[Protegez vous -Magazine d’info conso du Quebec – Juin 2010 – Fichier Adobe PDF – 18 Mo]

De l’huile d’olive coupée avec de l’huile de tournesol. Des bouteilles sans date de péremption. Vous achetez peut-être un produit frelaté sans le savoir.

« Regarde cette bouteille de Carapelli : 5 $ pour 750 ml! En considérant les frais de production et de transport, il est impossible d’avoir une authentique huile dolive vierge extra à ce prix-là. » Peu d’huiles trouvent grâce aux yeux du critique gastronomique Robert Beauchemin, même chez Milano, une épicerie bien connue du quartier italien de Montréal. «De toute façon, ajoute l’auteur du livre de recettes Huile d’olive, la bouteille est transparente. L’éclairage artificiel et la lumière du jour altèrent le produit. C’est une deuxième bonne raison de ne pas l’acheter. »

Tenez-vous-le pour dit : acheter une bonne bouteille d’huile d’olive vierge extra n’est pas une mince affaire. D’aucuns disent qu’il faut y mettre autant de soin – et d’argent – que pour un grand vin. Or, le pire et le meilleur se côtoient dans les épiceries. La grande industrie porte ombrage aux petits artisans et l’ampleur du frelatage n’aurait d’égale que notre méconnaissance de ce produit d’importation dont on ne saurait plus se passer.

L’enthousiasme pour l’«or vert» ne se dément pas. En 2008, le marché mondial de l’huile d’olive était évalué à plus de 10,6 milliards de dollars. Cette année-là, le Canada en a importé pour près de 148 millions de dollars, soit 30 000 tonnes. C’est trois fois plus qu’en 1990! En Amérique du Nord, mais surtout aux États-Unis, l’huile d’olive doit en grande partie sa popularité à ses vertus thérapeutiques. La Food and Drug Administration a donné un sérieux coup de pouce à l’industrie en 2004 en autorisant les producteurs oléicoles à inscrire sur leurs étiquettes que la faible teneur en gras monoinsaturés de l’huile d’olive contribue à réduire les maladies cardiaques. Les bouteilles vendues au Canada n’affichent pas ce genre d’allégation. «Tout cela permet aux grands groupes industriels de refiler aux consommateurs de l’huile médiocre », déplore Antonella Manca-Mangoff, dégustatrice professionnelle et présidente fondatrice du Conseil oléicole du Canada, un organisme de valorisation de l’huile d’olive auprès des consommateurs. Robert Beauchemin critique aussi ce marketing «santé ».

(la suite) http://www.libertes-internets.net/archives/docs/Huile_olive_magouille_Protegez_Vous_06_2010.pdf