Karim, consultant dans un grand cabinet de conseil, se rend en voiture chez ses parents à Belleville.

Rue Rébeval, vers 21h30, trois cars de police sont stationnés dans la rue, empêchant la circulation. Pas moins d’une trentaine de policiers sont là, devant la porte d’un immeuble, pour vérifier l’identité de quelques jeunes, plaqués au mur.

Karim, ancien animateur dans le quartier, en reconnaît certains. Étonné par un tel attroupement de forces de l’ordre, il descend de sa voiture et demande poliment aux policiers ce qu’il se passe. C’est le début de l’altercation.

Un « Rambo » en tenue s’occupe de lui : il est projeté dans la ruelle voisine en escalier, roué de coups alors qu’il est au sol, tandis que d’autres policiers arrivent et se ruent sur lui aussi. Les insultes fusent.

Menotté puis emmené au Commissariat dans un car, on lui défend de s’asseoir sur le banc (« reste au sol, c’est ça ta place », lui aurait dit un policier). Attaché pendant deux heures, à moitié sonné, il ressort enfin du Commissariat, une fois que les policiers décident de ne pas le retenir « pour outrage », leur motif initial. Le lendemain à l’hôpital de l’Hôtel Dieu, le médecin lui donne cinq jours d’arrêt de travail.

Karim ne voudrait pas en « rester là », comme le lui a aimablement conseillé le lieutenant de police au sortir du commissariat vendredi soir. Il a déposé plainte auprès de l’IGS. « Je ne suis pas haineux, je sais que les policiers ont un métier difficile, dit Karim. Je voudrais juste que les brebis galeuses soient identifiées pour être punies ».