Un Woerth qui couvre la fraude fiscale ? Acquitté d’avance. Un Messier qui pique des milliards ? 3 ans. Un mari violent qui bat sa femme à mort ? 4 ans avec sursis. Un jeune Nègre accusé sans preuves d’avoir pointé une arme sur un flic ? 15 ans. Pourquoi ? Parce que les Nègres et les Arabes de France doivent comprendre qui est le Mac ici – c’est l’Etat blanc qui a seul le droit d’user de la violence. Toute rébellion contre l’Ordre Moral Etabli est par essence terroriste. Même si elle tire au lance-pierres et à la carabine de foire contre des flash-balls et des armes lourdes.

Le doute doit profiter à l’accusé… sauf quand l’accusé est noir ou arabe et que Brice Hortefeux et Eric Besson veulent en mettre plein la vue aux racistes du Front National. A Villiers-le-Bel ce n’était pas une « guerre urbaine », c’était un conflit colonial. Des jeunes flics blancs originaires de bleds de province, lâchés dans la casbah, avec des indigènes basanés qui ne parlent pas la même langue. Des jungles du Vietnam aux maquis des Aurès jusqu’à la Cité des Tarterèts… c’est toujours le même scénario.

Tout le monde en a rien à foutre de ce déni de justice supplémentaire, parce que les victimes sont encore une fois des « lumpen », des « qui ne comptent pas », des gens sur qui on peut s’essuyer les pieds sans le moindre problème. Comme Israël peut tout se permettre sur les « Untermenschen » arabes de Palestine, la BAC et l’Etat (et les bien-pensants) peuvent tout se permettre avec la « racaille » des banlieues.

Aux Etats-Unis, dans les années 1960, face au mépris et à la violence quotidienne que subissaient les Noirs, il avait fallu les émeutes monstres de Washington, de Watts, de Chicago, du Bronx… pour que lentement le pouvoir commence à comprendre qu’on ne pouvait par ghettoiser des gens à vie sans que cela explose un jour. La lecture de Malcom X s’impose !

[AFP – 04/07/2010]

Des peines de 3 à 15 ans ont été prononcées par la cour d’assises de Pontoise dans la nuit de samedi à dimanche à l’encontre de jeunes et de leurs complices accusés d’avoir tiré sur des policiers lors des émeutes en novembre 2007 à Villiers-le-Bel (Val d’Oise). Abdheramane Kamara et son demi-frère Adama, présentés comme des meneurs des émeutes au cours desquelles des dizaines de policiers avaient été blessés par des tirs de plomb, ont été condamnés respectivement à 15 et 12 ans de prison. Ibrahima Sow et Maka Kante qui, eux, n’avaient pas d’antécédents judiciaires, écopent respectivement de neuf et trois ans de prison. Quinze ans de réclusion criminelle avaient été requis contre eux. Enfin, Samuel Lambalamba, accusé d’avoir fourni un fusil aux émeutiers et pour qui sept ans de prison avaient été demandés, a été condamné à trois ans d’emprisonnement. Il comparaissait libre, un mandat de dépôt lui a été notifié.

La cour d’assises n’a pas suivi les demandes du ministère public qui avait requis des peines de 7 à 20 ans. La défense avait demandé l’acquittement pour tous les accusés, faute de preuves matérielles.  Le verdict a été accueilli par les pleurs des familles présentes dans la salle. Les avocats de la défense ont tous dénoncé ces peines « très lourdes ». « C’est dur d’avoir une peine aussi sévère pour un dossier qui reste aussi vide », a déclaré Me Morad Falek, conseil d’Abderhamane Kamara, dit Abou. « C’est une décision de justice qui se respecte mais qui ne se comprend absolument pas », a-t-il ajouté. « Quand les peines sont aussi lourdes que ça, on sent une immixtion de la politique dans la justice », a de son côté déclaré Me Patrick Arapian, avocat de trois des accusés, MM. Sow, Maka et Abou Kamara. « Je m’attendais à un acquittement. C’est un échec devant un dossier aussi vide », a ajouté Me Michel Konitz, conseil d’Adama Kamara. « On se contente de preuves qui sont des preuves au rabais », a-t-il dénoncé.

Du côté des parties civiles, l’avocat de policiers blessés, Me Bruno Bourrier s’est félicité de cette « décision juste car les policiers ont été blessés dans leur chair ». Quatre jeunes gens ont été jugés pour tentative de meurtre en bande organisée sur des policiers dans les nuits des 25 et 26 novembre 2007 à Villiers-le-Bel, ainsi que pour détention et port d’arme prohibés. Le cinquième a été jugé pour complicité pour avoir fourni une arme aux tireurs.

http://www.lemonde.fr/societe/article/2010/07/04/des-peines-de-3-a-15-ans-prononcees-contre-les-accuses-des-emeutes-de-villiers-le-bel_1382984_3224.html#ens_id=1376147