Les gouvernements israéliens successifs sont déjà assis sur un gros paquet de résolutions de l’ONU, alors je doute qu’Israël en ait quelque chose à foutre d’une éventuelle « action judiciaire intentée par des organisations internationales ». Et vu l’impunité dont bénéficie Israël en occident, vu la mainmise du lobby pro-israël sur la politique de Barack Obama et de l’Union Européenne, il y a fort à parier qu’il n’y aura jamais d’action judiciaire.

[Amos Harel – Ha’aretz, 15 février 2009 – Trad. : Gérard pour La Paix Maintenant]
Les enquêtes internes effectuées l’armée à propos de l’offensive récente dans la bande de Gaza indiquent que l’armée pourrait faire face à d’importantes difficultés pour expliquer l’étendue des destructions de maisons de civils durant les combats. Une source militaire, partie prenante de ces enquêtes, a dit à Ha’aretz : « Pour nous, il est clair que, dans une partie des secteurs de combat, des dégâts incommensurables ont été infligés, très difficilement justifiables d’un point de vue juridique, en particulier si ces justifications sont apportées dans le cadre d’une action judiciaire intentée par des organisations internationales. »

Au cours des combats, l’armée a détruit des centaines de maisons situées dans différents secteurs, et des sources palestiniennes estiment que plusieurs milliers de bâtiments ont subi des dégâts. Une partie d’entre été aux a été touchée par des frappes aériennes, d’autres au cours de combats terrestres dans des zones urbaines densément peuplées. D’autres bâtiments encore ont été endommagés pas des bulldozers ou par des explosions contrôlées, en conformité avec des ordres reçus de commandants de bataillons ou de brigades sur le terrain.

Des officiers supérieurs attachés aux unités qui ont opéré à Gaza le mois dernier affirment que les bulldozers de l’armée étaient très demandés pendant les combats. Des commandants de brigade sont souvent intervenus pour qu’on fournisse ces bulldozers à leur unité.

La semaine dernière, la chaîne 2 de télévision israélienne rapportait que, selon les estimations de l’échelon militaire, environ un tiers des morts pendant les combats étaient des « civils non concernés pas les combats », chiffre bien plus haut de source palestinienne. L’armée estime qu’il s’agit d’un chiffre raisonnable compte tenu de l’étendue des combats, relativement conforme aux chiffres des victimes des opérations américaines en Irak ou de celles de l’OTAN en Afghanistan.

Pour la plupart des procédures judicaires concernant les victimes civiles, l’armée compte arguer du fait qu’elles constituent un « dommage collatéral », c’est-à-dire des conséquences inévitables quand un ennemi se cache parmi une population civile, ou bien d’erreurs de direction de tirs, comme dans le cas très médiatisé de la mort de plusieurs membres de la famille du Dr  Abou al-Aish dans le camp de réfugiés de Jabalya (1).

Cependant, les destructions massives de maisons seront plus difficiles à expliquer d’un point de vue juridique. Les enquêtes révèlent que dans de nombreux cas, des officiers ont donné l’ordre de détruire des maisons qui obstruaient la « ligne de mire » d’une position israélienne, ou parce qu’ils considéraient que ces maisons étaient susceptibles d’être utilisées pour menacer leur propre sécurité. Dans d’autres cas, des maisons ont été détruites après des explosifs ou des Kalachnikov ont été découverts à l’intérieur, même quand il aurait été possible d’effectuer une explosion contrôlée qui aurait causé des dégâts limités.

Dans plusieurs dizaines de cas, des maisons ont été détruites à partir de soupçons (qui se sont révélés infondés) selon lesquels elles cachaient des tunnels souterrains de contrebande d’armes. Un représentant du département juridique de l’armée a dit qu’il serait extrêmement difficile de justifier de telles opérations. Dans plusieurs cas, il semble y avoir eu de gros écarts dans le volume des destructions entre différents secteurs de combat, écarts dus, semble-t-il, à des différences de méthodes de commandement des officiers supérieurs.

(1) Voir http://www.lapaixmaintenant.org/article1915

http://www.haaretz.com/hasen/spages/1064161.html