Le « retour » de Tapie est bien la preuve que rien, absolument rien, n’a changé dans le capitalisme français dont on voulait nous faire croire qu’il avait compris la leçon, qu’il était moralisé, etc. etc.

Et le paysage politique français est tellement sinistré que je vous parie qu’il va se trouver un mouvement politique pour accueillir Tapie les bras ouverts, ravi de trouver une « personnalité médiatique » qui sait parler à la télé et vous garantit du « media-time »… j’espère simplement que le PS ou les Radicaux n’enfonceront pas ce dernier clou dans leur cercueil.

Tapie n’a rien appris ces 20 dernières années, il a juste attendu que les gens oublient pour pouvoir nous refaire le même jeu de bonneteau…

[Backchich – 123 – 07/05/2009]

Dans l’interview – très complaisante – qu’il vient d’accorder au Point, Bernard Tapie déclare être « plutôt à l’heure du bilan ». « Je voudrais revisiter mon parcours », explique nanar « et essayer d’en finir avec mon image de « gagneur » des années 80, cette caricature d’arriviste sans foi ni loi obsédé par le fric qu’on m’a collée sur le dos et dont je n’ai jamais pu me défaire. J’étais comme ces belles gonzesses dont on pense qu’elles sont idiotes parce qu’elles ont un physique : j’ai fait l’erreur de laisser croire que je me résumais à ce dont j’avais l’air, parce que j’affichais les signes extérieurs de ma réussite-le jet, la télé, le voilier (et sous pavillon français, pas des Bermudes !) »

S’agissant du voilier, la précision ne manque pas de sel. Nanar laisse en effet entendre qu’il serait comporté en contribuable exemplaire en navigant sous « pavillon français ». Ce qui témoigne, une fois de plus, d’un solide culot.

Au début des années 80 Tapie acquiert en effet le « Club Méditerranée », un somptueux quatre mats auprès de la veuve du navigateur Alain Colas. Ce dernier avait disparu en mer. Rénové à coups de millions, rebaptisé « Phocéa » le luxueux yacht jette l’ancre à Marseille, ville dont Tapie brigue alors la Mairie. Comme l’entretien de son yacht lui coûte une fortune, l’homme d’affaires entreprend de défiscaliser son goût pour les croisières de ses revenus. Un tour de passe-passe comptable qui lui permet de se déclarer non–imposable…

Des agissements qui lui valent d’être poursuivi par le fisc puis inculpé par la juge Eva Joly au début des années 90. Au bilan, Tapie finira par écoper en juin 1997 de 18 mois de prison dont 6 mois ferme pour fraude fiscale assorti 30 mois de prison avec sursis pour abus de biens sociaux et banqueroute !

Ce que Nanar-millionnaire, appelle aujourd’hui en faisant son auto-bilan, « naviguer sous pavillon français »

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