Une solution juste pour la paix au Proche-Orient ? Barack Obama la tient entre ses mains: il suffit de fermer le robinet financier US vis-à-vis d’Israël et le pays sera obligé de tenir compte des revendications palestiniennes.

[Emmanuel Ratier – Faits et Document – N° 289]

Un sondage vient d’être réalisé par le Pew Research Center auprès de 642 membres du Council on Foreign Relations, le principal lobby en matière de politique étrangères des Etats-Unis, entre le 2 octobre et le 16 novembre 2009. Ses conclusions sont si décoiffantes qu’aucun magazine américain n’en a parlé.

Deux tiers des experts interrogés estiment en effet qu’en matière de politique étrangère, la Maison Blanche en fait beaucoup trop en faveur d’Israël et que ce petit pays, de la taille d’une région française, ne constitue pas une priorité stratégique pour les Etats-Unis.

Sur une liste des « plus importants et partenaires de l’Amérique dans le futur », seuls 4 % incluent Israël, ce qui le place à côté de la Corée du Sud et bien loin derrière la Chine (58 %), l’Inde (55 %), le Brésil (37 %), l’Union européenne (19 %), la Russie (17 %), le Japon (16 %), le Royaume-Uni ou la Turquie (16 %), l’Allemagne (7 %), le Mexique (8 %) et même derrière la France (5 %).

Quand on leur a demandé quels pays seraient les moins importants dans l’avenir, Israël (9 %) était positionné derrière 22 Etats, dont le Canada, le Mexique, le Proche-Orient, la Turquie et même l’Egypte et l’Arabie séoudite.

Dans le conflit israélo-palestinien, seuls 26 % ont pris position pour Israël (41 % prenant position « à égalité » pour les deux camps, et 12 % refusant de se positionner).

Selon 67 % d’entre eux, les Etats-Unis sont trop favorables à Israël et 2 % seulement estiment que les Palestiniens sont favorisés (contre 12 % dans le grand public).

Un décalage existe également avec l’opinion publique quant à l’Iran : 63 % des Américains sont favorables à une intervention américaine sir l’Iran se dotait de l’arme nucléaire. la proportion n’est que de 33 % au CFR. A l’inverse, 63 % des membres du CFR sont partisans d’une attaque du Pakistan si ce pays basculait dans le camp du « terrorisme », alors que seulement 51 % du grand public approuverait une telle opération.