[Le Monde -7/12/2010]

Julian Assange, cofondateur et porte-parole du site Wikileaks, spécialisé dans la publication de documents confidentiels, a été arrêté par la police britannique, mardi 7 décembre à 9 h 30, alors qu’il se rendait à une convocation. Il devrait être entendu aujourd’hui par un juge qui décidera de son éventuelle extradition en Suède, où une plainte pour viol à son encontre a été déposée. (NdL&I : à noter que le « viol » commis par Assange est en fait une relation sexuelle entre adultes consentants au cours de laquelle le préservatif s’est déchiré, ce qui, en Suède, est catégorisé comme « viol ». La justice suédoise s’est précipité sur cette aubaine (et on s’interroge sur les motivations de la plaignante dans cette affaire qui aurait du se résoudre à l’amiable entre deux partenaires sexuels) pour mettre le grappin sur Assange, à la demande des Etats-Unis, qui rèvent de le mettre en prison pour 25 ans, aux côtés de Bradley Manning, voir de le traiter comme « combattant ennemi », si l’on en croit les différents hommes politiques US qui se sont exprimés sur ce sujet les derniers jours).

M. Assange a suscité la colère des Etats-Unis et de plusieurs pays en donnant accès à cinq journaux, dont Le Monde, à 250 000 télégrammes diplomatiques américains et en en publiant une partie sur son site. Mais c’est une affaire de moeurs qui lui vaut aujourd’hui l’intérêt d’Interpol. En août, alors que M. Assange séjournait en Suède, où il avait déposé une demande de permis de séjour, une jeune femme avait porté plainte contre lui pour viol. Julian Assange, qui a depuis quitté la Suède après le rejet de sa demande de permis de séjour, n’a pas été inculpé, mais ne s’est pas présenté à une convocation de la justice suédoise. Cette dernière a alors décidé de saisir Interpol pour que M. Assange soit interpellé en vue d’un interrogatoire.

RENCONTRE « VOLONTAIRE »

Depuis, après un passage en Suisse, le cofondateur de WikiLeaks est en Grande-Bretagne, où ses soutiens expliquaient au Guardian qu’ils avaient entamé des discussions avec la police pour négocier une rencontre. « Il n’a pas été inculpé. Nous sommes en train d’arranger une rencontre volontaire avec la police », affirmait lundi l’un de ses avocats.

La police britannique a arrêté ce matin M. Assange lorsqu’il s’est présenté pour être interrogé. Il devrait être présenté devant un juge pour statuer sur son extradition, son placement en détention ou son maintien en liberté. Ses proches affirment que dans ce cas, il devra fournir une caution d’au moins 100 000 livres (120 000 euros) et fournir six garants pour éviter d’être placé en détention provisoire.

Or, plusieurs comptes en banque de M. Assange ou liés à WikiLeaks ont été bloqués ces derniers jours : le compte PayPal de l’organisation, un compte auprès de la banque postale Suisse, et la carte de crédit Mastercard liée à un compte islandais ont été bloqués, les entreprises concernées arguant du caractère illégal ou lié à des activités illégales de ces comptes en banque. M. Assange a lancé un appel aux dons pour financer sa défense, une pratique couramment employée par l’organisation et qui avait soulevé des interrogations, y compris au sein de WikiLeaks, sur la manière dont les fonds collectés étaient gérés et utilisés. Les sites des établissements bancaires concernés ont fait l’objet d’attaques informatiques ces derniers jours.

Julian Assange affirme que la Suède a engagé la procédure à son encontre à la demande des Etats-Unis. Il reconnaît avoir eu une relation sexuelle, consentante, avec la jeune femme qui a porté plainte. Cette dernière ne nie pas que la relation était initialement consentie, mais affirme que le cofondateur de WikiLeaks l’a contrainte à avoir cette relation sans préservatif, ce qui constituerait un viol en droit suédois.

http://www.lemonde.fr/technologies/article/2010/12/07/wikileaks-julian-assange-devrait-etre-entendu-par-la-police-britannique_1449951_651865.html#ens_id=1446739