[Jean-Marc Manach – Internet Actu – 05/02/2010]

Stasi 2.0“Paradoxalement, la situation était moins désespérée dans l’ancienne RDA dans la mesure où ses habitants connaissaient leur « big brother », à savoir la Staatssicherheit (STASI), et qu’ils disposaient du « droit à l’insurrection », alors que nous sommes aujourd’hui non seulement confrontés à une multitude de « petits brothers » impossibles à localiser, mais que, en outre, nous ignorons délibérément la menace que ces derniers font peser sur les libertés individuelles.”

Le propos d’Alex Türk, président de la CNIL, est quelque peu outrancier : le “droit à l’insurrection” existe aussi en démocratie. Il n’empêche : le parallèle à le mérite de la concision. Pour mieux apprécier la solennité du propos, on notera également qu’il fut tenu dans l’enceinte de l’Assemblée nationale, à l’occasion de l’audition [1] du président de la CNIL par l’Office parlementaire d’évaluation des choix scientifiques et technologiques.

Ce 15 décembre 2009, Alex Türk voulait sensibiliser les députés à l’importance du “droit à l’oubli“, d’autant plus fondamental que “dans notre société numérique [2]“, il n’y a pas de liberté d’expression, non plus que de liberté d’aller et venir, sans vie privée ni droit à l’oubli.

Dans l’ex-RDA, on se méfiait de ses voisins, conjoints, amis ou membres de sa famille qui, tous, pouvaient être des informateurs de la Sécurité d’État (Staatssicherheit, dite Stasi). L’abolition de la vie privée permettait de contrôler, sinon les pensées, tout du moins leur expression. Aujourd’hui, note Alex Türk, les citoyens sont “soumis à un double traçage : un traçage physique à travers la vidéosurveillance ou encore la géolocalisation ; un traçage temporel à travers les réseaux sociaux et les moteurs de recherche“.

Edvige ≠ Facebook

Pour autant, on ne peut pas mettre aussi facilement sur le même plan “traçage physique” et “traçage temporel“, vidéosurveillance et réseaux sociaux : d’un côté, les traces sont enregistrées par des dispositifs de contrôle et de suspicion; de l’autre, elles sont conservées par des logiciels de service et de communication.

La vidéosurveillance, tout comme la géolocalisation, la biométrie, les fichiers policiers, “listes noires” et autres technologies de surveillance, ont pour objet de dissuader fraudeurs, délinquants et criminels d’opérer -voire de les identifier.

Les réseaux sociaux, tout comme les blogs, forums et autres chats ont, eux, pour objet de nous permettre de nous y exprimer. Les moteurs de recherche, services et sites web ont, quant à eux, pour fonction de nous rendre service, de nous aider à nous repérer, et nous déplacer, dans la masse de données disponibles sur les réseaux et dans les bases de données.

En résumé, nous avons donc d’un côté des traitements de masses qui recherchent à lutter contre une minorité de déviants, aux comportements “non autorisés“, de l’autre, des traitements personnalisés qui cherchent à faciliter l’accès au savoir, aux services, et donc l’exercice de nos libertés (d’expression, de circulation, etc.) dans la société de l’information.

Mettre sur le même plan “traçage physique” et “traçage temporel” revient donc à comparer des technologies d’exclusion qui visent à identifier les déviants, avec des technologies d’inclusion qui proposent aux citoyens de participer à la vie de la société.

Les premières relèvent d’une logique “top down” très hiérarchisée : les données sont collectées à notre insu, ou nous y sommes contraints, forcés, par des agents de sécurité répondant aux ordres de personnes situées au sommet de la pyramide de pouvoir.

Les secondes, a contrario, relèvent d’une approche “bottom up” (ascendante) et décentralisée : nous entrons nous-mêmes les données nous concernant, soit pour les partager avec la communauté, soit pour obtenir en échange la réponse à l’une de nos questions.

Les mettre sur le même plan procède au mieux d’une incompréhension totale de ce qui différencie technologies de surveillance et de communication, au pire d’un douteux amalgame politique visant à justifier les premières au nom des secondes et, par exemple, l’existence du fichier Edvige au motif que nombreux sont ceux qui renseignent leurs profils Facebook.

Daniel Kaplan a déjà eu l’occasion de rappeler à quel point ce rapprochement était hasardeux [3], les informations inscrites (à notre insu) dans les fichiers policiers relevant d’un “principe de soupçon” , alors que ce que l’on publie (volontairement) sur les médias sociaux relève a contrario de la liberté d’expression, sinon d’un désir d’être vu. Par ailleurs, et comme je l’avais écrit dans La vie privée, un problème de vieux cons ? [4] :

“De même que le port d’une mini-jupe ou le fait de bronzer les seins nus ne sont pas des incitations au viol, l’exposition ou l’affirmation de soi sur les réseaux ne saurait justifier l’espionnage ni les atteintes à la vie privée.”

Une vision “moranoïaque” de l’Internet

Il n’est d’ailleurs pas anodin de remarquer que c’est depuis la polémique suscitée par la création du fichier Edvige, durant l’été 2008, que la question du “droit à l’oubli“, et des menaces en terme de vie privée que représenteraient les réseaux sociaux en général, et Facebook en particulier, ont émergé.

En décembre dernier, France 2 consacrait ainsi un “Envoyé spécial” à la Planète Facebook [5]. Las : comme le souligna [6] André Gunthert, “ce premier reportage de la télévision publique consacré aux réseaux sociaux restera comme l’un des symptômes les plus achevés des incompréhensions de la société française“, suscitant des dizaines de réactions, billets et commentaires outrés de ce reportage à charge confinant à la diabolisation de l’internet en général, et des médias sociaux en particulier :

“Qu’a appris le téléspectateur? Que Facebook capte toutes vos données privées, y compris vos préférences sexuelles, et les partage avec ses 150 millions de membres. Qu’il sert à des gamines de 14 ans à s’exhiber et à trouver de la drogue. Qu’il fâche les couples et leur permet de s’espionner.

Mais le meilleur est gardé pour la fin. Derrière Facebook, nous susurre-t-on, se dissimule en réalité un complot planétaire: une gigantesque collecte de données, susceptible d’être vendue à la CIA, voire livrée à un fabricant de robots-mixers. Si l’on doutait encore, une caméra filmant la couverture du livre d’Orwell en apporte la preuve: Facebook = Big Brother. CQFD.”

De retour sur le plateau, Jérémie Drieux [7], l’auteur du reportage, concluait d’ailleurs d’un laconique : “si on veut préserver sa vie privée, il ne faut pas s’inscrire“.

Comme le remarquait Fabrice Epelboin sur RWW [8], “dans le même esprit, si vous ne voulez pas mourir au volant, il ne faut pas conduire. Si vous ne voulez pas périr dans les flammes lors d’un crash aérien, il ne faut pas prendre l’avion, et pour éviter tout accident domestique, évitez la cuisine.” (voir, aussi, les réactions d’Eric Delcroix sur les z’ed [9], de Vincent Glad sur BienBienBien.net [10], ou encore le mur du groupe Facebook [11] consacré à l’émission).

David Abiker, dans la foulée, inventait [12] le concept de “moranoïa [13]“, jeu de mot entre paranoïa et le nom de famille de la secrétaire d’Etat chargée de la Famille et de la Solidarité, Nadine Morano, initiatrice d’une campagne de prévention contre les dangers de l’internet :

La Moranoïa, mot que j’invente pour l’occasion, c’est la peur des nouvelles techniques de communication. On parlera de Moranoïaque pour qualifier celui qui craint qu’internet ne dévore les enfants ou le rende aveugle ou provoque de mauvais résultats sportifs.

Dans les années 20, la femme adultère était représentée allongée voluptueusement sur un sofa un téléphone dans une main. C’était sur des cartes postales. C’était la façon dont la société se la représentait. Et c’est bien sûr le moyen de communication révolutionnaire de l’époque, le téléphone, qui était responsable de cette émancipation qui ne pouvait que donner des cornes au mari.

La technologie fait peur, surtout quand elle permet d’être plus libre.

La fabrication d’un nouvel ennemi

En mars, un article de Libération, Facebook, le meilleur ami du détective privé [14], suivi, en avril, d’un autre du Figaro, Facebook ou MySpace : une mine d’or pour la police [15], se plaisaient eux aussi à amalgamer Facebook et fichiers policiers, avec des arguments imparables :

«Facebook est très efficace, bien plus utile que les fichiers policiers comme Edvige. La Cnil ne nous met pas des bâtons dans les roues

Les gens racontent toute leur vie en détail. Et le plus fou: les informations sont exactes, la plupart ne mentent même pas.»

Si l’on peut comprendre que les criminels cherchent à mentir aux officiers de police judiciaire qui les interrogent, les internautes ont, par contre et aussi étonnant que cela puisse paraître, effectivement tendance à raconter la vérité -leur vérité- lorsqu’ils parlent à leurs amis…

Il ne se passe quasiment pas une semaine, depuis un an, sans que l’on apprenne, dans les médias, qu’un internaute n’a pas été recruté, ou bien qu’il a été licencié, parce que son ex-futur employeur avait découvert, sur son profil Facebook, une photo de lui (ou d’elle) les fesses à l’air, ou en train de faire la fête alors qu’il s’était déclaré en arrêt maladie. De temps à autre, des faits divers plus ou moins sordides révèlent également que l’on peut aussi être agressé, voire même assassiné, “à cause de Facebook“.

Lit-on jamais, dans le même temps, “assassinée à cause d’un couteau“, “mort à cause d’une Peugeot“, “violée à cause d’un bistrot“, “licencié à cause d’une photo” ?

Un peu de rigueur intellectuelle suffirait pourtant à requalifier les faits, et expliquer que ces faits divers médiatisés à l’envi n’ont pas eu lieu “à cause de Facebook“, mais à cause de la légèreté ou de l’inconscience de certains de ses utilisateurs, et plus encore du fait de la jalousie, de la bêtise ou de l’agressivité de leur employeur ou agresseur.

Des pédo-nazis à la nouvelle chienlit

Il est si facile d’accuser l’internet en général, et les réseaux sociaux en particulier, de tous les maux. Et cela fait quinze ans que cela dure : la toute première émission de télévision consacrée, en France, à l’internet, en décembre 1995, se fit ainsi fort de rappeler [16] qu’”outre quelques sites amusants comme celui du Louvre ou de la bibliothèque du Congrès, on ne trouvait guère sur l’Internet que des pirates, des néonazis et des pédophiles“.

Depuis, on ne compte plus le nombre de reportages diabolisant ainsi le Net, accusé de faire le lit des “pédo-nazis [17]“.

Depuis les attentats de septembre 2001, il faut bien évidemment aussi compter avec les terroristes, même s’il n’a jamais été établi que les kamikazes du 11 septembre aient utilisé le Net pour préparer leur forfait (voir “Terrorisme : les dessous de la filière porno [18]“).

On ne saurait non plus oublier les “pirates“, soi-disant responsables de la crise que traverse l’industrie musicale. Et depuis le scandale du fichier policier Edvige, et la prise de conscience que l’abus de fichiers et de surveillance peut nuire à la démocratie, il faut aussi désormais compter avec une nouvelle menace, ou plutôt un nouveau chiffon rouge : ceux qui montrent leurs fesses sur Facebook…

Leurs fesses, mais pas seulement : surfant sur cette vague somme toute conservatrice et réactionnaire, nous assistons également, depuis un an, à un festival de tirs à vue accusant le Net d’être “la pire saloperie de l’histoire de l’humanité” (Jacques Séguéla [19]), de “tout-à-l’égout de la démocratie” (Denis Olivennes [20]), sans oublier cette inénarrable saillie [21] de Frédéric Lefebvre, qui voulait ainsi prôner la labellisation des sites web :

“L’absence de régulation financière a provoqué des faillites. L’absence de régulation du Net provoque chaque jour des victimes ! Combien faudra-t-il de jeunes filles violées pour que les autorités réagissent ? Combien faudra-t-il de morts suite à l’absorption de faux médicaments ? Combien faudra-t-il d’adolescents manipulés ? Combien faudra-t-il de bombes artisanales explosant aux quatre coins du monde ? Combien faudra-t-il de créateurs ruinés par le pillage de leurs œuvres ?

Il est temps, mes chers collègues, que se réunisse un G20 du Net qui décide de réguler ce mode de communication moderne envahi par toutes les mafias du monde. […] La mafia s’est toujours développée là où l’État était absent ; de même, les trafiquants d’armes, de médicaments ou d’objets volés et les proxénètes ont trouvé refuge sur Internet, et les psychopathes, les violeurs, les racistes et les voleurs y ont fait leur nid.”

Le point d’orgue fut probablement la diffusion, sur leMonde.fr, de la désormais célèbre vidéo [22] du dérapage de Brice Hortefeux qui, pour sa défense, expliqua qu’il ne se moquait pas des arabes, mais bien des Auvergnats.

Alors qu’elle avait été filmée par des journalistes de Public Sénat, et diffusée sur le site web du quotidien Le Monde, les soutiens du ministre de l’Intérieur n’eurent de cesse de s’en prendre à l’internet [23] et au “fonctionnement malsain de la Toile“, pour reprendre l’expression [24] de messieurs Devedjian et Besson, Jean-François Copé appelant [25] quant à lui de ses voeux à “un débat public sur Internet et la liberté“, au motif [26] que “l’absence de règles est l’anarchie et la loi du plus fort“.

Le plus en verve fut probablement Henri Guaino, la plume de Nicolas Sarkozy, qui, interviewé [27] sur France Info, enchaîna les diatribes :

“Je trouve que nous entrons dans une société étrange où l’on ne peut plus rien dire, plus rien faire. La transparence absolue, c’est le début du totalitarisme, le comble du totalitarisme : il n’y a plus d’intimité, de discrétion, on est toujours surveillé, toujours contrôlé (…) il faut juste faire attention de ne jamais rien dire.

Internet ne peut être la seule zone de non-droit, de non-morale de la société, la seule zone où aucune des valeurs habituelles qui permettent aux gens de vivre ensemble ne soit acceptée. Je ne crois pas à la société de la délation généralisée, de la surveillance généralisée, c’est la pire des sociétés qui soit.”

Ironie de l’histoire, le ministre de l’Intérieur venait précisément, la veille de la diffusion de la vidéo sur leMonde.fr, de se faire l’avocat [28] de la société de surveillance, en présentant son plan de déploiement de la vidéosurveillance :

“Je suis naturellement attaché à la préservation des libertés individuelles. Je le dis clairement, et chacun peut le voir, la vidéo, c’est de la protection avant d’être de la surveillance. Les caméras ne sont pas intrusives, elles ne sont pas là pour épier, mais pour protéger.

Si vous n’avez rien à vous reprocher, vous n’avez pas à avoir peur d’être filmés ! Instaurer la vidéo-protection, c’est identifier les fauteurs de troubles, c’est décourager les délinquants ; c’est, surtout, veiller sur les honnêtes gens.”

Depuis Daniel Solove [29] on sait pourtant que la vie privée ne se résume pas à la négation de la tension entre le fort et le faible.

De la chienlit à la novlangue

Evoquant la montée en puissance de la société de surveillance, Alex Türk avait tenté de résumer la situation comme suit : “Si vous croyez que le monde ressemblera un jour à celui de Big Brother, détrompez-vous… Vous êtes en plein dedans !“, avant de préciser que “Lorsqu’on ne s’étonne plus du traçage, de la vidéosurveillance ou de la conservation des données, c’est justement le signal qu’on est entré dans un monde orwellien”.

L’an passé, la CNIL a révélé [30] que plus d’un million de personnes sont enregistrées comme “suspectes” dans le plus important des fichiers policiers, alors qu’elles ont été blanchies par la justice. Les contrôles qu’elle a effectués dans ce même fichier ont révélé un taux de 83% d’erreurs.

La question n’est pas de savoir si l’on a quelque chose à se reprocher : le problème, c’est que même innocent, on peut être fiché, et considéré comme suspect. Ainsi, le FNAEG, fichier des empreintes génétiques créé initialement pour répertorier les criminels sexuels, a depuis été étendu aux simples suspects de plus de 130 crimes et délits. Résultat : plus de 75% [31] des 1,08 millions de personnes qui y sont fichées au n’ont pas été condamnées, et sont donc toujours présumées innocentes de ce dont elles ont été suspectées.

Un rapport parlementaire, commandé à la suite du scandale Edvige, a révélé [32] que le nombre de fichiers policiers avait augmenté de 70% ces trois dernières années, et que le quart [33] de ces 58 fichiers étaient “hors la loi“. La proposition de loi des députés, qui visait à mieux encadrer ces fichiers, a été “enterrée en grande pompe [34]” par le gouvernement.

Un mois auparavant, Brice Hortefeux venait de créer deux nouveaux fichiers [35] en remplacement du défunt Edvige. L’un d’entre eux servira expressément aux enquêtes administratives effectuées pour jauger la “moralité” d’un certain nombre de salariés. Policiers, gendarmes, convoyeurs de fonds, contrôleurs RATP, employés dans les aéroports ou les autoroutes, arbitres de pelote basque, entraîneurs de lévriers… Plus d’un million de personnes [36] sont concernées. Or, il suffit d’être “suspecté”, non pas d’avoir perpétré un “acte” délictueux, mais d’avoir adopté un “comportement” contraire “à l’honneur” ou “aux bonnes moeurs” pour y être fiché… et licencié.

Pendant ce temps-là, Brice Hortefeux et ceux qui le soutiennent tentent d’assimiler l’internet à une “société de surveillance“… et la notion de “vie privée” est réduite [37] au seul “droit à l’oubli” sur l’internet, incarné par ces adolescents qui, s’exprimant sur Facebook, risquent de voir leurs propos archivés par Google pendant des années…

Il y a un mot pour qualifier cela : c’est de la novlangue [38], du nom donné à cette “simplification lexicale et syntaxique de la langue destinée à empêcher l’expression de pensées hétérodoxes ou critiques“.

On ne retient généralement de 1984 [39], le roman de George Orwell, que la seule société de surveillance. O, la Police de la pensée de Big Brother ne “surveille” pas pour “surveiller“, mais pour se maintenir au pouvoir, ce pour quoi elle cherche à contrôler les mots, les pensées.

La question de la “vie privée” est politique : il n’y a pas de libertés sans vie privée, et le sujet est autrement plus intéressant, important et vital pour nos démocraties que ces histoires d’ados qui montrent leurs fesses sur Facebook [40]

Problème : les internautes sont la nouvelle chienlit. Pas tous les internautes, certes : ceux qui se contentent d’y faire leurs courses n’ont rien à craindre. Ceux qui, par contre, s’en servent pour s’exprimer sur les réseaux sociaux, blogs, forums, et y témoigner, notamment, de leurs mécontentements, ceux-là font peur. Parce qu’ils osent s’attaquer de front à ceux dont le métier, ou la fonction, est de porter la parole publique, sinon de maîtriser, voire façonner l’opinion.

Il y a quelques années, l’internet faisait peur aux journalistes, l’internet allait tuer la presse. Puis ce fut le tour des industriels et professionnels de la musique, habilement relayés par bon nombre d’intellectuels et de politiques, dont les postures de commandeurs sont débattues sur le Net, et remises en question, et qui ne goûtent pas du tout ce genre de contradiction venue d’”en bas“, venue du “peuple“.

Mais contrairement aux années 60-70, la “jeunesse” ne cherche pas particulièrement à défier le conservatisme de la génération d’avant : en ce XXIe siècle, ce sont les “vieux cons [4]“, hostiles aux libertés associées à l’internet, qui se mettent à agresser ces “petits cons [40]” d’internautes.

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