[Boris Manenti – Nouvelobs.com -17.02.2010  ]

Confidentielles il y a encore peu de temps, de plus en plus de solutions se développent pour offrir aux internautes un accès crypté pour contourner les lois Hadopi ou Loppsi.

Depuis le vote de la loi Hadopi et avec l’arrivée de Loppsi, des internautes s’organisent pour sécuriser leur accès internet et le rendre le plus anonyme possible.  En ce sens, la Ligue Odebi propose gratuitement, depuis lundi 15 février, le système Odebian qui, avec une simple clé USB configurée, permet d’accéder à un internet anonyme, crypté et sécurisé.  Aurélien Boch, membre de l’équipe dirigeante de la Ligue, explique à Nouvelobs.com que l’objectif est de proposer « un système pour que les internautes restent anonymes, pour le respect de la vie privée ». Une réponse à la Loppsi qui souhaite instaurer un filtrage critiqué des sites pédopornographiques.

« La connexion devient anonyme [mais] nettement ralentie »

Le représentant de la Ligue Odebi se défend d’un système fait pour télécharger illégalement sans risques. « Odebian n’est pas un outil de téléchargement, il ne s’inscrit pas dans cette démarche », lance-t-il. « Après, ce que font les gens avec leur ordinateur, cela ne nous regarde pas. »
Et d’ajouter : « Ce système utilise un Tor, une technique lente et pas du tout adaptée au téléchargement ». Pour les non-initiés, Aurélien Boch s’explique : « Avant d’accéder à un site, la connexion internet passe par différents serveurs avant d’arriver sur le site demandé », offrant ainsi un accès entièrement anonyme. Reste que « si la connexion devient anonyme, elle est nettement ralentie ».
Des systèmes similaires sont déjà en place dans les pays où une importante censure s’opère sur Internet, en Iran, en Chine ou en Corée du Nord, par exemple.

Deux alternatives : VPN et proxys

Pour un internet « libre et sécurisé », d’autres techniques sont également à la disposition des internautes.
Avec les VPN (réseaux privés virtuels), les internautes peuvent accéder « en 5 clics, à une liaison sécurisée et cryptée via un serveur hébergé à l’étranger (bien souvent en Suède ou aux Pays-Bas) », note Aurélien Boch. Reste que ces VPN sont bien souvent payants, autour de 10 à 15 euros par mois.
Il y a également la technique des proxys. « Plus rapide que le Tor, la liaison passe par un serveur », détaille le représentant de la Ligue Odebi. Une technique gratuite « très utilisée en Iran », mais « difficile à mettre en place » et qui n’est pas toujours bien compatible.
Si le gouvernement a déjà fait part de la possibilité de voir interdire les outils de contournement des filtrages, la Ligue Odebi juge cette possibilité invraisemblable. « Interdire des systèmes basés sur Linux, donc des logiciels open-source, serait un grand pas en arrière pour les libertés et les droits sur Internet ».
Enfin, si toutes ces techniques restent pour l’instant réservées aux initiés, avec la loi Loppsi elles devraient « se développer auprès du grand public, en particulier le VPN », avance Aurélien Boch.

http://tempsreel.nouvelobs.com/actualites/vu_sur_le_web/20100215.OBS7034/de_plus_en_plus_doutils_pour_crypter_son_internet.html