[Sam Smith – Undernews – 30/08/2008]

La superposition du grand spectacle de Barack Obama au stade de Denver et l’annonce par John Mc Cain du choix de Palin comme co-candidate apporte une preuve supplémentaire à la théorie que les Américains ont été parqués une fois pour toutes dans le rôle du public qui applaudit lors d’une émission de télévision. Tant Obama que Palin sont apparus de nulle part, gravissant les sommets de la popularité non pas sur la base de leur performance politique passée (Palin n’a comme seule expérience 20 mois de gouverneur de l’Alaska), de leur programme ou de leurs états de service…

Non, Obama et Palin sont des « images », choisies parce qu’ils ont toutes les qualités qu’un publicitaire recherche quand il cherche à vendre un nouveau produit. Toutes les méthodes que les créatifs fous des années 1960 ont développées pour nous vendre des voitures ou des cigarettes ont été reprises par leur héritiers dans la comm’ politique.

Bien sûr, dans la publicité comme dans la politique, il y a toujours un moment où la réalité entre en jeu et nous réalisons que ce n’est pas parce que nous fumons cette cigarette que les femmes se jettent à nos pieds et que la voiture X ne nous emmène pas tout droit dans un monde meilleur. En d’autres termes, ce que la pub nous vend n’est pas ce que nous achetons. Ou, pour citer le pape de la publicité Jerry Della Famina :  « Il y a plein de pubs qui sont largement meilleures que le produit qu’elles vendent. Quand on en arrive à ce stade, au début c’est sympa, mais le seul effet à long terme qu’on obtient avec cette publicité, c’est qu’elle accélère la faillite et le désaveu du produit vendu par le consommateur. »

C’est probablement la raison pour laquelle, si nos talents de marketing ont fait d’énormes progrés, tant notre économie que notre politique sont dans les choux.

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