Depuis quand l’Etat a t’il le droit d’interdire une pratique architecturale ? On pourrait imaginer qu’il le fasse ponctuellement, au nom du respect du paysage ou du patrimoine. Mais au nom de quoi justifier – dans un état de droit, une interdiction générale d’un type de bâtiment ?

Pourquoi le minaret et pas le gratte-ciel de la Banque Goldman-Sachs ? Le gratte-ciel est pourtant bien plus la marque d’une volonté de dominer le monde que le minaret d’un lieu de culte d’un groupe minoritaire.

Et les dommages causés par l’idéologie prônée par Goldmann-Sachons sont bien pires que ceux causés par les discours des imams suisses..

Alors de quel droit un état démocratique interdirait-il de manière générale une pratique architecturale ? Que les nazis brulent les synagogues, on peut comprendre, c’est dans la nature de leur idéologie. Mais jusqu’à nouvel ordre, en Suisse, on est un état de droit. Et dans un état de droit, quand on interdit, on justifie avec des arguments qui sont valables pour tout le monde, pas seulement pour un groupe qui a le malheur d’être le paria du moment.

Derrière la question des minarets ne se cache pas une détestation de l’islam, mais de manière plus générale une détestation de l’Arabe, du basané, de l’autre, de l’étranger visible… on veut bien des bougnouls, des bicots, des ratons, des melons, des gris pour faire tourner notre système capitaliste, mais SURTOUT QU’ILS NE SOIENT PAS VISIBLES… qu’ils se fondent dans la masse, qu’ils deviennent comme nous, blancs, occidentaux, cravatés, mangeant la même chose que nous, pensant la même chose que nous…

Le message envoyé par la Suisse à ses citoyens d’origine arabe c’est : vous n’avez rien à faire ici. Assimilez-vous, devenez comme nous, devenez invisibles, abandonnez tout ce qui fait votre spécificité culturelle, devenez blancs ou bien cassez vous. Peu importe que vous soyez né ici, de parents nés ici… vous restez un étranger.

Quand je dis « racisme », je pense en effet plutôt à xénophobie, la peur de l’autre, la haine de celui qui n’est pas comme nous et qui se montre, qui m’agresse par sa simple vue….

Personne ne penserait à traiter Nicolas Sarkozy de « fils d’immigré » ou de « français issu de l’immigration »… par contre Moussa Idjewo, en France depuis trois générations, se fait traiter par Nicolas Demorand de « français issu de l’immigration ». La différence ? Sarko est blanc et chrétien, Moussa est noir et musulman.

Et la propagande néo-con qui « a besoin d’un nouvel ennemi pour nous unir » (Condoleeza Rice) et de fabriquer un repoussoir arabe afin de justifier la colonisation du Grand Israël et le génocide en Palestine, mais aussi les De-Villiers/Sarko et autres petits épiciers de la peur qui ont besoin de ce fond de commerce pour faire fructifier leurs petites stratégies électorales… tous ces gens là ont trouvé un nouvel épouvantail qu’ils exploitent à grand coup de propagande.

La questions des minarets est risible, elle est la preuve flagrante que l’Occident qui est toujours prompt à donner des leçons, quand il s’agit des non-blancs, des basanés, applique la règle du deux poids-deux mesures. Démocratie dans les discours, mais pas dans les actes.

« Quand ils sont venus chercher les musulmans, je n’ai rien dit… »

Vive la démocratie. La vraie.