Le tollé autour des propos de Ahmadinejad (qui aurait encore une fois pu éviter de faire de la provoc et nourrir ainsi le troll médiatique des sionistes) est une simple opération massive de manipulation de l’opinion afin de discréditer Durban 2 et désamorcer d’avance toute critique d’Israël. Le bureau de propagande de Un-Watch a encore TRES BIEN travaillé. Bravo les gars, Goebbels serait fièr de vous…

[Les Doigts dans la Crise – 23/04/2009]

« Durban II » : un cas d’école de désinformation massive

Je mijotais un billet sur l’invraisemblable campagne de désinformation à laquelle a donné lieu la conférence de l’ONU dite « Durban II », qui a eu lieu à Genève.

Précédée d’un pilonnage d’artillerie médiatique et suivie d’une invasion par voie écrite et télévisuelle de diffamation massive, cette conférence a été l’occasion une fois de plus pour les pays de l’Union Européenne de manifester leur solidarité inconditionnelle avec Israël. Peu importe que la terre entière ait pu mesurer l’ampleur des crimes de guerre commandés par le gouvernement Olmert, peu importe que depuis lui ait succédé un gouvernement où fascistes patentés et prétendus sociaux-démocrates préparent, bras-dessus bras-dessous, les atrocités de demain (et d’ajourd’hui, d’ailleurs, car ils s’entraînent quotidiennement pour ne pas perdre la main).

Je mijotais, dis-je.

Mais je viens de constater qu’Alain Gresh l’a écrit ce billet. Plus complet et plus documenté que je n’aurais sans doute pu le faire. Il faut absolument le lire ICI.

Que dire de plus, et comment le dire mieux ? Deux choses, malgré tout.

Tout d’abord que le caractère raciste avéré de l’Etat d’Israël, qui se manifeste chaque jour très concrètement et systématiquement, a été de longue date dénoncé par des Israéliens. Ainsi, par exemple, Gideon Levy intitulait un de ses éditoriaux dans Haaretz, en mars 2006 : « One racist nation« . Extrait :

Contrary to appearances, the elections this week are important, because they will expose the true face of Israeli society and its hidden ambitions. More than 100 elected candidates will be sent to the Knesset on the basis of one ticket – the racism ticket. If we used to think that every two Israelis have three opinions, now it will be evident that nearly every Israeli has one opinion – racism. Elections 2006 will make this much clearer than ever before. An absolute majority of the MKs in the 17th Knesset will hold a position based on a lie: that Israel does not have a partner for peace. An absolute majority of MKs (*) in the next Knesset do not believe in peace, nor do they even want it – just like their voters – and worse than that, don’t regard Palestinians as equal human beings. Racism has never had so many open supporters. It’s the real hit of this election campaign.

One does not have to be Avigdor Lieberman to be a racist. The « peace » proposed by Ehud Olmert is no less racist. Lieberman wants to distance them from our borders, Olmert and his ilk want to distance them from out consciousness. Nobody is speaking about peace with them, nobody really wants it. Only one ambition unites everyone – to get rid of them, one way or another. Transfer or wall, « disengagement » or « convergence » – the point is that they should get out of our sight.

Prophétique : « il n’est pas nécessaire d’être Avigdor Liebermann pour être raciste« . En effet. Et d’ailleurs, maintenant que Netanyahu est revenu au pouvoir,  Avigdor Liebermann est ministre des Affaires étrangères.

Ensuite, il vaut la peine de relever que depuis l’agression militaire barbare contre la population de Gaza, fin 2008, à laquelle s’est substitué maintenant le lent étranglement du blocus qui dure depuis deux ans, l’organisation israélienne de défense de droits de l’homme B’Tselem constate une forte augmentation des brutalités dont les troupes d’occupation juives se rendent coupables envers la population arabe en Cisjordanie.

Le 24 mars dernier B’Tselem faisait état de 24 cas de brutalités graves – des Palestiniens battus à coups de crosse de fusil, de clubs de golf ou d’autres instruments du même genre – dont 16 avaient entraîné des blessures graves, parfois des invalidités permanentes et irréversibles. Et B’Tselem précisait bien que, vu l’impossiblité matérielle de répertorier tous les cas, cela ne représente évidemment qu’une fraction de la violence exercée par les troupes d’occupation contre la population civile. Sans même parler des brimades « ordinaires » et de l’humiliation permanente.

Il suffit parfois qu’un Palestinien croise des soldats juifs sur une route pour qu’il soit sauvagement battu et abandonné pratiquement pour mort sur le bas-côté de la route. B’Tselem souligne que si, officiellement, l’armée israélienne condamne de tels agissements, en pratique elle ne prend que très rarement des mesures pour les éviter ou pour punir les coupables. « Le 20 mars 2009, la presse a fait état de poursuites dans quelques rares cas de violences commises par des soldats dans le village de Azzun ‘Atmah, dans le district de Qalqiliya en mai 2008. Ces poursuites sont une exception à la règle [de l’impunité] », écrivait B-Tselem dans son communiqué.

Le 1er avril, à la suite de la condamnation à 8 ans et demi de prison d’un garde-frontière israélien qui avait, en 2002 à Hébron, tué un Palestinien en le jetant, après l’avoir roué de coups, d’une jeep lancée à toute allure, B’Tselemn soulignait le caractère exceptionnel, non pas de ce crime, mais de la condamnation qui en a découlé. Le conducteur de la jeep s’en est tiré avec une condamnation à 4 ans et demi de prison.

Il est très rare, en effet, que les militaires israéliens – vous savez, ceux qui servent dans « l’armée la plus morale du monde » – aient à répondre d’actes qui, même aux yeux des autorités de leur pays, sont des crimes. Dans ce cas d’exception, c’est probablement l’écho que les média avaient donné à l’affaire qui a valu Yanai Lazla d’être poursuivi et condamné, à une peine d’ailleurs légère en regard de la gravité des faits (avant de tuer un Palestinien comme il est dit plus haut, Yanai Lazla en avait agressé violemment plusieurs autres au cours de la même nuit, les blessant grièvement).

Mais quiconque verrait une once de racisme, que ce soit dans ces agressions contre des Palestiniens ou dans la volonté constante (depuis 42 ans) et délibérée de l’armée israélienne d’assurer l’impunité à leurs auteurs, serait évidemment un antisémite irrécupérable, probablement à la solde d’Ahmedinejad !

Allons, savourez plutôt la délicate poésie des dédicaces apposées par quelques personnalités françaises dans un album de photos édité par l' »Association pour le Bien-être des soldats israéliens ». Ainsi, par exemple, Richard Berry : « « Un soldat israélien, c’est un enfant comme les autres – le vôtre, le mien ». Ou Enrico Macias : « Le regard de ce soldat israélien n’et dirigé que vers la paix que nous attendons tous avec impatience ». C’est pas joli, ça ?

(*) MK = membre de la Knesset, le parlement israélien.

Une Réponse to “MÊME LES ISRAÉLIENS DISENT QUE LEUR ETAT EST RACISTE…”

  1. Georges Says:

    Merci pour cet excellent article

    Pour vraiment bien aider la cause des Palestiniens patriotes, pas les collabos et autres profiteurs,
    il faut commencer par connaître et faire connaître le commencement

    Cliquer pour accéder à le-partage-de-la-palestine-du-point-de-vue-juridique.pdf


    http://site.voila.fr/amoralite-natale

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