Vous vous rendez compte ! Ils n’ont pas fait appel aux banques pour avoir un crédit !!! Ils pratiquent le troc !!!! Ils ne sont pas interessés par le profit à tout va !!!!

On comprend mieux la hargne de la société (et des nombreux commentateurs sur ce blog) contre de tels dangereux individus…

En fait, la petite bande de Tarnac et ailleurs était une cible idéale pour la police. Une façon de se faire un petit coup de pub sans grand danger… Tout comme, dans les années 70, Marcellin criminalisait les communautés pour renforcer le pouvoir policier (« il faut bien qu’on vous protège contre ces barbus chevelus dangereux madame… ») et manipulait les grenouilles dans la mare d’extrème gauche pour maintenir la « stratégie de la tension »…

Et on ne parlera même pas des manoeuvres des bureaucrates du Parti Communiste, toujours d’accord pour discréditer (ou exploser la gueule) des « gauchistes » qui risquaient de pervertir l’esprit des braves travailleurs. De « Hitlero-trotskisss » à « Fils-à-papa », on a tout entendu… et on en retrouve des accents dans les commentaires…

Il est devenu plus difficile d’agiter le spectre des banlieues, parce que cela risque de déclencher de nouvelles émeutes qui rappelleraient de mauvais souvenirs à notre Président-Suprême. Alors on se rabat sur une cible plus facile, qui ne risque pas de riposter, ou alors avec une force de frappe nettement plus faible. Pour le pouvoir, il vaut mieux encore une bombe dans un RER qu’une émeute des banlieues. Un bon petit attentat anarchiste, de temps en temps, ça maintient la peur chez les électeurs et les incite à aller se réfugier dans les bras rassurants du Parti de l’Ordre.

La déclaration triomphante d’Alliot Marie au soir de l’arrestation de Julien Coupat : « Vous voyez, ça fait longtemps que je vous dis que ces mecs sont dangereux, mes hommes les surveillent depuis longtemps… » signe le forfait.

Exclusif: nous avions rencontré les épiciers de Tarnac

[Le Populaire – Michael Nicolas – 12/11/2008]
Il y a trois ans, en posant leurs valises sur le plateau, dans un hameau non loin de Tarnac, Gaëtan, 25 ans, et Benjamin, 30 ans, ne pensaient pas devenir commerçants.

La croissance à tout crin, ce n’est pas franchement leur truc. Lorsqu’ils ont débarqué avec une vingtaine de potes pour retaper une vieille ferme, les rumeurs ont d’ailleurs été bon train.

Et s’il s’agissait d’une secte ? « On n’est pas venu ici pour faire du fric » Ils n’ont toutefois pas tardé à trouver leur place dans la commune, allant jusqu’à racheter, le 1er octobre, le magasin général d’alimentation du bourg. « Je n’aurais jamais pensé me retrouver derrière un comptoir, être ainsi pris dans des rapports marchands », insiste Gaëtan ; « faire des journées pas possibles, des livraisons », ajoute Benjamin.

Car le magasin général n’est pas seulement la petite épicerie du village. Il fait aussi bar, tabac, restaurant ouvrier, station-service, et salle de spectacles. Ici, on ne veut pas faire les choses comme ailleurs. Ça tombe bien, le plateau n’est pas un lieu comme les autres.

Une autre proximité

Pour racheter l’endroit et conserver ses deux salariées (rejointes depuis par trois autres personnes à temps partiel), les trois gérants n’ont d’ailleurs pas fait appel aux banques. En plus de l’aide de leurs proches, ils ont émis des bons de souscription qui seront échangeables, à partir du 1er mai 2008, contre des produits vendus au magasin.

Plus de 150 habitants du village y ont participé. Il faut dire que tout le monde y trouve son compte. « Tout est parti de notre volonté de travailler là où on vit. », explique Gaëtan. Pour preuve, il est également devenu président du comité des fêtes.

Au travers du « magasin », il aspire à mettre en place une dynamique d’échange à rebours de ce que la société propose. Tout simplement faire passer la vie avant, sans forcément essayer de se faire passer pour un exemple. Une démarche plus compliquée qu’il n’y paraît, mais qui se met peu à peu en place avec le soutien des habitants dont beaucoup n’osent imaginer ce que serait devenue leur ville sans ce commerce qui prône une autre proximité.

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