[Samuel Dixneuf – A l’ Heure Suisse – 23 Octobre 2009]
C’est vrai, on entend qu’eux. Les affichettes des partisans du ‘Non’ ne font parler personne. Pourquoi ? Trop gentilles, trop mièvres ? Pas assez nombreuses ? Les deux.

D’une part, les partisans du ‘Non’ auraient moins de moyens que les autres : « Les adversaires de la xénophobie ont de l’humour, mais peu de moyens » glisse Michel Audétat toujours dans 24 heures. Ah bon ? On sait que l’UDC a de la thune mais quand même… On s’en fout un peu des recommandations du Conseil fédéral et du Parlement mais dans ce cas précis « le Conseil national a rejeté l’initiative par 131 voix contre 63 sans abstention, le conseil des Etats par 35 voix contre 7 et 3 abstentions », soit une écrasante majorité.

Une écrasante majorité qui n’aurait pas le sou pour faire une campagne digne de ce nom : informative, touchant la raison et non l’émotion. Vaste blague.

D’autre part, la mesure, la raison n’ont jamais ému les foules. Ce qui fait vendre, on le sait, c’est le cul et la violence. C’est le cas des campagnes UDC. Du choc, toujours du choc, flattant les instincts les plus primaires. Les campagnes successives de l’UDC relèveraient donc de la pornographie politique. Elles combinent obscénité et violence, d’où leur succès.

Mais nous n’avons toujours par répondu à cette question : Pourquoi les « extrémistes » sont ceux qui parlent le plus ? Question qui faisait hier le titre d’un article du Monde.fr, article se basant sur une étude américaine pour y répondre.
http://researchnews.osu.edu/archive/majopinion.htm

Voilà en substance ce que l’on peut retenir :

« Le phénomène [de l’extrémisme] s’auto-entretient : persuadés qu’ils représentent l’opinion majoritaire, les plus extrémistes s’expriment plus volontiers que les modérés, renforçant l’impression qu’ils sont majoritaires, ce qui les incite à prendre plus facilement la parole. Les résultats de l’étude, estiment ses auteurs, expliquent en partie pourquoi les éléments les plus radicaux des partis politiques américains sont souvent perçus comme représentant l’opinion dominante de leur famille politique. »

Pour résumer, l’extrémiste, refoulant sa position minoritaire qui met en péril sa toute puissance fantasmée, noie ses doutes sous un déluge de vociférations qui entretiennent son illusion de domination et sa sensation d’être accepté. Un phénomène qui relève donc de la psychiatrie.

Prolonger :

http://www.lemonde.fr/technologies/article/2009/10/22/pourquoi-les-extremistes-sont-ceux-qui-parlent-le-plus_1257272_651865.html

http://www.mediapart.fr/club/edition/l-heure-suisse/article/231009/je-vocifere-donc-je-suis