[Grégoire Seither – IES News Service – 28/08/2008]

Selon le New York Times, le prix du fioul de chauffage a augmenté de 36 % depuis l’hiver dernier, alourdissant la facture moyenne d’un foyer d’environ 1 500 US$. En ce qui concerne les 54 million de foyers qui se chauffent au gaz naturel, leur facture de chauffage a augmenté de plus de 67%.

Si le prix du chauffage augmente, les budgets du programme d’assistance de chauffage pour les bas revenus sont en chute libre, en dessous de leur niveau de 1980 . . .

Dans un éditorial en début de mois, le Boston Globe s’alarme : « Quand le cyclone Katrina a menacé notre pays, nous avons eu quelques jours pour nous préparer et nous avons misérablement échoué. Aujourd’hui il nous reste trois mois pour nous préparer à ce « Katrina de glace » et nous n’aurons aucune excuse… Cet hiver le « Katrina de glace » frappera tout le pays, provoquant des cas d’hypothermie par milliers, mais surtout il aura pour conséquence que les pauvres n’achèteront pas de médicaments et souffriront de malnutrition parce qu’une bonne partie de leurs revenus servira a financer leur chauffage. »

Pour les organisations caritatives de Nouvelle-Angleterre, « l’hiver qui se prépare va être aussi dévastateur que Katrina. Des milliers de maisons vont devenir inhabitables car il n’y aura personne pour payer le chauffage, quand dehors les températures tomberont à moins 10 degrés. Certaines familles verront leur budget amputé de 60% par les frais d’essence et de chauffage et devront économiser sur les autres postes, en premier lieu l’alimentation. Certaines personnes n’auront d’autre choix que de partir pour fuir le froid, aller se réfugier chez des parents plus fortunés qui ont les moyens de payer l’augmentation du prix énergétique.

Mais contrairement à Katrina qui nous a pris par surprise, la calamité qui nous attend est clairement identifiable et nous avons encore des mois pour réagir. Malheureusement, toutes les structures d’urgence sont déjà totalement débordées et sous-équipées »

Toutes les agences d’aide d’urgence tirent la sonnette d’alarme. Pour le Concord Monitor ; « Ce sera un choc quand soudain des réfugiés climatiques envahiront des magasins ou des maisons pour dormir au chaud et ne pas mourir de froid dans la rue ou dans leurs maisons non chauffées. Et le choc sera encore plus grand quand les taudis bruleront à cause de solutions de chauffage rudimentaire mises en place par des gens qui n’ont pas d’autre solution pour ne pas geler pendant la nuit. Il y va y avoir des milliers de personnes désespérées, luttant pour leur survie et celle de leur famille face à un ennemi implacable. Quand il fera moins 18 à Seattle ou a Chicago, les pauvres ne trouveront aucune aide auprès des services sociaux de l’état, ceux-ci n’ayant pas les moyens de répondre à leur urgence. Tous les foyers d’hébergement sont déjà pleins à 200 % et ne pourront accueillir personne de plus. »

Pour le pasteur Abe Rasman, de la coalition des églises pour la justice sociale, il faut espérer que « la perspective de voir des milliers de citoyens de notre pays mourir de froid ou passer la journée le ventre vide afin de pouvoir payer leur essence ou leur chauffage, va susciter une réaction de la part des politiques. »