(Comemntaire de Diarra) Un socialiste nationaliste qui tire sur la foule des « musulmans » pour défendre son pays contre les « autres »…  ça ne peut que faire triquer des jacobinistes admirateurs de Thiers et de Gambetta… comme Mélenchon, Emmanuelli, Chevènement et Le Guen…

Une raison de plus pour leur cracher à la gueule, la prochaine fois qu’ils viendront nous faire des risettes sur les marchés…

[Antoine Sarawi – La revue Afrikinfo – 10/12/2010]

(…) Peu avant pourtant, il s’est  trouvé plusieurs membres du Parti socialiste français, Henri Emmanuelli en tête, pour venir à la rescousse du président sortant. Et ainsi implicitement avaliser la décision du Conseil constitutionnel ivoirien, dominé par ses proches, de proclamer Gbagbo élu avec plus de 51% des suffrages.

Ami personnel de ce dernier, le président du Conseil général des Landes a cru bon de fustiger « les donneurs de leçon » engagés dans « une campagne de suspicion et de dénigrement à sens unique dirigée contre les autorités ivoiriennes. »  Si l’on mène à son terme la logique intellectuelle du « vrai homme de gauche » qu’ Emmanuelli a toujours prétendu être,  Alassane Ouattara le  serait donc  l’illégitime gagnant choisi, pour ne pas dire « coopté », par une sorte de  parti de l’ étranger, en clair l’Occident (Francafrique comprise bien sûr) et  les élites mondialisées. Et tant pis si rien n’est venu sérieusement étayer les accusations de fraudes dans les provinces du Nord, plutôt favorables à Ouattara,  martelées par le camp Gbagbo.

S’il faut probablement s’interroger sur les raisons profondes qui poussent plusieurs caciques socialistes (Jean-Christophe Cambadélis, Jack Lang, Jean-Marie Le Guen entre autres) à soutenir envers et contre tout un homme que François Hollande avait déclaré en son temps « infréquentable », l’angle d’attaque d’Emmanuelli risque hélas de trouver un écho bien plus dramatique sur place.

S’il entend coûte que coûte garder le pouvoir, le boulanger d’Abidjan, comme on surnomme Gbagbo pour son habileté à rouler amis comme adversaires dans la farine, pourrait bien jouer la carte du « nationalisme » et dénoncer  l’intrusion  des « puissances étrangères » dans les affaires du pays. A demi-mot, ce discours est déjà sur les lèvres de certains responsables de son parti et des « escadrons de la mort » réactivés depuis quelques jours.

Cette stratégie du pire qui désigne l’ Autre, le musulman, le demi-ivoirien aux « origines douteuses », a  longtemps exclu Ouattara de la vie politique du pays. Du temps où il était encore dans l’opposition Gbagbo l’avait dénoncée. Puis, après avoir accédé à la présidence et s’y être maintenu sans mandat pendant les cinq dernières années, il l’a reprise à son compte. Chaque fois que son trône a vacillé, Gbagbo a brandi une raison supérieure pour faire taire toute opposition :  la défense  des « intérêts supérieurs du peuple ivoirien ».

En 2004 il n’a pas hésité ainsi  à lancer ses milices et militaires  contre les soldats tricolores présents dans le cadre de l’opération de maintien de la paix et les milliers d’expatriés français lors de la crise de 2004, grandement aidé il est vrai par l’aveuglement de Jacques Chirac et Dominique de Villepin à l’époque.

Comme l’écrit François-Xavier Bourmaud :

Les socialistes connaissent Laurent Gbagbo depuis longtemps. Depuis les années 1980 en fait, lorsque, incarcéré sous Houphouët-Boigny, François Mitterrand lui rend visite en prison avant d’obtenir sa libération. Gbagbo sera ensuite expulsé vers la France où il rejoindra le PS et tissera des liens d’amitié avec de nombreux cadres du parti, Jack Lang et Henri Emmanuelli en tête, mais aussi Jean-Luc Mélenchon. À l’époque, au PS, la traditionnelle rivalité entre l’aile gauche et l’aile droite du parti se cristallise aussi autour du cas Gbagbo. 

Les socialistes se souviennent encore d’une réunion «épique» du bureau national à son sujet. Éric Besson s’était alors violemment opposé à Laurent Gbagbo et à son concept d’«ivoirité », avant de le traiter de «dictateur ». «Le ton est monté et il en est presque venu aux mains avec Mélenchon », se souvient un participant. Cette amitié de certains socialistes avec le président ivoirien perdure aujourd’hui, même si en 2004, François Hollande, alors premier secrétaire du PS, le déclare «infréquentable ».

«Garantir la paix civile»

Avant les élections de décembre, Jack Lang lui a rendu visite et lui a apporté son soutien. Hier, il l’a exhorté à quitter la présidence : «Tu te grandirais en reconnaissant les résultats», a-t-il lancé. Vendredi dernier, Henri Emmanuelli avait dénoncé dans un communiqué «les donneurs de leçons » en France, qui mènent selon lui «une campagne de suspicion et de dénigrement à sens unique dirigée contre les autorités ivoiriennes ». Un soutien clair et sans faille à Laurent Gbagbo, mais qui va à l’encontre de la ligne officielle du PS, qui prend désormais ses distances.

Laurent Gbagbo «se doit de respecter le choix de son peuple », et de «tout faire pour garantir la paix civile », a tranché hier Martine Aubry. Avant le scrutin, le secrétaire national du PS aux relations internationales, Jean-Christophe Cambadélis, s’était rendu en Côte d’Ivoire pour redire la ligne officielle du parti adoptée en 2008 : «Pas d’évolution dans le statut des relations du PS avec Gbagbo sans élections. » «Je déplore aujourd’hui que l’on ne se soit pas donné les moyens pour contrôler l’élection et la rendre inattaquable », assure Cambadélis. À défaut de réussir à ramener Gbagbo à respecter les résultats du scrutin, il vient de lui écrire pour lui demander la levée des restrictions imposée à la presse.