[F&D n°292 – Février 2010]

La fraude de Goldman Sachs

La banque d’affaires américaine Goldman Sachs a utilisé frauduleusement des instruments financiers (en particulier un gigantesque « cross-currencyswap » de plus d’un milliard d’euros), identiques à ceux à l’origine de la crise systémique de la fin de 2008, pour dissimuler l’ampleur de la dette publique de la Grèce.

Le New York Times qui a levé le loup, a révélé à cette occasion que la banque avait empoché 300 millions de dollars pour cette arnaque.

La chancelière allemande Angela Merkel a qualifié la méthode de « scandaleuse », rappelant justement que « les banques qui nous ont déjà amenés au bord du précipice, ont également participé à la falsification des statistiques budgétaires de la Grèce ».

La même méthode a été largement utilisée par la même banque avec l’Italie…

Les banques françaises et allemandes sont engagées pour plus de 84 milliards d’euros d’encours en Grèce et six fois plus dans l’ensemble de l’Europe du Sud. Le risque majeur réside dans une contagion de la crise à l’Espagne, au Portugal et à l’Irlande.

Le « domino » le plus probable est l’Espagne, avec des niveaux d’endettement très supérieurs à ceux de la Grèce, un marché immobilier encore largement surévalué et des déficits publics qui ont explosé. En protégeant la Grèce, l’Union européenne protège donc d’abord l’Espagne.