulman », un jeune immigré algérien installé en France. Censé représenter la France des droits de l’homme et de la démocratie, il combat la police française raciste et corrompue, protège la communauté islamique pacifique, etc.3) Créer un « superhéros » islamique français.

Le 3 août dernier, BBC News révélait (Manga to promote US-Japan military alliance) que les États-Unis avaient très largement financé un manga japonais destiné au jeune public japonais afin de le convaincre de l’intérêt de l’alliance militaire entre les États-Unis et le Japon (et notamment le maintien de la base américaine d’Okinawa, de plus en plus détestée par la population).

C’est dans la même veine qu’en décembre 2010 est apparu aux États-Unis un nouveau « superhéros » appelé Nightrunner. Il s’agit en réalité de Billi Asseiah, un islamiste sunnite algérien immigré en France de 22 ans (censé représenter la France) et installé à Clichy-sous- Bois. Incarnant les valeurs de justice, d’honneur et de droiture, il secourt la veuve et l’orphelin selon l’expression consacrée. Il défend surtout les intérêts de sa communauté (les musulmans) injustement attaquée. Un élément d’autant plus grotesque et délirant que le premier épisode se déroule durant les émeutes de banlieues de 2005. Accompagné par un ami, Bilal, alors âgé de 16 ans, est injustement pris à partie par la police, française, passé à tabac alors qu’il n’a rien fait. Mieux, son ami est abattu après avoir incendié un commissariat. Bilal devient alors Nightrunner pour rétablir l’ordre juste et démocratique. Figurant dans Annual Batman Detective Comics (n°12) et dans Batman Annual (n° 28), nul doute que ce Batman d’un nouveau genre n’apparaisse prochainement dans les kiosques français. En particulier dans les banlieues.

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