Il est possible de contraindre les pays récalcitrants en utilisant les marchés… tout est dit dans cette phrase. Après avoir explosé la protection sociale en Grèce, posez vous la question quelle sera la prochaine cible des dérèglementeurs par stratégie de choc ?

[Mecanopolis – 03/05/2010 – par Julian Diesdorf (Zürich)]

« L’Europe doit devenir plus compétitive en dérèglementant les marchés du travail et en refondant ses systèmes de protection sociale dispendieux. Il est possible de contraindre les pays récalcitrants en utilisant les marchés ».

« Club Surveys the Global Economy », International Herald Tribune, 16/03/09

(…)  La ministre française de l’Economie Christine Lagarde estime qu’il faut réfléchir à une réforme du Pacte de stabilité européen en y incluant « l’examen de la compétitivité et de la stabilité financière », dans un entretien publié lundi par le quotidien Le Monde.

« Oui, il faut impérativement inclure dans notre radar l’examen de la compétitivité et de la stabilité financière », estime Mme Lagarde, en réponse à une question sur la nécessité de modifier le Pacte de stabilité, assurant que l’Allemagne et la France « sont parfaitement d’accord pour tirer ensemble » les leçons de la crise grecque.

« Cela va nous conduire à réfléchir avec l’ensemble de nos partenaires, et notamment avec nos amis allemands, sur le gouvernement économique, la convergence économique et la réduction des écarts économiques », poursuit Mme Lagarde.

« L’Allemagne et la France sont parfaitement d’accord pour tirer ensemble les conséquences de la crise, notamment sur la régulation et la gouvernance économique de la zone euro », à encore insisté la ministre.

Ceux qui avaient encore quelques doutes vont avoir du mal à continuer de faire comme s’ils ne comprenaient pas où l’Union européenne veut nous amener, avec cette crise grecque qu’elle a laissé dégénérer jusqu’à ce qu’elle atteigne les pays de la zone euro les plus faibles : créer les conditions qui rendent incontournable la création d’un gouvernement économique. Cela dans le but de soumettre l’ensemble des économie des États membres, permettant ainsi de niveler les politiques budgétaires (et donc sociales), de Lisbonne à Athènes, sur leur plus petit dénominateur commun.

Il apparait clairement que, dans cette reconfiguration de l’économie de l’Europe – que l’on voudrait nous faire passer pour une sorte de « catastrophe naturelle », mais qui est en réalité une action concertée et planifiée de longue date, comme le démontre notre citation en début d’article – l’Allemagne dirige le bal, et que le gouvernement collaborationniste de Sarkozy ne soit là que pour avaliser les décisions de Berlin.

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