[La Tribune de Genève – Jean-Noël Cuénod – 03/02/2009]

(…) Après les révélations de Pierre Péan, la question du remplacement de Bernard Kouchner va sans doute se poser. Déjà les milieux diplomatiques font circuler un nom pour le remplacer: le socialiste Hubert Védrine – ancien ministre des Affaires étrangères de Jospin pendant cinq ans et l’une des rares «pointures» internationales de la classe politique française.

Dès son arrivée à l’Elysée, Nicolas Sarkozy avait voulu faire d’Hubert Védrine son ministre d’ouverture. Mais le socialiste avait refusé, conscient que ce n’était pas sa diplomatie qu’il aurait dû mettre en œuvre, mais celle de Sarkozy.

Dès lors, si Védrine revient au Quai d’Orsay, la cohabitation avec le président sera des plus sportives, l’ancien ministre préférant la réalité du pouvoir à ses apparences, contrairement à Kouchner.

A moins que le président Nicolas Sarkozy ne délègue, au moins en partie, sa diplomatie à Hubert Védrine afin de se concentrer sur les défis économiques et sociaux intérieurs qui deviennent chaque jour plus brûlants.

http://www.tdg.ch/actu/monde/icone-kouchner-risque-brisee-2009-02-02