[Gregoire Seither – IES News Service 13/10/2008]
Aux dires du principal analyste budgétaire du Congrès des Etats-unis, la chute prolongée de la Bourse ces 15 derniers mois a éliminé environ 2 trillions de dollars US de l’épargne de retraite des salariés étatsuniens. Ces pertes vont obliger de nombreux salariés à travailler plus longtemps et remettre à plus tard leur départ en retraite… mais surtout cela va freiner les dépenses des ménages et ralentir encore plus une économie dépendante des de la consommation.

Malgré les pertes financières essuyées, les entreprises ne vont pas pouvoir se défausser du paiement des pensions promises aux employés. Mais il faudra bien qu’ils récupèrent ces sommes quelque part. Selon Peter R. Orzag : « Quand les actifs financiers des fonds de pension déclinent dans les plans 401(k) (plans de retraite financés par les entreprises), alors ce sont les travailleurs qui supportent la perte. Mais quand les actifs baissent dans les plans de retraite a valeur prédéfinie, c’est l’entreprise qui doit supporter le paiement de la différence. L’entreprise devra passer le coût de cette dépense supplémentaire à ses employés, ses actionnaires ou ses clients. »

Les plans de retraite à valeur prédéfinie sont des programmes de retraite financés par les entreprises qui fournissent des paiements mensuels dont le montant dépend du salaire de l’employé et de son rang. L’entreprise se charge des décisions d’investissions et supporte les risques. Les plans à contributions définies – comme les plans 401(k) – font porter le risque au salarié et sont sujets aux variations du marché boursier.

De plus en plus, les entreprises ont obligé leurs employés à opter pour des plans de retraite à contributions définies. Le gouvernement a également encouragé de manière agressive la mise en place de plans de retraite 401(k), passent même une loi en fin d’année dernière qui facilite encore la tâche des employeurs qui veulent automatiquement basculer les plans de retraite de leurs salariés vers ce genre de plans.

Les plans de retraite à contributions définies sont généralement lourdement basés sur des portefeuilles spéculatifs et en actions, soit via des participations dans des holdings individuels ou bien des fonds mutualisés. En résultat, explique Orszag, « la valeur des actifs des plans à contributions définies a baissé beaucoup plus que les actifs des plans à valeur définie. »