POLICHINELLES DANS LE PLACARD ET DANS LE JARDIN
[Chronique hebdomadaire de Philippe Randa – 04/09/2008]
Les États-Unis d’Amérique, actuelle première puissance militaire du Monde auto-proclamée gendarme de celui-ci, sont en pleine campagne électorale pour désigner leur prochain président. Élection qui ne manquera pas d’avoir à l’évidence des répercussions sur les autres pays en général… et en particulier sur l’Irak et l’Afghanistan où leurs soldats sont si mal engagés.

Qui pourrait décider du sort des urnes et du futur locataire de la Maison-Blanche ? Peut-être les galipettes de la fille aînée de l’éventuelle vice-présidente du camp républicain. Galipettes hors mariage dont un polichinelle de cinq mois arrondi le ventre de la maman. À cause de cet intempestif marivaudage, John McCain pourrait voir la victoire lui échapper. Les Américains sont comme cela. On ne badine pas avec l’amour en dehors des liens sacrés du mariage, pour ne pas dire des liens si serrés de celui-ci.

« Ils sont fous, ces Américains ! », pense Obélix… car vu d’Europe, cela laisse quelque peu perplexe. Et vu de France encore davantage après le deuxième divorce, suivi du remariage à la hussarde de notre actuel Président… et dont le gouvernement donne un rare exemple d’efficacité dans la lutte contre la dénatalité avec une garde des Sceaux qui attend elle aussi un heureux événement. Sans père officiel. Cette pauvre Dame a une vie privée « tellement compliquée », avoue-t-elle… et qui complique en tout cas celle des autres, notamment de l’ancien chef du gouvernement espagnol José Maria Aznar, obligé de démentir être le géniteur. À quand le même démenti de l’Élysée et pourquoi pas, pendant qu’on y est, d’Amélie Mauresmo ?

Non, ce n’est pas ce polichinelle-là qui ébranle la sérénité politique de notre pays, mais la suite de « L’enquête corse », excellente bande dessinée devenue excellent film de divertissement, où Christian Clavier et Jean Reno tenaient les premiers rôles. Jack Palmer est toujours à l’affiche, mais Ange Léoni a laissé son rôle à notre omniprésent Président… Les figurants sont les mêmes – des Corses d’origine parfaitement contrôlée et garantie – et le scénario, un peu mince, tient en quelques heures d’occupation illégitime de jardin par des polichinelles du canal assoiffé. Conséquence, le Préfet perd sa sinécure ensoleillée et toute l’opposition trouve là une occasion de se rappeler au bon souvenir des électeurs.

Vu d’outre-atlantique, nul doute que cela laisse à son tour Batman quelque peu perplexe, lui aussi !
© Philippe Randa est écrivain et éditeur (www.dualpha.com).