mars 2009



Près de mille pièces ont déjà été cotées, mais aucune preuve matérielle ni aveux, malgré une surveillance très ancienne du groupe…. parce que le but de l’opération Tarnac n’était pas d’intercepter un groupe terroriste mais de faire un coup médiatique et de réveiller un épouvantail bien pratique à un moment où la contestation sociale s’amplifie.

L’état sécuritaire a toujours besoin d’une menace pour effrayer le bourgeois, faire rentrer dans le rang le populo et criminaliser la contestation.

Ce que contient le dossier d’instruction de l’affaire Tarnac

[ Isabelle Mandraud –  LE MONDE | 25.03.09 ]
L’ensemble atteint déjà la hauteur de sept à huit Bottin. Le dossier de l’affaire Tarnac, que Le Monde a pu consulter, près de mille pièces et procès-verbaux numérotés, peut être scindé en deux. D’un côté, sept mois de filatures, d’écoutes, dans le cadre d’une enquête préliminaire ouverte le 16 avril 2008; de l’autre, quatre mois d’instruction, toujours en cours depuis la mise en examen, le 15 novembre 2008, de neuf personnes accusées de terrorisme et pour certaines, de sabotage contre des lignes SNCF en octobre et en novembre 2008.

Bertrand Deveaux, 22 ans, Elsa Hauck, 24 ans, Aria Thomas, 27 ans, Mathieu Burnel, 27 ans, puis Gabrielle Hallez, 30 ans, Manon Glibert, 25 ans, Benjamin Rosoux, 30 ans, et Yildune Lévy, 25 ans, ont tous, depuis, recouvré la liberté sous contrôle judiciaire. Seul, Julien Coupat, 34 ans, considéré comme le chef, reste incarcéré.

Le dossier a beau être dense, il ne contient ni preuves matérielles ni aveux, et un seul témoignage à charge, sous X, recueilli le 14 novembre. Les rares confidences lâchées lors des gardes à vue ont été corrigées depuis. « Ils [les policiers] ont tout fait pour me faire dire que Julien Coupat était un être abject, manipulateur« , affirme le 22janvier Aria Thomas à Yves Jannier, l’un des trois juges instructeurs du pôle antiterroriste. « Pour que les choses soient claires, poursuit-elle, je n’ai jamais pensé, ni cru ou eu le sentiment que Benjamin Rosoux ou Julien Coupat soient prêts à commettre des actes de violence. » Suit cet échange, le 13février, entre le juge Thierry Fragnoli et Julien Coupat, dépeint par le témoin sous X comme un «gourou quasi sectaire», enclin à la violence politique.

« UNE ESPÈCE DE CHARLES MANSON DE LA POLITIQUE »

– Le juge: « Pensez-vous que le combat politique puisse parfois avoir une valeur supérieure à la vie humaine et justifier l’atteinte de celle-ci?
– Julien Coupat: « Ça fait partie (…) du caractère délirant de la déposition du témoin 42 [sous X] tendant à me faire passer pour une espèce de Charles Manson de la politique (…) Je pense que c’est une erreur métaphysique de croire qu’une justification puisse avoir le même poids qu’une vie d’homme. »
Il arrive parfois que le juge tâte le terrain à ses dépens. – « J’imagine que votre ami Coupat et vous-même, de par vos formations et vos goûts, vous vous intéressez à l’histoire (…) des grands mouvements révolutionnaires. Est-ce le cas? », demande-t-il le 8 janvier à Yildune Lévy, la compagne de Julien Coupat.
– « Pour ce qui me concerne, je m’intéresse plus à la préhistoire« , rétorque l’étudiante en archéologie. (NdL&I : Bravo Yldune, ça c’est envoyé !)

Séparément, le couple Lévy-Coupat livre une même version pour justifier, au terme de multiples détours, leur présence, dans la nuit du 7 au 8 novembre 2008, à proximité d’une des lignes SNCF endommagées. Elle: « On a fait l’amour dans la voiture comme plein de jeunes. » Lui: « On s’est enfoncés dans la campagne pour voir si nous étions suivis et nous n’avons eu aucun répit, puisque, où que nous allions, 30 secondes après s’être arrêtés, même dans les endroits les plus reculés, il y avait des voitures qui surgissaient. » (suite…)

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Il faudra un jour qu’un théologien musulman m’explique la vision étriquée du caractère humain qui prévaut  – semble t’il – dans l’Islam (mais aussi chez les Chrétiens et les Juifs).

Ces mollahs sont ils tellement frustrés et coincés vis à vis de leur corps et de leur sexualité  que la simple vision d’une nana à la télévision les met mal à l’aise ? Si c’est le cas, ce n’est pas de la religon, c’est de la maladie mentale ?

Les « bons musulmans » sont ils tellement éloignés de la vie qu’ils ne peuvent supporter d’entendre de la musique ?

Comme le dit Mircea Eliade : Quel genre d’humanité est-ce là ? Comment croire un seul instant à un pareil dieu ? Alors que la nature bouillone de vie et plaisir, ce dieu des descendants d’Abraham (juifs, chrétiens et musulmans) est une invention imaginée par des gardiens de chèvres qui ne connaissent que le désert aride. Cruel, jaloux, colérique, psychopathe, ces nomades étriqués se sont donnés une divinité qui leur ressemble…

[Gregor Seither – IES News Service – 24/03/2009]

Un groupe influent de théologiens musulmans en Arabie Saoudite a adressé une pétition à Abdel Aziz Khoja, le nouveau ministre de l’information du royaume, lui demandant d’interdire toute représentation de femmes à la télévision, dans les journaux et les magazines.

Ces 35 autorités islamiques exigent également l’interdiction de la musique ou de spectacles de musique ou de danse à la télévision.

« Nous avons grand espoir que vous mettrez enfin en oeuvre cette réforme des médias de notre pays, déclarent les théologiens islamiques. « Le moindre observateur peut constater à quel point la perversité a envahi le Ministère de l’information et de la culture et s’étale quotidènnement à la télévision, la radio, dans la presse, dans les évènements culturels et les librairies ».

Source  :  http://news.yahoo.com/s/ap/20090322/ap_on_re_mi_ea/ml_saudi_hardline_clerics;_ylt=ApfF1bnRZTR0WRkzU.ezMdALewgF


Vous pensiez que la « moralisation » du capitalisme était à l’origine de l’attaque du G20 contre le secret bancaire ? Détrompez vous ! C’est juste parce que les grands trusts n’en ont plus besoin… ça va permettre de récupérer quelques peanuts chez les petits contribuables tandis que les miliards iront s’off)shoriser ailleurs…

Les multinationales n’ont plus besoin du secret bancaire suisse ou luxembourgeois

[Bakchich – Ian Hamel – 24 mars 2009]

Le Groupe des 20 (ou G20), qui se réunit le 2 avril prochain à Londres, cherche à faire croire à l’opinion publique qu’il est sur le point d’assainir la finance internationale et que les paradis fiscaux vivent leurs derniers jours. En fait, les grandes puissances ne s’attaquent qu’aux petits fraudeurs du fisc, mais surtout pas aux magouilles des multinationales.

Depuis quelques semaines, les médias du monde entier font leurs gros titres sur la mort des paradis fiscaux. Sous la pression des Américains, des Français et des Allemands, la Suisse, l’Autriche, le Luxembourg, l’Andorre ont promis de collaborer. C’est juré, ils n’accueilleront plus les horribles fraudeurs du fisc. C’est une excellente nouvelle. Dorénavant, le notaire de Lyon et le boucher de Munich paieront leurs impôts comme les autres contribuables.

Les paradis fiscaux européens n’ont pas accepté de gaieté de cœur la mort (partielle) du secret bancaire. On estime, par exemple, que les petites banques suisses gèrent 80 % de fortunes non déclarées. Les grandes banques privées, autour de 60 %. Mais les paradis fiscaux n’ont pas eu le choix : c’était ça ou figurer sur la liste noire du Groupe des 20 (ou G20), un forum économique qui réunit le 2 avril à Londres les chefs d’Etat des plus grandes puissances du monde et certains pays émergents, comme l’Inde, le Mexique ou la Turquie.

Désignée comme un pays « non coopératif » depuis 2007, la principauté du Liechtenstein a perdu en quelques mois toute crédibilité. Plus personne ne veut de leurs « Anstalt », une structure juridique qui permet aux véritables bénéficiaires de sociétés de ne pas apparaître officiellement. Le notaire de Lyon n’ose plus déclarer à son inspecteur des impôts que sa belle villa avec piscine, qu’il occupe depuis deux décennies, ne lui appartient pas. Et que l’heureux propriétaire serait une vague société, baptisée d’un nom d’oiseau ou de fleur, domiciliée à Vaduz, capitale du Liechtenstein…

189 filiales de la BNP dans des paradis fiscaux

Grâce à ces pressions sur les paradis fiscaux, les finances publiques vont récupérer plusieurs milliards d’euros de la part de contribuables indélicats. Nous pouvons nous en réjouir. Mais ne nous faisons pas pour autant de grandes illusions. Les multinationales ne sont pas concernées et continueront à planquer leurs économies dans des zones de non-droit. Le mensuel Alternatives Economiques vient de révéler que « toutes les entreprises françaises du CAC40 sont fortement présentes dans les pays offrant des services financiers du type “paradis fiscaux“. Avec pratiquement 1500 filiales offshore ». (suite…)


Si vos gosses vous demandent quel métier choisir quand ils seront grands, dites leur que paysan/marraicher c’est un métier d’avenir… Et commencez déjà à leur chercher un lopin de terre à exploiter…

[Gregor Seither – IES News Service – 21/03/2009]
Le directeur du conseil scientifique du gouvernement britannique, le Professeur John Beddington, tire la sonnette d’alarme : les effets combinés de la crise alimentaire, de la limitation d’accès à de l’eau potable et de la raréfaction des sources d’énergie risquent de provoquer des émeutes, des conflits transfrontaliers et une vague massive d’immigration de réfugiés cherchant à fuir les régions les plus affectées. Pour le professeur Beddington, ces crises deviendront aigues dès 2030.

Dans un discours devant les participants de la conférence Sustainable Development UK, organisée par le gouvernements britannique à Westminster, Beddington a expliqué que l’accroissement démographique, les succès des programmes d’amélioration de la santé et de lutte contre la pauvreté ainsi que la croissance économique des nations émergentes ont pour conséquence un accroissement exponentiel de la demande en nourriture, eau potable et ressources énergétiques. L’accroissement de cette demande, qui devrait aller en s’accélérant au cours des 20 prochaines années, survient à un moment où les pays de la planète sont confrontés à une autre urgence : modifier leurs comportements énergétiques et de consommation afin de lutter contre l’émission des gaz à effet de serre. (…)

Toujours selon le Prof. Beddington, si les prix alimentaires se sont à nouveau tassés après leur forte augmentation l’an dernier, la production mondiale de céréales telles que le blé ou le mais n’arrive toujours pas à suivre la demande. Aujourd’hui les réserves mondiales ne représentent que 14% de la demande annuelle, un taux tellement bas qu’il suffirait d’une sécheresse, d’une inondation ou d’une mauvaise récolte dans une région productrice majeure pour faire à nouveau exploser les prix.

« Une inondation comme celle qui a frappé les Etats-unis l’an dernier ou encore un été trop sec en Chine suffiraient à faire basculer la situation. Les prix grimperaient à nouveau, déclenchant des émeutes de la faim à travers le monde. Et cette fois ci la gouvernance mondiale alimentaire n’a plus les moyens de réguler les prix en mettant des réserves sur le marché » explique Beddington, « car la majorité des réserves ne sont pas stockées dans des hangars mais sont simplement des tonnages d’aliments actuellement en transit entre les différents ports« .

« Nos réserves alimentaires n’ont jamais été aussi basses depuis 50 ans, alors que nous devons accroître notre production alimentaire de 50% d’ici à 2030. Et simultanément il va nous falloir 50% de plus d’énergie et 30% de plus d’eau potable. »

« Cette situation explosive représente la plus grande menace pour la stabilité et la paix mondiale qui ait jamais existé. Des centaines de millions d’hommes et de femmes vivent dans les régions les plus exposées et n’auront pas d’autre choix que de partir pour tenter de survivre ailleurs. Les sources de conflits, d’épidémies, de guerres seront innombrables… et jusqu’à présent l’humanité n’a encore jamais apporté la preuve qu’elle savait gérer ce genre de situation. »

Avant d’occuper le poste de Conseil scientifique en chef du gouvernement, John Beddington était professeur de Biologie démographique appliquée (population biology) au Imperial College de Londres. Il est reconnu comme un expert mondial sur l’emploi durable de ressources renouvelables.


Le coup de gueule de Dailymotion contre NKM
[Samuel Laurent – Samuel Potier (lefigaro.fr) 18/03/2009]
Dans une lettre à la secrétaire d’Etat à l’Economie numérique, dont lefigaro.fr s’est procuré une copie, la plateforme française de vidéos lui reproche de laisser un «courant de pensée anti-internet» se développer dans la majorité.

«Madame la ministre, chère Nathalie». Ainsi commence la lettre musclée envoyée le 24 février à Nathalie Kosciusko-Morizet («NKM») par Martin Rogard et Guiseppe di Martino, respectivement directeur France et directeur juridique de Dailymotion, plateforme française de vidéos et numéro deux mondiale derrière YouTube.

Les deux entrepreneurs prennent la plume pour dénoncer «l’absence de communication» de la secrétaire d’Etat suite à la proposition émise fin février par le député Frédéric Lefèbvre de créer une commission d’enquête sur les plateformes vidéo. Une proposition qui répondait aux accusations du réalisateur Luc Besson contre une autre plateforme bien plus petite, BeeMotion, qui diffusait illégalement ses films.

«Tu as une idée, je la taxe, je te régule !»

Pour Martin Rogard et Guiseppe di Martino, en ne corrigeant pas l’initiative de Frédéric Lefèbvre, NKM a laissé un «courant de pensée anti-Internet prospérer», sans donner «une image de notre industrie plus proche de la réalité». Des accusations que les net-entrepreneurs (des fournisseurs d’accès aux patrons de start-up) reprennent de plus en plus souvent.

Les deux dirigeants de Dailymotion vont plus loin : «Ces temps-ci, il est facile de résumer l’atmosphère dans laquelle nous évoluons en France, à la différence de ce que peut connaître notre société dans le cadre de son expansion à l’étranger […] : tu as une idée, je la taxe, je te régule ! Vous créez, je taxe, nous vous régulons ! C’est cela la «grammaire des affaires» ? Pour nous entrepreneurs du Net, c’est là une conjugaison bien malheureuse, déconnectée du temps numérique, celui des nouvelles générations».

Des accusations qui font référence entre autres à la loi Hadopi sur le téléchargement illégal. Outre la répression plus active du téléchargement via les logiciels de peer-to-peer comme eMule ou les différents logiciels utilisant le protocole Bittorrent, la question des sites proposant des vidéos directement visionnables en ligne a été posée et une commission chargée d’étudier la question d’ici l’été. Dailymotion, avec 900 millions de visionnages sur sa plateforme, est concerné au premier chef.

De quoi inquiéter un secteur lui aussi touché par la crise. «Alors que les Etats-Unis cherchent des solutions pour aider les PME du secteur, en France nous en sommes toujours à parler de légalité, de droits d’auteur et à diaboliser Internet », explique Martin Rogard au figaro.fr. Contacté, le cabinet de Nathalie Kosciusko-Morizet n’a pas répondu pour le moment à nos sollicitations.

Nadine Morano, «une plainte pour intimider» ?

Au-delà, l’industrie du web en France est lassée de faire les frais de cette «pensée anti-Internet». Après Frédéric Lefèbvre, c’est ainsi Nadine Morano qui a porté plainte contre Dailymotion suite à des commentaires insultants laissés par des anonymes sur des vidéos de la ministre de la Famille.

Martin Rogard estime lui que «ce n’est pas une plainte contre Dailymotion, mais contre des internautes dont la justice veut les adresses IP ». Et de s’interroger : «Cette affaire comporte un caractère bizarre. Quelle est la stratégie de la ministre (Nadine Morano, NDLR) derrière cette action qui implique la police ? Est-ce pour faire de l’intimidation ? Il aurait pourtant suffi d’un simple mail du ministère, plutôt qu’un déballage public, et les propos injurieux auraient été retirés comme cela se passe toujours pour ce type de faits ».

http://www.lefigaro.fr/medias/2009/03/18/04002-20090318ARTFIG00574-le-coup-de-gueule-de-dailymotion-contre-nkm-.php


Londres négocie avec Paris un nouveau centre pour migrants à Calais

[AFP 17.03.09]

Londres est en négociations avec Paris pour établir un nouveau camp de détention dans les environs de Calais (nord de la France) pour les migrants tentant de se rendre illégalement en Grande-Bretagne, a indiqué mardi le ministre britannique de l’Immigration Phil Woolas. Les migrants devraient être détenus dans ce centre s’ils échouent à satisfaire aux contrôles de l’immigration britannique avant d’être renvoyés dans leur pays par des vols charters organisés par le ministère britannique de l’Intérieur, a expliqué M. Woolas.

« Nous voulons donner plus de publicité aux expulsions parce nous voulons envoyer le message jusqu’en Afghanistan et en Irak que la Grande-Bretagne n’est pas la Terre promise », a-t-il déclaré. Le projet de centre de détention et de vols charters qui pourraient rapatrier des centaines de migrants illégaux vers Kaboul en Afghanistan et Erbil dans le nord de l’Irak, fait partie d’un ensemble de mesures étudiées par la France et la Grande-Bretagne et destinées à combattre l’immigration illégale à travers la Manche. « Nous sommes dans une guerre 24h/24 avec les trafiquants » d’êtres humains, a souligné le ministre.

Selon lui, le projet n’en est encore qu’au stade des discussions, Londres espérant parvenir à un accord vers la fin avril, avant un sommet franco-britannique prévu à la mi-mai.

Des centaines de candidats à l’immigration en Grande-Bretagne, pour la plupart des réfugiés irakiens et afghans, vivent dans des conditions très précaires dans les environs de Calais dans l’espoir d’embarquer clandestinement sur un ferry pour la Grande-Bretagne. M. Woolas a souligné que ce camp ne ressemblerait pas au camp de réfugiés de Sangatte, où la Croix-Rouge offrait hébergement et alimentation aux migrants, et qui a été fermé en 2002. « Nous ne cherchons pas à obtenir une situation parallèle à celle de Sangatte », a-t-il déclaré, expliquant que c’était le renforcement des frontières britanniques qui était avant tout recherché


Neuf ans plus tard, ce texte n’a pas pris une ride… et à l’heure ou le fasciste Avigdor Lieberman est au gouvernement, il ne faut pas hésiter à mettre le nez des pro-israéliens dans leurs contradictions…

[ LE MONDE | 07.12.01 | Traduit de l’hébreu par Catherine Neuve-Eglise]

Disons-le sans détour, la question du sionisme est dépassée. Pourtant l’amalgame systématique entre antisionisme et antisémitisme est devenu la nouvelle arme d’intimidation des « amis d’Israël ».

Les accusations d’antisémitisme lancées par les institutions juives de France à l’encontre des médias français, la violence passionnelle des réactions et l’opprobre jeté sur toute attitude critique à l’égard d’Israël témoignent de la confusion et de l’échauffement des esprits. Confondant non-sionisme et antisémitisme, ces réactions se multiplient depuis que la guerre coloniale en Palestine-Israël redouble de violence. Ainsi, les institutions juives de France font peser aujourd’hui un danger sur les juifs et le judaïsme, et plus particulièrement sur la cohabitation entre Français juifs et musulmans au sein de la République.

Que des juifs en France se sentent aujourd’hui concernés par le sort des Israéliens qui ont élu avec une large majorité un premier ministre d’extrême droite et sont aujourd’hui piégés dans une situation politique et identitaire à laquelle ils ne voient pas d’issue, c’est légitime. Mais que la communauté juive de France et son grand rabbin s’enferment dans un soutien inconditionnel à la situation coloniale et meurtrière qui prévaut depuis plus de cinquante ans en Israël-Palestine, c’est inacceptable.

On en est arrivé à confondre la signification mystique que revêt la terre d’Israël dans le judaïsme avec une revendication territoriale qui n’a plus rien à voir avec la sécurité. Israël est aujourd’hui le seul endroit du monde où les juifs sont menacés physiquement en tant que tels. Le CRIF déclare pourtant que les juifs de France, « inquiets de voir les jeunes musulmans transporter en France le conflit du Proche-Orient », sont prêts à envisager d’émigrer en Israël pour s’y réfugier.

Une minorité de juifs de France prend au sérieux la grande angoisse de la société juive israélienne face à l’évolution démographique favorable aux Arabes et émigre en Israël. Pour la plupart religieux intégristes, ils choisissent de s’installer dans les colonies de peuplement en Cisjordanie et dans la bande de Gaza. Si la majorité des juifs de France (de loin la plus grande communauté d’Europe) restent attachés à une République qui leur permet de vivre leur judaïsme dans toutes les nuances qu’on lui connaît aujourd’hui, ils représentent pourtant, selon les propres termes de l’Agence juive, le « dernier réservoir » d’immigration vers Israël.

Dans les synagogues et les centres communautaires juifs, le drapeau israélien et la collecte d’argent au bénéfice d’Israël ont tendance à prendre la place des symboles religieux traditionnels. Les fonctionnaires de « l’office israélien de l’explication » et de l’ambassade d’Israël en France comme des officiers de l’armée israélienne accompagnent des dirigeants communautaires. Quant à la sécurité des institutions juives, elle est assurée par les services d’ordre des mouvements de jeunesse sionistes, secondés et entraînés par des membres de la sûreté israélienne.

C’est ainsi que s’opère le déplacement du domaine politique vers le religieux. Identifiés comme des institutions de soutien à Israël, les synagogues et centres commu nautaires deviennent, dans cette confusion, des cibles d’attaques criminelles, qui, par ailleurs, doivent êtres punies en tant que telles.

Mais, en qualifiant d’antisémites les positions non sionistes et critiques portées à l’égard de la politique israélienne et, délégitimant un point de vue politique en le confondant avec un propos raciste, les institutions juives communautaires françaises jouent aux apprentis sorciers et deviennent elles-mêmes vecteurs de violence.

Pour les juifs pratiquants, le judaïsme n’est pas une question. Pour des juifs laïques, en revanche, tiraillés entre universalisme et crispation identitaire, le sionisme est devenu une religion de substitution. De ces juifs en mal d’identité, Yeshayahu Leibowitz, le philosophe israélien, religieux et sioniste, disait : « Pour la plupart des juifs qui se déclarent tels, le judaïsme n’est plus que le bout de chiffon bleu et blanc hissé en haut d’un mât et les actions militaires que l’armée accomplit en leur nom pour ce symbole. L’héroïsme au combat et la domination, voilà leur judaïsme. »

Le génocide des juifs est identifié comme un holocauste et un terme biblique lui a été attaché, « Shoah ». Ce transfert dans le registre du sacré arrache l’événement à sa gravité politique. La culture victimaire devient un pilier de l’identité juive laïque. Les autres, et en premier lieu les Palestiniens, sont sommés de prouver leur souffrance, car ils ne seraient que les victimes des victimes…

En 1990, pendant la première Intifada, le même Leibowitz constatait : « Rien de plus confortable que de se définir par rapport à ce que les autres nous ont fait. Nous nous sentons ainsi dispensés de nous poser la question “Qui sommes-nous?” et de tout examen de conscience. »

En votant à l’ONU en 1947 le partage de la Palestine qui attribuait environ 60% du territoire à la minorité juive et 40% à la majorité arabe, le monde occidental voyait là un moyen de se racheter après la catastrophe du génocide. A cela s’ajoutaient la mentalité coloniale de l’époque et son mépris à l’égard des populations indigènes. Le monde occidental semblait faire sienne l’idée sioniste selon laquelle les juifs sont partout en transit, à l’exception de ce bout de terre qu’ils revendiquaient et qui leur était désormais attribué. Les Arabes refusèrent ce partage inégal. Contrairement à ce qui est fréquemment affirmé, ils ne s’en tinrent pas à un simple rejet. Le représentant du Haut Comité arabe pour la Palestine avait proposé le projet d’un Etat binational. Et la communauté des nations est restée sourde à diverses propositions d’un plan pour un Etat fédéré.

Le territoire de la Palestine historique (Israël, territoires occupés et zones autonomes) comporte aujourd’hui environ 4 millions de Palestiniens et 5 millions de juifs. La question du droit au retour des réfugiés palestiniens expulsés en 1948 ajoute une complexité supplémentaire au dénouement du conflit. Comment faire accepter à un Palestinien né à Jaffa qu’il n’a pas le droit d’y revenir, alors qu’un juif né à Paris peut, lui, s’y installer? Dans cette logique, le partage de la terre et la séparation entre Israéliens et Palestiniens semble s’imposer. Mais, à moins d’envisager un nouveau transfert de populations, il semble impossible de dessiner des frontières vivables entre des communautés aussi imbriquées sur le terrain. Le partage est aussi illusoire que la croyance, pour « corriger » la donne démographique, en une grande vague d’immigration juive qui serait provoquée par la résurgence de l’antisémitisme en Occident.

Pourtant les apprentis sorciers continuent à jouer la carte de la panique en brandissant le spectre de l’antisémitisme. Ils montrent ainsi leur incapacité à sortir d’une vision manichéenne et archaïque des rapports de force.

Pour rompre le cercle vicieux de la haine et de la vengeance, il convient, au contraire, de faire appel à l’intervention des nations qui furent à l’origine de l’erreur historique de 1947. Il est temps d’en appeler à la raison et d’abandonner des conceptions nationalistes et théocratiques dont l’Histoire du XXe siècle a largement démontré les limites et le coût humain.

Seule une vision républicaine, démocratique et laïque persuadera les peuples israélien et palestinien qu’ils peuvent vivre – et pas seulement mourir – sur le même territoire.

S’ils souhaitent sincèrement favoriser une solution au conflit du Proche-Orient et voir leurs amis ou parents israéliens vivre enfin en paix, les Français juifs ont bel et bien un rôle à jouer. Premiers dans l’Histoire à bénéficier des bienfaits des principes républicains, pourquoi n’encouragent-ils pas les Israéliens à s’engager dans une voie similaire? Pourquoi ne s’appliquent-ils pas à développer en France des relations harmonieuses avec la communauté musulmane au lieu de l’accuser d’importer en France le conflit du Proche-Orient? Leur exemple serait une vraie contribution à la paix et servirait plus le judaïsme que le drapeau israélien.

Eyal Sivan, cinéaste israélien, réside en France.

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