Les chiens et les chats polluent la planète aussi bien que les voitures

[AFP – 178/12/2009]

Médor, Rex et autres Félix peuvent polluer la planète deux fois plus qu’une voiture, selon une étude insolite de chercheurs néo-zélandais, « Il est temps de manger son chien, manuel pour une vie éco-responsable« . Publiée en octobre 2009 dans la revue New Scientist, l’étude de Robert et Brenda Vale n’a pas manqué de susciter les réactions hostiles des défenseurs des animaux domestiques et de leurs propriétaires.

Elle souligne que pour nourrir Médor, un chien de taille moyenne qui mange 164 kilos de viande et 95 kilos de céréales par an, l’impact sur l’environnement correspond à une surface de 0,84 hectare. En revanche, une voiture de type 4X4 qui parcourt 10.000 kilomètres par an, si l’on tient compte de l’énergie nécessaire pour la construire et la faire rouler, a une empreinte écologique de 0,41 hectare, deux fois moins forte que celle du chien.

Interrogé par l’AFP sur la nuisance des animaux de compagnie, Roland Sarda-Esteve, spécialiste de l’environnement, affirme que « quand on a un animal ou un objet, il y a un obligatoirement un coût et une empreinte carbone ». L’ingénieur, chercheur au laboratoire des sciences du climat et de l’environnement, estime toutefois que « l’utilisation d’un 4X4 est plus nocive avec son impact sur le climat qu’un animal de compagnie consommateur de viande et de céréales ».

De leurs côtés, les fervents défenseurs des animaux jugent cette étude « peu sérieuse » avec des risques « d’instrumentalisation ».

« Les scientifiques aiment parfois s’amuser et là, visiblement, ils se sont amusés avec les chiffres, car on peut leur faire dire ce qu’on veut », réagit Reha Huttin, présidente de la Fondation 30 millions d’amis. (…)  Selon une étude menée en 2008 par la Sofres et la Facco (Chambre syndicale des fabricants d’aliments préparés pour chiens, chats, oiseaux et autres animaux familiers), la France est le leader européen de la possession animale. Le pays compte 7,8 millions de chiens et 10,7 millions de chats, soit 18,5 millions de spécimens sur les 60 millions d’animaux domestiques recensés.