[Sam Smith – Undernews – 01/09/2009]

Voici un article extraordinaire (notamment par le fait qu’il est publié dans le New-York Times, journal pas vraiment connu pour ses idées gauchistes) mais écrit de telle manière (pas étonnant, vu la source) à ce que le lecteur n’en saisisse pas l’idée maitresse : le socialisme, c’est rentable, même quand c’est George w. Bush qui en est à l’origine.

Quand on entend le débat qui fait rage en ce moment aux Etats-unis à propos des réformes fiscales et du service de santé de l’Administration Obama, on peut qu’être frappé par l’incohérence des thuriféraires néo-conservateurs et de droite qui hurlent au « Socialisme » de Barack Obama.

Ces esprits partisans font semblant d’ignorer qu’il s’agit exactement du même « socialisme » que celui initié par George W. Bush à travers son « Plan TARP » (ou Plan Paulson) – et que cette « intervention de l’Etat » (anathème pour les capitalistes) a déjà produit un retour sur investissement de 14% pour les fonds publics versés à Goldman Sachs, un bénéfice de 5% pour l’argent prêté à JP Morgan ainsi qu’un bénéfice de 12% sur l’argent prêté à American Express. Ces chiffres sont extrapolés à partir des estimations du Trésor sur les sommes investies dans chacune de ces entreprises par les « socialistes » de l’Administration Bush et Obama.

Malheureusement, ces profits ne sont que temporaires, étant donné que les Etats-Unis n’ont le droit que de pratiquer du « socialisme canada-dry » : le gouvernement n’a le droit que d’investir de l’argent dans des secteurs que l’économie privée dédaigne – couverture sociale, aide médicale, éducation et transports en commun par exemple.

Mais c’est un excellent exemple de l’imbécilité qui caractérise ce débat autour de la reforme du système de santé – un débat influencé par la presse convetionnelle qui accepte les théories de la droite sans même réfléchir et regurgite la pensée unique à longueur de journée.

Notez la schizophrénie du journaliste qui, tout en reconnaissant que les investissements TARP ont été une source de profits pour le gouvernement, se sent néanmoins obligé d’insister (en bon croyant) que « ces résultats permettent d’espérer que le gouvernement va bientôt pouvoir se retirer du métier de banquier. »

(The New York Times 31/08/2009)Près d’un an après la mise en oeuvre du plan fédéral de sauvetage des plus grandes banques du pays, les contribuables commencent à voir des retours de profits sur les centaines de milliards de dollars versés aux banques pour les aider à supporter la crise, des sommes gigantesques dont les critiques du Plan TARP disaient qu’elles seraient perdues à jamais. Les bénéfices, collectés auprès de huit des plus grandes banques qui ont intégralement remboursé leurs prêts gouvernementaux, équivalent à environ 4 milliards de dollars – soit l’équivalent d’un taux de rendement annuel de 15%, selon un calcul financier établi par un cabinet spécialisé, commandité par le New York Times.

Néanmoins, ces bénéfices ne sont qu’une toute petite partie du gigantesque effort de sauvetage entrepris par le gouvernement fédéral l’an dernier afin de stabiliser des banques et autres entreprises secouées par la crise. Le gouvernement est toujours confronté à d’importants risques et des pertes potentiellement très lourdes suite à son sauvetage du géant de la réassurance  American International Group, des entreprises de crédit immobilier Fannie Mae et Freddie Mac, ainsi que les constructeurs automobiles General Motors et Chrysler. Le Trésor US pourrait également souffrir d’avoir garanti des milliards de dollars de crédits immobiliers toxiques.

Mais la nouvelle que le Plan TARP commence déjà a dégager des profits a été accueillie avec surprise et soulagement dans les milieux économiques. Ces résultats permettent d’espérer que le gouvernement va bientôt pouvoir se retirer du métier de banquier.

http://www.nytimes.com/2009/08/31/business/economy/31taxpayer.html?_r=1&hp=&pagewanted=print