Le Département d’Etat U.S. conseille aux étudiants de ne pas aller lire les télégrammes diplomatiques publiés sur Wikileaks

[Gregor Seither – IES News Service – 04/12/2010]
Un email circule dans les universités U.S. parmi les étudiants travaillant sur les relations internationales et envisageant d’aller travailler pour les agences d’Etat. Il semblerait que le Département d’Etat, mais aussi le Pentagone et autres agences officielles avertissent ouvertement leurs recrues potentielles : si on découvre que vous avez lu les télégrammes publiés par Wikileaks, si vous les avez commentés ou publié des liens vers ces télégrammes, alors vous mettez sérieusement en péril vos chances d’être employé par le gouvernement fédéral
Le même type d’avertissement a également été envoyé aux soldats et employés du Pentagone  qui accèdent à des sites d’information tandis que la  Bibliothèque du Congrès ainsi que le Ministère U.S. de l’Education ont bloqué tout accès à Wikileaks sur leurs propres réseaux.
La question qu’il faut se poser est: étant donné que la presse généraliste a publié une bonne part de ces informations « confidentielles », faut-il en conclure que la lecture et le commentaire du « New-York Times », du « Spiegel » ou du « Monde » risquent de vous couter votre emploi ? Qu’en dit Eric Besson ?
Voici l’email en question:

De: « Service de l’emploi étudiant » <sipa_ocs@columbia.edu>

Date: 30 novembre 2010 15:26:53 ESTTo:

Chers étudiants,

Nous avons reçu un appel téléphonique d’un ancien étudiant SIPA travaillant aujourd’hui au Département d’Etat.  Il nous a demandé de transmettre cette information à toute personne envisageant de postuler à un emploi au sein du gouvernement fédéral, l’attribution de ces postes s’accompagnant toujours d’une recherche d’informations sur le candidat et – dans certains cas – d’une enquête de sécurité.

Les documents publiés ces derniers mois par Wikileaks sont encore considérés comme étant classés « confidentiels ». Il vous conseille vivement de NE PAS publier de liens vers ces documents ni de faire des commentaires sur les réseaux sociaux comme Facebook ou Twitter. Le fait de vous livrer à ce ce genre d’activités amènerait les recruteurs à douter de votre capacité à traiter des informations confidentielles, comme vous aurez à le faire dans bon nombre d’emplois fédéraux.

Cordialement,
Service de l’emploi étudiant (Office of Career Services)