Commentaire de Tim Carr, résidant de longue date à Chicago: David Axelrod, à Chicago, c’est le roi du « spin », de la fabrication de bruit pour détourner l’attention de l’électeur. Vous pouvez vous attendre à un paquet de manipulations médiatiques opportunes…. et à une extension nationale de la méthode Chicago: si tu as du fric, je suis ton copain, si tu es faible, je t’écrase la gueule. La seule chose que les autorités de Chicago comprennent c’est le langage du rapport de forces. Avis aux militants, il va falloir s’organiser et s’unir, pour être forts.

[F&D n°292 – Février 2010]

Le Financial Times britannique vient de publier un article extrêmement bien informé sur le « premier cercle » du président américain.

« Le coeur de la machine comprend seulement quatre personnes – Rahm Emanuel, son pugnace chef de cabinet, David Axelrod et Valerie Jeannett, ses principaux conseillers, et Robert Gibbs, son responsable de la communication […] Le président conduit rarement une réunion, même sur les questions de sécurité nationale, sans que l’un ou les quatre soient présents. À l’exception de M. Emanuel, tous faisaient partie intégrante de la brillante campagne présidentielle de M. Obama. À l’exception de M. Gibbs ; tous viennent de Chicago, comme le président. À l’exception de celle de Richard Nixon, peu d’administrations ont été dominées par un si petit cercle de conseillers. »

Aucun membre du cabinet, c’est-à-dire les ministres, n’est consulté régulièrement, pas même la secrétaire d’État Hillary Clinton ou le secrétaire d’État à l’Énergie Steven Chu.

Parmi le quatuor, aucun n’a d’expérience en matière de politique étrangère (hormis Emanuel avec le Proche-Orient, en raison de ses liens plus qu’étroits avec Israël) mais ils sont, en réalité, de simples spécialistes du combat électoral.

L’expression qui revient le plus dans la presse américaine, même pas hostile au président, est la « Chicago-stylepolitics ». Comprendre la « politique à la manière de Chicago », dont les trois principes sont connus de longue date : clientélisme, népotisme, corruption. À la différence de la presse européenne, les médias présentent tous désormais Barack Obama comme un président peu ouvert, peu confiant et peu audacieux