C’est rien de nouveau. Le lobby nucléaire français a toujours été très fort en comm’… Et je confirme que ça marche ! Mon fils de 8 ans veut accrocher le poster Areva dans sa chambre !!!! Pour un papa qui a fait ses premiers pas en politique dans la lutte contre Neupotz et Fessenheim, dans les années 1970, c’est une hérésie… 🙂

Quand à la défense des magazines incrimés, prétendre qu’il s’agit d’une « erreur involontaire » c’est carrément risible… si les rédacteurs font des dossiers de publireportage « involontaires » en reprenant la maquette du journal, c’est qu’ils ne savant pas faire la différence entre la publicité et les articles de journal. Dans ce cas, ils ne connaissent pas leur métier et il faut les virer !

Mauvaise presse pour Areva ?

[JDD.fr – Vendredi 06 Mars 2009]
Le Jury de déontologie publicitaire examine vendredi plusieurs plaintes déposées par le réseau Sortir du nucléaire contre Areva. Le groupe français est accusé d’avoir diffusé une série de publicités masquées en faveur de l’énergie nucléaire dans des journaux pour adolescents. L’éventuelle sanction, morale, est attendue dans une semaine.

Les jeunes ont-ils été trompés par leurs journaux préférés? C’est ce dont le Jury de déontologie publicitaire (JDP) doit décider vendredi. Celui-ci examine plusieurs plaintes déposées par le réseau Sortir du nucléaire contre Areva. Le groupe français est accusé d’avoir diffusé une dizaine de vraies fausses publicités dans la presse jeunesse. Le premier contentieux remonte au mois de novembre 2008. Science&Vie Junior (groupe Mondadori) publie un grand « jeu-concours » sur le nucléaire qui ne porte pas la mention publicité. Les lecteurs sont invités à trouver les réponses aux questions dans des « articles »… qui sont eux aussi des encarts publicitaires disséminés dans le journal.

Sortir du nucléaire alerte le JDP. Sciences &Vie junior reconnaît avoir fait « une grave erreur de communication », involontaire et publie dans ses colonnes les lettres de lecteurs, eux aussi offusqués. Pour le Jury de déontologie, c’est suffisant. La plainte de Sortir du nucléaire est classée.

Mais dans son numéro de décembre, Sciences&Vie Junior publie quatre pages qui entretiennent à nouveau la confusion, estime Sortir du nucléaire. Il s’agit d’un dossier réalisé par Areva, proposant un « Voyage au coeur de l’énergie nucléaire », surtitré « Publi info -Science&Vie Junior ». Pour Stéphane Lhomme, porte parole de l’association, « cette mention est trompeuse puisque les jeunes ne savent pas ce qu’est une publicité, contrairement aux adultes ».

Sanction morale
Le procédé est quasiment le même dans les dossiers sur le nucléaire que proposent en décembre les hebdomadaires Les Clés de l’actualité et Les Clés de l’actualité Junior (Milan presse). Ils reprennent en outre de façon troublante la maquette de la publication. « Une façon de plus d’induire le lecteur en erreur« , pour Stéphane Lhomme. La charte graphique du magazine est également copiée dans un second cahier de huit pages offert en décembre par L’Actu (à partir de 14 ans) « en collaboration avec EDF ».

Le magazine Images doc (de 8 à 12 ans) va plus loin. Il diffuse en novembre quatre pages proposées par Areva, cette fois sans aucune mention de publicité. En janvier enfin, Mon quotidien (10-14 ans) offre aux lecteurs un poster géant, avec le logo d’Areva et celui du magazine « ce qui laisse croire que celui-ci est co-responsable du contenu », selon Stéphane Lhomme.

Face à ces attaques, les journaux incriminés, et qui ont touché plusieurs dizaines de milliers d’euros pour ces publicités, plaident la bonne foi, l’erreur d’inattention. Ils défendent le soin apporté à l’information de leurs jeunes lecteurs, notamment dans le domaine de l’énergie. Dans un courrier adressé à Sortir du nucléaire, Science&Vie Junior rappelle ainsi « qu’il a été entre autres la première publication d’importance à soulever la question du retraitement des déchets et celle du démantèlement des centrales ». Milan Presse souligne que la parole a régulièrement été donnée dans ses magazines aux antinucléaires.

Mais l’association qui porte plainte assure qu’elle n’attaque pas sur le fond les publicités diffusées, mais sur leur forme, jugée trompeuse. Le Jury de déontologie publicitaire devrait se prononcer dans les huit jours. Lorsqu’aucune mention de publicité n’a été faite, les plaintes pourraient être reçues. L’avertissement « publi-info » pourrait en revanche être jugé satisfaisant. Dans le pire des cas, la sanction encourue est morale. Areva ne risque qu’un simple blâme.

« Les enfants peuvent penser que, si leur journal préféré travaille avec Areva, c’est que le nucléaire n’est pas mauvais », a estimé le porte-parole du Réseau anti-nucléaire, Stéphane Lhomme, lors d’un point-presse, évoquant de « vraies-fausses publicités ». « On critique aussi le fait que le magazine cautionne » cette pratique, a-t-il ajouté.


Il
a rappelé l’article 18 du code de déontologie international CCI, qui stipule que « la communication de marketing ne doit pas exploiter l’inexpérience ou la crédulité (des enfants ou des adolescents) », que « la publicité doit pouvoir être nettement distinguée comme telle, quel que soit le support ». Par ailleurs, dit le texte, « lorsqu’il s’adresse aux enfants, le caractère publicitaire du message doit être rapidement identifiable ».