[Ouriel Ohayon – Techcrunch – 02/07/2008]
Il fut un temps où certains fournisseurs d’accès rêvaient à un modèle économique fondé sur la publicité. Souvenez vous c’était il y a quelques années où l’on vous offrait l’accès gratuit en échange de publicités à visualiser. Oreka avait commencer comme cela, Free également. Mais très vite la réalité est revenu au galop: il n’y avait pas de marché publicitaire pour couvrir les frais d’investissements. Les ISPs gratuits ont disparu et aujourd’hui nous sommes tous habitués à payer notre accès.

Depuis quelques années en revanche les fournisseurs d’accès se livrent une guerre sans merci sur les prix, avec ces offres triple play (télé, internet et téléphone) qui disons le clairement, ont grignoté leur marge opérationnelle et ne sont pas très rentables pour eux et les forcent à imaginer de nouvelles sources de revenus. La nouvelle en date: la publicité. Je ne parle pas de la publicité que vous voyez sur leur site et services (comme Orange ou Free) mais de leur capacité à collecter et peut être vous serrvir des formats publicitaires lors de votre navigation sur n’importe quel site puisque votre doux fournisseur connaît votre identité et vos habitudes de navigation mieux que n’importe qui. Mieux que Google même.En Angleterre une affaire commence à faire du bruit car 3 fournisseurs, British Telecom, Virgin Media, and Carphone Warehouse viennent de passer un accord avec la société Phorm qui collecte via ces partenaires des données sur les habitudes de navigation de leurs clients pour leur servir des publicités plus ciblées. En echange les fournisseurs touchent une partie du gâteau publicitaire (un gros gateau puisque TheRegister parle de 85 millions de livres rien que pour BT en 2010)

Donc vous l’avez compris la différence entre Phorm et le SpyWare c’est qu’il n’est plus nécessaire de télécharger de SpyWare, votre fournisseur le fait pour vous.
Je trouve cette affaire révoltante et espère bien que nos amis internautes anglais ne vont pas se laisser faire et encore moins que nous verrons cela dans d’autres pays. Qu’un site me serve de la publicité contre un service gratuit ou en partie gratuit soit. Je crois que l’internaute comprend ce contrat tacite désormais régle commune sur le web. Mais qu’un fournisseur que je paye 30 euros par mois, se serve de mes données pour des fins publicitaires, non!

L’accord que je passe avec le fournisseur d’accès est clair et délimité par un contrat. Les fournisseurs anglais disent avoir bétonné le côté légal. J’aimerais bien savoir comment. A supposer que ce contrat intègre une close minuscule sur le sujet c’est encore plus grave: le contrat “tacite” sur la publicité n’existe pas entre un client et son fournisseur. Si il souhaite collecter mes données pour des tiers il doit obtenir mon accord excplicite et non passif quelque soit le garanties qui sont données en matière de vie privée et de confidentialité. Le résultat des courses est que l’ISP devient complice d’un spyware nouvelle génération.

Je crainds que d’autres modèles seront testés par les fournisseurs pour gouter à la manne publicitaire. Une autre société en Angleterre est positionnée sur la diffusion de messages quand vous arrivez sur un par d’erreur 404 (le nom m’échappe) et en France une startup du nom de Golog que j’ai récemment rencontré en Corée s’associe aux ISPs pour identifier les fautes d’orthographes dans la barre d’URL et vous proposer une publicité adéquate (imaginez FNAC,COM à la place de .COM pour diffuser une publicité sur les livres). Un autre exemple ici

Je suis plus que sceptique sur l’avenir des ISPs à devenir des régies publicitaires, non seulement parce que ce n’est pas leur métier mais surtout parce qu’il y aura un rejet massif des utilisateurs et de fait une faible retour sur investissement des annonceurs. SAUF, je dis bien SAUF si les intenautes adhèrent volontairement à un programme spéciale et obtiennent un avantage très concret en échange (pas forcément matériel, par exemple une vitesse d’accès plus rapide ou une nouvelle adresse email gratuite…)

Conclusion

Peut être que les ISPS devraient plutôt essayer de développer leur business sur des métiers plus proches (les services de stockages, l’accès à distance,…) plutôt que d’explorer des terrains bien trop inconnus et risqués pour eux. La même question se pose de manière encore plus aigues pour les opérateurs mobiles qui rêvent aussi de cette manne publicitaire

http://fr.techcrunch.com/2008/07/02/fr-polemique-les-fournisseurs-dacces-deviendront-il-les-spywares-des-temps-modernes/