Désormais, quand on est humoriste, on ne monte pas sur scène sans avoir fait relire son script par un avocat… étrange démocratie.

A noter que  – encore une fois – le journaliste gratte son papier sans avoir vu, ou au moins prendre la peine de – au minimum – visionner les vidéos du spectacle de Dieudo.  L’homme « vêtu d’un uniforme identique à ceux portés dans les camps de concentration » est tout simplement Jacky, partenaire d’un autre sketch joué précédemment et qui se moque de la décision de Sarkozy de faire parrainer des enfants assassinés en déportation par des classes de primaire. « Afin de lutter contre les assassins de la mémoire, désormais toute pièce de théatre jouée en France devra obligatoirement comporter un personnage de déporté sur scène »… c’est pas très fin, c’est gros comme du Dieudo mais cela méritait d’être précisé.

Mais si on commence à demander aux journalistes d’être précis sur ce qu’ils écrivent…

[L’Express – Laurent Chabrun,  30/12/2008 ]

L’humoriste, qui a fait monter sur scène le négationniste Robert Faurisson, a réglé tous les détails de son spectacle pour échapper aux poursuites judiciaires. Une enquête va toutefois essayer de le prendre en défaut.

La provocation de l’humoriste Dieudonné qui a fait monter  sur scène et acclamer le négationniste Robert Faurisson était soigneusement calibrée.

Déjà condamné le 26 juin dernier, en appel, pour avoir, en 2005, assimilé la shoah à de la « pornographie mémorielle » et le 15 novembre 2007 pour avoir comparé des juifs à des négriers, le « comique » s’est soigneusement gardé, cette fois, de s’exposer, de front, à des poursuites pour contestation de crime contre l’humanité.

« En faisant ovationner Robert Faurisson, plusieurs fois condamné, Dieudonné n’a pas, directement, commis un délit constate, un magistrat proche du dossier, et seule l’enquête préliminaire permettra d’établir si des injures antisémites ou des déclarations négationnistes pourront être poursuivies« .

L’enquête menée par la Brigade de Répression de la délinquance contre les personnes (BDRP) de la préfecture de police de Paris devrait répondre à cette question. Les investigations des policiers vont, en particulier, porter sur le moment où, pour remettre une sorte de prix à Robert Faurisson, un homme, vêtu d’un uniforme identique à ceux portés dans les camps de concentration, est monté sur scène. Les policiers devraient, ainsi, examiner, dans le détail des enregistrements réalisés avec des téléphones portables. Certains, comme ci-dessous, sont disponibles sur Internet.

http://www.lexpress.fr/actualite/societe/comment-dieudonne-a-calcule-sa-provocation_728771.html