Algérie, Indochine, Vietnam, Irak… les guerres coloniales ne changent pas.

[Gregor Seither – IES News Service – 30/03/2009]

Au camp militaire « Rose Barracks » de la US Army, à Vilseck, se tient le tribunal militaire appelé à juger les auteurs d’un quadruple meurtre commis en Irak, à Bagdad, au printemps 2007.  Hier, la cour a entendu le témoignage du Sergeant chef Joseph P. MAYO, 27 ans, qui a raconté comment son unité avait raflé ces 4 hommes a proximité du lieu où un attentat avait tué deux soldats U.S.. Aucune preuve n’ayant pu être retenue contre ces quatre civils, la patrouille avait reçu l’ordre de les relacher.

C’est alors que le Sgt. chef Mayo et ses hommes ont pris les quatre hommes, qui avaient les mains menotées dans le dos et un bandeau sur les yeux, et leur ont tiré à chacun une balle dans l’arrière de la tête, avant de jeter les cadavres dans un canal d’irrigation. On avait au début attribué leur mort à résistance irakienne.  Mayo a reconnu le meurtre, affirmant ; « Je pensais que c’était dans le meilleur intérêt de mes hommes de tuer ces prisonniers, en envoyant un message aux terroristes, je pensais protéger mes soldats« .

Un autre inculpé dans la même affaire a témoigné de l’atmosphère « de frustration et de peur » qui régnait parmi les soldats. Selon lui, les soldats ne sont « pas entraînés de manière adéquate » pour affronter les conditions de terrain en Irak, où les auteurs des attaques qui visent les soldats U.S. sont rarement identifiés. Il a affirmé que ce type de « vengeance » était courant chez les soldats U.S., les enquêtes sur les morts civiles n’aboutissant que rarement. « Si on lâche une rafale sur un groupe de gens, sans témoins, ou bien qu’on fait disparaître un prisonnier avant de rentrer au camp, personne ne va aller voir ce qui s’est vraiment passé ».

Sept militaires américains sont jugés dans cette affaire de meutre. Si le sergent-chef Mayo a été condamné à 35 ans de prison, son adjoint, le sergent Michael P. Leahy, médecin, a lui été condamné en février à la prison à perpétuité. 5 autres militaires sont en cours de jugement, l’un deux, le sergent-chef John E. Hatley est impliqué dans un autre « incident ». Un autre militaire, jugé dans le Kentucky, risque d’être condamné à mort pour ce quadruple meurtre.