[BACKCHICH -09/09/2008]

Retour sur la genèse de pratiques qui ne datent pas d’hier… Alors que l’Élysée tente de calmer le jeu après la fronde de l’opposition, et la sortie d’Hervé Morin, reconnaissant qu’il faut « mieux expliquer » la réalité du fichier de renseignements.

Les flics vilipendés, la gauche associative remontée et la droite de gouvernement déchirée : beau bilan vraiment pour les concepteurs d’Edvige ! Le fameux fichier Exploitation documentaire et valorisation de l’information générale lancé au début de l’été pour remplacer l’ancienne base de données des Renseignements Généraux n’en finit pas de scandaliser la France. Et pourtant : les règles d’Edvige pour fliquer aussi bien les dangereux activistes et que les personnalités de tout poil apparaissent en réalité plus rigoureuses que celles qui présidaient l’ancien fichier des RG ! Les Sarko boys sont des perfectionnistes

Petit résumé des épisodes précédents : le 27 juin dernier, Mam, la première fliquette de France signe le décret créant le fichier Edvige. Les RG viennent en effet d’être supprimés. Une partie de ses effectifs est affecté au contre-espionnage et à la lutte anti-terroriste. Le reste de l’ancienne Direction centrale des Renseignements Généraux est reversé dans une nouvelle sous-direction de l’information générale (SDIG). Des RG new look, en gros. Donc des spécialistes du flicage. L’ancien fichier RG devient alors Edvige. Et naïves, les têtes pensantes de la place Beauvau en ont profité pour édicter noir sur blanc les règles jusqu’ici en vigueur chez les RG, fixées très grossièrement par l’obscur Philippe Marchand, éphémère ministre de l’Intérieur d’Edith Cresson en 1991.

Les Sarko boys de la place Beauvau, eux, sont des perfectionnistes. Ils rédigent un décret très détaillé. Et le publie au Journal Officiel alors même qu’intéressant la sécurité nationale, la publicité du décret n’était pas obligatoire ! Et voilà comment en lisant le décret Edvige, la France entière découvre que les élus, les responsables associatifs ou religieux mais également les mineurs peuvent être fichés. Que « l’orientation sexuelle » ou l’état de santé des gens peuvent également figurer dans les petites fiches de la nouvelle police politique. Merci qui ? merci les socialistes

Tollé jusque dans les rangs du Nouveau Centre, les ex-bayrouistes convertis au sarkozysme. « La polémique me fait vraiment marrer, réagit un ancien officier des RG réaffecté à la SDIG. Car tout cela existait déjà depuis longtemps. Seulement comme le décret de 1991 était rédigé de façon volontairement floue, les naïfs l’ignoraient totalement ! ». Bref, écrire dans une base de données qu’un responsable patronal est gay ou qu’un imam a le cancer de la prostate, est tout a fait courant depuis près de vingt ans. Et ce genre de mentions ont été autorisés par un gouvernement socialiste. Simplement, les responsables de l’époque était un peu plus malin que les Sarko boys. Il ne l’écrivait pas en toute lettres dans un décret publié au Journal Officiel…

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